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Poésie

Posts Tagged ‘familière’

SUB MARE (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022




SUB MARE

Cela est et cela n’est pas,
Je suis assez sage pour le savoir,
Depuis ta venue, ce lieu me hante,
Bâti avec des roses d’automne,
Aux couleurs dorées, changeantes.

Et il faut aller à tâtons parmi ces choses
Que des algues délicates submergent
Sous les pâles houles vertes des abysses,
Parmi ces choses plus anciennes que leurs noms,
Ces choses familières aux dieux.

(Ezra Pound)

Illustration: Josephine Wall

 

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La libellule rouge (Sôseki)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2022



La libellule rouge
Sur mon épaule s’est posée
Intime et familière

(Sôseki)

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Mam´zelle Clio (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



 

Alphonse Mucha ur [1280x768]

1. Mam´zelle Clio
Mam´zelle Clio
Le premier jour je me rappelle
C´était chez des amis idiots
Mam´zelle Clio
Mam´zelle Clio
Votre maman avait des ailes
Dans une robe de taff´tas
Vous étiez une demoiselle
Et je vous murmurais tout bas

{Refrain:}
Dormir avec vous dormir une nuit,
Faire un rêve à deux quand le ciel est noir au fond de ma chambre
Le sommeil est doux quand tombe la pluie
Quand le vent du nord murmure tout bas
Décembre
Tous les mots d´amour le vent nous les dit
Quand la cloche sonne une heure perdue lointaine…
Oublier la vie oublier nos peines
Dormir une nuit dormir mon amour dormir avec vous

2. Mam´zelle Clio
Mam´zelle Clio
Vous êtes mariée c´est ridicule
Avec le fils de ces idiots
Mam´zelle Clio
Mam´zelle Clio
Votre mari est somnambule
Il se promène sur les toits
Toute la nuit tandis que moi

{Refrain:}
Je dors avec vous dans le même lit
Nous rêvons tous deux quand le ciel est noir au fond de ma chambre
Votre corps charmant se donne à minuit
Dans un petit hôtel tout près de la rue Delambre
Y a pas d´eau courante et pour faire pipi
C´est au fond de la cour
Mais là-bas y a pas de lumière
Mais ces petites bêtises me sont familières
Je dors avec vous et pendant le jour
J´attends notre nuit

3. Mam´zelle Clio
Mam´zelle Clio
Votre mari dans une crise
M´a flanqué deux balles dans la peau
Mam´zelle Clio
Mam´zelle Clio
Je suis bien mort quoi qu´on en dise
Oui mais le diable m´a permis
De revenir toutes les nuits

{Refrain:}
Dormir avec vous sans vous faire peur
Caresser vos cheveux toucher votre cœur vous dire à l´oreille
 » Je t´aime chérie je t´aime et j´en meurs  »
Et tirer les poils du petit cocu qui veille
La commode qui grince un bruit sur le toit
Le lit qui gémit c´est moi dans le bois ma brune
Je suis courant d´air et rayon de lune
J´ai l´éternité pour chanter tout bas
Je dors avec toi

(Charles Trenet)

Illustration: Alphonse Mucha

 

 

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Etoile filante au coeur d’un coeur brisé (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2020


Etoile filante

 

Voix tienne dans le jour
toujours étrangère déjà familière
De jour en jour plus proche
puis un jour soudainement le visage
Printemps offert
à la brise, insaisi…

Voie tienne dans la nuit
toujours familière déjà étrangère
De nuit en nuit plus loin
puis une nuit soudainement le sillage
Etoile filante
au coeur d’un coeur brisé

(François Cheng)

 

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L’araignée familière (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



l’araignée familière
attend la fin du monde
elle a déjà conquis
le silence des astres

un frisson de lumière
annonce le désastre
et la chute des ombres

la fileuse a rompu
le fil de la mémoire

(Jean-Claude Pirotte)

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MESSAGE DU PAYS NATAL (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018



 


MESSAGE DU PAYS NATAL

Te souviens-tu, quand tu étais enfant,
Que rien dans le monde ne te semblait étrange ?
Tu percevais, pour la première fois, des formes déjà familières,
Et tu savais en les voyant que tu avais toujours connu
Le lichen sur le roc, les feuilles de fougère, les fleurs du thym,
Comme si les éléments nouvellement rencontrés dans ton corps,
Pris dans le tourbillon éphémère de ton être,
Gardaient la réminiscence d’un état antérieur,
Retenaient en toi le souvenir du nuage et de l’océan,
L’arbre qui s’éploie, la flamme qui danse.

