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Poésie

Posts Tagged ‘faible’

Le Souffle des Morts (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2017



Je sens le souffle des morts
sur mon visage.

Vous m’avez dit:
Ne les redoutez pas,
ne les repoussez pas
mais demandez…

Je demande l’intercession des morts
dans la nuit où nous sommes,

leur si faible,
leur si tendre lueur.

(Jean Joubert)

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Vivre ou ne pas vivre (Marc Lavoine)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2017



    

Vivre ou ne pas vivre
Vivre son rêve même à tout prix
Tout donner le jour et la nuit
S’abandonner à l’infini

Vivre ou ne pas vivre
Pour la gloire, pour les sous
Pour un rêve devenu fou
Faut-il y aller à genoux

Vivre ou ne pas vivre
Pour cette passion qui nous dévore
Ou l’on peut voir passer la mort
Puisqu’elle fait partie du décor

(Vivre ou ne pas vivre)
Etre seul, être là
Etre enfin face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre fort, être faible,
Etre encore face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre nu, être bon
Etre doux face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre un jour, une nuit
Etre en vie face à soi même
Vivre ou ne pas vivre

Renoncer au grand amour
Danser sans arrêt, toujours
Mais y’a rien qui dure

Vivre ou ne pas vivre
Le paradis a son enfer
Est-ce la paix ? est-ce la guerre ?
La vie vaut-elle une carrière ?

(Vivre ou ne pas vivre)
Etre seul, être là
Etre enfin face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre fort, être faible,
Etre encore face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre nu, être bon
Etre doux face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre un jour, une nuit
Etre en vie face à soi même
Vivre ou ne pas vivre

Vivre ou ne pas vivre
Oh mon amour, ma raison
A l’affiche il y a mon nom
Comment dire oui, comment dire non ?

Vivre ou ne pas vivre
Dans les poussières de la scène
Ou doivent se jeter dans la Seine
A corps perdu
A perdre haleine

(Vivre ou ne pas vivre)
Etre seul, être là
Etre enfin face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre fort, être faible,
Etre encore face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre nu, être bon
Etre doux face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre un jour, une nuit
Etre en vie face à soi même
Vivre ou ne pas vivre

(Marc Lavoine)

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LE DIEU DE CHAQUE HOMME (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2017



Illustration: William Blake

    

LE DIEU DE CHAQUE HOMME

Lorsque je dis «mon Dieu»,
j’affirme ma propriété.
Il est mille dieux personnels
dans les niches de la cité.

Lorsque je dis « mon Dieu»,
je crée une complicité.
Plus faible, je suis plus fort
que la défraternité.

Lorsque je dis «mon Dieu»,
je crie mon orphelinité.
Le roi auquel je m’offre
me dérobe ma liberté.

Lorsque je dis «mon Dieu»,
je pleure mon anxiété.
Je ne sais que faire de lui
dans ma microéternité.

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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Le coffre-faible (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2017



Le coffre-faible
où nous entassons
nos larmes.

(Laurent Albarracin)

 

 

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Les signes (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2017



Les signes
sont de très faibles
et très douces preuves.

(Laurent Albarracin)

 

 

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LIED (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



Alex Alemany secuencia-amorosa

 

LIED

Ah ce soir le vent, amoureux rêvant,
Va pastellisant du ciel émouvant…

Ah ce soir sans doute il est par le monde
Des mille et millions d’endroits où des vents,
Amoureux rêvant,
Ou hordes menant rondes furibondes,
Font des milliers d’yeux émus, par le monde.

Mais toi, faible toi,
Tu n’as que deux yeux et un ciel étroit
Mordu par les toits.

*

Sur terre il y a, par mille et millions,
Des vierges qui font, par mille et millions,
Piaffer des désirs après leurs talons.

Un homme crispé sur chacune d’elles,
Contraignant leurs jambes comme des ailes,
Ouvrira leur chair neuve, et tiède, et frêle,
En épiant leurs yeux…

Mais jamais ta chair
Ne saura le goût premier de tant de chairs,
Et jamais tes yeux
Ne boiront le cri unique de tant d’yeux…

*

Villes et hameaux sur la terre sont
Par mille et millions.
Par mille et millions ils ont des maisons
Où vivre…

Ah pouvoir dans chaque édifier son Livre !
Ah des pages là, puis là-bas remplies !

Las ! tu n’as qu’un livre,
Tu n’as qu’une vie
A vivre.

(Charles Vildrac)

Illustration: Alex Alemany

 

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Le germe intact (Michèle Ranchetti)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2017



Pour la faible lumière d’un bien
sous la cendre des années le germe intact
d’une vie possible.

(Michèle Ranchetti)

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GELS, L’UN APRÈS L’AUTRE (László Marsall)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017




GELS, L’UN APRÈS L’AUTRE

Gels, l’un après l’autre,
en cohorte blanche ;
l’épaule des faibles
comme un bretzel craque.

Où loger sans toi ?
— mon âme frissonne.
Là, tu m’es foyer
que l’aurore enflamme.

Ôte de mes yeux
le plat froid d’hiver,
nourris-moi d’amour
que je ne sois ombre.

Laisse mettre un toit
sur la tour d’aimer —
dégrafe ta jupe
de ta hanche d’or.

(László Marsall)

Illustration

 

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DOMESTIQUE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017



 

wolves painting full

DOMESTIQUE

Quelque chose à naître,
une chose,
par le plus faible de nos bras
portée jusqu’à la douleur.

Je barricade la maison.
Je mets mes pierres
en ordre.

Les loups
descendent vers le sud
tôt cette année, faisant crouler la neige
des montagnes.
Je ne m’arrête pas.
Dès demain, je t’aurai donné
tout.
Tu n’auras rien de plus
à voir.

Quand je marche au-dehors,
je sens le jour
qui enserre mes chevilles.

(Paul Auster)

Illustration

 

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La Fileuse (Paul Valery)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017




La Fileuse

Assise, la fileuse au bleu de la croisée
Où le jardin mélodieux se dodeline ;
Le rouet ancien qui ronfle l’a grisée.

Lasse, ayant bu l’azur, de filer la câline
Chevelure, à ses doigts si faibles évasive,
Elle songe, et sa tête petite s’incline.

Un arbuste et l’air pur font une source vive
Qui, suspendue au jour, délicieuse arrose
De ses pertes de fleurs le jardin de l’oisive.

Une tige, où le vent vagabond se repose,
Courbe le salut vain de sa grâce étoilée,
Dédiant magnifique, au vieux rouet sa rose.

Mais la dormeuse file une laine isolée ;
Mystérieusement l’ombre frêle se tresse
Au fil de ses doigts longs et qui dorment, filée.

Le songe se dévide avec une paresse
Angélique, et sans cesse, aux doux fuseaux crédule,
La chevelure ondule au gré de la caresse…

Derrière tant de fleurs, l’azur se dissimule,
Fileuse de feuillage et de lumière ceinte :
Tout le ciel vert se meurt. Le dernier arbre brûle.

Ta sœur, la grande rose où sourit une sainte,
Parfume ton front vague au vent de son haleine
Innocente, et tu crois languir… Tu es éteinte

Au bleu de la croisée où tu filais la laine.

(Paul Valery)

Illustration: William Bouguereau

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