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Poésie

Posts Tagged ‘faible’

CEPENDANT … (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

CEPENDANT …

Une même eau ne reste pas longtemps
Dans un faible creux de la terre
Qui est face à face avec le ciel :
Vienne midi, vienne le vent,
Il faut que s’évade un peu d’elle,
Flocon de nuage ou perles dans l’herbe.

Vienne du soleil plein le mur d’en face,
A ton plus haut carreau vienne du bleu,
Et tes pieds seront nus et chauds parmi les sables
Et des oiseaux voyageront avec tes yeux…

(Charles Vildrac)

Illustration

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Un nom dans la montagne (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018




    
Un nom dans la montagne

Et ton nom dans l’écho où paraît la montagne
Bleue
Crainte bleue des hauteurs et froide perception
Le vent seul, le vent
Obscur et vrai comme est le pain de vie

Avance
Parmi les hauts graviers de grège
Car on t’appelle d’un nom plus haut
Dans l’adage des morts, source grave
Étroite distinction

De toi parmi les morts, de toi parmi les roses
Et l’on ne sait si tu entends encore l’abondance
De ton corps descendu dans des milliers de graines

Pose les mains encore sur l’étendue
Car tous les chemins de fer se dissipent
Tous les tournants saignent sous l’arche

Éprends-toi d’un vieux reflet de la lumière
La main rie l’ami faible au loin te faisait signe.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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II (Suite Mystique) (Edmond-Henri Crisinel)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



Illustration: Gilbert Garcin
    
II (Suite Mystique)

O sainteté !
En ce désert
Où j’ai lutté,
J’ai vu ta palme
Profuse et calme :
Haut dans les airs,
Un faible cri
A retenti.
Depuis, je tourne
Autour de l’arbre,
Et tout s’ajourne
Jusqu’à mourir.
Le froid désir
D’un fût de marbre
Sèche les pierres
De mes prières.

(Edmond-Henri Crisinel)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Oeuvres (complètes)
Traduction:
Editions: L’âge d’homme

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Agir et penser comme un chat (1) (Stéphane Garnier)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
Au commencement, Dieu créa l’Homme,
mais le voyant si faible, il lui donna le chat.

(Warren Eckstein)


    

Le chats de gouttière même les plus loqueteux sont toujours nobles.
Ils n’ont rien à prétendre.
Ils sont chats… et tout est dit.

(Frédéric Vitoux)

Au plus profond de nous, nous sommes tous motivés par les mêmes urgences.
Les chats ont le courage de vivre sans s’en préoccuper.

(Jim Davis)

Avec les qualités de propreté, d’affection, de patience,
de dignité et de courage que possèdent les chats,
combien d’entre nous, je vous le demande,
pourraient devenir des chats ?

(Fernand Méry)

L’idée du calme
est dans un chat assis.

(René Char)

Le chat semble mettre un point d’honneur à ne servir à rien,
ce qui ne l’empêche pas de revendiquer au foyer
une place meilleure que celle du chien.

(Michel Tournier)

Et quand je vois passer un Chat
je dis:
il en sait long sur l’Homme.

(Jules Supervielle)

J’ai beaucoup étudié les philosophes et les chats.
La sagesse des chats est infiniment supérieure.

(Hippolyte Taine)

Le chat ne nous caresse pas,
il se caresse à nous.

(Rivarol)

L’espèce humaine est la seule à avoir des difficultés à se voir en tant qu’espèce.
Un chat semble n’avoir aucun mal à un être un chat; c’est tout simple.
Les chats n’ont apparemment aucune complexe,
aucune ambivalence, aucun conflit et ne montrent aucun signe de volonté d’être plutôt des chiens.

(Abraham Maslow)

 

Auteur: Stéphane Garnier
Recueil: Agir et Penser comme un Chat
Editions: De l’Opportun

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Par les portails de Sinera (Salvador Espriu)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



    

Par les portails de Sinera
je passe en mendiant des miettes
de vieux souvenirs. Les rues
silencieuses résonnent
de la faible prière inutile.
Nulle charité ne me taille
le pain que je mangeais,
le temps perdu. Seuls
m’attendent, pour me faire l’aumône,
de fidèles cyprès très verts.

***

Pels portals de Sinera
passo captant engrunes
de veils records. Ressona
ais carrers en silenci
el feble prec inútil.
Cap caritat no em llesca
el pa que jo menjava,
el temps perdut. M’esperen
tan sols, per fer-me almoina,
fidels xiprers verdíssims.

(Salvador Espriu)

 

Recueil: Cimetière de Sinera
Traduction: Mathilde et Albert Bensoussan et Denise Boyer
Editions: Ibériques

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PAROXYSME (Manuel Maples Arce)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018


 


Claude Monet_train campagne

 

PAROXYSME

En route vers d’autres rêves nous sommes sortis avec la
fin du jour ;
une étrange aventure
nous a effeuillés dans le bonheur de la chair
et le coeur change
entre elle et la désolation du voyage.

