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Poésie

Posts Tagged ‘faîte’

Le haut amour a lieu (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2020




    

Le haut amour a lieu, quand résonne l’aveu
À l’ombre du vieux palais, en fin d’après-midi.
Miraculeux printemps sur le faîte des ans !
Un simple aveu, la vie entière fulgure à neuf.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Où réside l’esprit? (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2020



Où réside l’esprit? Au-dedans, au-dehors
Des choses remémorées, des choses faites ou défaites?
Premier le cri de l’oiseau de mer, première l’âme

Imaginée dans l’aube froide de son cri?
Et son perchoir ultime? Le bâton fangeux d’un nid
De corneille, au sommet de la vieille tour de pierre,

Ou le buste de marbre dominant le parterre?
Habitable, la forme accomplie?
Habitée, la lumière venteuse?

Pourquoi la note maintenue, pourquoi la ligne maintenue
Sinon pour l’assaut qui rassure?

***

Where does spirit live? Inside or outside
Things remembered, made things, things unmade?
What came first, the seabird’scry or the soul

Imagined in the dawn cold when it cried?
Where does it roost at least? On dungy sticks
In a jackdaw’s nest up in the old stone tower

Or a marble bust commanding the parterre?
How habitable inhabited the windy light?

What’s the use of a held note or held line
That cannot be assailed for reassurance?

(Seamus Heaney)

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UNE FEE (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2020




    
UNE FEE

Que ce soit Urgèle ou Morgane,
J’aime, en un rêve sans effroi,
Qu’une fée, au corps diaphane,
Ainsi qu’une fleur qui se fane,
Vienne pencher son front sur moi.

C’est elle dont le luth d’ivoire
Me redit, sur un mâle accord,
Vos contes, qu’on n’oserait croire,
Bons paladins, si votre histoire
N’était plus merveilleuse encor.

C’est elle, aux choses qu’on révère
Qui m’ordonne de m’allier,
Et qui veut que ma main sévère
Joigne la harpe du trouvère
Au gantelet du chevalier.

Dans le désert qui me réclame,
Cachée en tout ce que je vois,
C’est elle qui fait, pour mon âme,
De chaque rayon une flamme,
Et de chaque bruit une voix ;

Elle, – qui dans l’onde agitée
Murmure en sortant du rocher,
Et, de me plaire tourmentée,
Suspend la cigogne argentée
Au faîte aigu du noir clocher ;

Quand, l’hiver, mon foyer pétille,
C’est elle qui vient s’y tapir,
Et me montre, au ciel qui scintille,
L’étoile qui s’éteint et brille,
Comme un œil prêt a s’assoupir ;

Qui, lorsqu’en des manoirs sauvages
J’erre, cherchant nos vieux berceaux,
M’environnant de mille images,
Comme un bruit du torrent des âges,
Fait mugir l’air sous les arceaux ;

Elle, – qui, la nuit, quand je veille,
M’apporte de confus abois,
Et, pour endormir mon oreille,
Dans le calme du soir, éveille
Un cor lointain au fond des bois.

Que ce soit Urgèle ou Morgane,
J’aime, en un rêve sans effroi,
Qu’une fée, au corps diaphane,
Ainsi qu’une fleur qui se fane,
Vienne pencher son front sur moi !

(Victor Hugo)

 

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Le grenier (Raymond Carver)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



Illustration: Jill Battaglia
    
Le grenier

Son cerveau est un grenier où les choses
se sont entassées au long des années.
De temps en temps elle montre son visage
aux petites fenêtres près du faîte de la maison.
Le triste visage de celle qui est restée enfermée
et qu’on a oubliée.

(Raymond Carver)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Jacqueline H. jeem-Pierry Carasso et Emmanuel Moses
Editions: De l’olivier

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Retouche à l’âge (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2020



 Connie Van Winssen (9)

retouche à l’âge

toujours en moi
l’enfance de branche en branche
jusqu’au faîte flexible de l’instant

(Daniel Boulanger)

Illustration: Connie Van Winssen

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UNE CHOSE faite (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2020



UNE CHOSE
faite, le
reste suit

(Robert Creeley)

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Un gros corbeau (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2019



Un gros corbeau sur le
faîte de la forme de
l’arbre plus nu
aux feuilles disparues
y pèse.

(Robert Creeley)


Illustration

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Je n’ai su parler que de moi (Rachel Bluwstein)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



Je n’ai su parler que de moi.
Mon monde est exigu comme celui des fourmis,
Et j’ai chargé comme elles sur un bien faible dos
Un lourd et dur fardeau.

J’ai emprunté comme elles — pour grimper vers le faîte —
Une route marquée de peine et de dur labeur.
Une gigantesque main, hostile et assurée,
Se joue de moi et me fait reculer.

Ma peur secrète de la main gigantesque
Souvent m’a fait pleurer, dévier en chemin.
Pourquoi m’avoir appelée, rivages enchantés ?
Pourquoi m’avoir leurrée, clartés dans le lointain ?

(Rachel Bluwstein)


Illustration: Odilon Redon

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Ail (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019



Illustration   
    
Ail

Tendre tête globuleuse
odorante,
au faîte de sa tige
nue.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Dans l’erre des vents
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Ne descend ni ne monte le temps (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



Illustration: Andrey Kartashov
    
Ne descend ni ne monte le temps
faîte du toit aux deux versants
vertigineusement ruisselants
de futur et passé dévorant
le présent qui les fait par l’instant
et qu’ils font et défont dès l’instant
éternellement inexistant
n’étant que le passage du temps

Ô ce temps impossible à saisir
malgré les battements si forts, si présents
de la chair qui respire et soupire
malgré le pouls pointillé qui défend
la ligne sûre des désirs
malgré les voluptés et cruautés
de l’attente et du souvenir
malgré le halètement cadencé
des instants existants

Ô ce temps sans devenir
où survient notre temps!

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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