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Poésie

Posts Tagged ‘faner’

Dieu de petite bonté (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019



 

Dieu de petite bonté et de provende hasardeuse
ne laisse pas faner la prière dans la surdité de ton ciel.

(Guy Lévis Mano)

 

 

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Le coeur au bord des lèvres (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2018



    

Le coeur au bord des lèvres
les lèvres au bord tendre du néant
le néant près du cercueil
par un beau jour d’enterrement

ah fanaison tragique
des plus lointaines choses
au bas du jour s’écoule un fleuve
dont aucun pont ne bêle plus

temps amours
la vie s’élève et la mort plane
le sein pavane et puis se fane

les joyeux parlent comme des ânes
les tristes se trompent tout le temps.
Tout le temps

(Jean Pérol)

 

Recueil: À part et passager
Traduction:
Editions: De la Différence

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LE PRÉ D’AMOUR (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018




    
LE PRÉ D’AMOUR

Lorsque Gros-Jean se maria,
Londerira,
Avec la coquette Toinette,
En dot son père lui donna
Un pré tout blanc de pâquerettes.

Or, la Toinette le trompa,
Londerira,
Un beau soir sous les talles d’aunes
Et, par le pré, soudain leva
Un carré de boutons d’or jaunes.

Quand Gros Jean s’aperçut de ça,
Londerira,
Tua le galant et l’amante
Et, par tout le pré, ce jour-là
Fleurirent des roses sanglantes.

Maintenant oublis et frimas,
Londerira,
Ont fané les fleurs illusoires
Et, dans le pré, sur le verglas,
Rampent de grandes ronces noires.

(Gaston Couté)

 

 

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Regrets (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



 

Regrets

Je déteste aujourd’hui le retour du soleil,
Et des champs repeuplés le verdoyant réveil.
La terre caressante étincelle de charmes,
L’univers se ranime… Et je meurs dans les larmes !
Que me font aujourd’hui ces feuilles, ces ruisseaux,
Et ces mouches d’azur sur les boutons nouveaux,
Ces papillons, ces fleurs, la campagne si belle
Qu’il verra sans moi, que je verrai sans lui !
C’est lui qui créait la richesse des cieux,
Et je la recueillais moi-même de ses yeux !
Des ailes du printemps la poussière émaillée
A beau, dans les vallons, fleurir éparpillée,
Mon ombre en y passant consume les gazons.
Mes chagrins sans ressource ont changé les saisons,
Et, comme un crêpe en deuil jeté sur sa parure,
Un reflet de ma vie a fané la nature.

(Jules Lefèvre-Deumier)

Illustration: Piel-Colombo

 

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Le Passé (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



 

Andrzej Malinowski    Midi Pile-650

Le Passé

On demande ce que deviennent les jours qui ne sont plus,
et si c’est le cœur de l’homme qui leur sert de tombeau.
Non, croyez-moi ; tout paraît mourir, mais rien ne meurt en effet ;
hier existe encore, quoique vous ne le voyiez plus.
Vos jours évanouis sont des absents qui ne reviennent pas,
mais qui ne sont pas perdus.
Ils ont, comme dans un sanctuaire, suspendu leurs images dans votre âme,
et quand vous dormez, quand vous rêvez,
ils viennent souvent s’y entretenir comme autrefois,
et déranger la poussière qui couvre leurs portraits.

Le passé vit toujours sous la neige des ans.
C’est l’eau vive qui court toujours sous la carapace de glace,
l’eau vive où serpentent, comme des flèches de pourpre et d’or,
comme des grappes de pierreries voyageuses,
comme des fleurs qui fuient et ne se fanent pas,
mille nageurs silencieux qui sont les souvenirs.

(Jules Lefèvre-Deumier)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

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Les chemins partent sans ma voix (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Les chemins partent sans ma voix
et tournent dans les moissons reposées.
Je foule des routes qui ne vont
que vers la souffrance ou la mort.
Pourquoi choisir à chaque carrefour?
On m’ouvre des bras sans charnières.

Je veille sous la lampe du front
Le regard aussi grand que les murs.
Chaque soir, je me referme avec des gestes
qui sont ceux d’une enfance mal cicatrisée.
La rue frappe mon pied désorienté
par les mille années de sommeil d’une nuit.

Le vent ne me quitte pas au premier tournant.
J’aborde enfin à la clarté du jour
qui surgit de chaque pierre dénudée
et n’atteint pas le visage douloureux
qui monte avec les doigts du sang
derrière les vitres où se fane mon œil.

