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Poésie

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Je voudrais être seul dans le sud (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017




    
Je voudrais être seul dans le sud

Peut-être mes yeux lents ne verront plus le sud
Aux légers paysages endormis dans l’espace
Aux corps comme des fleurs sous l’ombrage des branches
Ou fuyant au galop de chevaux furieux.

Le sud est un désert qui pleure en sa chanson,
Et comme l’oiseau mort, sa voix ne s’éteint pas ;
Vers la mer il dirige ses désirs amers
Ouvrant un faible écho qui vibre lentement.

A ce si lointain sud je veux être mêlé.
La pluie là-bas n’est rien qu’une rose entr’ouverte ;
Son brouillard même rit, rire blanc dans le vent.
Son ombre, sa lumière ont d’égales beautés.

***

Quisiera estar solo en el sur

Quizá mis lentos ojos no verán más el sur
De ligeros paisajes dormidos en el aire,
Con cuerpos a la sombra de ramas como flores
O huyendo en un galope de caballos furiosos.

El sur es un desierto que llora mientras canta,
Y esa voz no se extingue como pájaro muerto;
Hacia el mar encamina sus deseos amargos
Abriendo un eco débil que vive lentamente.

En el sur tan distante quiero estar confundido.
La lluvia allí no es más que una rosa entreabierta;
Su niebla misma ríe, risa blanca en el viento.
Su oscuridad, su luz son bellezas iguales.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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PRIERE (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2017



Illustration
    
PRIERE

Mon Dieu faites que j’oublie
ce sang qui court dans mes mains et que la nuit brunit
mon Dieu faites que j’oublie
le faible bruit des portes
et la lumière qui dort sous les robes

Mon Dieu ne me détournez pas du lit étroit de la solitude
ni de la maison cachée sous les roseaux
ni de la lampe qu’emprisonnent les livres

Otez-moi ce goût de l’étrangère aux lèvres creuses
ôtez-moi le souvenir de cette immensité malade
empêchez que je sache ma soif aussi de sang
chantez, faites chanter vos anges et vos poètes
et donnez-moi la joie de faire de la musique avec des mots.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Le poète et la Muse (Constantin Cavàfis)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017



Illustration: Eoghan de Leastar
    
Le poète et la Muse

LE POÈTE

Dans quel but le destin a-t-il voulu m’élire
poète, moi si faible, avec tous mes défauts ?
Car ma parole est vaine et les sons de ma lyre,
même les plus chantants, sonnent creux, semblent faux.

J’ai beau chercher à dire un sentiment sublime,
gloire et vertu ne sont qu’un rêve, je le sens.
Dans la désillusion mon oeil toujours s’abîme,
dans les ronces partout mon pied s’en va glissant.

Le monde est une froide et sombre comédie.
Mes chants non moins que lui se révèlent menteurs.
Chanter l’amour, la joie ? Infâme parodie,
infâme lyre, proie de spectacles trompeurs !

LA MUSE

Poète, tu n’es pas menteur. Ton monde à toi
est le seul vrai. Seules les cordes de ta lyre
savent la vérité ; elles seules, crois-moi,
au long de notre vie ont l’art de nous conduire.

Serviteur du divin, apprends quel est ton sort :
la beauté, le printemps. Une ode enchanteresse
est issue de ta bouche, et tu es un trésor
de parfums — une voix d’en haut, riche en promesses.

Si la nuit règne sur la terre, n’aie point peur.
Ne crois pas que cette ombre va durer encore.
Tu es près des plaisirs, des vallons et des fleurs ;
courage, et en avant ! Vois se lever l’aurore !

Seule une faible brume effarouche tes yeux.
Sous son voile, pour toi, la Nature accueillante
tresse roses, violettes, narcisses précieux,
couronne pour tes chants, récompense odorante.

(Constantin Cavàfis)

 

Recueil: Tous les poèmes
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Le miel des Anges

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CRIS DE PARIS (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
CRIS DE PARIS

On n’entend plus guère le repasseur de couteaux
le réparateur de porcelaines le rempailleur de chaises
on n’entend plus guère que les radios qui bafouillent
des tourne-disques des transistors et des télés
ou bien encore le faible aye aye ouye ouye
que pousse un piéton écrasé

(Raymond Queneau)

 

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Tu étais cachée par les brumes (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

Tu étais cachée par les brumes,
Et même ta voix était faible.
Je me souviens de ces leurres,
Je m’en souviens, esclave soumis.

