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Poésie

Posts Tagged ‘façonner’

MIME (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2020



MIME

Feindre l’espace
le façonner
peindre le temps avec sa cendre
prendre le jour le rendre
transformer ce qui passe
l’effacer.

Des nuages traversent
lentement le ciel
de la pensée.

(Jean Mambrino)

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TERRE (Emad Fouad)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2020



 Illustration: Tineke Storteboom
    
TERRE

Notre terre vierge
au visage noir
Nous la blessons pour enterrer les morts
qu’elle a enfanté et façonné d’argile
Six pieds sous terre
suffisent
pour restituer les choses
confiées à sa famille
et pour recouvrir la terre
de terre.

***

ZIEMIA

Naszą dziewiczą matkę
o czarnej twarzy
ranimy, by chować naszych zmarłych
których rodziła i kształtowała z gliny
Sześć stóp pod ziemią
jest wystarczające,
by zwrócić to, co powierzono jej rodzinie
i usypać kopczyk z ziemi
na ziemi.

***

AARDE

Onze maagdelijke moeder
met een zwart gelaat
We kwetsen haar om de doden te begraven
die ze baarde en vormde uit klei
Zes voet onder de aarde
is voldoende
om dingen terug te geven
die aan haar familie werden toevertrouwd
en om de aarde
met aarde te bedekken.

***

EARTH

Our virgin mother
black of face
We hurt her to bury our dead
she bore and formed from clay
Six feet under earth
is enough
to return things entrusted to her family
and pile earth
on earth.

***

ERDE

Unsere jungfräuliche Mutter
mit schwarzem Gesicht
Wir verletzen sie, um unsere Toten zu begraben.
die sie gebar und aus Ton formte
Sechs Fuß unter der Erde
ist genug
um Dinge, die ihren Abkömmlingen anvertraut wurden,
zurückzugeben
und um die Erde
mit Erde zu bedecken

***

ΓΗ

Μητέρα μας παρθένα γη
πρόσωπο μαύρο που
σε σκάβουμε και θάψουμε νεκρούς
που από λάσπη εσχημάτισες
δυο μέτρα στο χώμα σου βαθειά
αρκούν
να της γυρίσουμε αυτά που ωφείλουμε
χώμα πάνω στο χώμα.

***

***

TERRA

Nossa mãe virgem
com a cara negra
ferimos para enterrar nossos mortos
que ela deu a luz e moldou em argila
Seis pés sob a terra
são suficientes
para devolver as coisas confiadas à sua família
e para cobrir a terra
com terra.

***

TIERRA

Nuestra madre virgen
con su rostro negro
La herimos para enterrar a los muertos
que ella dio a luz y modeló en arcilla
Seis pies bajo tierra
son suficientes
para devolver los elementos confiados a su familia
y así cubrir la tierra
con tierra.

***

TERRA

La nostra madre vergine
nera di faccia
la feriamo nel seppellire i nostri morti
che ha tenuto in grembo e formato nell’argilla
Sei piedi sotto terra
è abbastanza
per restituire ciò che è stato affidato
alla sua famiglia
e ammucchiare terra
su terra

***

地 球


我们的圣母
黑脸
我们伤害她是为了埋葬死者
她诞生和成形于粘土
地下六英尺
足够
把委托的东西还给她家
并在人间
堆土。

***

(Emad Fouad)

 

Recueil: ITHACA 614
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Anglais Camilo Gómez-Rivas / Allemand Wolfgang Klinck / Grec Manolis Aligizakis / Portugais José Eduardo Degrazia / Espagnol Rafael Carcelén / Italien Luca Benassi / Chinois William Zhou / Arabe
Editions: POINT

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LE TANAH DIT (Joseph Rolnik)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019




    
LE TANAH DIT
(extrait)

Des tuiles, des planches, des vitres,
Et martèle, et façonne, et bats,
Assemble-les, plus vite, vite,
Le jour s’assombrit et s’en va.

Le jour s’assombrit et s’en va,
Et tout à coup surgit la nuit,
Tu restes perdu dans ton champ
Sans avoir fini ton abri.

Des tuiles, des planches, des vitres,
Rien ne peut sortir de cela,
Le vent disperse ta demeure
Avant que monte le soleil.

