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Poésie

Posts Tagged ‘expérience’

Il y en avait des arbres par la fenêtre (Paul-Marie Lapointe)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2020



 

Carry Akroyd oaks (Centre)

il y en avait des arbres par la fenêtre
mais quand on est préoccupé de soi-même et de tous les autres
est-ce qu’on les voit seulement les arbres
on le sait par expérience même si ce n’est rien du tout
même si ça n’existe pas l’expérience
et c’est pourquoi on se fiche des arbres
on se fiche des arbres

(Paul-Marie Lapointe)

Illustration: Carry Akroyd

 

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DIEU (Thór Stefánsson)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020



Illustration: Tineke Storteboom
    
DIEU

La plupart du temps
l’homme conduit son navire
entre le brisant et la vague
sans trop d’effort
comme si son expérience
l’avait focalisé sur le pilotage automatique
de la raison,
de la tolérance et de l’amour humains.

Mais parfois, c’est comme si
une main invisible et inhumaine
débranchait le pilotage automatique
et conduisait le navire délibérément
droit sur la falaise et faisait exploser la montagne
avec les habitants du pays
et l’équipage du navire
dans un déchaînement de violence incontrôlable.

Cette main se réclame
le plus souvent
de Dieu.

***

GOD

Most of the time,
man steers his ship
by the middle course
without much difficulty,
as if his experience
had put it on automatic pilot
of human reason,
tolerance, and love.

But sometimes it‘s like
an invisible, inhuman hand
disconnects the automatic pilot
and steers the ship deliberately
right onto the rocks and blows up the mountain
with the people of the country
along with the crew of the ship
in an uncontrollable outburst of rage.

Most of the time,
the hand misuses
the name of God.

***

GOD

Meestal
stuurt de mens zijn vaartuig
zonder al te veel moeite
tussen klip en golf
alsof zijn ervaring
hem op automatische besturing van de rede,
van de tolerantie en van de menselijke liefde heeft gezet.

Maar soms is het alsof
een onzichtbare en onmenselijke hand
de stuurautomaat heeft uitgeschakeld
en opzettelijk het schip
recht op de klif afstuurt en de berg opblaast
met de bewoners van dat land
en de bemanning van het schip
in een uitbarsting van oncontroleerbaar geweld.

Die hand misbruikt
heel dikwijls
de naam van God.

***

BÓG

Przez większość czasu
człowiek steruje swoim okrętem
kursem środkowym
bez wielkich trudności,
jak gdyby jego doświadczenie
podłączyło go do automatycznego pilota
ludzkiego rozumu,
tolerancji i miłości.

Ale czasami bywa, że
niewidzialna, nieludzka dłoń
odłącza automatycznego pilota
i prowadzi okręt z premedytacją
wprost na skały, roznosi górę
z ludem krainy
i załogą okrętu
w niepohamowanym wybuchu furii.

Przez większość czasu
ta dłoń nadużywa
imienia Boga.

***

GOTT

Die meiste Zeit
steuert der Mensch sein Schiff
ohne allzu viel Mühe
zwischen Klippe und Wellen
als könne seine Erfahrung
sich auf den Autopiloten der Vernunft,
der Toleranz und der menschlichen Liebe verlassen.

Aber manchmal ist es so, als ob
eine unsichtbare, unmenschliche Hand
den Autopiloten abschaltet,
das Schiff absichtlich direkt
auf die Klippe steuert, den Berg sprengt,
mitsamt den Bewohnern des Landes
und der Besatzung des Schiffes,
in einem Ausbruch unkontrollierbarer Gewalt.

Diese Hand nennt sich
in den meisten Fällen
Gott.

***

***

ΘΕΟΣ

Συχνά ο άνθρωπος στο μέσο δρόμο
οδηγεί το πλοίο του
και δίχως δυσκολία
αυτόματος πιλότος οδηγούμενος
απ’ το λογικό, υπομονή κι αγάπη.

Κι άλλες φορές ένα αόρατο χέρι
αποσυνδέει τον αυτόματο πιλότο
και κατευθύνει το πλοίο του
στα βράχια και στο βουνό να εκτιναχτεί
μ’ όλον τον πληθυσμό του τόπου
και με το πλήρωμα
σε πανικό αλλοπρόσαλο.

Τις πιο πολλές φορές
όλα τα κάνει στ’ όνομα
του Θεού.

