Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘façonner’

Ô Lumière (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2019



 

Christiane Vleugels -  _18

Ô Lumière,
Qui fis mes yeux d’azur
Et d’humide splendeur,
Comme de pures et claires
Fleurs des airs !

Ô Désir, qui créas ces lèvres,
Qu’entr’ouvre un sourire
Et qu’un baiser soulève !

Ô Amour,
Qui façonnas de tes mains
Douces et blanches
Cette coupe de mon sein,
Où, à l’entour d’une fleur close,
Court une branche
De bleu jasmin !

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Christiane Vleugels

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Fraîches hirondelles (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019




je sens ton sein brûler et tes baisers glisser
façonnant dans mon rêve de fraîches hirondelles.

(Pablo Neruda)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE POTIER (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2018



Illustration: Bella Gingell
    
LE POTIER

Le soleil nous aura creusés longuement
Comme une lampe sur le tour.
Les doigts du temps agile
Ont façonné nos cœurs aux pentes lisses.

Sous l’eau des nuits et le regard patient,
Quand sonne l’heure des volets,
Dans les pièces tardives, l’ombre s’endort,
Autour de la solitude des lampes.

L’huile a gardé le jour qui baisse,
Une clarté sur les dernières branches.
La précaution de la main nocturne,
Autour du tremblement d’un jour
Secret, plus secret que le jour.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je marche en moi (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Je marche en moi

Je marche en moi, je creuse dans mes brumes,
j’ouvre la nuit, j’avance par les mots,
j’entends mon pas, je découvre des rites
et des futurs dormant dans le passé.

Je suis issu de l’errance d’un être.
Il me façonne à sa main, nous allons
de cercle en cercle aux confins du réel.

Notre regard jamais ne se détache
de ce qui fut, voyant ce qui sera.

Je vis de l’autre, en l’autre je suis moi
multiplié par la folle aventure
quand nous portons ce bouclier d’aurore.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Arbre (Imasango)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2017




    
Arbre

Tu es l’hommme des grandes hauteurs
Des vallées femmes au seuil des fougères
Tu dis l’écorce des racines guérisseuses
Tu donnes la vie en offrant ta sève brute

Tu sers les marcheurs qui n’ont plus de repère
Tu nourris les oiseaux qui cherchent encore le Nord
Tu vas jusqu’aux eaux troubles des langues oubliées
Tu donnes, tu façonnes et tu fondes

Tu glisses au cœur des heures qui n’ont plus de ciment
Tu creuses la courbe humble des chambranles à venir
Tu attends en vieux sage d’abriter un ancêtre
Tu donnes le murmure des pas dans la forêt

Tu envahis les flèches porteuses de force vive
Tu polis l’amertume des échecs des guerriers
Tu cadences les offrandes sur un bois de santal
Tu lies les mots aux chants scandés des talons fiers

Tu dis quand il fait froid sur les cimes des âmes
Si les hommes s’entrechoquent en aiguisant leurs lames
Si les femmes mettent au monde un essaim de détresse
Si les creeks asséchées sentent l’odeur de mort

Quand tombe la nuit et pointe l’aube
Tu attends silencieux
Tu ne dis rien
Tu es celui qui sait tendre l’oreille
Tu ne veux rien
Puisque tu n’es que don

(Imasango)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’inscription (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2017



L’inscription
Tu regardes mes mains
frêles — dis-tu — comme des fleurs

tu regardes ma bouche
trop petite pour dire : monde

— balançons-nous plutôt sur la tige des instants
buvons le vent
voyons comme nos yeux s’éteignent
l’odeur de fané est la plus belle
et la forme des ruines insensibilise

il est en moi une flamme qui pense
un vent pour l’incendie et pour la voile

mes mains sont impatientes
je peux
façonner avec de l’air
la tête d’un ami

je répète un poème que je voudrais
traduire en sanscrit
ou en pyramide :

quand la source des étoiles se tarira
nous éclairerons les nuits

quand le vent deviendra pierre
nous attendrirons l’air

(Zbigniew Herbert)

Illustration: Ismael Nery

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CIEL NOCTURNE ET CHUTE D’ÉTOILE (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



CIEL NOCTURNE ET CHUTE D’ÉTOILE

Le ciel, grand, plein de retenue splendide,
une provision d’espace, un excès de monde.
Et nous, trop loin pour nous laisser façonner,
trop près pour nous en détourner.

Là-bas une étoile tombe ! Et notre désir à la voir,
d’un regard bouleversé, rivé à elle et pressant :
Quelles choses ont commencé et lesquelles disparu ?
Quelles choses sont coupables ? Et lesquelles pardonnées ?

***

NACHTHIMMEL UND STERNENFALL

Der Himmel, groß, voll herrlicher Verhaltung,
ein Vorrat Raum, ein Übermaß von Welt.
Und wir, zu ferne für die Angestaltung,
zu nahe für die Abkehr hingestellt.

Da fällt ein Stern! Und unser Wunsch an ihn,
bestürzten Aufblicks, dringend angeschlossen:
Was ist begonnen, und was ist verflossen?
Was ist verschuldet? Und was ist verziehn?

(Rainer Maria Rilke)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Aujourd’hui, je n’ai pas peur de la mort (Aïcha Arnaout)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2017



 

Aujourd’hui, je n’ai pas peur de la mort
Je ne saisis ni ce geste
ni ce regard
Je marche à l’ombre, sur la neige noire
embaumée par la chaleur des fleurs ensevelies
Tombe la pluie
comme les larmes de la mémoire
Ne sortez pas
restez chez vous avec la voix du tonnerre
et votre pénombre intérieure

Dans mes yeux, j’éteins la braise
Je n’ai peur ni de la mort ni de la douleur
car le bonheur ne se trouve
ni dans l’extinction ni dans l’éclosion de la vie

Le verre bleu recouvre les côtes
Avez-vous de l’encre noire
pour en façonner la mer
l’éclat des profondeurs ?

Je le connais bien
ce cri impossible, répété sans relâche
sous un ciel qui n’a jamais existé
Un enfant naît, l’absurde dure
et la guitare de la mémoire
s’acquitte des nouveaux impôts

(Aïcha Arnaout)

Illustration: Hartig Kopp Delaney

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Femme (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2017



sirene

 

Femme vêtue de peau
Qui façonnes nos mains,
Sans la mer dans tes yeux,
Sans ce goût de la mer que nous prenons en toi,
Tu n’excéderais pas
Le volume des chambres.

(Guillevic)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vous êtes le nuage du soir qui flotte dans le ciel de mes rêves (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2016



Vous êtes le nuage du soir qui flotte dans le ciel de mes rêves.
Je vous façonne et vous crée selon les désirs de mon amour.
Vous êtes mienne, habitante de mes rêves infinis.
Vos pieds sont rosés de la gloire de mon désir, ô glaneuse de mes chants du soir.
Vos lèvres sont amères et douces du vin de ma douleur.
Vous êtes mienne, habitante de mes rêves solitaires.
C’est l’ombre de mes passions qui assombrit vos yeux. Vous êtes l’hallucination de mon regard.
Je vous ai saisie et enveloppée dans le filet de mes chants, ô mon amour.
Vous êtes mienne, habitante de mes rêves immortels.

(Rabindranath Tagore)

Illustration: Arthur Hughes

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :