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Poésie

Posts Tagged ‘fardé’

CHANSON (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2019



CHANSON

Tes pas se perdent. Le silence
Est doux après ton aigre voix.
O volupté de ton absence!

J’aime bien mieux que tes tristesses
Le souvenir que tu me laisses
Quand je ne suis plus près de toi.

C’est un peu de vent sous la porte…
Sur la route, un pas attardé…
Ah! comme je t’aimerais morte!

Tu fais fuir avec ton sourire
Ce que mon rêve t’a prêté,

Avec ton sourire fardé
Et les mots qu’il ne faut pas dire!

(François Mauriac)

Illustration: Elizaveta Porodina

 

 

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Libère tes regards (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018



Illustration: Suzanne Clairac
    
— Libère tes regards de tes pensées fanées,
libère ta voix de tes paroles fardées,
libère ton chant de ses harmonies usées,
libère ton corps de ses gestes habituels,

Tout ce que tu as vu, tout ce que tu as dit,
tout ce que tu as su, tout ce que tu as fait,
il te faut l’oublier, il te faut le renier,
si tu veux renaître dans une autre lumière ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Le miroir brûle la fille (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2017




    
Le miroir brûle la fille,
fardée des cils jusqu’aux seins,
toute seule dans le miroir,
et l’été froisse ses élytres.

Sous le fruit d’or est un noyau,
tout imprégné de cendre rouge,
et une rose de doux fardeau
effeuille ses pétales lisses.

La chambre est pleine d’odeurs
oublieuses de leurs fleurs natales,
vierge impure, selle ton cheval,
de violette et de narcisse.

N’oublie pas ton armure
de chèvre feuille et de jasmin,
car il te reste à combattre
dans le soleil et la neige,
et la sueur et le sang rude
— si le ciel foudroie sans remords
tes libres cuisses de lavande —
un grand chevalier de luxure.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Retouche à l’été (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2017




    
retouche à l’été

le jour plus fardé que les femmes
dort au milieu du jardin

le fermoir du temps à la main

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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Chuchotements (James Denis)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Illustration: Paul Delvaux
    
Chuchotements

Au bord d’un lac glacé, un vestige miroir
S’est dévêtu d’un gel qui ornait sa guêpière
D’un soupir noir, Vénus était beauté d’un soir,
Un secret décoiffé par un fil de lumière.

Un sombre désespoir au regard de satin,
Un esprit engorgé d’acide ! Des étoiles
Aux paupières de sang se sont émerveillées
En s’aveuglant d’un ciel bleu au petit matin.
Chaussés de sable fin les rides sont les voiles
D’un secret s’accrochant à des Lunes fardées.

L’éclat s’est assoiffé de plaisirs élégants,
Les racines de l’âge ont sucré mes entrailles,
Un gout de miel poivré de souvenirs fondants,
Chuchote ainsi l’amour aux douces funérailles.

(James Denis)

 

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Le souvenir (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2015



 

Le souvenir

M’étant par bonheur attardé,
En flânant dans les avenues,
À votre fenêtre accoudée
Je vous ai bien surprise nue,
Mais mon coeur était accordé.

Mais mon coeur était accordé
A des voix de très loin venues.
Le noir de l’ombre avait fardé
Les grands yeux blancs de la statue
Du carrefour où j’ai rôdé.

Venant d’Arcueil ou de Passy
Un vent frais soufflait dans la rue:
Je suis passé, c’était ici
Et je vous ai surprise nue
Tachant de blanc la molle nuit.

Feuille morte des temps passés,
Fantôme une nuit apparue,
Beaux drapeaux au matin hissés,
Qu’êtes-vous belle devenue,
Dans Paris la ville pressée ?

Pressée de vivre et de flamber,
Impassible et bien vite émue,
De tant de nuits vite tombées,
Telle celle où vous étiez nue
A votre fenêtre accoudée.

(Robert Desnos)

Illustration: Edward Hopper

 

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