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Au Bout De Mes Rêves (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




Au Bout De Mes Rêves

Et même si le temps presse
Même qu’il est un peu court
Si les années qu’on me laisse
Ne sont que minutes et jours

Et même si l’on m’arrête
Ou s’il faut briser des murs
En soufflant dans des trompettes
Ou à force de murmures

J’irai au bout de mes rêves
Tout au bout de mes rêves
J’irai au bout de mes rêves
Où la raison s’achève
Tout au bout de mes rêves

Et même s’il faut partir
Changer de terre ou de trace
S’il faut chercher dans l’exil
L’empreinte de mon espace

Et même si les tempêtes
Les dieux mauvais, les courants
Nous feront courber la tête
Plier genoux sous le vent

J’irai au bout de mes rêves
Tout au bout des mes rêves
J’irai tout au bout de mes rêves
Où la raison q’achève
Tout au bout de mes rêves

Et même si tu me laisses
Au creux d’un mauvais détour
En ces moments où l’on teste
La force de nos amours

Je garderai la blessure
Au fond de moi tout au fond
Mais au-dessus je te jure
Que j’effacerai ton nom

J’irai au bout de mes rêves…
(Jean-Jacques Goldman)

 

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D’un et de deux, de tous (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019



D’un et de deux, de tous

Je suis le spectateur et l’acteur et l’auteur
Je suis la femme et son mari et leur enfant
Et le premier amour et le dernier amour
Et le passant furtif et l’amour confondu

Et de nouveau la femme et son lit et sa robe
Et ses bras partagés et le travail de l’homme
Et son plaisir en flèche et la houle femelle
Simple et double ma chair n’est jamais en exil

Car où commence un corps, je prends forme et conscience
Et même quand un corps se défait dans la mort
Je gis en son creuset j’épouse son tourment
Son infamie honore et mon cœur et la vie.

(Paul Eluard)

Illustration

 

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Eldorado (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019



 

Alena Plihal -  (14) [1280x768]

Eldorado

Gens de partout,
Sages et fous,
écoutez bien la ballade
De celui-là
Qui s´en alla
Pour trouver l´Eldorado.

Comme autrefois
Princes et rois
S´en allaient pour les croisades,
Il a laissé
Tout son passé
Pour trouver l´Eldorado.

Crinière au vent,
Le mors aux dents
En folle cavalcade,
Que cherchait-il
Vers cet exil,
Là-bas en Eldorado?

Sur mon cheval,
Sous les étoiles
Et le soleil en cascade
Pour que demain
Brille en nos mains
Tout l´or de l´Eldorado.

Il a traîné
Comme un damné
De mirage en mirage.
Il a vieilli
Jour après nuit
Sans trouver l´Eldorado.

Mais la mort
Qui l´avait suivi
En fidèle camarade
Lui a dit : « Viens,
Je connais bien
La terre d´Eldorado. »

On l´a trouvé,
Le front brûlé
Par le soleil et le sable
Sur le chemin
Qui va sans fin,
Là-bas, en Eldorado.

La nuit, parfois,
Chante une voix :
C´est son âme en ballade
Qui cherche encore
La poudre d´or
Quelque part en Eldorado. {x4}

(Georges Moustaki)

Illustration: Alena Plihal

 

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Requiem pour n’importe qui (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2019



 

Jacqueline Fabbri  soldat mort  52

Requiem pour n’importe qui

Il est mort connue du bois sec.
Ça pouvait être n´importe qui,
Un enfant de l´Andalousie
Ou un frère du soldat Schveik.
Il est mort, la guerre est finie.
On lui fait des funérailles,
Chacun retourne à son travail.
Il est mort et je suis en vie.

Il est mort comme un feu de paille,
ça s´est passé très loin d´ici.
C´est loin l´Afrique et loin l´Asie,
Des mercenaires et ses G.I.
Il est mort de n´avoir su vivre
Quand il fallait vivre à genoux,
Noyé de sang, noyé de boue.
La mort enfin l´a rendu libre.

Il est mort comme du bois sec.
Ça pouvait être n´importe qui,
Le frère de Théodoraki,
Un enfant de Zorba le Grec.
Il est mort, je suis en exil
Et je meurs un peu avec lui,
Chaque fois que tombe la nuit
Sur le soleil du mois d´avril.

Il est mort comme du bois sec.
Ça pouvait être n´importe qui,
Le frère de Théodoraki,
Un enfant de Zorba le Grec.
Il est mort, je suis en exil
Et je meurs un peu avec lui,
Chaque fois que tombe la nuit
Sur le soleil du mois d´avril.

