Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘faible’

UNE PETITE FILLE PERDUE (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017




UNE PETITE FILLE PERDUE

Enfants de l’âge futur,
Lisant ces vers indignés,
Apprenez que, fut un temps,
Amour, le doux amour, fut tenu pour un crime.

Dans le temps de l’Âge d’Or,
Du froid de l’hiver exempts,
Gars et filles, rayonnant
Á la lumière sacrée,
S’ébattent nus aux rayons du soleil.

Un jour un couple de jeunes,
Empli du plus doux souci,
Se rencontre au beau jardin
Où la lumière sacrée
Venait d’ouvrir les rideaux de la nuit.

Là, dans le jour qui se lève,
Ils jouent tous les deux dans l’herbe ;
Les parents étaient au loin,
Aucun étranger ne vint,
Et la vierge eut tôt fait d’oublier ses frayeurs.

Puis, repus de doux baisers,
Ils se donnent rendez-vous
A l’heure où, au ciel profond,
Le sommeil sans bruit déferle,
Où pleure le voyageur épuisé.

Et la fille, radieuse,
Vint à son père tout blanc,
Mais l’amour lu dans ses yeux
Fit, comme le Livre Saint,
Trembler d’effroi ses membres délicats.

« Ona, faible et pâle,
A ton père parle.
Quelle peur tremblante,
Quel affreux souci
Secouent les fleurs de ma tête blanchie. »

***

A LITTLE GIRL LOST

Children of the future age,
Reading this indignant page,
Know that in a former time
Love, sweet love, was thought a crime.

In the Age of Gold,
Free from winter’s cold,
Youth and maiden bright
To the holy light,
Naked in the sunny beams delight.

Once a youthful pair,
Filled with softest care,
Met in garden bright,
Where the holy light
Had just removed the curtains of the night.

There in rising day
On the grass they play;
Parents were afar,
Strangers came not near,
And the maiden soon forgot her fear.

Tired with kisses sweet,
They agree to meet
When the silent sleep
Waves o’er heaven’s deep,
And the weary tired wanderers weep.

To her father white
Came the maiden bright,
But his loving look,
Like the Holy Book,
All her tender limbs with terror shook.

`Ona, pale and weak,
To thy father speak.
Oh, the trembling fear,
Oh, the dismal care,
That shakes the blossoms of my hoary hair.’

(William Blake)

Illustration: Raphaëlle Zecchiero

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Hiroshima (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2017



 

Hiroshima

Par la colombe et l´olivier,
Par la détresse du prisonnier,
Par l´enfant qui n´y est pour rien,
Peut-être viendra-t-elle demain.

Avec les mots de tous les jours,
Avec les gestes de l´amour,
Avec la peur, avec la faim,
Peut-être viendra-t-elle demain.

Par tous ceux qui sont déjà morts,
Par tous ceux qui vivent encore,
Par ceux qui voudraient vivre enfin,
Peut-être viendra-t-elle demain.

Avec les faibles, avec les forts,
Avec tous ceux qui sont d´accord,
Ne seraient-ils que quelques-uns,
Peut-être viendra-t-elle demain.

Par tous les rêves piétinés,
Par l´espérance abandonnée,
À Hiroshima, ou plus loin,
Peut-être viendra-t-elle demain,
La Paix!

(Georges Moustaki)

Illustration: Roger Somville

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La beauté est un doux murmure (Khalil Gibran)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2017




    

La beauté est un doux murmure.
Elle parle en notre esprit.

Sa voix cède à nos silences
comme une faible lumière
qui tremble de peur devant l’ombre.

(Khalil Gibran)

 

Recueil: Le Prophète

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Veillée heureuse (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



Illustration: Andrzej Malinowski

    
Veillée heureuse

J’épie, avec amour, ton sommeil dans la nuit :
Ton front a revêtu la majesté de l’ombre,
Tout son enchantement et son prestige sombre…
Et l’heure, comme une eau nocturne, coule et fuit !

Tu dors auprès de moi, comme un enfant… J’écoute
Ton souffle doux et faible et presque musical
S’élevant, s’abaissant, selon un rythme égal…
Ton âme, loin de moi, suit une longue route…

Tes yeux lassés sont clos, ô visage parfait !
Te contemplant ainsi, j’écoute, ô mon amante !
Comme un chant très lointain ton haleine dormante,
Je l’entends, et mon coeur est doux et satisfait.

(Renée Vivien)

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

EGEIA (Oscar Milosz)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



EGEIA

Pourquoi ce front si triste, Egeia, forme de mon âme,
Pourquoi ces larmes dans les yeux de ma bien-chère ?
Le sourire de mon amie est comme un blâme,
Ses yeux sont comme un grand silence sur la mer…

Egeia, Egeia ! C’est l’atroce insomnie
De la Vie, ô ma douce, qui psalmodie en vous
Sa berceuse sans fin, dont la monotonie
N’endort ni les regrets, ni les frayeurs, ni les dégoûts !