(Lucien Becker)

 

 

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Tes yeux verts (Abdelwahab El-Bayati)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018


 

Tes yeux verts

Tes yeux verts ont empli mon calice
Du vin des souffrances… j’ai créé
En leurs vagues la rencontre
Source dans ma poitrine
Présence dans mon désir, mon sang
Battements du coeur, mes larmes
Ombres des peupliers
Au miroir ruisselant
Je désire leurs aveux
De fantômes lointains
Je demeure éveillé
J’ai erré vent désespoir
Vent du désert au désert
Souvenir, peur panique
Tes yeux, mes yeux rencontres
Je dis : séquelle d’amour
L’objet en est passé
Demain détresse, demain
S’en reviendra pour boire
Aux sources de mon désert
Demain ? Mais sans promesse
Sans rencontre et sans source

Tes yeux verts ont fané
Mes roses, ont asséché
Le parfum de mes prés
Je n’ai pas cessé d’être
Un bourgeon sur leurs vagues
Qui m’inspiraient l’amour
Sans que j’en fusse conscient
Je suis l’amour mystère
Toi prêtresse endormie
Mes offrandes oubliées
En ce couvent ruiné
Mon demain, mon hier
Chaînes et larmes séchées

(Abdelwahab El-Bayati)

Illustration: Marilyn Jacobson

 

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La belle viole (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Accoudée au balcon d’où l’on voit le chemin
Qui va des bords de Loire aux rives d’Italie,
Sous un pâle rameau d’olive son front plie.
La violette en fleur se fanera demain.

La viole que frôle encor sa frêle main
Charme sa solitude et sa mélancolie,
Et son rêve s’envole à celui qui l’oublie
En foulant la poussière où gît l’orgueil Romain.

De celle qu’il nommait sa douceur Angevine,
Sur la corde vibrante erre l’âme divine
Quand l’angoisse d’amour étreint son cour troublé;

Et sa voix livre aux vents qui l’emportent loin d’elle,
Et le caresseront peut-être, l’infidèle,
Cette chanson qu’il fit pour un vanneur de blé.

(José-Maria de Hérédia)


Illustration

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L’Espoir (Martine Hadjedj)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018



L’Espoir

Je suis ce qui renaît,
Et renaîtra sans cesse
Après qu’on l’ait tué.

Le chant qui jamais ne se tait,
La flamme qui jamais ne s’éteint,

Vous pouvez m’oublier, me fuir,
Me perdre ou me détruire,
Du néant, je surgirai encore,
Plus grand, plus beau, plus fort !

Car de sans cesse renaître,
Est ma seule raison d’être.

Je suis tout ce qui reste,
Quand on a tout perdu,
Quand il ne reste rien.

La fleur qui jamais ne se fane
La marche qui jamais ne s’arrête.

Essayez de m’anéantir,
Et en poussière, me réduire !
Des cendres de mes cendres,
A nouveau, je me ferai entendre !

Et c’est lorsque s’assombrit,
Le visage de la nuit,
Que son sombre regard,
Devient encore plus noir,
Qu’alors ma lumière jaillit,
Je suis… l’Espoir.

Je suis ce qui renaît,
Et renaîtra sans cesse
Après qu’on l’ait tué …

(Martine Hadjedj)

 

 

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Sacre de la Mer (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration
    
Sacre de la Mer

Tes yeux sont assez beaux pour recevoir la mer
— peut-être aimerai-je enfin l’écume dans leur eau
où le ciel erre et qui baigne la lumière
ouverts sur ce néant que tourmente le vent

Tes yeux peuvent couvrir l’océan
vol de paupières au lointain du cristal
leur ombre pure qui fane ton visage
n’a pas l’élan des ailes des sombres goélands
dont la tache éteint l’eau

Tout reste vie en cette chambre bleue
où la mer converge comme en un double fleuve
elle est ici entière : tu la tiens sans la prendre
ainsi que ce Roi pur à l’anneau de mystère
tu règnes transparence sans troubler l’aventure
des êtres qui se guettent — vol et nage — des lisières interdites.

il a glissé fragile à ton doigt de poète
voici le sel de ton baptême dont te sacre le vent

Depuis l’éternité cette eau d’envol et de coulée
lasse d’une navette de soleil et de neige
se conserve et se berce en l’espoir de ton ombre

et voici ta clarté qui cerne et piège l’étendue

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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