(Joseph Rolnik)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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La tentation (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2019



Ce vase un peu dans l’ombre
au bord de la fenêtre
Qui voudrait t’entraîner dans d’autres tourbillons,
Regarde-le plutôt comme si de tes mains
Tu l’avais façonné,

Comme si c’était toi
Qui venais de le faire.

(Guillevic)

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Ô Lumière (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2019



 

Christiane Vleugels -  _18

Ô Lumière,
Qui fis mes yeux d’azur
Et d’humide splendeur,
Comme de pures et claires
Fleurs des airs !

Ô Désir, qui créas ces lèvres,
Qu’entr’ouvre un sourire
Et qu’un baiser soulève !

Ô Amour,
Qui façonnas de tes mains
Douces et blanches
Cette coupe de mon sein,
Où, à l’entour d’une fleur close,
Court une branche
De bleu jasmin !

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Christiane Vleugels

 

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Fraîches hirondelles (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019




je sens ton sein brûler et tes baisers glisser
façonnant dans mon rêve de fraîches hirondelles.

(Pablo Neruda)

 

 

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LE POTIER (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2018



Illustration: Bella Gingell
    
LE POTIER

Le soleil nous aura creusés longuement
Comme une lampe sur le tour.
Les doigts du temps agile
Ont façonné nos cœurs aux pentes lisses.

Sous l’eau des nuits et le regard patient,
Quand sonne l’heure des volets,
Dans les pièces tardives, l’ombre s’endort,
Autour de la solitude des lampes.

L’huile a gardé le jour qui baisse,
Une clarté sur les dernières branches.
La précaution de la main nocturne,
Autour du tremblement d’un jour
Secret, plus secret que le jour.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je marche en moi (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Je marche en moi

Je marche en moi, je creuse dans mes brumes,
j’ouvre la nuit, j’avance par les mots,
j’entends mon pas, je découvre des rites
et des futurs dormant dans le passé.

Je suis issu de l’errance d’un être.
Il me façonne à sa main, nous allons
de cercle en cercle aux confins du réel.

Notre regard jamais ne se détache
de ce qui fut, voyant ce qui sera.

Je vis de l’autre, en l’autre je suis moi
multiplié par la folle aventure
quand nous portons ce bouclier d’aurore.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Arbre (Imasango)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2017




    
Arbre

Tu es l’hommme des grandes hauteurs
Des vallées femmes au seuil des fougères
Tu dis l’écorce des racines guérisseuses
Tu donnes la vie en offrant ta sève brute

Tu sers les marcheurs qui n’ont plus de repère
Tu nourris les oiseaux qui cherchent encore le Nord
Tu vas jusqu’aux eaux troubles des langues oubliées
Tu donnes, tu façonnes et tu fondes

Tu glisses au cœur des heures qui n’ont plus de ciment
Tu creuses la courbe humble des chambranles à venir
Tu attends en vieux sage d’abriter un ancêtre
Tu donnes le murmure des pas dans la forêt

Tu envahis les flèches porteuses de force vive
Tu polis l’amertume des échecs des guerriers
Tu cadences les offrandes sur un bois de santal
Tu lies les mots aux chants scandés des talons fiers

Tu dis quand il fait froid sur les cimes des âmes
Si les hommes s’entrechoquent en aiguisant leurs lames
Si les femmes mettent au monde un essaim de détresse
Si les creeks asséchées sentent l’odeur de mort

Quand tombe la nuit et pointe l’aube
Tu attends silencieux
Tu ne dis rien
Tu es celui qui sait tendre l’oreille
Tu ne veux rien
Puisque tu n’es que don

(Imasango)

 

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L’inscription (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2017



L’inscription
Tu regardes mes mains
frêles — dis-tu — comme des fleurs

tu regardes ma bouche
trop petite pour dire : monde

— balançons-nous plutôt sur la tige des instants
buvons le vent
voyons comme nos yeux s’éteignent
l’odeur de fané est la plus belle
et la forme des ruines insensibilise

il est en moi une flamme qui pense
un vent pour l’incendie et pour la voile

mes mains sont impatientes
je peux
façonner avec de l’air
la tête d’un ami

je répète un poème que je voudrais
traduire en sanscrit
ou en pyramide :

quand la source des étoiles se tarira
nous éclairerons les nuits

quand le vent deviendra pierre
nous attendrirons l’air

(Zbigniew Herbert)

Illustration: Ismael Nery

 

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