Aujourd’hui, quand l’obscurité de la nature te paraît étrange,
Et que tu marches, étrangère, dans les rues des villes,
Souviens-toi que la terre t’a aspirée en elle avec l’air, avec les rayons du soleil,
T’a étendue endormie dans ses eaux, pour rêver
Avec la truite brune parmi les racines de la millefeuille,
T’a façonnée avec la substance de l’étoile et de l’océan,
T’a conçue à la même source
Que le soleil et le feuillage, le poisson et la rivière.

De toutes les choses créées la source est unique,
Simple, une comme l’amour ; rappelle-toi
La cellule, la graine de vie, la sphère
Qui est l’enfant, l’oiseau blanc, la libellule bleue,
La fougère verte, la tormentille d’or à quatre pétales,
Le souvenir ultime.
Chaque cellule latente engendre un avenir,
Déplie sa complexité différente.
Comme un arbre étend ses feuilles, et tisse son destin,
Empreinte de fougère, plume d’oiseau, écaille de poisson.
La mousse propage sa croûte verte sur la tourbe,
Le germe de la libellule prend vie et s’envole
Comme de la boue éclôt le nénuphar sur sa tige visqueuse
Pour ouvrir son doux calice blanc vers le ciel.
L’homme, devant s’éloigner plus de sa simplicité,
Se sépare du marais archaïque, du poisson et du nénuphar,
Et entreprend son long voyage dans l’exil.

Alors que tu abandonnes l’Eden, souviens-toi du pays natal,
Car tant que tu replonges dans ton propre être
Tu ne seras pas seule ; les premiers à t’accueillir
Seront ces enfants jouant près du ruisseau,
Les loutres nageront vers toi dans la baie,
Le chevreuil courra près de toi sur la lande.
Souviens-toi mieux, et les oiseaux apparaîtront,
Les bancs de poissons argentés viendront à ta rencontre.
Plus obscures, plus étranges, des vies plus mystérieuses
Se grouperont autour de toi près de la source
Où les profondes racines de l’arbre boivent à l’abîme.

Rien dans cet abîme ne t’est étranger.
Dors à la racine de l’arbre, où la nuit est tissée
Dans l’étoffe des mondes, écoute le vent,
Les marées, les harmonies de la nuit, et reconnais
Tout ce que tu as connu avant de commencer à oublier,
Avant de te détacher de ton propre être,
Avant d’avoir été trop longtemps séparée de ces autres
Enfants plus simples, qui sont restés au pays
Dans les prairies, les îles, les forêts, à la mer, à la rivière.
La terre envoie l’amour d’une mère à son fils exilé,
Confiant son message à la lumière, à l’air,
Au vent, aux vagues qui portent ton navire, à la pluie qui tombe,
Aux oiseaux qui t’appellent, et à tous les bancs de poissons
Qui nagent dans les eaux natales de l’océan.

***

MESSAGE FROM HOME

Do you remember, when you were first a child,
Nothing in the world seemed strange to you?
You perceived, for the first time, shapes already familiar,
And seeing, you knew that you have always known
The lichen on the rock, fern-leaves, the flowers of thyme,
As if the elements newly met in your body,
Caught up into the momentary vortex of your living
Still kept the knowledge of a former state,
In you retained recollection of cloud and ocean,
The branching tree, the dancing flame.

Now when nature’s darkness seems strange to you,
And you walk, an alien, in the streets of cities,
Remember earth breathed you into her with the air, with the sun’s rays,
Laid you in her waters asleep, to dream
With the brown trout among the milfoil roots,
From substance of star and ocean fashioned you,
At the same source conceived you
As sun and foliage, fish and stream.

Of all created things the source is one,
Simple, single as love; remember
The cell and seed of life, the sphere
That is, of child, white bird, and small blue dragon-fly
Green fern, and the gold four-petalled tormentilla
The ultimate memory.
Each latent cell puts out a future,
Unfolds its differing complexity.
As a tree puts forth leaves, and spins a fate
Fern-traced, bird-feathered, or fish-scaled.
Moss spreads its green film on the moist peat,
The germ of dragon-fly pulses into animation and takes wing
As the water-lily from the mud ascends on its ropy stem
To open a sweet white calyx to the sky.
Man, with farther to travel from his simplicity,
From the archaic moss, fish, and lily parts,
And into exile travels his long way.

