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Poésie

Posts Tagged ‘faible’

Debout, tu as longtemps éclipsé le monde (Jean-Pierre Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017



Debout, tu as longtemps éclipsé le monde,
dieu volcanique des commencements,
et tu l’as entraîné avec toi sous terre.
Il n’y a plus que des fantômes d’arbres,
le décor de ta ville au bord de la mer,
des flocons de couleur. Les enfants seuls
croient encore assez au monde pour jouer.
Parmi les racines, ton masque de sang
est devenu un masque de cristal
où je te revois faible, endormi, suivant de loin
le lent travail, dans la lumière sépulcrale,
de ton visage qui se recompose

(Jean-Pierre Lemaire)

 

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Tu es l’horreur de la nuit (Georges Bataille)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017



 

Alain Bonnefoit it

Tu es l’horreur de la nuit
je t’aime comme on râle
tu es faible comme la mort

je t’aime comme on délire
tu sais que ma tête meurt
tu es l’immensité la peur

tu es belle comme on tue
le cœur démesuré j’étouffe
ton ventre est nu comme la nuit

(Georges Bataille)

Illustration: Alain Bonnefoit

 

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Nous ignorons (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017



Illustration: René Baumer
    
Nous ignorons, bien sûr,
ce que sera le tout :

pourtant, dès que s’esquisse un poème,
il nous convoque,

et si une syllabe est de trop ou trop faible,
nous le pressentons.

(Pierre Dhainaut)

 

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LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (II) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2017



Illustration: William Merritt Chase
    
LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (II)

Dis que tu entres dans ma chambre
tu la fais se tourner vers le soleil.
Le front sur toi de la plus faible lueur
et c’est tout le ciel qui t’enjambe.

Pour que mes mains puissent te toucher
il faut qu’elles se fraient un passage
à travers les blés dans lesquels tu te tiens,
avec toute une journée de pollen sur la bouche.

Nue, tu te jettes dans ma nudité
comme par une fenêtre
au-delà de laquelle le monde n’est plus
qu’une affiche qui se débat dans le vent.

Tu ne peux pas aller plus loin que mon corps
qui est contre toi comme un mur.
Tu fermes les yeux pour mieux suivre les chemins
que ma caresse trace sous ta peau.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Sois bon, sois doux, sois aimant (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2017




    
Sois bon, sois doux, sois aimant.

Aie l’âme pleine de pitié devant la douleur des êtres.

Puisque la vie est un combat,
et que l’odieuse loi du plus fort est la loi de l’univers entier,
aie compassion des faibles, des petits qui succombent,
recueille les blessés, adoucis leurs souffrances, console leurs misères ;
aime comme le Boudha ou Jésus.

Et sois poète aussi, crée de glorieux mensonges.
Parle du bien, proclame la splendeur du beau :
— n’évite quelque fois que de parler du vrai.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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UNE PETITE FILLE PERDUE (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017




UNE PETITE FILLE PERDUE

Enfants de l’âge futur,
Lisant ces vers indignés,
Apprenez que, fut un temps,
Amour, le doux amour, fut tenu pour un crime.

Dans le temps de l’Âge d’Or,
Du froid de l’hiver exempts,
Gars et filles, rayonnant
Á la lumière sacrée,
S’ébattent nus aux rayons du soleil.

Un jour un couple de jeunes,
Empli du plus doux souci,
Se rencontre au beau jardin
Où la lumière sacrée
Venait d’ouvrir les rideaux de la nuit.

Là, dans le jour qui se lève,
Ils jouent tous les deux dans l’herbe ;
Les parents étaient au loin,
Aucun étranger ne vint,
Et la vierge eut tôt fait d’oublier ses frayeurs.

Puis, repus de doux baisers,
Ils se donnent rendez-vous
A l’heure où, au ciel profond,
Le sommeil sans bruit déferle,
Où pleure le voyageur épuisé.

Et la fille, radieuse,
Vint à son père tout blanc,
Mais l’amour lu dans ses yeux
Fit, comme le Livre Saint,
Trembler d’effroi ses membres délicats.

« Ona, faible et pâle,
A ton père parle.
Quelle peur tremblante,
Quel affreux souci
Secouent les fleurs de ma tête blanchie. »

***

A LITTLE GIRL LOST

Children of the future age,
Reading this indignant page,
Know that in a former time
Love, sweet love, was thought a crime.

