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Posts Tagged ‘extrême’

Durga Stotra (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2020




    
Durga Stotra

Mère Durga ! Chevalière au lion, donneuse de tous les pouvoirs, Mère,
bien-aimée de Shiva! Nous, la jeunesse du Bengale, nés de ta Puissance,
sommes réunis dans ton temple pour t’adresser notre prière.
Écoute, ô Mère ! Descends sur notre terre du Bengale ! Manifeste-toi !

Mère Durga! D’âge en âge, naissance après naissance, nous venons ici-bas
dans un corps humain, accomplissons ton oeuvre et regagnons le foyer de Ta Félicité.
Cette fois encore, en cette naissance, nous voici, consacrés à ton oeuvre.
Écoute, ô Mère ! Descends sur notre terre du Bengale ! Sois avec nous, notre Sauveuse !

Mère Durga! Chevalière au lion, trident en main, ton corps de beauté
couvert d’une armure, Mère, donneuse de victoire ! L’Inde attend ta venue,
impatiente de te voir sous ta forme de Grâce et de Bonté. Écoute, ô Mère !
Descends sur notre terre du Bengale ! Manifeste-toi !

Mère Durga! Donneuse de force, d’amour, de connaissance !
Toi qui dans l’essence de ta nature es la Shakti-de-Puissance ! Ô Redoutable,
au double visage de Douceur et de Violence ! Dans la bataille de la vie,
dans la bataille de l’Inde, c’est toi qui nous as envoyés comme tes guerriers.

Ô Mère, accorde à nos coeurs et nos esprits l’énergie du Titan,
l’audace et la hardiesse du Titan dans toutes nos actions. Accorde, ô Mère,
à notre coeur et notre intelligence la force de caractère et la connaissance d’un dieu !

Mère Durga ! Le peuple de l’Inde, noble entre tous, était englouti dans d’épaisses
ténèbres. Mais voici que peu à peu, ô Mère, tu te lèves à l’extrême horizon
et l’Aurore resplendit dans le rougeoiement de ton corps-de-ciel qui dissipe l’obscurité.
Que l’immense lumière se répande, ô Mère, et disperse les ténèbres !

Mère Durga ! Parée de profonde verdure, ornée de la Toute-Beauté, toi qui maintiens,
toi en qui reposent la connaissance, l’amour et la force, c’est sur la terre du Bengale
que tu t’incarnes aujourd’hui; cachée jusqu’ à présent, repliée sur elle-même,
elle concentrait ses énergies. Mais l’âge est venu, le jour est venu et déjà
elle se redresse, notre Mère du Bengale, portant l’Inde entière sur ses épaules.
Viens, ô Mère ! Manifeste-toi !

Mère Durga! Nous, tes enfants, que par ta grâce, sous ton empire,
nous puissions accomplir la grande oeuvre, le grand idéal. Anéantis en nous
la petitesse, anéantis l’égoïsme, anéantis la peur !

Mère Durga! Toi qui revêts le visage de Kâlî, portant à ton cou une guirlande de crânes,
vêtue d’espace, brandissant l’épée, ô Déesse, triomphatrice de l’Asura!
De ton rugissement féroce et impitoyable, fais périr les passions-ennemies de l’âme,
qu’il n’en reste plus une seule vivante au fond de nous.

Que nous devenions purs et sans souillure. Telle est notre prière, ô Mère !
Manifeste-toi!

Mère Durga! L’Inde moribonde est abîmée dans l’égoïsme, la peur, la petitesse.
Rends-nous grands et dignes des plus hautes tentatives, rends-nous magnanimes
et sincères dans notre volonté inflexible d’atteindre la Vérité.
Chasse tout misérable désir, toute impuissance, toute paresse,
que plus jamais nous ne soyons paralysés par la peur !

Mère Durga! Shakti-du-Yoga! Que ton pouvoir immense s’étende partout !
Nous sommes tes enfants bien-aimés. Fais largement briller parmi nous
l’enseignement perdu, la fermeté, la puissance de la pensée,
la dévotion et la foi, l’austérité et la chasteté, la connaissance de la Vérité,
et à travers nous répands-les sur le monde. Pour aider et secourir l’humanité,
toi, Durga, annihilatrice de toute adversité,
ô Mère-du-monde ! Manifeste-toi !

