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Poésie

Posts Tagged ‘exulter’

Coquelicot (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019




    
Coquelicot

Au soleil
écarlate
il exulte
comme le chant
du coq.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Dans l’erre des vents
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Comme Dieu rayonne aujourd’hui (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2019



 

Carry Akroyd summerParish

Comme Dieu rayonne aujourd’hui,
Comme il exulte, comme il fleurit,
Parmi ces roses et ces fruits !

Comme il murmure en cette fontaine !
Ah ! comme il chante en ces oiseaux…
Qu’elle est suave son haleine
Dans l’odorant printemps nouveau !

Comme il se baigne dans la lumière
Avec amour, mon jeune dieu !
Toutes les choses de la terre
Sont ses vêtements radieux.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Carry Akroyd

 

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J’AI TOUT PERDU (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018




J’AI TOUT PERDU

J’ai tout perdu de l’enfance,
Jamais plus je ne pourrai
Perdre mémoire à crier.

L’enfance, je l’ai enfouie
Au fond des nuits.
A présent, lame invisible,
Elle me coupe de tout,

Je me souviens comment
J’exultais de t’aimer,
A présent je suis perdu
Dans l’illimité des nuits.

Désespoir incessant, croissant,
La vie ne m’est plus rien,
En travers de la gorge,
Qu’un roc de cris.

(Giuseppe Ungaretti)

Illustration

 

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Ces chants d’oiseau (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018




    
ces chants d’oiseau
au petit matin
en ce jour de printemps

la vie qui exulte

soudain
traversé
soulevé
par cette allégresse

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Gravitation (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018




    
Gravitation

Sous le grand âge du printemps
L’eau sourd en gouttes de regret

Des bouquets sonores exultent
Poudroyants

Mais la demeure saigne
Et sa fissure

Nous avions construit ici notre logis
Sur un escarpement de pierres heureuses.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Il est des parcelles de lieux (René Char)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2018



Il est des parcelles de lieux où l’âme rare subitement exulte.
Alentour ce n’est qu’espace indifférent.
Du sol glacé elle s’élève, déploie tel un chant sa fourrure,
pour protéger ce qui la bouleverse, l’ôter de la vue du froid.

(René Char)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Vivre c’est lancer toucher le monde un peu plus loin que le bout de ses doigts (Bruno Berchoud)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2017



Et dieu créa le caillou plat
parti d’un trait sur la rivière
pour bondir un instant vers le ciel
et que mon fils exulte
tandis que j’applaudis
Vivre c’est lancer
toucher le monde un peu plus loin
que le bout de ses doigts.

(Bruno Berchoud)

Illustration: Mars Curiosity

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Exil (Saint-John Perse)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017



Illustration
    

Exil

III

« … Toujours il y eut cette clameur,
toujours il y eut cette splendeur,
« Et comme un haut fait d’armes en marche par le monde,
comme un dénombrement de peuples en exode,
comme une fondation d’empires par tumulte prétorien, ha !
comme un gonflement de lèvres sur la naissance des grands Livres,
« Cette grande chose sourde par le monde
et qui s’accroît soudain comme une ébriété.

« … Toujours il y eut cette clameur,
toujours il y eut cette grandeur,
« Cette chose errante par le monde,
cette haute transe par le monde,
et sur toutes grèves de ce monde,
du même souffle proférée, la même vague proférant
« Une seule et longue phrase sans césure à jamais inintelligible…

« … Toujours il y eut cette clameur,
toujours il y eut cette fureur
« Et ce très haut ressac au comble de l’accès,
toujours, au faîte du désir,

la même mouette sur son aile, la même mouette sur son aire,
à tire-d’aile ralliant les stances de l’exil,
et sur toutes grèves de ce monde, du même souffle proférée,
la même plainte sans mesure
« A la poursuite, sur les sables, de mon âme numide… »

Je vous connais, ô monstre ! Nous voici de nouveau face à face.
Nous reprenons ce long débat où nous l’avions laissé.
Et vous pouvez pousser vos arguments comme des mufles bas sur l’eau :
je ne vous laisserai point de pause ni répit.
Sur trop de grèves visitées furent mes pas lavés avant le jour,
sur trop de couches désertées fut mon âme livrée au cancer du silence.

