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Poésie

Posts Tagged ‘faiblir’

Que je suis nu enfin! (Pierre-Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



Que je suis nu enfin !
Aujourd’hui je donnerai voix aux tourterelles
A l’encens à la pierre et aux vertes saisons
Prêtez-moi jour objets de la lumière
Bien disposés sur une immense nuit sans fond
Pour la laver d’erreurs essentielles
Et qu’au milieu des villes criminelles
A la recherche des cavaliers blancs
J’erre
Moi faible et qui faiblis toujours du même flanc.

(Pierre-Jean Jouve)

 

 

 

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Difficile (Li Shangyin)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2019



Les rencontres – difficiles
les adieux – plus encore!
Le vent d’est a faibli
et les cent fleurs se fanent
Le ver à soie, tant qu’il vivra
déroulera sans fin son fil…

(Li Shangyin)


Illustration

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Se rencontrer, difficile, et se quitter, plus encore (Li Shangyin)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



 

 

Kathy Sosa (17) [1280x768]

Se rencontrer, difficile, et se quitter, plus encore.
Le vent d’Est a faibli, les cent fleurs sont fanées.
Le ver à soie du printemps jusqu’à la mort déroule son fil,
La chandelle ne sèche ses pleurs qu’une fois réduite en cendres.

Seul chagrin de mon miroir au matin: le nuage grisonnant de tes tempes.
Lorsque je chante dans la nuit, tu dois sentir le froid du clair de lune.
D’ici jusqu’à l’île des immortels la route n’est pas longue.
Ô oiseau bleu, prends bien soin de lui rendre visite en mon nom.

(Li Shangyin)

Illustration: Kathy Sosa

 

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La rencontre (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018



La rencontre

Nous avons commencé à parler,
Nous nous sommes regardés, puis détournés.
Sans cesse les larmes me montaient aux yeux
Mais je ne pouvais pleurer.
Je voulais prendre ta main
Mais ma main tremblait.
Sans fin tu recomptais les jours
Qui nous séparaient de la prochaine rencontre,
Mais tous deux nous sentions dans nos coeurs
Que nous allions nous quitter pour toujours.
Le battement de la pendule emplissait la chambre paisible.
«Ecoute, t’ai-je dit, son bruit est si fort,
Comme un cheval au galop sur une route déserte.
Aussi fort que cela ? un cheval qui galope dans la nuit. »
Tu m’as enfermée dans tes bras
Et la pendule étouffait les battements de nos coeurs.
Tu as dit: «Je ne peux m’en aller:
Tout ce qu’il y a de vivant en moi
Est ici pour toujours.»
Puis tu es parti.
Le monde a changé. Le bruit de la pendule a faibli,
S’est amenuisé, est devenu chose infime.
Dans l’obscurité j’ai murmuré: «Si elle s’arrête, je mourrai. »

***

The meeting

We started speaking,
Looked at each other, then turned away.
The tears kept rising to my eyes
But I could not weep.
I wanted to take your hand
But my hand trembled.
You kept counting the days
Before we should meet again.
But both of us felt in our hearts
That we parted for ever and ever.
The ticking of the little clock filled the quiet room.
« Listen », I said, « It is so loud,
Like a horse galloping on a lonely road,
As loud as that — a horse galloping past in the night ».
You shut me up in your arms.
But the sound of the clock stifled our heart’s beating.
You said, « I cannot go : all that is living of me
Is here for ever and ever ».
Then you went.
The world changed. The sound of the clock grew fainter,
Dwindled away, became a minute thing.
I whispered in the darkness: « If it stops, I shall die ».

(Katherine Mansfield)


Illustration: Edvard Munch

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JE ME DESSÉCHÉ, INERTE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018




    
JE ME DESSÉCHÉ, INERTE,
et commence à vieillir;
sur la terre déserte
je reste sans dormir.

Les sèves de la vie
délaissent mes artères,
ne donnant plus d’envie
qu’à ma tristesse amère.

Ma vue faiblit, mes yeux
sont cernés de fossés;
s’étend la taie sur eux
d’un vieux sage blessé.

Me font tourner sans trêve
les clowns de la mémoire
et puis rejouent en rêve
mon passé dérisoire.

Ce chagrin est de plomb.
Pour mon cerveau, quel poids !
Rajeunis-moi ! … Pardon,
bel amour de Flóra !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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WOHIN (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018




    
WOHIN

Le vent secoue les ronciers sur le mur,
secoue sur le coteau les pins hurleurs.
Où va le vent ? Оù va le temps ? Où vais-je ?
La clarté même a changé de nature.

Les yeux fermés j’entends battre mon sang,
faiblir le jour, se retirer les heures.
La nuit du ciel m’enferme dans ma nuit.

Soudain la voix, l’ombre et la voix du garde,
la lueur d’acier, l’instant, le vent qui passe,
la lueur des yeux, la paix du coeur et rire.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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Elle ne faiblit pas (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2018



Illustration
    
Elle ne faiblit pas, la foi du fleuve en la mer, en la source.

(Pierre Dhainaut)

 

Recueil: Sur le vif prodigue
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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Né du lent basculement du crépuscule (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2018



Illustration
    
Né du lent basculement du crépuscule
un frisson de vent parcourt la roselière
et crible de rouille le miroir de l’étang
où faiblit la lueur laiteuse des nénuphars
d’un fourré alors s’extirpe un oiseau noir
qui dans l’air engourdi peine à s’élever
et dont le lugubre ululement prélude
à l’imminente vacillation des présences

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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REMISE (René Char)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
REMISE

Laissez filer les guides maintenant c’est la plaine
Il gèle à la frontière chaque branche l’indique
Un tournant va surgir prompt comme une fumée
Où flottera bonjour arqué comme une écharde
L’angoisse de faiblir sous l’écorce respire
Le couvert sera mis autour de la margelle
Des êtres bienveillants se porteront vers nous
La main à votre front sera froide d’étoiles
Et pas un souvenir de couteau sur les herbes

Non le bruit de l’oubli là serait tel
Qu’il corromprait la vertu du sang et de la cendre
Ligués à mon chevet contre la pauvreté
Qui n’entend que son pas n’admire que sa vue
Dans l’eau morte de son ombre.

(René Char)

 

Recueil: Poèmes et proses choisies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Miroir (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2017




    
Miroir

Me voici, obstacle, me voici ; je ne m’attendais plus
mes yeux sont devenus comme une double nuit
je n’ose illuminer ce spectre, je n’ose
effacer le sourire de ces lèvres pâlies
que l’amour las ne pavoise plus.

Me voici ombre qui ai vécu
sous l’ombre de la main aux os poussiéreux d’astres
me voici devant le juge sans pardon

Le vent connaît mon crime, qui visite la bouche des morts
dont l’amour clair ceint chaque doigt
de la fille vendeuse de chair
et de la vierge aux yeux de soie.

Je ne sais plus rien et je suis las d’étreintes
j’ai tué tous mes rêves qui m’empêchaient de vivre
j’ai dû nourrir mon corps du sang frais des colombes
et j’ai tari les sources jusqu’au tréfond du sable.

Je n’ai plus rien que moi, je me salue enfin
gorgé de chairs étrangères, d’innocences et de vices
mains humides de science veule
coeur pourri de trop de proies.

C’est ainsi, c’est donc ainsi que se peint le visage
de l’homme qui efface la boue par de la boue
rien ne reste des gestes trop souvent accomplis
qu’un pli mystérieux soulignant le sourire.

Je te salue visage mensonge de silence
héritier impassible des instants de ma vie
où la rage native faiblit en violences
pour mon portrait de mort la pose est deja prise

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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