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Posts Tagged ‘fauché’

Fait divers (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



 

Duy Huynh -  (55)

Fait divers

Nous apprenons à l’instant
le décès instantané
d’un petit matin frais
fauché en pleine course
par un quotidien trop pressé

(Thomas Vinau)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Duy Huynh

 

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Regains (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



Regains

Regains… tout le reste de la plaine est fauché;
Ce vague de l’esprit qui rôdait sur les chaumes
S’en ira balayé par le vent; le fantôme
De l’éternelle inquiétude est desséché.

Regains… je vais pouvoir nager dans le vert tendre
Des prairies, le fouillis des odeurs végétales,
Et lécher la rosée à même les pétales…
Regains… ne pas s’abandonner, mais tout comprendre.

Laisse couler en toi l’ambiance dorée;
Puisque le désir vient d’embrasser ces collines,
Caresse-les des mains : elles sont féminines,
Frémissantes, comme des vagues nacrées.

Où vas-tu, battant l’air divin avec fureur ?
Je te croyais gonflé de calme et d’espérance,
Mûri pour la sagesse et pour la renaissance…
— Peut-être la renaissance de la douleur…

(Patrice de La Tour du Pin)


Illustration

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Dans un soir heureux (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2017



Dans un soir heureux de sa courbe
les derniers tressaillements des ombres
un buisson éclos d’une ruine
les herbes fauchées
sur les prés comme une chrysalide
contre la voie ferrée
les graminées ailes repliées
en plein ciel
l’élan des peupliers
le vertige du vide

(Georges Bonnet)

Illustration: Guillaume Bourquin

 

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Je suis fauché, dit le brin d’herbe (Lambert Schlechter)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2016



je suis fauché, dit le brin d’herbe
j’ai encore échappé à la noyade, dit le nénuphar

sur ma tige, comme le tournesol, dit la cigogne
le tournis est mon destin, dit la meule

évitons la précipitation, dit le nuage
alouette muette je gazouille, dit le cerf-volant

ne serai jamais comestible, dit le parasol
ne te promets aucun paradis, dit le parapluie

c’est fini les poèmes d’amour, dit le troubadour

(Lambert Schlechter)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Le chêne (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2015



Le chêne

Il me semblait que ma pensée
Etait un chêne solitaire
Qui rêve sur sa vie passée
Et qui regarde au loin la terre.

Devant lui s’étendent des plaines
Dont l’homme a fauché les moissons,
Et des montagnes incertaines,
Là-bas, ferment son horizon.

Il a vu la brume et la pluie,
Le soleil, le rire et l’amour ;
Il a vu les jours et les nuits,
Et puis les nuits et puis les jours.

Des amants, couchés sous son toit,
Ont échangé là des mensonges ;
Et d’autres au cœur grave et droit
L’ont pris à témoin de leurs songes.

Les plaintes de la volupté
Ont fait frissonner son feuillage,
Et lui, dans son ample bonté,
Donnait aux amants son ombrage.

II chantait : de tendres oiseaux
Se poursuivaient parmi ses branches ;
Leurs cris tombaient en avalanche,
Mêlés aux rires des ruisseaux.

Il pleurait : les vents d’occident
Répandaient sur son front placide
Leurs larmes de plomb ou d’argent
Et leur neige ou leur gel lucide.

Il vivait : son cœur plein de sève
Éclatait parfois en sanglots :
« Des sirènes semblent des rêves,
Songeaient-ils, là-bas, sur les flots… »

Un jour la mer vint en colère
Envahir la plaine et les bois ;
Mais le chêne à la tête fière
Se dressait toujours, sans émoi.

« Je suis la vie, je suis le monde,
Lui dit la mer aux flots nombreux.
J’apporte du fond de mes ondes
Un être au cœur aventureux.

Sois toi-même, chêne orgueilleux,
Redeviens homme dans ta chair,
Retrouve ta bouche et tes yeux
Et lève au soleil ton front clair.

Oublie les vieilles amertumes
Que tu trouvas près de la femme.
C’est la nuit ; le désir allume
Plus d’un désir au fond des âmes.

Vois : mes vagues silencieuses
S’endorment comme des enfants ;
Elle est là : l’heure précieuse
S’éveille et sourit doucement. »

Le chêne au multiple feuillage
Devint homme, ouvrit ses deux bras,
Et la sirène au blanc visage
Entra dans son cœur et chanta.

(Remy de Gourmont)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Je vagabondais dans la plaine (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2015



Je vagabondais dans la plaine.
Les nuages volaient bas
Et du sol fauché ras
Montait une troublante haleine.

La brise me frôlait les mains
Et caressait les gerbes
De blé mûr et les herbes
S’inclinant le long des chemins.

(Jean-Baptiste Besnard)

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