Il est mort, pitié pour ses cendres.
Ce n´est ni l´heure ni l´endroit
Pour demander des comptes à rendre,
Mais les mots viennent malgré moi.

(Georges Moustaki)

Illustration: Jacqueline Fabbri

 

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Bahia (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2019



Bahia

Bahia

Bahia des pêcheurs des marins
Bahia des filles du port
Bahia de tous les saints
Bahia de Saint-Salvador

C´est là qu´un beau jour a commencé le Brésil
Et sa première capitale
C´est là que l´Afrique vit encore en exil
Et parle la langue du Portugal

Bahia des pêcheurs des marins
Bahia des filles du port
Bahia de tous les saints
Bahia de Saint-Salvador

C´est là que les hommes savent encore se battre
A pieds nus ou à mains nues ou au couteau
Pour les beaux yeux d´une jolie mulâtre
Au risque d´y laisser la peau

Bahia des pêcheurs des marins
Bahia des filles du port
Bahia de tous les saints
Bahia de Saint-Salvador

J´ai écouté chanter les fils de Gandhi
J´ai vu danser les filles de Xango
C´est là que j´ai retrouvé le paradis
Du côté de chez Jorge Amado

Bahia des pêcheurs des marins
Bahia des filles du port
Bahia de tous les saints
Bahia de Saint-Salvador

Comme ma chanson n´était pas terminée
Je l´ai emportée avec moi
Je reviendrai un jour te la fredonner
Sur la plage d´Itapoa

Bahia des pêcheurs des marins
Bahia des filles du port
Bahia de tous les saints
Bahia de Saint-Salvador…

(Georges Moustaki)

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Entre nous (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2019


 


Bogdan Prystrom 1200

 

Entre nous, l’espace des fourmis et du sable,
L’horizon rétractile des rêves,
Leurs paniques vertigineuses,l’espace d’une main à la main qui se glace,
D’une bouche à la bouche oublieuse du rire,
L’immense froid qui vêt nos deux corps en exil.

(Jean Joubert)

Illustration: Bogdan Prystrom

 

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DIMANCHES (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



DIMANCHES

Je ne tiens que des mois, des journées et des heures…
Dès que je dis oui ! tout feint l’en-exil…
Je cause de fidèles demeures,
On me trouve bien subtil ;
Oui ou non, est-il
D’autres buts que les mois, les journées et les heures?

L’âme du Vent gargouille au fond des cheminées…
L’âme du Vent se plaint à sa façon ;
Vienne Avril de la prochaine année,
Il aura d’autres chansons !..
Est-ce une leçon,
O Vent qui gargouillez au fond des cheminées ?

Il dit que la Terre est une simple légende
Contée au possible par l’Idéal…
— Eh bien, est-ce un sort, je vous l’demande?
— Oui, un sort ! car c’est fatal.
— Ah ! ah ! pas trop mal,
Le jeu de mot ! — Mais folle, oh ! folle, la légende…

(Jules Laforgue)

Illustration: ArbreaPhotos

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REVENIR (Michel Monnereau)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2019



Illustration
    
REVENIR

Passé l’horizon d’enfance
commence l’exil.

Ici ont vécu des êtres humains
dissous dans le temps.

Les années ont braconné
ce qu’il restait de traces.

L’édifice de la mémoire
chancelle au moindre manque.

J’ai espéré longtemps
le retour de l’innocence.

(Michel Monnereau)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: 125-126
Traduction:
Editions: Arpa EXILS

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Délivrez-nous de la Pensée (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Délivrez-nous de la Pensée,
Lèpre originelle, ivresse insensée,

Radeau du Mal et de l’Exil;
Ainsi soit-il.

(Jules Laforgue)

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Mouvements (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Mouvements

Je passe
Une nuit légère et vaporeuse
Après un jour pesant
Sous un soleil de feu

Je me promène
Dans une aube timide
Comme une fille nubile
Et respire des odeurs vivantes

Je vibre
Dans un exil de luxe
Quand le soleil
Chauffe le ciel à petit feu
Et me réchauffe à peine
Dans le sentier griffé
De buissons épineux
Et piqué d’orties

Je gravis les hauteurs
Jusqu’à l’épanouissement
Voluptueux des eaux
Et j’y rencontre le silence
Quand le couchant colore
De rose l’horizon
Que toutes les vitres rutilent
Et que le village flamboie

J’éprouve le frisson
Du soir sur mon épaule
Une lune maussade brille
Sur une mer anxieuse
Et sous les nuages fissurés
La terre s’allonge sous le ciel

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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