In the Age of Gold,
Free from winter’s cold,
Youth and maiden bright
To the holy light,
Naked in the sunny beams delight.

Once a youthful pair,
Filled with softest care,
Met in garden bright,
Where the holy light
Had just removed the curtains of the night.

There in rising day
On the grass they play;
Parents were afar,
Strangers came not near,
And the maiden soon forgot her fear.

Tired with kisses sweet,
They agree to meet
When the silent sleep
Waves o’er heaven’s deep,
And the weary tired wanderers weep.

To her father white
Came the maiden bright,
But his loving look,
Like the Holy Book,
All her tender limbs with terror shook.

`Ona, pale and weak,
To thy father speak.
Oh, the trembling fear,
Oh, the dismal care,
That shakes the blossoms of my hoary hair.’

(William Blake)

Illustration: Raphaëlle Zecchiero

 

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Hiroshima (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2017



 

Hiroshima

Par la colombe et l´olivier,
Par la détresse du prisonnier,
Par l´enfant qui n´y est pour rien,
Peut-être viendra-t-elle demain.

Avec les mots de tous les jours,
Avec les gestes de l´amour,
Avec la peur, avec la faim,
Peut-être viendra-t-elle demain.

Par tous ceux qui sont déjà morts,
Par tous ceux qui vivent encore,
Par ceux qui voudraient vivre enfin,
Peut-être viendra-t-elle demain.

Avec les faibles, avec les forts,
Avec tous ceux qui sont d´accord,
Ne seraient-ils que quelques-uns,
Peut-être viendra-t-elle demain.

Par tous les rêves piétinés,
Par l´espérance abandonnée,
À Hiroshima, ou plus loin,
Peut-être viendra-t-elle demain,
La Paix!

(Georges Moustaki)

Illustration: Roger Somville

 

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La beauté est un doux murmure (Khalil Gibran)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2017




    

La beauté est un doux murmure.
Elle parle en notre esprit.

Sa voix cède à nos silences
comme une faible lumière
qui tremble de peur devant l’ombre.

(Khalil Gibran)

 

Recueil: Le Prophète

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Veillée heureuse (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



Illustration: Andrzej Malinowski

    
Veillée heureuse

J’épie, avec amour, ton sommeil dans la nuit :
Ton front a revêtu la majesté de l’ombre,
Tout son enchantement et son prestige sombre…
Et l’heure, comme une eau nocturne, coule et fuit !

Tu dors auprès de moi, comme un enfant… J’écoute
Ton souffle doux et faible et presque musical
S’élevant, s’abaissant, selon un rythme égal…
Ton âme, loin de moi, suit une longue route…

Tes yeux lassés sont clos, ô visage parfait !
Te contemplant ainsi, j’écoute, ô mon amante !
Comme un chant très lointain ton haleine dormante,
Je l’entends, et mon coeur est doux et satisfait.

(Renée Vivien)

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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EGEIA (Oscar Milosz)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



EGEIA

Pourquoi ce front si triste, Egeia, forme de mon âme,
Pourquoi ces larmes dans les yeux de ma bien-chère ?
Le sourire de mon amie est comme un blâme,
Ses yeux sont comme un grand silence sur la mer…

Egeia, Egeia ! C’est l’atroce insomnie
De la Vie, ô ma douce, qui psalmodie en vous
Sa berceuse sans fin, dont la monotonie
N’endort ni les regrets, ni les frayeurs, ni les dégoûts !

Je me penche sur mon mirage en l’eau grise de vos pensées
Et ma tristesse est un vertige de parfums fades,
Et les doux flots lents sont un troupeau bêlant d’agnelles malades,
Là-bas, sur la plage nocturne où nos pas se sont effacés…

Nos âmes sont la mort de la mer sur les sables
Où tremble le vieux clair-de-lune des regrets,
Et les jours que nous regrettons sont misérables,
Et les jours que nous espérons sont des désespérés…

Adieu les mots chanteurs, adieu les nobles attitudes,
Adieu l’amour de la Douleur, adieu le mépris de la Gloire !
— Ecoutons sangloter, dans les lointaines solitudes,
L’eau faible et résignée où défaille le Soir…

(Oscar Milosz)

Illustration: Carolus-Duran 

 

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