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Poésie

Posts Tagged ‘faisceau’

Le vide (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2016


faire-le-vide

le flux de sensations engendrées
par le vide
inonde les faisceaux, les dérives
et la chaîne aux maillons brisés

(Jacques Dupin)

Illustration: Daniel Martineau

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Musique (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2016




Musique

Musique pour moi ce soir, lointaine,
Dévoilée au loin tu transportes là-bas mon âme
Chanson des collines rythmes
Que la distance réunit en ces faisceaux
Bouquet du paysage horizontal.

Est-ce que les enfants n’entendent pas cela
tout le jour
Et les anges,
Ces paysages réunis dans une seule lumière

(Hector de Saint-Denys Garneau)

Illustration

 

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La tempête (Jules Breton)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2016



La tempête

L’orage s’amoncèle et pèse sur la dune
Dont le flanc sablonneux se dresse comme un mur.
Par instants, le soleil y darde un faisceau dur
De rayons plus blafards qu’un blême éclat de lune.

Les éclairs redoublés tonnent dans l’ombre brune.
Le pêcheur lutte et cherche en vain un abri sûr.
Bondissant en fureur par l’océan obscur,
L’âpre rafale hurle et harcèle la hune.

Les femmes, sur le port, dans le tourbillon noir,
Gémissent, implorant une lueur d’espoir…
Et la tempête tord le haillon qui les couvre.

Tout s’effondre, chaos, gouffre torrentiel !
Sur le croulant déluge, alors, voici que s’ouvre
En sa courbe irisée un splendide arc-en-ciel.

(Jules Breton)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

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Il va, il pense (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2015


 

Il va, il pense
Les collines noisetières
Le suivent tendrement de l’oeil.

Il caresse un tronc, il rêve
A des amis qu’il va voir.

L’acier, le cuivre, les marteaux
Sont au-dedans de l’homme
Il les range quand il faut
Et sort saluer les arbres.

Les paquebots sont en marche
Partout dans l’univers,
Des faisceaux de vie se nouent
A chaque heure du jour.

Il faut marcher dans le ciel,
Dans la mousse, dans l’écume,
Où vont les ailes, la roue
Et l’hélice fraternelles
Etre partout où la joie
Rencontre son espoir fidèle
Où l’enfance capte un rêve
Qui se ranime à sa voix.

(Jean Rousselot)

Illustration: Laurent Gorris

 

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UN RÉVEIL (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2015




UN RÉVEIL

À l’intérieur d’un rêve j’étais emmuré.
Ses murs n’avaient ni consistance
ni poids : leur vide était leur poids.
Les murs étaient des heures et les heures
pesanteur fixe, accumulée.
Le temps de ces heures n’était pas du temps.

Je sautai par une brèche : il était quatre heures
dans ce monde. La chambre était ma chambre
et dans chaque chose mon fantôme.
Je n’y étais pas. Je regardai par la fenêtre :
sous la lumière électrique pas une âme.
Réverbères en veille, neige sale,
maisons et voitures endormies, l’insomnie
d’une lampe, le chêne qui parle tout seul,
le vent et ses couteaux, l’écriture
des constellations, illisible.

En elles-mêmes les choses s’abîmaient
et mes yeux de chair les voyaient
accablées d’être, réalités
nues de leurs noms. Mes deux yeux
étaient des âmes en peine par le monde.
Dans la rue sans personne la présence
passait sans passer, dissipée
dans ses créatures, fixe dans ses mutations,
déjà devenue maisons, chênes, neige, temps.
Vie et mort fluaient confondues.
Regard inhabité, la présence
avec les yeux de personne me regardait :
faisceau de reflets sur précipices.
Je me retournai : la chambre était ma chambre
et je n’étais pas là. À l’être rien ne manque
– toujours plein de soi, jamais le même –
même si nous n’y sommes plus… Dehors,
encore indécises, des clartés :
l’aube entre des terrasses confuses.
Déjà les constellations s’effaçaient.

(Octavio Paz)

Illustration: Katerina Kockova  (Le Rêve d’un intellectuel fatigué)

 

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LES LIGNES DE NOS MAINS (Bernard Dadié)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2015



mains

LES LIGNES DE NOS MAINS

Les lignes de nos mains
ni Jaunes
ni Noires
ni Blanches
Ne sont point des frontières
des fossés entre nos villages
des filins pour lier les faisceaux de rancoeurs.

Les lignes de nos mains
sont des lignes de vie,
de Destin
de Coeur
d’Amour,
de douces chaînes qui nous lient les uns aux autres
les vivants aux morts.

Les lignes de nos mains
ni blanches
ni noires
ni jaunes,
Les lignes de nos mains
Unissent les bouquets de nos rêves.

(Bernard Dadié)

 

 

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Trop vivant (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2015



Trop vivant, il ne put résoudre l’équation de l’oubli.
Sa présence atteste ces chemins morts qu’il porte,
faisceaux lumineux divaguant au gré des morsures.

(Bernard Montini)


Illustration: Gilbert Garcin

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Le roseau (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2015



Le roseau qui effeuille
mollement son rouge
éventail au printemps;
l’avenue encaissée, sur le noir
ruisselet survolé des libellules;
et le chien haletant qui revient,
sa charge entre les dents,

aujourd’hui en ce lieu je ne puis reconnaître;
mais là où le reflet se fait le plus ardent
et très bas le nuage, derrière
ses prunelles désormais lointaines, juste deux
faisceaux de lumière, en croix.
Et le temps passe.

***

La canna che dispiuma
mollemente il suo rosso
flabello a primavera;
la rédola nel fosso, su la nera
correntia sorvolata di libellule;
e il cane trafelato cire rincasa
col suo fardello in bocca,

oggi qui non mi tocca riconoscere;
ma 1à dove il riverbero più cuoce
e il nuvolo s’abbassa, oltre le sue
pupille ormai remote, solo due
fasci di luce in croce.
E il tempo passa.

(Eugenio Montale)

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