Durga Mère ! Extermine en nous les vices-ennemis, puis extirpe au-dehors
tous les dangers, tous les obstacles ! Que plein de force, valeureux et noble,
le peuple de l’Inde vive à jamais dans ses forêts sacrées et dans ses champs fertiles,
au pied de ses montagnes amies du ciel, le long des rives de ses fleuves
aux eaux saintes et purifiantes. Peuple suprême par son amour et son unité,
sa vigueur et sa droiture, son art et sa littérature, son héroïsme et sa connaissance !
Telle est notre prière aux pieds de la Mère ! Manifeste-toi !

Mère Durga ! Que ta Force, la Force du Yoga, inonde et emplisse notre corps !
Nous deviendrons tes instruments, ton épée qui abat le mal, ta lampe qui dissipe
l’ignorance. Exauce cette aspiration de la jeunesse du Bengale. Toi, notre Souveraine,
guide-nous ; toi qui détruis le mal et brandis ferme l’épée ;
toi, lumière resplendissante de la connaissance, tiens haut la lampe !
Manifeste-toi !

Mère Durga! Quand nous te posséderons, nous ne déferons plus tes liens :
nous t’attacherons à nous avec la triple corde de la foi, de la dévotion et de l’amour.
Viens, Mère ! Manifeste-toi dans notre esprit, notre vie, notre corps !
Viens, révélatrice de la Voie des Héros ! Plus jamais nous ne te rejetterons !
Que notre vie entière devienne une adoration sans fin de Durga!
Que toutes nos actions soient pour toujours sacrées, pleines d’amour et d’énergie,
vouées au service de la Mère ! Telle est notre prière, ô Mère !
Descends sur notre terre du Bengale ! Manifeste-toi !

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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L’INFINI (Giacomo Leopardi)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2020



Illustration
    
L’INFINI

Toujours elle me fut chère cette colline solitaire
et cette haie qui dérobe au regard
tant de pans de l’extrême horizon.
Mais demeurant assis et contemplant,
au-delà d’elle, dans ma pensée j’invente
des espaces illimités, des silences surhumains
et une quiétude profonde ; où peu s’en faut
que le cœur ne s’épouvante.
Et comme j’entends le vent
bruire dans ces feuillages, je vais comparant
ce silence infini à cette voix :
en moi reviennent l’éternel,
et les saisons mortes et la présente
qui vit, et sa sonorité. Ainsi,
dans cette immensité, se noie ma pensée :
et le naufrage m’est doux dans cette mer.

(Giacomo Leopardi)

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A l’extrême de l’automne (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2020


cascade

 

A l’extrême de l’automne
Nous parviendra encore
mêlé de mousses et de lilas
L’écho de la cascade
Ravivant le sang
ravivant le chant
Au creux de la roche fêlée

(François Cheng)

 

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Par une ténébreuse et solitaire route (Edgar Allan Poe)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020




Par une ténébreuse et solitaire route
Que hantent les seuls mauvais anges,
Où un Eidolon, nommé NUIT,
Roide, sur un noir trône, règne,
J’ai erré avant de récemment revenir
D’une brumeuse, extrême et fatale Thulé.

***

By a route obscure and lonely,
Haunted by ill angels only,
Where an Eidolon, named NIGHT,
On a black throne reigns upright,
I have wandered home but newly
From this ultimate dim Thule.

(Edgar Allan Poe)

Illustration

 

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Une bonne fortune (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2020



Une bonne fortune

Il ne faudrait pourtant, me disais-je à moi-même,
Qu’une permission de notre seigneur Dieu,
Pour qu’il vînt à passer quelque femme en ce lieu.
Les bosquets sont déserts ; la chaleur est extrême ;
Les vents sont à l’amour l’horizon est en feu ;
Toute femme, ce soir, doit désirer qu’on l’aime.