***

DIO

Il più delle volte,
l‘uomo conduce la nave
dritta per le sue rotte
senza troppe difficoltà,
come se la sua esperienza
avesse messo il pilota automatico
dell‘umana ragione,
tolleranza, e amore.

Ma a volte è come se
un‘invisibile mano, disumana,
disconnettesse il pilota automatico
e guidasse la nave deliberamente
dritta contro le rocce e facesse saltare i contrafforti
con gli abitanti della terra
insiema all‘equipaggio della nave
in un‘incontrollabile esplosione di rabbia.

Il più delle volte,
la mano fa cattivo uso
del nome di Dio.

***

DIOS

Muchas veces
el hombre conduce su barco
entre el escollo y la ola
sin gran esfuerzo
como si su experiencia
la hubiese puesto en el piloto automático
de la razón, de la tolerancia y del amor humano.

Pero a veces, es como
si una mano invisible e inhumana
desconectase el piloto automático
conduciendo la nave deliberadamente
directa al acantilado y reventando la montaña
con los habitantes del país
y la tripulación de la nave
en un estallido de violencia incontrolable.

Esa mano abusa
tantas veces
del nombre de Dios.

***

DUMNEZEU

Ades își potrivește omul
cursul corăbiei
fără strădanii ocolind
prăpăstii și talazuri.
Îndemânarea-i vine parcă
de la pilotul automat al dreptei judecate,
ce-l ocrotește cu nespusă bunătate.

Se mai întâmplă însă uneori
să întrerupă din senin o mână
contactul cu automatul milostiv.
Atunci zadarnic se-opintește
bietul cârmaci, căci stânca nemiloasă
atrage barca și scufundă
țărmuri și barcagii deopotrivă
pe veci împreunați în aprigă furtună.

Mâinii adesea i se pune
unul și-același nume
Dumnezeu.

***

上 帝
大多数时候
人通过不很费力
的中间航线
驾驶他的航船
好像他的经历
已经装上了
人类的理性、 宽容
和爱的自动驾驶仪。
但有时它就像
一只看不见、非人道的手
断开这自动驾驶仪
带着这个国家的居民
带着这船上的船员
在无法控制的怒火中
而故意把船开到
岩石上和撞爆高山。
大多数时候
这只手用
上帝的名义。

***

神の名で

ほとんどの時間
人は海の中道を歩み、 たやすく 舵を取る
経験が豊かなので
まるで自動操縦みたいに
それは人の理性と 忍耐
そして愛の力によって
しかし時には
目に見えない人間でない
何者かの手によって
自動操縦は解かれ
船は故意に岩に乗り上げ
山を打ち砕く
その国の人々と乗組員とともに
激しい怒りの爆発によって
たいていは人の手は
神の名を悪用するのだ

***

***

(Thór Stefánsson)

 

Recueil: ITHACA 618
Traduction: Français Thor Stefánsson – Nicole Barrière / Anglais Stanley Barkan / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka / Allemand Wolfgang Klinck / Russe Daria Mishueva / Grec Manolis Aligizakis / Italien Luca Benassi / Espagnol Rafael Carcelén / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Chinois William Zhou / Japonais Naoshi Koriyama / Arabe Sarah Silt / Persan Sepideh Zamani /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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LE CHANT DES HUMILIES (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2020



Dastid Miluka  Portrait3 [1280x768]

LE CHANT DES HUMILIES

Dans l’âpre senteur des multiples sauces,
Parmi les cris, j’avance sur le pavé gris,
Les enfants sont des vieux d’affreuse expérience,
Leur face ne trahit santé, rire, ni rêves.

En cheveux à midi,
Affublées de chiffons,
Les femmes portent le déjeuner dans des cruches,
Leur oeil est mort, leur coeur est mort.

Et je vais parmi elles dans l’horreur de connaltre
Derrière chaque face, une face de vengeance,
Qui se lève à chaque instant comme la mer
Dans ce lit étroit de poissons pourrissants.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Dastid Miluka

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L’expérience que la vie dément (René Char)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019



 

Talon Abraxas 1980 - British Surrealist painter - Tutt'Art@ (34) [1280x768]

L’expérience que la vie dément,
celle que le poète préfère.

(René Char)

Illustration: Talon Abraxas

 

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L’art (George Eliot)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019



 

Duy Huynh -

L’art est la chose la plus proche de la vie;
c’est un mode d’amplification de l’expérience.

