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Posts Tagged ‘fabuleux’

UNE HISTOIRE FABULEUSE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



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UNE HISTOIRE FABULEUSE

La moissonneuse-batteuse-lieuse
s’en va par monts et par vaux
elle n’est point paresseuse
c’est une bonne travailleuse

et vaut bien le prix qu’elle vaut
le taureau roulant ses gros yeux
se dit : oh la belle bête
Pasiphaë pesait bien peu
à côté de cette conquête

il la séduit aussitôt
elle en tombe amoureuse
il me fera un petit veau
songe-t-elle toute rêveuse

elle devint mère effectivement
d’une égraineuse-écosseuse-dénoyauteuse
et le taureau fut bien content
car il approuvait les mutants
et les histoires fabuleuses

(Raymond Queneau)

 

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J’aime le vin (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2017




    
J’aime le vin parce qu’il m’est étrange,
parce qu’il m’est familier,
parce qu’il est incompréhensible et fabuleux.

J’aime le vin parce que je ne peux m’empêcher d’aimer les hommes.
Dans ma cave, il n’y a pas de vin.
Il n’y a que d’heureuses espérances.

(Jean-Claude Pirotte)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

 

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HORIZON VIDE (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017



HORIZON VIDE

Horizon vide où rien ne reste
De cette fabuleuse fête
Qui un jour t’illumina.

Tes lignes, jadis profondes et vastes,
Sont aujourd’hui vides et usées,
Et ce fut mon désir qui les usa.

De la pinède verte descendait
La nuit dansante aux pas silencieux,
Et dans ce morceau de mer au loin brûlait
L’appel infini des espaces.

La clarté chantait sur la grève,
Et chaque pin contenait
Dans l’irrépressible montée de ses lignes
L’explication même de l’héroïsme.

Horizon vide, squelette de mon rêve,
Arbre mort sans fruit,
Devant toi je dépose
La solitude, le chaos et le deuil.

***

HORIZONTE VAZIO

Horizonte vazio em que nada resta
Dessa fabulosa festa
Que um dia te iluminou.

As tuas linhas outrora foram fundas e vastas,
Mas hoje estilo vazias e gastas
E foi o meu desejo que as gastou.

Era do pinhal verde que descia
A noite bailando em silenciosos passos,
E naquele pedaço de mar ao longe ardia
O chamamento infinito dos espaços.

Nos areais cantava a claridade,
E cada pinheiro continha
No irreprimível subir da sua linha
A explicatão de toda a heroicidade.

Horizonte vazio, esqueleto do meu sonho,
Árvore morta sem fruto,
Em teu redor deponho
A solidão, o caos e o luto.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Illustration: Max Mitenkov

 

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J’ai retrouvé la mer (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2017



J’ai retrouvé la mer
Qui peigne les cailloux

Ce battement de coeur
D’une joue qui s’affaisse

Les oiseaux fabuleux
Déchirant un oeil vert

L’espace plus fermé
Qu’un temple de légende

Et quand s’ouvrent les portes
Au sexe fou du vent

L’horizon se rassemble
Et nous sommes vivants.

(Georges Jean)

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LE PLAT DE FAÏENCE (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2017



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LE PLAT DE FAÏENCE

Notre amour fut semblable à ces plats de faïence
Où l’on voit des pays fantastiquement bleus.
Des oiseaux à trois becs, des arbres onduleux,
Des saints dont l’œil qui louche est ravi de croyance.

Des buveurs digérant un jambon de Mayence,
Des chiens verts sous lesquels on lit: Ce sont des leups.
Des chevaux imprévus au profil fabuleux,
Des rois enluminés d’une rouge vaillance.

Notre amour fut pareil, bizarre et précieux.
Un étrange pays sous d’impossibles cieux,
Un plat bariolé de rêve et de féerie.

Plus d’un mets savoureux y fut bien fricassé,
Nous y avons mangé des baisers, en frairie.
Mais je l’ai laissé choir par terre. Il s’est cassé.

(Jean Richepin)

 

 

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Au fond de l’étang il y a le château englouti (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



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Au fond de l’étang il y a le château englouti
où les fées de l’eau dansent
elles s’entremêlent aux algues
leurs volutes en oblique submergent la surface
aux profondeurs
un vent liquide fait claquer les oriflammes
à la dérive
la Dame aux voiles noirs pleure au donjon
tandis que des tournois refluent
à distance
au bout des ruelles filtrent des plaintes étouffées
ce sont des êtres morts brassant le vide
l’élément empêche de voir l’action
il n’y a pas de scène
seulement des personnages de songe
et des animaux fabuleux
La herse végétale retombe avec un bruit d’ailleurs
des corps inconnus filent en transparence
du sang goutte sur les pierres et la mousse
des spectres fracassés passent au loin
des femmes d’un autre âge et des hommes en armes
se croisent en souriant étranges
et disparaissent dans des méandres invisibles
toutes les chimères peuplent les collines de sable
des avalanches de monstres et de bêtes connues jadis
s’élèvent en lames de fond
les filles mouvantes se couchent aux douves

(Jean-Claude Demay)

 

 

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Dans le silence fabuleux (Janine Mitaud)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2017



Dans le silence fabuleux
Ecoute croître un peuple de poèmes
Qui presse le vaisseau de ce naissant amour

(Janine Mitaud)

Illustration: Fabienne Contat

 

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A l’affût (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2016



A l’affût

A l’affût
je sens
à
une brusque
immobilité du paysage
qu’il se passe
un événement
fabuleux
l’avènement
d’une fable
où on m’engage
à mon insu
on ne chante plus
on se concerte
à
mon propos
dans un langage
dont je ne reconnais même pas
les silences
quelque chose se passe
où je n’ai rien à voir
de corolle à corolle
on se passe le mot
proche du noir
il pleut
invisible
efface sa lumière
et ne me touche
que du bout des doigts
pour m’endormir
voiler ce murmurant concile
d’aveugles
parle à mots couverts
terriblement amoureusement
d’une chose qui concerne
l’étranger
guetteur
ferme les yeux
dort un peu pour voir.
mais la pluie

(Jean Mambrino)

Illustration

 

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Je dois à la poésie la grâce de ton amour (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2016



Je dois à la poésie
la grâce de ton amour.
Je dois à son pouvoir
l’offrande de ta voix,
l’aimantation de ta voix,
l’aimantation de ton pas,
une passion fabuleuse
et nos emportements.

Au comble de l’accablement
et du meurtre de nous,
jamais je ne laisserai dire
que la magie du poème
ne peut pas tout traduire
ni que la poésie
n’enchante pas la vie.
Elle seule,
comme la Soupçonnée
de René Char,
garde force de mots
jusqu’au bord des larmes.

(André Velter)

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Je me souviens des instants où j’étais l’univers (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2016



 

Je me souviens
Des instants où j’étais
L’univers

Quand il n’y avait rien
D’autre que l’évidence

Je me rappelle être sorti
Du temps
Pendant que tu donnais
Mon nom

A chaque goutte de pluie
Qui tombait

Sur la vague en désordre
Des longues
Inondations de nos sens

Et on faisait l’amour de
Toutes les façons
Sans limites des nuages

Je me rappelle
De chaque fabuleux
Vagin des crépuscules

De la chair de poule
Des étoiles sur
La peau douce du ciel

(Werner Lambersy)

Illustration: Hartig Kopp Delaney

 

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