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Poésie

Posts Tagged ‘façade’

L’instant (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2019



L’instant nous dilapide.
L’instant nous établit.
L’instant se consume
A l’abri des clôtures.
L’instant s’épuise
Aux façades de nos vies.
L’instant s’avive
Pour te nommer,
Chimère.

L’instant n’est plus
Et tu te lèves,
Amour.

(Andrée Chedid)

Illustration

 

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Maison sans racines (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



Maison sans racines

Engluée dans tes mailles
Vissée à tes ancrages
Couvant parures et biens

Je me défais de tes cordages
Te laisse à tes façades
A tes entraves de mille riens

Pour célébrer
La Maison sans racines
Entre ses murs dévêtus.

(Andrée Chedid)

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Contradictions (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



 

contradictions

Contradictions

Ils cohabitent en moi.
Se battent sans qu’on le voie :

Le passé le présent
Le futur et maintenant
L’illusion et le vrai
Le maussade et le gai
La bêtise la raison
Et les oui et les non
L’amour de ma personne
Les dégoûts qu’elle me donne
Les façades qu’on se fait
Et ce qui derrière est
Et les peurs qu’on avale
Les courages qu’on étale
Les envies de dire zut
Et les besoins de lutte
Et l’humain et la bête
Et le ventre et la tête
Les sens et la vertu
Le caché et le nu
L’aimable et le sévère
Le prude et le vulgaire
Le parleur le taiseux
Le brave et le peureux
Et le fier et le veule…

Pour tout ça je suis seul.

(Esther Granek)

 

 

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LA FAÇADE (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



Cadran-solaire-facade-Hotel-de-ville-2

 

LA FAÇADE

Glorieuse, monumentale et monotone,
La façade de pierre effrite au vent qui passe
Son chapiteau friable et sa guirlande lasse
En face du parc jaune où s’accoude l’Automne.

Au médaillon de marbre où Pallas la couronne,
La double lettre encor se croise et s’entrelace;
A porter le balcon l’Hercule se harasse;
La fleur de lys s’effeuille au temps qui la moissonne.

Le vieux Palais, miré dans ses bassins déserts,
Regarde s’accroupir en bronze noir et vert
La Solitude nue et le Passé dormant;

Mais le soleil aux vitres d’or qu’il incendie
Y semble rallumer intérieurement
Le sursaut, chaque soir, de la Gloire engourdie.

(Henri De Régnier)

Illustration

 

 

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Etes-vous la nouvelle personne attirée vers moi ? (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



 

Jarek Puczel -11

Etes-vous la nouvelle personne attirée vers moi ?
Pour commencer sachez-le, je suis sûrement fort différent de ce que vous supposez ;
Supposez-vous que vous trouverez en moi votre idéal ?
Croyez-vous qu’il soit si aisé de me voir devenir votre amant ?
Croyez-vous que l’amitié mienne serait une satisfaction sans mélange ?
Croyez-vous que je sois sûr et fidèle ?
Ne voyez-vous pas plus loin que cette façade, cette manière à moi douce et tolérante ?
Vous supposez-vous en train d’avancer sur un sol véritable vers un véritable homme héroïque ?
N’avez-vous point le soupçon, ô rêveur, que ce peut être tout maya, illusion ?

(Walt Whitman)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Jarek Puczel

 

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Tu n’as rien appris (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2018



 

Tu n’as rien appris, sinon que la solitude n’apprend rien, que l’indifférence n’apprend rien:
c’était un leurre, une illusion fascinante et piégée.

Tu étais seul et voilà tout et tu voulais te protéger:
qu’entre le monde et toi les ponts soient à jamais coupés.

Mais tu es si peu de chose et le monde est un si grand mot:
tu n’as jamais fait qu’errer dans une grande ville,
que longer sur quelques kilomètres des façades, des devantures, des parcs et des quais.

L’indifférence est inutile.

(Georges Perec)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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OMBRE À OMBRE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018



 

OMBRE À OMBRE

Contre la façade du soir :
ombres, feu, et silence.
Pas vraiment le silence, mais son feu —
l’ombre
portée par un souffle.

Pour pénétrer le silence de ce mur,
je dois me dépouiller de moi-même.

(Paul Auster)

 

 

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LA MAISON ROSE (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018



 

Illustration: Vincent Van Gogh
   
LA MAISON ROSE

ils ont refait le crépi
de la maison rose
que nous voulions revoir
pour la couleur
du côté des parcs à huîtres

la façade est blanche
nette, impeccable
— ces traînées le long des fenêtres
cette matière brûlée par le sel —

La Rosaie dans la pierre maintenant
au-dessus de la porte
comme le titre d’un tableau
qui n’aurait plus de sens

la poésie comme la vie
tient toujours à un fil

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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LES HOMMES SUR LA TERRE (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018




    
LES HOMMES SUR LA TERRE

Nous étions quatre autour d’une table
Buvant du vin rouge et chantant
Quand nous en avions envie.

Une giroflée flétrie dans un jardin à l’abandon
Le souvenir d’une robe au détour d’une allée
Une persienne battant la façade.

Le premier dit : « Le monde est vaste et le vin est bon
Vaste est mon coeur et bon mon sang
Pourquoi mes mains et mon coeur sont-ils vides ? »

Un soir d’été le chant des rameurs sur une rivière
Le reflet des grands peupliers
Et la sirène d’un remorqueur demandant l’écluse.

Le second dit : « J’ai rencontré une fontaine
L’eau était fraîche et parfumée
Je ne sais plus où elle est et tous quatre nous mourrons. »

Que les ruisseaux sont beaux dans les villes
par un matin d’avril
Quand ils charrient des arcs-en-ciel.

Le troisième dit : « Nous sommes nés depuis peu
Et déjà nous avons pas mal de souvenirs
Mais je veux les oublier. »

Un escalier plein d’ombre
Une porte mal fermée
Une femme surprise nue.

Le quatrième dit : « Quels souvenirs?
Cet instant est un bivouac
O mes amis nous allons nous séparer. »

La nuit tombe sur un carrefour
La première lumière dans la campagne
L’odeur des herbes qui brûlent.

Nous nous quittâmes tous les quatre
Lequel étais-je et qu’ai-je dit?
C’était un jour du temps passé.

La croupe luisante d’un cheval
Le cri d’un oiseau dans la nuit
Le clapotis des fleuves sous les ponts.

L’un des quatre est mort
Deux autres ne valent guère mieux
Mais je suis bien vivant et je crois que c’est pour longtemps.

Les collines couvertes de thym
La vieille cour moussue
L’ancienne rue qui conduisait aux forêts.

O vie, ô hommes, amitiés renaissantes
Et tout le sang du monde circulant dans des veines
Dans des veines différentes mais des veines d’hommes, d’hommes sur la terre.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Fortunes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Des mots (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017


 

Des mots
Avec porche,
Des mots
Sans façade,
Des mots
H.L.M.
Des mots
terriers.

(Guillevic)

Illustration

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