(George Eliot)

Illustration: Duy Huynh

 

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Poésie (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



Poésie

Mais, hélas ! les vers sont si peu de chose quand on les écrit trop tôt!
Il faudrait attendre, amasser du sens et de la douceur pendant toute une vie,
une longue vie si possible, et puis, tout à la fin, peut-être
pourrait-on alors écrire dix vers qui soient bons.
Car les vers ne sont pas, comme les gens le croient,
des sentiments (ceux-là viennent suffisamment tôt),
— ce sont des expériences.

Pour un seul vers,
il faut voir beaucoup de villes, de gens et de choses,
il faut connaître les animaux,
il faut sentir comment les oiseaux volent
et savoir les gestes avec lesquels,
le matin, s’ouvrent les petites fleurs.

Il faut pouvoir se remémorer des chemins qui conduisent dans des régions inconnues,
se souvenir de rencontres inopinées et d’adieux que l’on a vus venir de loin,
— de jours de l’enfance encore non clarifiés.

(Rainer Maria Rilke)

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Sentir pleinement (Virginia Woolf)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2019


 


 

Van Gogh s Chair. 1888-1889 jpg

Au niveau de l’expérience ordinaire,
sentir pleinement que ceci est une chaise,
que ceci est une table
mais en même temps,
que c’est un miracle, une extase.

(Virginia Woolf)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

http://images.google.fr/search?hl=fr&site=imghp&tbm=isch&source=hp&biw=1600&bih=745&q=van+gogh&oq=van+gogh&gs_l=img.3..0l10.2049.3798.0.4085.8.5.0.3.3.0.137.523.1j4.5.0…0.0…1ac.1.9.img.b6tirPGrF44

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EXPÉRIENCE (Leonardi Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2019



Illustration
    
EXPÉRIENCE

Au début de 1666 Newton
prépara un prisme de verre
et l’introduisit par l’ouverture
dans la porte de la lucarne.

***

ESPERIENZA

All’inizio del 1666 Newton
preparò un prisma di vetro
e lo introdusse nel buco
aperto dentro lo sportello del lucernario.

(Leonardi Sinisgalli)

 

Recueil: Oubliettes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: Atelier La Feugraie

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Lumière lumineuse (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Hommage aux anges
[25]

… du n’a que faire
de la lune pour luire,

car minute après minute il cliquait
(le réveil à la tête de mon lit,

avec son disque terne, lumineux)
quand la Dame a frappé ;

Je parlais, bavardais
avec des amis dans l’autre pièce,

quand nous avons vu le vestibule
s’éclairer — alors nous avons vu où était la porte,

il n’y avait pas de porte
(c’était un rêve, évidemment),

et elle se tenait là,
en fait, sur le palier de l’escalier.

[26]

L’un de nous a dit, c’est étrange,
elle est vraiment là-bas,

je me demande ce qui l’a fait venir ?
un autre d’entre nous a dit,

avons-nous un pouvoir en groupe,
nous trois ensemble,

qui agisse comme une sorte d’aimant,
qui attire le surnaturel ?

(et pourtant c’était tout à fait naturel,
nous en convenions) ;

j’ignore ce que j’ai dit
ou si j’ai dit quelque chose,

car avant d’avoir le temps de parler,
j’ai compris que j’avais rêvé,

que j’étais alors couchée sur mon lit,
que la lumière lumineuse

était le cadran phosphorescent
de mon petit réveil

et les coups légers à la porte
étaient le tictac du réveil.

[27]

Et pourtant de façon très subtile,
elle était là plus que jamais,

comme si elle s’était miraculeusement
rattachée au temps d’ici,

ce qui n’est pas une chose facile, difficile
même pour un étranger plein d’expérience,

à propos desquels n’oubliez pas
car il y en a eu qui ont logé des Anges sans le savoir.

***

… of the no need
of the moon to shine in it,

for it was ticking minute by minute
(the clock at my bed-head,

with its dim, luminous disc)
when the Lady knocked;

I was talking casually
with friends in the other room,

when we saw the outer hall
grow lighter—then we saw where the door was,

there was no door
(this was a dream of course),

and she was standing there,
actually, at the turn of the stair.

One of us said, how odd,
she is actually standing there,

I wonder what brought her?
another of us said,

have we some power between us,
we three together,

that acts as a sort of magnet,
that attracts the super-natural?