Que voulez-vous encore de moi, ô souffle originel ?
Et vous, que pensez-vous encore tirer de ma lèvre vivante,
Ô force errante sur mon seuil,
ô Mendiante dans nos voies et sur les traces du Prodigue ?

Le vent nous conte sa vieillesse, le vent nous conte sa jeunesse…
Honore, ô Prince, ton exil !
Et soudain tout m’est force et présence, où fume encore le thème du néant.

« … Plus haute, chaque nuit, cette clameur muette sur mon seuil,
plus haute, chaque nuit, cette levée de siècles sous l’écaille,
« Et, sur toutes grèves de ce monde, un ïambe plus farouche à nourrir de mon être !…

« Tant de hauteur n’épuisera la rive accore de ton seuil,
ô Saisisseur de glaives à l’aurore,
« Ô Manieur d’aigles par leurs angles,
et Nourrisseur des filles les plus aigres sous la plume de fer !

« Toute chose à naître s’horripile à l’orient du monde,
toute chair naissante exulte aux premiers feux du jour !
« Et voici qu’il s’élève une rumeur plus vaste par le monde, comme une insurrection de l’âme…

« Tu ne te tairas point clameur !
que je n’aie dépouillé sur les sables toute allégeance humaine.
( Qui sait encore le lieu de ma naissance ? ) »

(Saint-John Perse)

 

Recueil: Apologie du poète
Editions: Fata Morgana

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Amazone (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017




    
Amazone

L’Amazone contemple à ses pieds des ruines,
Tandis que le soleil, las de luttes, s’endort ;
La volupté du meurtre a gonflé ses narines ;
Elle exulte, amoureuse étrange de la Mort.

Elle veut les baisers des lèvres expirantes
Qui laissent à sa bouche en feu le goût du sang ;
Sur le champ de bataille aux odeurs enivrantes,
Son orgueilleux désir se vautre en pâlissant.

Elle aime les amants qui lui donnent l’ivresse
De leur fauve agonie et de leur fier trépas,
Et, méprisant le miel de la fade caresse,
Les coupes sans horreur ne lui suffisent pas.

Le râle la remplit d’une ivresse sauvage ;
Au milieu des combats son coeur s’épanouit
Et, lionne aux yeux d’or éprise de carnage
La livide sueur des fronts la réjouit.

Elle rit et se pâme auprès du vaincu blême ;
Son corps, vêtu de pourpre, aux derniers feux du jour
Se penche avec ardeur sur le spasme suprême,
Plus terrible et plus beau que le spasme d’amour.

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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La Fourrure (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2017



La Fourrure

JE hume en frémissant la tiédeur animale
D’une fourrure aux bleus d’argent, aux bleus d’opale ;
J’en goûte le parfum plus fort qu’une saveur,
Plus large qu’une voix de rut et de blasphème,
Et je respire avec une égale ferveur
La Femme que je crains et les Fauves que j’aime.

Mes mains de volupté glissent, en un frisson,
Sur la douceur de la Fourrure, et le soupçon
De la bête traquée aiguise ma prunelle.
Mon rêve septentrional cherche les cieux
Dont la frigidité m’attire et me rappelle,
Et la forêt où dort la neige des adieux.

Car je suis de ceux-là que la froideur enivre.
Mon enfance riait aux lumières du givre.
Je triomphe dans l’air, j’exulte dans le vent,
Et j’aime à contempler l’ouragan face à face.
Je suis fille du Nord et des Neiges, — souvent
J’ai rêvé de dormir sous un linceul de glace.

Ah ! la Fourrure où se complaît ta nudité,
Où s’exaspérera mon désir irrité ! —
De ta chair qui détend ses impudeurs meurtries
Montent obscurément les chaudes trahisons,
Et mon âme d’hiver aux graves rêveries
S’abîme dans l’odeur perfide des Toisons.

(Renée Vivien)

Illustration: Jean Jacques Henner

 

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