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Poésie

Posts Tagged ‘faux pas’

Le mille-pattes (Frédéric Kiesel)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018


Le mille-pattes
Ne se hâte
Pas.
Il
Craint de faire mille
Faux-pas.

(Frédéric Kiesel)

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Comme cette feuille de ginkgo (Lambert Schlechter)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018




    
comme cette feuille de ginkgo
transie dans une flaque gelée

tu n’es qu’une gaffe de l’existence
un faux pas dans le liseré des ornières

comme une averse de pierraille
des phrases ready made te tombent dessus

t’ensevelissent, monticule sans nom
dans une moraine infiniment banale

mais palpiter, ô comme tu y tiens

(Lambert Schlechter)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Ma vie (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017


 

Ma lépreuse endormie, comme ta peau est douce,
noirs les seins enflés de chansons ténébreuses.
Saurai-je délivrer, à force de caresses,
la lumière qui se concentre derrière les tours?

Je suis parmi toi avec l’autorité de mes faux pas
et de végétations haletantes, les yeux bandés,
agglutiné à la profonde nourriture.
Sous tes eaux mortes j’aspire le lait,
avec les algues et le sang qui en font cette opale,
ourdie par tant de ravages… ta lente vie.

Ma vie, qui te crispes entre mes bras gourds,
la beauté fraîche que je veux voir apparaître,
viendra l’heure où tu jouiras comme une jeune fille.

J’avancerai douloureux dans l’homme que je deviens.

(André Frénaud)

 

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FAUX PAS ENTRE DEUX ETOILES (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2016



eduardo-kingman-cef

FAUX PAS ENTRE DEUX ETOILES

Il est des gens si malheureux, qu’ils n’ont même pas
de corps ; quantitative est leur chevelure,
bas, calculé en pouces, le poids de leur intelligence ;
haut, leur comportement ;
ne me cherche pas, molaire de l’oubli,
ils semblent sortir de l’air, additionner mentalement les soupirs,
entendre de clairs claquements de fouet dans leur gosier.

Ils s’en vont de leur peau, grattant le sarcophage où ils naissent
et gravissent leur mort d’heure en heure
et tombent, au long de leur alphabet gelé, jusqu’à terre.

Pitié pour les « tellement » ! pitié pour les « si peu » ! pitié pour eux
Pitié, dans ma chambre, quand je les écoute avec mes lunettes !
Pitié, dans mon thorax, quand ils s’achètent des habits !
Pitié pour ma crasse blanche, solidaire dans leur ordure !

Aimées soient les oreilles martin,
aimées soient les personnes qui s’assoient,
aimés soient l’inconnu et sa femme,
notre semblable par les manches, le col et les yeux !

Aimé soit celui qui a des punaises,
celui qui porte un soulier percé sous la pluie,
celui qui veille le cadavre d’un pain avec deux allumettes,
celui qui se prend un doigt dans la porte,
celui qui n’a pas d’anniversaires,
celui qui a perdu son ombre dans un incendie,
l’animal, celui qui ressemble à un perroquet,
celui qui ressemble à un homme, le pauvre riche,
le vrai miséreux, le pauvre pauvre !

Aimé soit
celui qui a faim ou soif, mais n’a pas assez de faim
pour étancher toute sa soif
et pas assez de soif pour rassasier toute sa faim !

Aimé soit celui qui travaille à la journée, au mois, à l’heure,
celui qui sue de peine ou de honte,
celui qui se prend par la main pour aller au cinéma,
celui qui paye avec ce qui lui manque,
celui qui dort le dos tourné,
celui qui ne se souvient plus de son enfance ; aimé soit
le chauve sans chapeau,
le juste sans épines,
le voleur sans roses,
celui qui porte une montre et qui a vu Dieu,
celui qui a de l’honneur et ne meurt pas !
Aimé soit l’enfant qui tombe et pleure encore, et l’homme qui est tombé et ne pleure plus !
Pitié pour les « tellement » ! Pitié pour les « si peu » ! Pitié pour eux !

***

Traspié entre dos estrellas
¡Hay gentes tan desgraciadas, que ni siquiera
tienen cuerpo; cuantitativo el pelo,
baja, en pulgadas, la genial pesadumbre;
el modo, arriba;
no me busques, la muela del olvido,
parecen salir del aire, sumar suspiros mentalmente, oír
claros azotes en sus paladares!

Vanse de su piel, rascándose el sarcófago en que nacen
y suben por su muerte de hora en hora
y caen, a lo largo de su alfabeto gélido, hasta el suelo.

¡Ay de tánto! ¡ay de tan poco! ¡ay de ellas!
¡Ay en mi cuarto, oyéndolas con lentes!
¡Ay en mi tórax, cuando compran trajes!
¡Ay de mi mugre blanca, en su hez mancomunada!

¡Amadas sean las orejas sánchez,
amadas las personas que se sientan,
amado el desconocido y su señora,
el prójimo con mangas, cuello y ojos!

¡Amado sea aquel que tiene chinches,
el que lleva zapato roto bajo la lluvia,
el que vela el cadáver de un pan con dos cerillas,
el que se coge un dedo en una puerta,
el que no tiene cumpleaños,
el que perdió su sombra en un incendio,
el animal, el que parece un loro,
el que parece un hombre, el pobre rico,
el puro miserable, el pobre pobre!

¡Amado sea
el que tiene hambre o sed, pero no tiene
hambre con qué saciar toda su sed,
ni sed con qué saciar todas sus hambres!

¡Amado sea el que trabaja al día, al mes, a la hora,
el que suda de pena o de vergüenza,
aquel que va, ñpor orden de sus manos, al cinema,
el que paga con lo que le falta,
el que duerme de espaldas,
el que ya no recuerda su niñez; amado sea
el calvo sin sombrero,
el justo sin espinas,
el ladrón sin rosas,
el que lleva reloj y ha visto a Dios,
el que tiene un honor y no fallece!

¡Amado sea el niño, que cae y aún llora
y el hombre que ha caído y ya no llora!

¡Ay de tánto! ¡Ay de tan poco! ¡Ay de ellos!

(César Vallejo)

Illustration: Eduardo Kingman

 

 

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Qui nous attend sur l’autre rive? (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2016



Qui nous attend sur l’autre rive?
L’autre rive n’existe pas
Nous attendons. Et rien n’arrive
rien ne dérive entre nos bras
nos bras n’amarrent que des brises
les brises ne vont qu’aux tournois
dans les tournois le vent s’enlise
avant l’envol des vertes voix
vers le noir des rives promises
Un lent silence cicatrise
les blessures de nos fracas
et les remous de nos eaux vives
Le fleuve coule sans erreur
entre ses berges rectilignes
il fend des terres sans lueur
rigueur et rage des racines
C’est nous qui faisons des faux pas
des faux bonds, de faux entrechats
enfin la plus sûre embardée
la plus véritable enjambée
notre plus véridique entrée
dans ce qui ne nous attend pas.

(Robert Mallet)

Illustration: Odilon Redon

 

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Faux pas (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2015




Quand on fait un faux pas,
Faut pas… faut pas…
Faut pas le regretter.
Ce qui s’est passé là,
C’est la… c’est la…
C’est la faute à l’été.

Le plaisir de céder
Céder… céder…
C’est déjà merveilleux
Ceux qui disent que c’est laid,
C’est les … c’est les,
C’est les plus malheureux.

Cueillir en souriant les mille fleurs,
Les mille brins de bouquets du bonheur,
C’est un jeu d’enfant … viens sur mon coeur,
Dis-moi surtout de ne plus avoir peur…

Et nous moquant déjà
Déjà… déjà…
Des jaloux irrités,
Puisqu’on fait un faux pas,
Faut pas… faut pas…
Faut pas le regretter!

Pour m’empêcher d’aimer
D’aimer… d’aimer…
Des méchants nous font peur
Ces gens qui nous séparent
C’est par… c’est par…
C’est par goût du malheur…

Ceux qui ont passé l’heure,
C’est leur… c’est leur…
C’est leur faute au départ,
Car, même quand il neige,
Il neige… il neige…
Il n’est jamais trop tard!

Il est toujours temps d’ouvrir son coeur
Au grand soleil éclatant de chaleur.
Il est toujours temps de goûter la douceur
D’un bel amour fait de rires et de pleurs.

Cet instant qu’on attend
A tant… a tant…
A tant de volupté
Que le premier faux pas,
Faux pas… faut pas…
Faut pas le regretter.

(Francis Blanche)

Illustration: Watteau

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