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Posts Tagged ‘fameux’

Fameux Imperméable bleu (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018




    
Fameux Imperméable bleu

Il est quatre heures du matin, fin décembre
Je t’écris maintenant juste pour savoir si tu vas mieux
Il fait froid à New York mais j’aime l’endroit où je vis
Il y a de la musique à Clinton Street durant la soirée.

J’ai entendu dire que tu as construit ta petite maison au fond du désert
Maintenant tu n’as plus de raison de vivre, j’espère que tu gardes des traces écrites.

Oui, et Jane est passée avec une boucle de tes cheveux
Elle a dit que tu la lui avais donnée
Cette nuit où tu avais prévu de disparaître
As-tu seulement disparu ?
La dernière fois que nous t’avons vu tu semblais tellement plus vieux
Ton fameux imperméable bleu était déchiré à l’épaule
Tu es allé à la gare pour voir chaque train
Tu étais rentré à la maison seul sans Lili Marlène.

Et tu as considéré ma femme comme un épisode de ta vie
Et quand elle est revenue, elle n’était plus la femme de personne

Eh bien, je te vois, il y a une rose entre tes dents,
Un voleur gitan maigre de plus
Bien, je vois que Jane est réveillée —

Elle t’envoie ses amitiés.
Et que puis-je te dire, mon frère, mon assassin
Que puis-je éventuellement te dire ?
Je pense que tu me manques, je pense que je te pardonne
Je suis heureux que tu te trouves sur ma route.

Si jamais tu viens ici pour Jane ou pour moi
Ton ennemi dort, et sa femme est libre

Oui, et merci pour la gêne que tu as ôtée de ses yeux
Je pensais qu’elle était là pour de bon alors je n’avais jamais tenté.

Et Jane est passée avec une boucle de tes cheveux
Elle a dit que tu la lui avais donnée
Cette nuit où tu avais prévu de disparaître.

***

Famous Blue Raincoat

It’s four in the morning, the end of December
I’m writing you now just to see if you’re better
New York is cold, but I like where I’m living
There’s music on Clinton Street all through the evening

I hear that you’re building your little house deep in the desert
You’re living for nothing now, I hope you’re keeping some kind of record

Yes, and Jane came by with a lock of your hair
She said that you gave it to her
That night that you planned to go clear
Did you ever go clear?

Ah, the last time we saw you you looked so much older
Your famous blue raincoat was torn at the shoulder
You’d been to the station to meet every train, and
You came home without Lili Marlene

And you treated my woman to a flake of your life
And when she came back she was nobody’s wife

Well I see you there with the rose in your teeth
One more thin gypsy thief
Well, I see Jane’s awake
She sends her regards

And what can I tell you my brother, my killer
What can I possibly say?
I guess that I miss you, I guess I forgive you
I’m glad you stood in my way

If you ever come by here, for Jane or for me
Well, your enemy is sleeping, and his woman is free

Yes, and thanks, for the trouble you took from her eyes
I thought it was there for good so I never tried

And Jane came by with a lock of your hair
She said that you gave it to her
That night that you planned to go clear

(Leonard Cohen)

 

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Quelles choses vous rappelez-vous le mieux ? (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018




    
– Une mémoire qui n’opère que dans le passé n’a rien de bien fameux,
déclara la Reine.

– Et vous, quelles choses vous rappelez-vous le mieux ?
osa demander Alice.

– Oh, des choses qui se sont passées dans quinze jours,
répondit la Reine d’un ton négligent.

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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Je voudrais te retrouver (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



JE VOUDRAIS TE RETROUVER dans le vallon
Près des chemins du jardin où l’on peut
Dire des prières. J’ai beaucoup changé
Mon cœur s’ouvre. Et ton fameux visage
Serait le doux, le même, le vrai comme autrefois.
— La mort, répond le vent magnifique des tombes.

(Pierre Jean Jouve)


Illustration: Anne-François-Louis Janmot

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Paméla (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



 

Illustration: Yann Rivron
    
Paméla
Tango chanté

1
À Séville,
Belle ville,
Plus tranquille
Qu’à Bell’ ville
L’ beau Dédé fait travailler sa belle.
Aux «Señors» amoureux qui l’appellent
Elle vend
Pour de l’argent
Son beau corps ardent;
Plus félin’ qu’une Espagnole
Ell’ les affole,
Si bien qu’un jour,
Pâmé d’amour,
Don Pedro creva comme un tambour!

Refrain
Paméla, poupée d’amour
Née dans nos faubourgs,
Tu es le plus beau bijou
De l’Andalou,
Et tes soeurs
Dans leurs ardeurs
Les plus grisantes
A leurs possesseurs
Paraissent languissantes;

2
Paméla, tes yeux vainqueurs
Percent tous les coeurs
Paméla, ton corps pervers
Est comme un enfer!
Paméla, poupée d’amour
Née dans nos faubourgs,
Tu es le plus beau bijou
De l’Andalou
Un Alcade
De Grenade
En balade,
Par bravade,
Voulut voir la fameuse hétaïre
Se vantant qu’ell’ ne pourrait l’ séduire,
Mais devant
Ce corps troublant
Il tomba dément,
Et depuis ce jour fatal
D’vint radical
Si bien qu’un jour,
Grisé d’amour,
Il creva Alphons’ comme un tambour!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Légèreté (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



Illustration: Pablo Picasso
    
Légèreté
tromperie fameuse et jeu de dupes
On pariait alors pour l’épure
on s’appliquait aux mots d’envol
Donnez-moi maintenant un corps lourd
la boue les scories la vieille résistance
du poids sur la terre
non plus la retenue le juste équilibre
mais la dureté d’un corps de femme
souple et féroce

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Demain le fameux silence de l’éther déferlera sur nous (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2016



Demain le fameux silence de l’éther
Déferlera sur nous
A grandes houles de syllabes insensées
Qui nous assourdiront
Arracheront les haillons d’idées
Qui nous protègent encore
Et nous drosseront
Sur l’éboulis incandescent des galaxies
Pêle-mêle avec nos morts
Nos partitions de sommeil
Et nos traités d’espérance

En vain nous débattrons-nous
Avec des cris inaudibles pour nous-mêmes
Il nous faudra choir et gésir
Abominablement éveillés pour toujours
Dans l’incommensurable trou de mémoire
Que nous étions accoutumés de nommer Dieu.

(Jean Rousselot)

 

 

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