Tu portais encor la couronne
Des caprices du point du jour.
Je me souviens des marches du trône
Et de ton premier jugement.

Les vêtements étaient si pâles
Et le calme si inquiétant!
Et ces pleines brassées de lys,
Et ton regard sans pensée…

Qui peut dire où cela s’est passé?
Qui peut dire où l’Étoile est tombée?
Et ce que furent ces mots
Qu’alors tu as prononcés?

Mais comment n’aurais-je pas reconnu
La blanche fleur des rivières,
Et tous ces vêtements pâles,
Et l’étrange sous-entendu blanc ?

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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POÉSIE LA VIE ENTIÈRE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017



 

Dimo Kolibarov (14) [1280x768]

POÉSIE LA VIE ENTIÈRE

Avec l’amour
Avec le ciel
Avec le jour
Et tous les souvenirs démêlés un à un
Avec le plus faible qui t’aime
Avec la plus belle entre toutes
Qui te regarde et s’humilie
Avec les prisons qui s’éclairent
Lorsque tu passes sous les murs
Avec l’oiseau
Avec les bêtes
Qui tremblent de te perdre un jour
Poésie la vie entière
Je te caresse
Aux yeux de tous.

(René Guy Cadou)

Illustration: Dimo Kolibarov

 

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Servus — Reginae (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017




    
Servus — Reginae

N’appelle pas. De mon plein gré
J’irai au temple.
Et, devant toi, sans dire un mot,
M’inclinerai.

Alors j’écouterai tes ordres,
Et j’attendrai,
Timide, un rendez-vous furtif —
Espérerai.

Vaincu et faible sous le joug
De tes passions,
Parfois servant, parfois aimé
Toujours esclave.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Agir et penser comme un chat (1) (Stéphane Garnier)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

Au commencement, Dieu créa l’Homme,
mais le voyant si faible, il lui donna le chat.

(Warren Eckstein)

Le chats de gouttière même les plus loqueteux sont toujours nobles.
Ils n’ont rien à prétendre.
Ils sont chats… et tout est dit.

(Frédéric Vitoux)

Au plus profond de nous, nous sommes tous motivés par les mêmes urgences.
Les chats ont le courage de vivre sans s’en préoccuper.

(Jim Davis)

Avec les qualités de propreté, d’affection, de patience,
de dignité et de courage que possèdent les chats,
combien d’entre nous, je vous le demande,
pourraient devenir des chats ?

(Fernand Méry)

L’idée du calme
est dans un chat assis.

(René Char)

Le chat semble mettre un point d’honneur à ne servir à rien,
ce qui ne l’empêche pas de revendiquer au foyer
une place meilleure que celle du chien.

(Michel Tournier)

Et quand je vois passer un Chat
je dis:
il en sait long sur l’Homme.

(Jules Supervielle)

J’ai beaucoup étudié les philosophes et les chats.
La sagesse des chats est infiniment supérieure.

(Hippolyte Taine)

Le chat ne nous caresse pas,
il se caresse à nous.

(Rivarol)

L’espèce humaine est la seule à avoir des difficultés à se voir en tant qu’espèce.
Un chat semble n’avoir aucun mal à un être un chat; c’est tout simple.
Les chats n’ont apparemment aucune complexe,
aucune ambivalence, aucun conflit et ne montrent aucun signe de volonté d’être plutôt des chiens.

(Abraham Maslow)

 

Auteur: Stéphane Garnier
Recueil: Agir et Penser comme un Chat
Editions: De l’Opportun

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Papillons Hésitants (Siu Yin)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2017



    

Papillons Hésitants, grêles, les papillons, deux par deux, frôlent la balustrade décorée.
De temps en temps, la belle leur jette un regard à la dérobée.
Leurs ailes sont si faibles, leur vol est si près, mais la belle ne peut leur faire du mal;
Elle tente de les attraper dans les fleurs et n’y parvient jamais.

(Siu Yin)

 

 

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Retouche à la passion (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2017




Illustration: Phoebe Anna Traquair
    
retouche à la passion

il n’y a rien dans la lumière
que mon désir

c’est de toi si je meurs, amour.

plus faible que la neige à midi
dans le dérèglement
d’un jour tranquille

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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