Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘exténuée’

Certains jours (Bernard Mazo)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017



 

Certains jours
on voudrait
simplement
demeurer là
à ras des choses
à ne plus bouger
à ne plus parler
à oublier
ses rêves fracassés
à ne même plus
chercher à savoir
que faire
de son existence
exténuée

Quelqu’un ne dort pas
il guette
la venue de la nuit

Il interroge
la réalité des choses
qui s’effacent

Il se tient debout
adossé au temps
immuable

Il a le visage
de l’indicible

(Bernard Mazo)

Illustration: Charles Courtney Curran

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Emportez-moi dans une caravelle (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017




Emportez-moi dans une caravelle,
Dans une vieille et douce caravelle,
Dans l’étrave, ou si l’on veut, dans l’écume,
Et perdez-moi, au loin, au loin.

Dans l’attelage d’un autre âge.
Dans le velours trompeur de la neige.
Dans l’haleine de quelques chiens réunis.
Dans la troupe exténuée des feuilles mortes.

Emportez-moi sans me briser, dans les baisers,
Dans les poitrines qui se soulèvent et respirent,
Sur les tapis des paumes et leur sourire,
Dans les corridors des os longs et des articulations.

Emportez-moi, ou plutôt enfouissez-moi.

(Henri Michaux)

Illustration: Vladimir Kush

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Ta fièvre (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2016



Ta fièvre me fait penser
aux oiseaux de passage qui heurtent les phares
dans les soirs de tempête:
tempête aussi est ta douceur,
sans apparaître elle bouillonne,
et ses repos sont encore plus rares.
Je ne sais comment, exténuée, tu résistes
en ce lac
d’indifférence, ton coeur; peut-être
une amulette te sauve-t-elle, que tu gardes
à côté du bâton de rouge,
de la houppette, de la lime: une souris blanche,
d’ivoire; et ainsi tu existes !

***

La tua irrequietudine mi fa pensare
agli uccelli di passo che urtano ai fari
nelle sere tempestose :
è una tempesta anche la tua dolcezza,
turbina e non appare,
e i suai riposi sono anche più rari.
Non so come stremata tu resisti
in questo lago
d’indifferenza ch’è il tuo cuore; forse
ti salva un amuleto the tu tieni
vicino alla matita delle labbra,
al piumino, alla lima: un topo bianco,
d’avorio; e cost esisti!

(Eugenio Montale)


Illustration: Giovanni Boldini

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Désaffection (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2015



Désaffection

La grande auge au travers de la forêt,
si les moutons n’y passent plus, ni personne,
n’offrant plus rien,
exténuée,
immobile désormais.

(André Frénaud)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :