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Poésie

Posts Tagged ‘farouche’

LE POÈTE (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2021



LE POÈTE

Tant qu’Apollon n’exige du poète
qu’il aille oeuvrer au sacrifice saint,
vous le voyez lâchement englouti
dans les soucis futiles de ce monde.
Sa lyre sainte alors se tait,
son âme endormie est glacée
et parmi les pauvres humains
nul n’est plus que lui démuni.

Mais dès que le verbe du dieu
fait vibrer son ouïe sensible,
l’âme du poète frémit,
pareille à l’aigle qu’on éveille.
Les fêtes du monde lui pèsent,
il fuit l’humaine rumeur,
ne courbe pas sa tête altière
devant les idoles vulgaires,
mais s’enfuit, farouche et sévère,
plein d’émoi, regorgeant de chants,
vers la rive des eaux désertes,
dans l’ample clameur des forêts

(Alexandre Pouchkine)

Illustration

 

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SOLEIL COUCHANT (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021




    
SOLEIL COUCHANT

Les rayons obliques du soleil
scintillent sur les perles des rideaux.
Les fleurs du printemps resplendissent sur les rives.
Un parfum enivrant.
monte des jardins,
le long du fleuve.
Sur les chalands immobiles
s’allument les feux
pour le repas du soir.
Les moineaux piailleurs
bataillent farouchement
dans les branches.
Une nuée d’insectes a envahi la cour.
Qui a inventé ce vin trouble ?
Un seul verre suffit
à dissiper mille chagrins !

(Du Fu)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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Exercice du matin (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2021



Exercice du matin

Chaque matin sans église
sur le béton farouche
entre l’ignorance et l’amour
je me prosterne
je me prosterne devant rien.

Quand je suis à ma juste place
instant, instincts, intermittences
de lumière et d’aveuglement
je me prosterne
je me prosterne devant tout.

(Henry Bauchau)

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Je respire où tu palpites (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Je respire où tu palpites

Je respire où tu palpites,
Tu sais ; à quoi bon, hélas !
Rester là si tu me quittes,
Et vivre si tu t’en vas ?

A quoi bon vivre, étant l’ombre
De cet ange qui s’enfuit ?
A quoi bon, sous le ciel sombre,
N’être plus que de la nuit ?

Je suis la fleur des murailles
Dont avril est le seul bien.
Il suffit que tu t’en ailles
Pour qu’il ne reste plus rien.

Tu m’entoures d’Auréoles;
Te voir est mon seul souci.
Il suffit que tu t’envoles
Pour que je m’envole aussi.

Si tu pars, mon front se penche ;
Mon âme au ciel, son berceau,
Fuira, dans ta main blanche
Tu tiens ce sauvage oiseau.

Que veux-tu que je devienne
Si je n’entends plus ton pas ?
Est-ce ta vie ou la mienne
Qui s’en va ? Je ne sais pas.

Quand mon orage succombe,
J’en reprends dans ton coeur pur ;
Je suis comme la colombe
Qui vient boire au lac d’azur.

L’amour fait comprendre à l’âme
L’univers, salubre et béni ;
Et cette petite flamme
Seule éclaire l’infini

Sans toi, toute la nature
N’est plus qu’un cachot fermé,
Où je vais à l’aventure,
Pâle et n’étant plus aimé.

Sans toi, tout s’effeuille et tombe ;
L’ombre emplit mon noir sourcil ;
Une fête est une tombe,
La patrie est un exil.

Je t’implore et réclame ;
Ne fuis pas loin de mes maux,
O fauvette de mon âme
Qui chantes dans mes rameaux !

De quoi puis-je avoir envie,
De quoi puis-je avoir effroi,
Que ferai-je de la vie
Si tu n’es plus près de moi ?

Tu portes dans la lumière,
Tu portes dans les buissons,
Sur une aile ma prière,
Et sur l’autre mes chansons.

Que dirai-je aux champs que voile
L’inconsolable douleur ?
Que ferai-je de l’étoile ?
Que ferai-je de la fleur ?

Que dirai-je au bois morose
Qu’illuminait ta douceur ?
Que répondrai-je à la rose
Disant :  » Où donc est ma soeur ? »

J’en mourrai ; fuis, si tu l’oses.
A quoi bon, jours révolus !
Regarder toutes ces choses
Qu’elle ne regarde plus ?

Que ferai-je de la lyre,
De la vertu, du destin ?
Hélas ! et, sans ton sourire,
Que ferai-je du matin ?

Que ferai-je, seul, farouche,
Sans toi, du jour et des cieux,
De mes baisers sans ta bouche,
Et de mes pleurs sans tes yeux !

(Victor Hugo)

Illustration:Edvard Munch

 

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Griot de ma race (Ndèye Coumba Diakhaté)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2020



Ndèye Coumba Diakhaté
    
Griot de ma race

Je suis griot de ma race :
Poète, troubadour;
Je chante très haut ma race, mon sang,
Qui clame qui je suis.

Je suis… bois d’ébène,
Que ne consume le feu lent du mensonge.
Je suis… la latérite rouge du sang farouche de mes ancêtres.

Je suis… la brousse inviolée,
Royaume des singes hurleurs.

Pas le Nègre des bas quartiers,
Relégué dans la fange fétide, la suie qui colle;
Là-bas, dans la ville grise, qui accable, qui tue.

Je suis… qui tu ignores :
Soleil sans leurre; pas de néon hypocrite.
Je suis… le clair de lune serein, complice des ébats nocturnes,

Je suis le sang qui galope, se cabre d’impatience
Dans le dédale de mes artères. Je suis qui tu ignores.
Je crache sur l’esprit immonde.

Et voici que je romps les chaînes,
Et le silence menteur
Que tu jetas sur moi.

(Ndèye Coumba Diakhaté)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Virginité (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2020



« Baisez mes yeux, baisez mes seins,
Baisez ma hanche sinueuse,
Toute ma chair voluptueuse,
Avec de monstrueux desseins ».

« Mais laissez mon sexe et ma bouche.
J’adore voir, dans votre oeil clair,
Un rauque éclair,
Un éclair louche,
Dur et farouche. »

La vierge priait, ardemment,
Accroissant ses désirs, ses vices,
Et sans sévices,
J’étais amant,
Atrocement.

(Paul Eluard)

Illustration: Paul Delvaux

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LES HÉRAUTS NOIRS (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2020




    
LES HÉRAUTS NOIRS

Il y a des revers dans la vie, si violents…Je ne comprends pas !
Des revers tels la haine de Dieu ; comme si jadis le ressac avait
entassé dans l’âme toute la douleur…Je ne comprends pas !

Il y en a peu, mais ils existent. Ils ouvrent de sombres cicatrices dans le
visage le plus endurci et le dos le plus solide. Ils sont peut-être les
poulains des barbares d’Attila ; ou les hérauts noirs
que la mort nous a envoyés.

C’est la chute profonde des rédempteurs de l’âme, une adorable croyance
que le Destin a maudite. Ces revers sanglants ressemblent au
grésillement d’un morceau de pain calciné à la porte du four.

Et l’homme…pauvre…pauvre humain ! Ses yeux se révulsent,
comme s’il recevait un coup sur l’épaule et il crie ; ses yeux fous
se révulsent et tout ce qu’il a vécu se presse
dans son regard tel un bourbier de remords.

Il y a des revers dans la vie, si violents…Je ne comprends pas !

Traduction en Français: Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache

***

LOS HERALDOS NEGROS

Hay golpes en la vida, tan fuertes… ¡Yo no sé! Golpes como del odio
de Dios; como si ante ellos, la resaca de todo lo sufrido se
empozara en el alma… ¡Yo no sé!

Son pocos; pero son… Abren zanjas oscuras en el rostro más fiero y
en el lomo más fuerte. Serán tal vez los potros de bárbaros atilas; o
los heraldos negros que nos manda la Muerte.

Son las caídas hondas de los Cristos del alma, de alguna fe
adorable que el Destino blasfema. Esos golpes sangrientos son las
crepitaciones de algún pan que en la puerta del horno se nos quema.

¡Y el hombre … Pobre … pobre! Vuelve los ojos, como cuando por
sobre el hombro nos llama una palmada; vuelve los ojos locos, y
todo lo vivido se empoza, como un charco de culpa, en la mirada.

Hay golpes en la vida, tan fuertes … ¡Yo no sé!

Espagnol (original) César Vallejo

***

THE BLACK HERALDS
A protest for the killing of George Floyd

There are blows in life, so hard . . . I don’t know! Blows like the hate
of God; as if before them, the undertow of everything suffered is
embedded in the soul . . .I don’t know!

They are few; but they exist . . . They open dark furrows in the fiercest
face and on the strongest back. Perhaps they are the foals of barbaric
Attilas; or the black heralds sent to us by Death.

They are the deep falls of the Christs of the soul, of some adorable faith,
blasphemed by Destiny. Those bloody blows are the crackling of
some bread that burns at the oven door.

And the man . . . the poor, the poor man! He turns his eyes, as when a
slap on the shoulder summons us; he turns his crazed eyes, and
all that he has lived wells up, like a pool of guilt in his gaze.

There are blows in life, so hard . . . I don’t know!

Traduction en Anglais Stanley Barkan

***

GLI ARALDI NERI

Una protesta per l’uccisione di George Floyd

Ci sono colpi nella vita, così forti… non so! Colpi come l’odio di Dio;
come se davanti ad essi, il riflusso di tutto ciò che soffriva fosse
incastonato nell’anima… non so!

Sono pochi; ma sono loro…aprono solchi scuri nella faccia più feroce e
sulla schiena più forte. Forse saranno i puledri dei barbari Attila; o gli
araldi neri mandati a noi dalla Morte.

Essi sono le profonde cadute dei Cristi dell’anima, di una qualche
adorabile fede, resa blasfema dal Destino. Quei colpi sanguinanti sono il
crepitare di un po’ di pane che brucia alla porta del forno.

E l’uomo… povero, pover’uomo! Gira gli occhi, come quando siamo
chiamati da una pacca sulla spalla; gira i suoi occhi folli, e tutto ciò che
ha vissuto sgorga fuori, come una pozza di colpa nello sguardo.

Ci sono colpi nella vita, così forti… non so!

Traduction en Italien Luca Benassi

***

DIE SCHWARZEN HEROLDE

Es gibt Schläge im Leben, so gewaltig… Ich weiß nicht warum! Schläge
wie vom Hass Gottes; als ob vorher die Brandung alles, was erlitten
wurde, in der Seele versenkt hätte… Ich weiß nicht!

Es sind wenige; aber sie bleiben… Sie öffnen dunkle Furchen im
hartherzigsten Gesicht und im stärksten Rücken. Vielleicht sind es die
Fohlen der Barbaren Attilas; oder die schwarzen Herolde, die uns der
Tod geschickt hat.

Es sind die tiefen Stürze der Heilande der Seele, eines
anbetungswürdigen Glaubens, den das Schicksal verflucht. Diese
blutigen Schläge sind wie das Knistern eines Stücks Brot, das an der
Ofentür verbrennt.

Und der Mensch… der Arme… der arme Mensch! Er wendet den Blick,
wie bei einem Klaps auf die Schulter, und ruft; er verdreht seine
verrückten Augen, und alles, was er erlebt hat, wird wie eine Lache von
Schuldgefühlen in seinen Blick getaucht.

Es gibt Schläge im Leben, so gewaltig… Ich weiß nicht warum!

Traduction en Allemand Wolfgang Klinck

***

DE ZWARTE HERAUTEN
Een protest voor de moord op George Floyd

Er zijn tegenslagen in het leven, zo geweldig… Ik begrijp het niet!
Tegenslagen zoals de haat van God; alsof voorheen de branding al het
leed in de ziel heeft opgestapeld… Ik begrijp het niet!

Het zijn er weinig; maar ze bestaan… Ze openen donkere littekens in het
hardvochtigste gezicht en in de sterkste rug. Misschien zijn het de
veulens van Attila’s barbaren; of de zwarte herauten,
die de dood ons heeft gestuurd.

Het is de diepe val der heilanden van de ziel, een adorabel geloof dat
door het Lot wordt vervloekt. Die bloedige tegenslagen zijn zoals het
geknetter van een stuk brood dat aan de ovendeur verbrandt.

En de mens… de arme… de arme mens! Hij verdraait zijn ogen,
alsof hij een klap op zijn schouder kreeg en roept; hij verdraait
zijn gekke ogen, en alles wat hij beleefd heeft dringt
als een poel van schuldgevoelens door zijn blik.

Er zijn tegenslagen in het leven zo geweldig… Ik begrijp het niet!

Traduction en Néerlandais Germain Droogenbroodt

***

OS MENSAGEIROS NEGROS

Existem golpes na vida, tão fortes… Eu não sei! Golpes como do ódio
de Deus; como se antes deles, a ressaca de todo o sofrido se
tornasse um poço na alma…Eu não sei!

São poucos, mas existem…Abrem covas escuras no rosto mais duro
e nas costas mais fortes. Serão, talvez, os potros de bárbaros Átilas;
ou os mensageiros negros que nos envia a Morte.

São as quedas fundas dos Cristos da alma, de alguma fé adorável
que o Destino blasfema. Esses golpes sangrentos são as crepitações
de algum pão que na porta do forno vai queimando.

E o homem…Pobre…pobre! Volta os olhos, como quando
sobre os ombros nos alerta uma palmada; volta os olhos loucos,
e todo o vivido se empoça, como um charco de culpa, no olhar.

Existem golpes na vida, tão fortes…Eu não sei!

Traduction en Portugais José Eduardo Degrazia

***

ΜΑΥΡΟΙ ΚΗΡΥΚΕΣ

Υπάρχουν χτυπήματα στη ζωή, τόσο δυνατά…Δεν ξέρω, χτυπήματα σαν
θεϊκό μίσος που πριν απ’ αυτά το υπόστρωμα όλων των κακουχιών ήταν
εμφυτευμένο στην ψυχή…δεν ξέρω!

Πολύ λίγα χτυπήματα, αλλά υπάρχουν. Ανοίγουν σκοτεινά αυλάκια στην
πιο σκληρή πλάτη. Ίσως να `ναι πουλάρια του βάρβαρου Αττίλα ή οι
μαύροι κήρυκες που έστειλε ο Θάνατος.

Είναι η βαθειά πτώση της ψυχής του Χριστού, ή κάποιας άλλης πίστης
που η Μοίρα βλαστήμισε. Αυτά τα αιματηρά χτυπήματα ηχούν σαν το
ψωμί που ψήνεται στο φούρνο.

Κι ο άνθρωπος, ο φτωχός άνθρωπος στρέφει τα μάτια σαν όταν το
χτύπημα στον ώμο μας μας ξυπνά. Στρέφει τα μάτια κι ότι μέχρι τότε έχει
ζήσει φουσκώνει σαν μια κηλίδα ενοχής στο τρελό του βλέμμα.

Υπάρχουν χτυπήματα στη ζωή τόσο δυνατά…δεν ξέρω!

Traduction en Grec Manolis Aligizakis

***

CZARNI HEROLDOWIE

Są w życiu ciosy, tak silne … nie do pojęcia ! Ciosy jak nienawiść Boga;
jakby przed nimi powrotna fala wszelkiego cierpienia rozlała się w
duszy… nie do pojęcia!

Niewiele ich jest; lecz istnieją …otwierają ciemne bruzdy na najsroższej
twarzy i najmocniejszym grzbiecie. Może są źrebcami barbarzyńskich
attylów, lub czarnych heroldów, których przysyła nam Śmierć.

Są głębokimi upadkami Chrystusów duszy, jakiejś cudownej wiary, której
bluźni Przeznaczenie. Te krwawe ciosy są skwierczącym kawałkiem
chleba, który płonie nam już w drzwiczkach pieca.

A ten człowiek… biedny, biedny człowiek! Zwraca swe oczy, jak wtedy
gdy ktoś przyzywa nas klepnięciem w ramię; toczy szalonym wzrokiem,
a wszystko co przeżył, jak kałuża winy wzbiera w tym spojrzeniu.

Są w życiu ciosy, tak silne … nie do pojęcia!

Traduction en Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka

***

这些黑使者

生活中总有打击, 很艰难…… 我不懂! 像上帝的仇恨一样的
打击; 仿佛在它们面前, 所有苦难的潜质都被埋入了
灵魂…… 我不懂!

它们很少; 但它们存在……它们在最凶狠的脸上和最强壮的背上
开出黑暗的犁沟。也许它们是野蛮阿提拉的马驹, 或是死神
派给我们的黑使者。

它们是灵魂的基督的深度坠落, 是某种可爱信仰的深坠,
被命运亵渎。那些血腥的打击是某个面包的噼啪声,
这面包在烤炉口燃烧。

那男人…… 那可怜的, 那可怜的人! 他转过头来, 好像
肩膀上一巴掌召唤我们; 他转过发狂的眼睛, 而
他经历的一切都在井喷, 就像他凝视的一池悔恨。

生活中总有打击, 很艰难…… 我不懂!

