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Poésie

Posts Tagged ‘expert’

Printemps (Francis Carco)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Printemps

Je te donne ce coin fleuri,
Ces arbres légers, cette brume
Et Paris au loin, qui s’allume
Sous ces nuages blancs et gris.

mais tu t’en moques. Tu préfères,
À ce soyeux et lent décor,
La bouche avide qui te mord
Et l’étreinte qui t’exaspère.

Cette nuit, l’odeur des lilas
Charge la brise et ta jeunesse
S’épanouit sous la caresse
De ma bouche experte et des doigts

(Francis Carco)

Illustration: Joseph Matar

 

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Pour sortir de prison (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



 

Mais vraiment pour sortir de prison
a-t-on besoin de connaître le bois de la porte,
l’alliage des barreaux, d’établir l’exacte
gradation de la couleur? A devenir
comme ça de grands experts, on court le risque,
après, de s’y attacher. Si tu veux vraiment
sortir de prison, sors tout de suite,
et même, avec ta voix deviens une chanson.

(Patrizia Cavalli)

Illustration

 

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Je sais un lieu où l’Été lutte (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Je sais un lieu où l’Été lutte
Contre un Gel si expert —
Que — tous les ans — ramenant ses Pâquerettes —
Elle note en bref — «Perdues» –

Mais quand le Vent du Sud éveille les Étangs
Et se démène sur les chemins —
Son Cœur La trahit, touchant Son Serment —
Et dans le giron Adamantin

Elle verse de doux Refrains —
Des épices — et la Rosée —
Qui sans bruit se fige en Quartz —
Sur son Chausson Ambré —

***

I know a place where Summer strives
With such a practised Frost —
She — each year — leads her Daisies hack —
Recording briefly — « Lost » —

But when the South Wind stirs the Pools
And struggles in the lanes —
Her Heart misgives Her, for Her Vow —
And she pours soft Refrains

Into the lap of Adamant —
And spices — and the Dew —
That stiffens quietly to Quartz —
Opon her Amber Shoe —

(Emily Dickinson)


Illustration

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Si tu le veux bien, divine Ignorante (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2017




Si tu le veux bien, divine Ignorante,
Je ferai celui qui ne sait plus rien
Que te caresser d’une main errante,
En le geste expert du pire vaurien,

Si tu le veux bien, divine Ignorante.

Soyons scandaleux sans plus nous gêner
Qu’un cerf et sa biche ès bois authentiques.
La honte, envoyons-la se promener.
Même exagérons et, sinon cyniques,

Soyons scandaleux sans plus nous gêner.

Surtout ne parlons pas littérature.
Au diable lecteurs, auteurs, éditeurs
Surtout ! Livrons-nous à notre nature
Dans l’oubli charmant de toutes pudeurs,

Et, ô! ne parlons pas littérature.

Jouir et dormir ce sera, veux-tu?
Notre fonction première et dernière,
Notre seule et notre double vertu,
Conscience unique, unique lumière,

Jouir et dormir, m’amante, veux-tu?

(Verlaine)

Illustration: Henryk Fantazos

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La torche (Marie Nizet)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2016



femme amour 9d82

La torche

Je vous aime, mon corps, qui fûtes son désir,
Son champ de jouissance et son jardin d’extase
Où se retrouve encor le goût de son plaisir
Comme un rare parfum dans un précieux vase.

Je vous aime, mes yeux, qui restiez éblouis
Dans l’émerveillement qu’il traînait à sa suite
Et qui gardez au fond de vous, comme en deux puits,
Le reflet persistant de sa beauté détruite.

Je vous aime, mes bras, qui mettiez à son cou
Le souple enlacement des languides tendresses.
Je vous aime, mes doigts experts, qui saviez où
Prodiguer mieux le lent frôlement des caresses.

Je vous aime, mon front, où bouillonne sans fin
Ma pensée à la sienne à jamais enchaînée
Et pour avoir saigné sous sa morsure, enfin,
Je vous aime surtout, ô ma bouche fanée.

Je vous aime, mon coeur, qui scandiez à grands coups
Le rythme exaspéré des amoureuses fièvres,
Et mes pieds nus noués aux siens et mes genoux
Rivés à ses genoux et ma peau sous ses lèvres…

Je vous aime ma chair, qui faisiez à sa chair
Un tabernacle ardent de volupté parfaite
Et qui preniez de lui le meilleur, le plus cher,
Toujours rassasiée et jamais satisfaite.

Et je t’aime, ô mon âme avide, toi qui pars
– Nouvelle Isis – tentant la recherche éperdue
Des atomes dissous, des effluves épars
De son être où toi-même as soif d’être perdue.

Je suis le temple vide où tout culte a cessé
Sur l’inutile autel déserté par l’idole ;
Je suis le feu qui danse à l’âtre délaissé,
Le brasier qui n’échauffe rien, la torche folle…

Et ce besoin d’aimer qui n’a plus son emploi
Dans la mort, à présent retombe sur moi-même.
Et puisque, ô mon amour, vous êtes tout en moi
Résorbé, c’est bien vous que j’aime si je m’aime.

(Marie Nizet)

 

 

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