(yet it was all natural enough,
we agreed) ;

I do not know what I said
or if I said anything,

for before I had time to speak,
I realized I had been dreaming,

that I lay awake now on my bed,
that the luminous light

was the phosphorescent face
of my little clock

and the faint knocking
was the clock ticking.

And yet in some very subtle way,
she was there more than ever,

as if she had miraculously
related herself to time here,

which is no easy trick, difficult
even for the experienced stranger,

of whom we must be not forgetful
for some have entertained angels unawares.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Marc Chagall

 

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Desiderata (Max Ehrmann)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019




    
Desiderata

Reste calme au milieu du bruit et de l’impatience
et souviens-toi de la paix qui découle du silence.

Autant que tu le peux, mais sans te renier,
sois en bons termes avec tout le monde.
Dis ce que tu penses, clairement, simplement;
et écoute les autres,
même les sots et les ignorants;
eux aussi ont quelque chose à dire.

Evite les gens grossiers et violents;
ils ne sont que tourments pour l’esprit.

Si tu te compares aux autres,
tu risques de devenir vaniteux ou amer,
il y aura toujours quelqu’un de plus grand ou de plus petit que toi.
Sois fier de ce que tu as fait et de ce que tu veux faire.
Aime ton métier, même s’il est humble;
c’est un bien précieux en notre époque trouble.

Sois prudent dans tes affaires,
car on pourrait te jouer de vilains tours.
Mais que ceci ne te rende pas aveugle à ce qu’il y a de beau;
bien des gens luttent pour un idéal et,
partout sur la Terre, on fait preuve de courage.

Sois toi-même, surtout dans tes affections.
Fuis par-dessus tout le cynisme en amour,
car il persiste même après avoir desséché ton cœur et désenchanté ton âme.

Permets-toi de t’enrichir de l’expérience des ans,
te défaisant progressivement de tes puérilités.
Affermis-toi pour faire face aux malheurs de la vie.
Mais ne te détruis pas par une imagination maladive;
bien des peurs prennent naissance dans la fatigue et la solitude.

Malgré la saine discipline qui s’impose,
sois bon envers toi-même.
Tu es un enfant de l’univers,
tout comme les arbres et les étoiles:
tu as le droit d’être ici.
Et même si cela n’est pas clair en toi,
sois assuré que tout se passe dans l’univers selon ses règles propres.

Par conséquent, sois en paix avec ton Dieu,
quelle que soit en toi son image.
Et par-delà tes peines et tes aspirations,
au milieu de la confusion de la vie,
sois en paix avec ton âme.

Dis-toi qu’en dépit de ses faussetés, de ses ingratitudes, de ses rêves brisés,
le monde est tout de même merveilleux.
Répands la bonne humeur. Et tâche d’être heureux.

***

Desiderata

Go placidly amid the noise and haste,
and remember what peace there may be in silence.
As far as possible without surrender
be on good terms with all persons.
Speak your truth quietly and clearly;
and listen to others,
even the dull and the ignorant;
they too have their story.

Avoid loud and aggressive persons,
they are vexations to the spirit.
If you compare yourself with others,
you may become vain and bitter;
for always there will be greater and lesser persons than yourself.
Enjoy your achievements as well as your plans.

Keep interested in your own career, however humble;
it is a real possession in the changing fortunes of time.
Exercise caution in your business affairs;
for the world is full of trickery.
But let this not blind you to what virtue there is;
many persons strive for high ideals;
and everywhere life is full of heroism.

Be yourself.
Especially, do not feign affection.
Neither be cynical about love;
for in the face of all aridity and disenchantment
it is as perennial as the grass.

Take kindly the counsel of the years,
gracefully surrendering the things of youth.
Nurture strength of spirit to shield you in sudden misfortune.
But do not distress yourself with dark imaginings.
Many fears are born of fatigue and loneliness.
Beyond a wholesome discipline,
be gentle with yourself.

You are a child of the universe,
no less than the trees and the stars;
you have a right to be here.
And whether or not it is clear to you,
no doubt the universe is unfolding as it should.

Therefore be at peace with God,
whatever you conceive Him to be,
and whatever your labors and aspirations,
in the noisy confusion of life keep peace with your soul.

With all its sham, drudgery, and broken dreams,
it is still a beautiful world.
Be cheerful.
Strive to be happy.

(Max Ehrmann)

 

Recueil: Desiderata of Happiness
Traduction: Hubert Claes
Editions:

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