As you leave Eden behind you, remember your home,
For as you remember back into your own being
You will not be alone; the first to greet you
Will be those children playing by the burn,
The otters will swim up to you in the bay,
The wild deer on the moor will run beside you.
Recollect more deeply, and the birds will come,
Fish rise to meet you in their silver shoals,
And darker, stranger, more mysterious lives
Will throng about you at the source
Where the tree’s deepest roots drink from the abyss.

Nothing in that abyss is alien to you.
Sleep at the tree’s root, where the night is spun
Into the stuff of worlds, listen to the winds,
The tides, and the night’s harmonies, and know
All that you knew before you began to forget,
Before you became estranged from your own being,
Before you had too long parted from those other
More simple children, who have stayed at home
In meadow and island and forest, in sea and river.
Earth sends a mother’s love after her exiled son,
Entrusting her message to the light and the air,
The wind and waves that carry your ship, the rain that falls,
The birds that call to you, and all the shoals
That swim in the natal waters of her ocean.

(Kathleen Raine)

Illustration: Edouard Boubat

 

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ENERGIE REVEUSE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2018




ENERGIE REVEUSE

Une énergie rêveuse
s’en prend à la promenade
aux montées d’escaliers blonds
à ce présent qui les redécouvre
le monde s’évertue
une tenace illusion
fait mouvoir les marteaux
et conserver
la cuirasse d’acier aux lueurs familières
le lit d’où montèrent
des soupirs

et que dore un rayon ancien.
Les machines usinières
gémissent aux aurores
jusqu’à l’éclatement possible des atomes,

(Jean Follain)

 

 

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Tes mains (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018




Tes mains

Lorsque tes mains s’envolent,
mon amour, vers les miennes,
que m’apporte leur vol ?
Pourquoi s’être arrêtées
brusquement sur ma bouche,
se faisant familières
comme si lors, avant,
je les avais touchées,
comme si avant d’être
elles avaient couru
sur mon front, sur ma taille ?

Leur douceur s’avançait
en volant sur le temps,
sur la mer, la fumée,
sur le printemps aussi,
et quand tu as posé
tes mains sur ma poitrine,
j’ai reconnu ces ailes
de colombe dorée
reconnu cette argile,
cette couleur de blé.

J’ai passé mes années
à marcher, les quêtant.
J’ai franchi les récifs,
gravi les escaliers,
les trains m’ont emmené,
les eaux m’ont ramené,
dans la peau du raisin
je croyais te palper.
Le bois m’a apporté
un beau jour ton contact,
l’amande m’annonçait
ta secrète douceur,
lorsque sur ma poitrine
tes mains se sont fermées
et là comme deux ailes
ont fini leur voyage.

(Pablo Neruda)

Illustration: Partarrieu

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Mélancolie (Charles d’Orléans)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018




Allez-vous en d’où vous venez,
Importune Mélancolie ;
On ne vous a pas appelée :
Vous devenez trop familière !

Avec vous Souci vous menez,
Ma porte vous sera fermée :
Allez-vous en d’où vous venez,
Importune Mélancolie.

C’est que vous torturez mon coeur
Quand vous lui tenez compagnie ;
Prenez congé, je vous en prie,
Retirez-vous à tout jamais.
Allez-vous en d’où vous venez !

(Charles d’Orléans)

Illustration: Jeannie Lynn Paske

 

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La belle femme d’antan (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2018



La belle femme d’antan

Je voudrais la revoir, cette femme d’antan, si belle!
II n’y avait que charme et tendre féerie en elle.
Quand nous nous promenions tous trois au bord des champs
Dans la boue, elle était sérieuse et gaie en même temps.
Sitôt qu’elle me regardait, un frisson me prenait.
Mais cette femme, c’est ne pas l’aimer que je voudrais!
Ne pas l’aimer, seulement la revoir, pas davantage,
La voir au soleil, rêvant au jardin, dans les feuillages,
Un livre dans les mains, fermé contre elle qui contemple
Dans l’automne alentour les feuillages épais qui tremblent.
Elle sous la tonnelle chuchotante, elle se lève,
Soudain hésite, et puis se ravisant, comme en un rêve,
Va plus loin que les fleurs du jardin sur la grande route,
La route qui l’attend et qui l’emmènera sans doute,
Avec les arbres tout au long qui lui diraient adieu.
Comme l’enfant veut voir sa mère morte, moi je veux
Revoir cette femme d’antan lointaine et familière,
Je veux la voir qui disparaît, belle dans la lumière.

(Attila Jozsef)


Illustration: Anne-François-Louis Janmot

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