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NOCTURNE (Franck Venaille)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2019



 
    
NOCTURNE

La belle femme nue debout à sa fenêtre, pressent que face à elle
Dans le noir Quelqu’un admire la coupe rectangulaire de ses poils
La tenue des seins dont on voit la puissance et la fragilité. C’est le
Présent qu’elle fait parfois à la vie, à cet inconnu de la cour sombre
Qui, sans doute, à l’instant, a repris sa faction et, très vite, se signe.

(Franck Venaille)

 

Recueil: Ça
Traduction:
Editions: Mercure de France

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A un nuage (Maurice Betz)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2018



A un nuage qui bougeait au fond d’une mare
J’ai crié: Qui va là ?
Il était loin déjà.

***

Septentrion plein d’éclairs roses,
Pourpre répons de l’est,
Quel des deux, ce matin, est l’aurore ?

***

Grise et jaune plaine pommelée,
Toison pelée
Où les camions sont des mites.

***

On riait bien. (Tu te rappelles?) On causait. (V’lan l’entends-tu?)
Ah! Reboirons-nous jamais de ce petit vin
Dans la chambrée blanche et chaude, un soir de pluie ?

***

Nuit sereine, ciel sans nuages.
Je rengaine ma baïonnette
Et monte ma garde, lune au clair.

***

Un trou d’obus
Dans son eau
A gardé tout le ciel.

***

Montmartre, tes lumières, tes femmes
Aux jambes tièdes et douces…
Depuis hier la pluie crépite sur ma tente.

***

Fin de faction. L’aube éteint les dernières étoiles.
Assis, mon mousqueton sur les genoux,
Je sifflote à la gloire du soleil.

(Maurice Betz)

 

 

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FACTION (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2016




FACTION

On a décidé de faire la nuit
Pour une petite étoile problématique
A-t-on le droit de faire la nuit
Nuit sur le monde et sur notre coeur
Pour une étincelle
Luira-t-elle
Dans le ciel immense désert

On a décidé de faire la nuit
pour sa part
De lâcher la nuit sur la terre
Quand on sait ce que c’est
Quelle bête c’est
Quand on a connu quel désert
Elle fait à nos yeux sur son passage

On a décidé de lâcher la nuit sur la terre
Quand on sait ce que c’est
Et de prendre sa faction solitaire
Pour une étoile encore qui n’est pas sûre
Qui sera peut-être une étoile filante
Ou bien le faux éclair d’une illusion
Dans la caverne que creusent en nous
Nos avides prunelles.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

 

 

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FACTION (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2016



 

FACTION

On a décidé de faire la nuit
Pour une petite étoile problématique
A-t-on le droit de faire la nuit
Nuit sur le monde et sur notre cœur
Pour une étincelle
Luira-t-elle
Dans le ciel immense désert

(Hector de Saint-Denys Garneau)

Illustration: Siegfried Zademack

 

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EN FACTION (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2016



EN FACTION

On m’envoie là-bas sur un grand tas de pierres
comme un cadavre illustre de l’âge de fer.
Les autres sont restés sous la tente et dorment
étalés comme les rayons d’une roue.

Sous la tente, le poêle fait la loi : un grand serpent
qui a gobé une boule de feu et qui siffle.
Mais pas un bruit ici dans la nuit de printemps
parmi ces pierres froides qui guettent la lumière.

Et ici dans le froid, je me mets à voler
comme un chaman, je vole vers son corps
aux marques blanches laissées par le maillot –
nous étions en plein soleil. La mousse était chaude.

Je glisse le long de chauds instants
mais ne peux m’y attarder longtemps.
Ils me rappellent à eux, ils sifflent dans l’espace –
je rampe entre les pierres. Ici et maintenant.

Mission: être là où l’on est.
Même dans ce rôle grotesque et
compassé — je suis l’endroit précis
où la genèse se perfectionne.

Le jour vient, les troncs des arbres épars
maintenant se colorent, les fleurs du printemps
qu’a mordues la gelée ratissent doucement le terrain
et recherchent quelqu’un qui disparut dans l’ombre.

Mais être là où l’on est. Et attendre.
Je suis anxieux, obstiné et confus.
Les événements futurs, ils existent déjà!
Je le sens. Ils sont là dehors:

Une foule de gens qui murmurent au-delà des barrières.
Ils ne pourront passer qu’un à un.
Ils veulent entrer. Pourquoi? Ils arrivent
un à un. Je suis le tourniquet.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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