Dans l’agglomération des quais
les sanglots ont tout à coup éclaté ;
ensuite, pendant toute la nuit
sous mes rêves,
j’entends ses plaintes
et ses prières.

Le train est une rafale de fer
qui gifle le panorama et émeut tout.

J’épuise son souvenir
jusqu’au fond
de l’extase,
et battent dans le coeur
les couleurs lointaines de ses yeux.

Aujourd’hui, nous passerons tout près de
l’automne
et les prairies seront jaunes.

Je tressaille à cause d’elle !
Horizons inhabités de l’absence !

Demain tout sera
ennuagé de ses larmes,
et la vie qui arrive
est faible comme un souffle.

(Manuel Maples Arce)

Illustration: Claude Monet

 

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L’ÉTANG (Edmond Picard)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



L’ÉTANG

Mon âme est un étang marécageux et mort !
Des vents glacés sans cesse y gémissent leurs plaintes.
Ecimés et marqués de sinistres atteintes,
Des arbres foudroyés en attristent les bords.

Les amours oubliés, les amitiés éteintes,
Le trésor douloureux des cruautés du Sort,
Pourrissent lentement dans la vase qui dort,
Avec le terreau noir, avec les fleurs déteintes.

Lugubre lieu ! Pourtant, en cet abîme sourd,
Lorsque mon faible cœur ose jeter la sonde,
Et d’un coup imprévu frapper le limon lourd,

Un rayon se répand, un frémissement court,
Quelques blancs souvenirs montent à travers l’onde,
Nénuphars étoilant ma détresse profonde.

(Edmond Picard)

 

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Je suis rêveuse et fragile … (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2018




    
Je suis rêveuse et fragile …

1
En effeuillant au soleil couchant
Une fleur des champs
La blanche marguerite
J’imagine un pompier pas méchant
Ou d’un soldat dans sa guérite
Nous irions dans un beau jardin
Comme un prince avec sa princesse
Et de minuit jusqu’au matin
Nous serions tout miel et caresse.

Refrain

Je suis rêveuse et fragile
La brutalité
Me blesse et me tourne la bile
La douceur c’est ma qualité
J’aime les fleurs et les mots tendres
Et les songes bleus
Parfois je sens mon cœur se fendre
En guettant un amoureux.

2
Je suis pareille aux sveltes iris
Pareille au grand lys
Pareille aux fraises mûres
Mon coeur est doux d’esprit délicat
Je suis une faible nature
L’amour trouble mon estomac
Mais quand je rêve aux aventures
Ma chair frémit, j’en suis gaga
Faut prendre ma température.

3
Hélas hélas j’ai ce soir cent ans
Un rêve épatant
Me semble aujourd’hui fade
Je veux quelqu’un vivant pour coucher
Je voudrais le marquis de Sade
Ou bien un gros garçon boucher
Et qu’il me mette en marmelade
Qui m’étreigne et fasse loucher
Et que je ne sois plus en rade.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Ma môme est grande (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Illustration: Oi-Oei    
    
ma môme est grande avec de longs yeux durs lorsqu’elle
se tient debout,avec de longues mains dures gardant
le silence sur sa robe,parfait pour le sommeil
est son long corps dur aussi rempli de surprise
qu’un électrique fil blanc,lorsqu’elle sourit
d’un dur et long sourire ça fait parfois gaîment
venir à travers moi de cruels chatouillis
et le bruit faible de ses yeux met aisément
mon impatience à vif—ma môme est grande,
la chair ferme,ses jambes aussi fines qu’une vigne
qui a passé sa vie sur le mur d’un jardin
et va mourir. Quand nous allons au lit sans joie
ces deux jambes elle commence à enrouler sur moi
et haletant,mes tête et visage elle étreint.

***

my girl’s tall with hard long eyes
as she stands,with her long hard hands keeping
silence on her dress,good for sleeping
is her long hard body filled with surprise
like a white shocking wire,when she smiles
a hard long smile it sometimes makes
gaily go clean through me tickling aches,
and the weak noise of her eyes easily files
my impatience to an edge—my girl’s tall
and taut,with thin legs just like a vine
that’s spent all of its life on a garden-wall,
and is going to die. When we grimly go to bed
with these legs she begins to heave and twine
about me,and to kiss my face and head.

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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L’âme (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Une ombre! Une ombre
est apparue
une menace encore
Qui sait ce qu’elle attend
de nous

Quand elle pénètre par
taches humides et muettes
à l’intérieur de nous

Elle semble faible affamée
dirait-on
méfiez-vous

L’âme! L’âme encore
la dévoreuse de lumières
en voudra toujours plus

(Werner Lambersy)

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