Je me penche sur mon mirage en l’eau grise de vos pensées
Et ma tristesse est un vertige de parfums fades,
Et les doux flots lents sont un troupeau bêlant d’agnelles malades,
Là-bas, sur la plage nocturne où nos pas se sont effacés…

Nos âmes sont la mort de la mer sur les sables
Où tremble le vieux clair-de-lune des regrets,
Et les jours que nous regrettons sont misérables,
Et les jours que nous espérons sont des désespérés…

Adieu les mots chanteurs, adieu les nobles attitudes,
Adieu l’amour de la Douleur, adieu le mépris de la Gloire !
— Ecoutons sangloter, dans les lointaines solitudes,
L’eau faible et résignée où défaille le Soir…

(Oscar Milosz)

Illustration: Carolus-Duran 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

CINQUIEME BAISER (Pierre-François Tissot)(Jean Second)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017




Illustration: Antonio Canova
    
CINQUIEME BAISER

Souvent tes bras d’albâtre et souples comme un lierre.
Passés autour de moi, serrent ton bien-aimé :
Suspendue à mon cou, je te sens tout entière
Presser mon front, mon sein, mon visage enflammé.
Ta bouche qui s’entr’ouvre et ressemble à la rose
Sur la mienne, avec art, s’applique et se compose

Pour mieux donner baiser d’amour…
Tu m’attaques d’une morsure ;
Je venge aussitôt mon injure ;
Ta douleur se plaint à son tour.

Mais bientôt une langue active,
Avec son dard voluptueux.
Livre cent combats amoureux
A ma langue faible et plaintive :

Plus doux que le bruit du zéphir,
Plus frais encor que la rosée
Le souffle humide du plaisir
Coule dans ma bouche embrasée ;

Exhalé de, la tienne, il réjouit mon cœur.
Plus calme et renaissant je respirais à peine ;
De tes lèvres soudain j’ai senti la chaleur
Et morne avide amante aspirer mon haleine
Que desséchait, hélas ! dans mon sein enflammé.
Un feu séditieux par Vénus allumé.

Euclians,rends la vie à l’amant qui t’adore !
Tes vœux sont exaucés : du feu qui me dévore
Déjà tu calmes la fureur :
Comme un parfum qui s’évapore,
Ton souffle humide et bienfaiteur
Rafraîchit tous mes sens et me ranime encore.

Source de mes transports, baisers délicieux !
Oui, l’Amour, je le jure, est le plus grand des dieux,
De l’Olympe et du monde il est le roi suprême;
Mais la jeune beauté qui m’enchante et qui m’aime,
Dont un baiser me donne ou me ravit le jour.
Est au-dessus des dieux et commande à l’Amour.

(Pierre-François Tissot)(Jean Second)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le Souffle des Morts (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2017



Je sens le souffle des morts
sur mon visage.

Vous m’avez dit:
Ne les redoutez pas,
ne les repoussez pas
mais demandez…

Je demande l’intercession des morts
dans la nuit où nous sommes,

leur si faible,
leur si tendre lueur.

(Jean Joubert)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vivre ou ne pas vivre (Marc Lavoine)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2017



    

Vivre ou ne pas vivre
Vivre son rêve même à tout prix
Tout donner le jour et la nuit
S’abandonner à l’infini

Vivre ou ne pas vivre
Pour la gloire, pour les sous
Pour un rêve devenu fou
Faut-il y aller à genoux

Vivre ou ne pas vivre
Pour cette passion qui nous dévore
Ou l’on peut voir passer la mort
Puisqu’elle fait partie du décor

(Vivre ou ne pas vivre)
Etre seul, être là
Etre enfin face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre fort, être faible,
Etre encore face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre nu, être bon
Etre doux face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre un jour, une nuit
Etre en vie face à soi même
Vivre ou ne pas vivre

Renoncer au grand amour
Danser sans arrêt, toujours
Mais y’a rien qui dure

Vivre ou ne pas vivre
Le paradis a son enfer
Est-ce la paix ? est-ce la guerre ?
La vie vaut-elle une carrière ?

(Vivre ou ne pas vivre)
Etre seul, être là
Etre enfin face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre fort, être faible,
Etre encore face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre nu, être bon
Etre doux face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre un jour, une nuit
Etre en vie face à soi même
Vivre ou ne pas vivre

Vivre ou ne pas vivre
Oh mon amour, ma raison
A l’affiche il y a mon nom
Comment dire oui, comment dire non ?

Vivre ou ne pas vivre
Dans les poussières de la scène
Ou doivent se jeter dans la Seine
A corps perdu
A perdre haleine

(Vivre ou ne pas vivre)
Etre seul, être là
Etre enfin face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre fort, être faible,
Etre encore face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre nu, être bon
Etre doux face à soi même
(Vivre ou ne pas vivre)
Etre un jour, une nuit
Etre en vie face à soi même
Vivre ou ne pas vivre

(Marc Lavoine)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

LE DIEU DE CHAQUE HOMME (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2017



Illustration: William Blake

    

LE DIEU DE CHAQUE HOMME

Lorsque je dis «mon Dieu»,
j’affirme ma propriété.
Il est mille dieux personnels
dans les niches de la cité.

Lorsque je dis « mon Dieu»,
je crée une complicité.
Plus faible, je suis plus fort
que la défraternité.

Lorsque je dis «mon Dieu»,
je crie mon orphelinité.
Le roi auquel je m’offre
me dérobe ma liberté.

Lorsque je dis «mon Dieu»,
je pleure mon anxiété.
Je ne sais que faire de lui
dans ma microéternité.

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le coffre-faible (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2017



Le coffre-faible
où nous entassons
nos larmes.

(Laurent Albarracin)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :