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Poésie

Posts Tagged ‘exposer’

Petite chapelle (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2019



Petite chapelle

Peuples du Christ, j’expose,
En un ostensoir lourd,
Ce coeur meurtri d’amour
Qu’un sang unique arrose.

Ardente apothéose,
Mille cierges autour
Palpitent nuit et jour
Dans une brume rose.

Ainsi que, jour et nuit,
Se lamentent vers lui,
Comme vers leur idole,

Les coeurs crevés venus
Pour ces maux inconnus
Dont rien, rien ne console.

(Jules Laforgue)

Illustration: ArbreaPhotos

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Mais parler (Akira Mizubayashi)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2018



Illustration: Chantal Dufour
    
Mais parler, cette étrange manie de l’homme,
que ce soit dans votre propre langue ou dans celle qui vient d’ailleurs,
n’est-ce pas au fond un acte qui défie la pudeur?

Parler, c’est exposer sa voix nue,
dévoiler par sa voix sa manière absolument singulière d’exister,
donc s’exposer à nu, une dénudation d’une certaine façon?

… Parler, c’est quelque part résister à la pudeur.

(Akira Mizubayashi)

 

Recueil: Une langue venue d’ailleurs
Traduction:
Editions: Gallimard

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Chaque épreuve nous féconde (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017




    

Chaque épreuve
Nous féconde
Chaque épure
Nous délie

Chaque contour
Nous invite
Aux dérives du sens
Chaque esquisse
Nous dévoile
L’opulence de ses jeux

Chaque tracé
Nous amorce
Chaque empreinte
Nous relie

Chaque état
Nous expose
Aux percées de l’image
Aux écarts du poème
Aux souffles de la vie

(Andrée Chedid)

 

Recueil: États de l’image, du souffle et des mots
Editions: Flammarion

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Le vieux campagnard exposant son dos au soleil (Li K’i)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2017



Le vieux campagnard exposant son dos au soleil

Le vieillard centenaire ne travaille plus les champs,
Il expose tranquillement son dos au soleil et jouit du reste de ses jours.
Parfois, cherchant des poux, il se gratte la tête, solitaire ;
Étendu sous la haie, il suit des yeux les oies sauvages rentrant au bois.

(Li K’i)

Illustration: Ito Sozan

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Fleur sauvage (Bakary Bamba Junior)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



Fleur sauvage

Comme une fleur sauvage toute seule isolée,
Je t’ai découverte un soir te promenant près du rivage.

Belle fleur sauvage aux couleurs captivantes,
Je me suis approché de toi et t’ai admirée.

Fleur sauvage qu’on voudrait cueillir,
Je t’ai exposé mes désirs.

Dangereuse fleur sauvage isolée,
Tu t’es donnée à moi pour un amour sanglant.

Fleur sauvage attirant une abeille,
Je suis entré en toi et tu t’es refermée sur moi.

Douce fleur sauvage au parfum envoûtant,
J’ai perdu toute raison le temps de nos ébats.

Fleur sauvage au nectar enivrant,
Je me suis écoulé en toi et tu as ruisselé sur moi.

Si belle fleur sauvage, mais unique au monde,
Tu es partie sans bruit me laissant dans mes rêves.

Comme une fleur sauvage fanée au fil du temps,
Mon souvenir de toi est parti avec le vent.

(Bakary Bamba Junior)

Illustration

 

 

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J’aime prendre mesure dans l’impossible (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2016



J’aime prendre mesure dans l’impossible.
J’ai détruit toutes les nonchalances.
Sous de très rares lambeaux de repos,
J’expose à la cruauté des nuits, des jours, mes instants.

(Armand Robin)

Illustration: Ademaro Bardelli

 

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LES FORMULES DE L’HIVER (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2016



LES FORMULES DE L’HIVER

I
Je m’assoupis dans mon lit
et m’éveillai sous la carène.

À quatre heures du matin
quand les os récurés de la vie
se fréquentent à froid.

Je m’assoupis parmi les hirondelles
et m’éveillai parmi les aigles.

II
Dans la lueur du phare, la glace du passage
brille comme de l’axonge.
Ce n’est pas l’Afrique.
Ce n’est pas l’Europe.
Ce n’est pas autre part qu’« ici».

Et ce que j’étais « moi»
n’est plus qu’un mot
dans la bouche de la nuit de décembre.

III
Les pavillons de l’asile
exposés à la nuit
luisent comme des écrans télé.

Un diapason caché
dans le grand froid
émet sa tonalité.

Je suis sous les étoiles
et sens que le monde entre
et ressort de mon manteau
comme d’une fourmilière.

IV
Trois chênes noirs sous la neige.
Si grossiers, mais adroits.
Dans leurs flacons immenses
la verdure au printemps moussera.

V
L’autobus se traîne dans la soirée d’hiver.
Il luit comme un navire dans cette forêt de pins
où la route est un canal mort étroit profond.

Peu de passagers : quelques vieux et aussi quelques très jeunes.
S’il s’arrêtait, s’il éteignait ses phares
le monde soudain disparaîtrait.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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Ivre (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2016




Ils auront vu flamber d’illusoires midis,
Les ramiers qui viendront reprendre nos romances :
Pareils à nous, gorgés de lumières immenses
Ils s’en iront dormir dans les soirs interdits.

Les oiseaux de la nuit traduiront le message
Que la terre à l’espace et que l’étoile aux cieux
Adressent sous l’oeil faux du silence…
Anxieux
Nous confierons le sort aux brises de passage.

Et nous exposerons au Temple des Beautés
Eternelles, les fleurs dans l’ombre illuminées,
Que la grâce lunaire offre à nos destinées :
Ivre, j’effeuillerai ton charme à mes côtés.

(Jacques Rabemananjara)

Illustration

 

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Grand monde (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2015



Grand monde

Non, mon coeur n’est pas plus grand que le monde.
Il est bien plus petit.
En lui pas même ne tiennent mes douleurs.
C’est pourquoi j’aime tant à me raconter.
C’est pourquoi je me déshabille,
c’est pourquoi je me crie,
c’est pourquoi je fréquente les journaux, je m’expose crûment dans les librairies
j’ai besoin de tous.

[…]

Jadis j’ai entendu les anges,
les sonates, les poèmes, les confessions pathétiques.
Jamais je n’ai entendu voix humaine.
En vérité je suis fort pauvre.

Jadis j’ai voyagé
en des pays imaginaires, faciles à habiter,
des îles sans problèmes, épuisantes pourtant et conviant au suicide.
Mes amis sont partis pour les îles.
Les îles perdent l’homme.
Quelques uns pourtant en ont réchappé et
ont rapporté la nouvelle
que le monde, le grand monde grandit de jour en jour,
entre le feu et l’amour.

Alors mon coeur aussi peut grandir.
Entre l’amour et le feu,
entre la vie et le feu,
mon coeur grandit de dix mètres et explose.
– Ô vie future! nous te créerons.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration: William Blake

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