Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘exubérant’

Le Chant de triomphe de Trishancou (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2020



Trishancou 
    
Le Chant de triomphe de Trishancou

Je ne mourrai pas.
Bien que ce corps, quand l’esprit sera las
de son étroite demeure, doive nourrir les flammes,
ma maison brûlera, moi pas.

Abandonnant cette gaine
je découvrirai un vaste espace éthéré.
À la tombe avide échappera mon esprit,
trompant l’étreinte de la mort.

La Nuit retiendra
le soleil en ses profondeurs glacées ; le Temps aussi devra cesser ;
les astres qui peinent auront leur délivrance.
Je ne cesse pas, moi, je demeure.

Avant que les premières graines
fussent semées sur terre, j’étais déjà vieux,
et quand se refroidiront des planètes point encore nées
mon histoire se poursuivra.

Je suis la lumière
au coeur des étoiles, la force léonine et la joie des matins ;
je suis l’homme et la jeune fille et le petit garçon,
protéen, infini.

Je suis l’arbre
qui se dresse, solitaire, sur le bleu sans limite ;
je suis la rosée qui pleut en silence
et la mer illimitée.

Je tiens le ciel entre mes mains
et soutiens la terre exubérante.
À ma naissance j’étais l’éternel Penseur
et le demeurerai après ma mort.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Le ciel incandescent d’un million d’étoiles (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2019



Le ciel incandescent d’un million d’étoiles
Palpite sur mon front d’enfant extasié.
Le feu glacé des nuits s’infuse dans mes moelles
Et je me sens grandir comme un divin brasier.

Les parfums de juillet brûlent dans le silence
D’une trop vaste et trop puissante volupté.
Vers l’azur ébloui, comme un oiseau, s’élance,
En des battements fous, mon coeur ivre d’été.

Que m’importe, à présent, que la terre soit ronde
Et que l’homme y demeure à jamais sans espoir ?
Oui, j’ai compris pourquoi l’on a créé le monde ;
C’était pour mon plaisir exubérant d’un soir !

(Jean de la Ville de Mirmont)

 

 

 

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Simplement, sur le parquet (Chantal Dupuy-Dunier)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018



Illustration: Adolph de Meyer
    
Simplement,
sur le parquet,
l’ombre d’un chrysanthème
calligraphie le soleil.

Cela suffit
à ouvrir l’espace du poème.
Soleil minuscule
dans l’exubérante floraison de l’univers.

(Chantal Dupuy-Dunier)

 

Recueil: Mille grues de papier
Traduction:
Editions: Flammarion

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Clapotis de rivière (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2017



 

Clapotis de rivière, frais. Des restes
d’affliction, se mêlant
à l’encore innommable.
Sillage d’un chaland, limon, et automne. Des sources
bouillonnent, un brin
de varech
tournoie sur l’exubérant
petit-lait de l’écume — tandis qu’un tesson
percé d’un clou, par deux fois, te dépasse, trouvant
refuge
dans les yeux débarrassés
de la joie.

(Paul Auster)

Illustration

 

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