Traduction en Chinois William Zhou

***

SVARTIR ÁRAR

Sum áföll ævinnar eru svo grimmileg… Ég veit ekki! Áföll á við hatur
Guðs; eins og andstreymi allra þjáninga hafi
greipst í sálina… Ég veit ekki
!
Þau eru fá; en þau eru til… Þau rista dimmar hrukkur í grimmasta andlit
og á sterkasta bak. Kannski eru þau folöld hins blóðþyrsta Atla;
eða svartir árar dauðans.

Þau eru hátt fall lausnara sálarinnar, einhvers dásamlegs átrúnaðar,
sem Örlögin formæla. Þessi bölvuðu áföll eru snarkið í
einhvers konar brauði að brenna í ofndyrunum.

Og maðurinn… veslings, veslings maðurinn! Hann lítur við, eins og
einhver slái á öxlina á okkur; hann lítur trylltum augum, og allt sem
hann hefur lifað streymir fram eins og syndasafn fyrir augunum á honum.

Sum áföll ævinnar eru svo grimmileg… Ég veit ekki!

Traduction en Islandais Thor Stefánsson

***

HERALZII NEGRI

Suntem supuși în viață la biruinți atât de dureroase… Nu știu eu!
Cu ură prăvălite, cad peste noi lovituri de la însuși Dumnezeu,
iar tulburarea se adună în lacul fără fund al sufletului … Nu știu eu!

Puține sunt, dar sunt… Întunecate brazde sapă-n obrazul cel mai diafan,
în umărul cel mai puternic. În chip de bidivii sălbatici, de cruzi năvălitori,
de heralzi negri, ne taie calea, prezicând sfârșitul.

Prăbușit în abis, Hristosul sufletului cată zadarnic după a sa blândă
menire, curmată de-un destin necruțător. Pocnind aidoma cojilor crăpate,
de pâine arsă, uitată în cuptor, plesnesc pedepse sângeroase deasupra tuturor.

Iar omul… biet… sărman! Privirea și-o întoarce și speriat tresare, simțind
o nevăzută palmă pe umăr; tot ce-a trăit până acum se-adună în
căutătura lui smintită, alimentând un heleșteu plin-ochi de vini neispășite.

Suntem supuși în viață la biruinți atât de dureroase… Nu știu eu!

Traduction en Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

Traduction en Indi Jyotirmaya Thakur

***

Traduction en Arabe Sarah Silt

***

Traduction en Persan Sepideh Zamani

***

Traduction en Russe Rahim Karim

(César Vallejo)

 

Recueil: ITHACA 634
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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POEME (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

Halina Menaï Bleus -

POEME
Pour le portrait d’un jeune Africain
à la manière de Gauguin.

Tous les tam-tams de la jungle battent dans mon sang,
Toutes les lunes farouches et ardentes de la jungle brillent
au fond de mon âme.
J’ai peur de cette civilisation,
si dure,
si forte,
si froide.

***

POEM
For the portrait of an African boy
after the manner of Gauguin

All the tom-toms of the jungles beat in my blood,
And all the wild hot moons of the jungles shine in my soul.
I am afraid of this civilization—
So hard,
So strong,
So cold.

(Langston Hughes)

Illustration: Halina Menaï

 

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L’âme, si frileuse (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2020


 


Ron Mueck  _Maninaboat

L’âme, si frileuse, si farouche,
devra-t-elle vraiment marcher sans fin sur ce glacier,
seule, pieds nus, ne sachant plus même épeler sa prière d’enfance,
sans fin punie de sa froideur par ce froid ?

Tant d’années,
et vraiment si maigre savoir,
coeur si défaillant?

Pas la plus fruste obole dont payer
le passeur, s’il approche?

— J’ai fait provision d’herbe et d’eau rapide,
je me suis gardé léger
pour que la barque enfonce moins.

(Philippe Jaccottet)

Illustration: Ron Mueck

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La coccinelle (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2020




    
La coccinelle

Elle me dit : Quelque chose
Me tourmente. Et j’aperçus
Son cou de neige, et, dessus,
Un petit insecte rose.

J’aurais dû – mais, sage ou fou,
A seize ans on est farouche,
Voir le baiser sur sa bouche
Plus que l’insecte à son cou.

On eût dit un coquillage ;
Dos rose et taché de noir.
Les fauvettes pour nous voir
Se penchaient dans le feuillage.

Sa bouche franche était là :
Je me courbai sur la belle,
Et je pris la coccinelle ;
Mais le baiser s’envola.

– Fils, apprends comme on me nomme,
Dit l’insecte du ciel bleu,
Les bêtes sont au bon Dieu,
Mais la bêtise est à l’homme.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

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