S’il venait à passer, sous ces grands marronniers,
Quelque alerte beauté de l’école flamande,
Une ronde fillette, échappée à Téniers,
Ou quelque ange pensif de candeur allemande :
Une vierge en or fin d’un livre de légende,
Dans un flot de velours traînant ses petits pieds ;

Elle viendrait par là, de cette sombre allée,
Marchant à pas de biche avec un air boudeur,
Ecoutant murmurer le vent dans la feuillée,
De paresse amoureuse et de langueur voilée,
Dans ses doigts inquiets tourmentant une fleur,
Le printemps sur la joue, et le ciel dans le coeur.

Elle s’arrêterait là-bas, sous la tonnelle.
Je ne lui dirais rien, j’irais tout simplement
Me mettre à deux genoux par terre devant elle,
Regarder dans ses yeux l’azur du firmament,
Et pour toute faveur la prier seulement
De se laisser aimer d’une amour immortelle.

(Alfred de Musset)


Illustration

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L’autre lumière (Gilles Weinzaepflen)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    

L’autre lumière

I
Une fois que la lumière naturelle a perdu tout pouvoir
éclairant, que dans sa pleine intensité elle ne donne
plus à voir que la part d’ombre et qu’ainsi, le processus
d’inversion se met en place, l’autre lumière jaillit.

Ceux qui sont destinés à la recevoir diffèrent sa venue et
n’acceptent que les fragments de ce qui n’a de sens que
dans la totalité.

II
L’autre lumière produit des éclairs répétés et aveuglants.
Celui dont le bonheur visuel défaille sacrifie souvent à
l’aveuglement temporaire qu’elle lui procure. Son être
n’est plus éclairé par une source inégale mais par des
éclairs successifs et identiques, qui ne trouvent de loi
qu’en eux-mêmes. Différente est la lumière du soleil, dont
l’intensité varie.

Ici, il ne s’agit pas d’une lumière pour voir ou être vu,
mais d’une lumière qui voit.

III
Lorsque ces éclairs diminuent puis cessent, l’ébloui se
trouve plongé dans une nuit extrême. Parce que le surcroît de
lumière avec lequel il s’était accoutumé à voir disparaît,
il lui semble que le monde entier s’obscurcit.

Il est nécessaire que l’autre lumière cesse, que l’ébloui
apprenne une seconde fois à voir au moyen de la lumière
naturelle. Le souvenir lumineux témoigne de l’insuffisance
de la lumière naturelle à éclairer le monde. Par lui l’ébloui
va tenter de revenir dans la vision éblouie, à partir de ce
nouveau point de départ qu’est la lumière naturelle.

IV
Dès lors, la nostalgie permet l’illumination complète, qui
consiste en cela : voir dans l’autre lumière, par le seul
moyen de la lumière naturelle dispensée à chacun.

(Gilles Weinzaepflen)

 

Recueil: Noël Jivaro
Traduction:
Editions: Le clou dans le fer

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la vache est dans le pré (Gilles Weinzaepflen)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2019




    
la vache est dans le pré
créé pour elle à ruminer
indifférente à l’extrême

(Gilles Weinzaepflen)

 

Recueil: Noël Jivaro
Traduction:
Editions: Le clou dans le fer

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Paradis d’ombre fraîche (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2019



Illustration: Léon-François Comerre
    
Paradis d’ombre fraîche et de chaleur extrême,
Où mûrit la grenade, et, non loin du jasmin,
Cette double pastèque agréable à la main :
Badoure, il n’est jardin que des fleurs où l’on aime.

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Epouser l’attente (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2019


 


 

Giampaolo Ghisetti -  (25)

Epouser l’attente

Il attendait d’une attente harassante, que les heures n’achevaient point.
Elle habitait son jour, elle habitait sa nuit. Il était clos dans l’attente.
Elle veillait avec lui. Il atteignit ainsi une extrême intimité avec l’attente.
Il se complut avec elle. Il épousa l’attente.
II attendit toujours, mais il n’attendait point.
Il avait épousé l’attente,

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

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Faut-il que l’homme demeure extrême nourriture (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



 

Euan Macleod    969

Faut-il que l’homme demeure extrême nourriture
et que hors de l’extrême adversaire
le héros soit radeau quêtant la voile salvatrice.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Euan Macleod 

 

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