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Poésie

Posts Tagged ‘fécond’

DÉCOUVERTE DE LA FEMME (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2019



Illustration: Alex Alemany
    
DÉCOUVERTE DE LA FEMME

Alors la femme m’apparut sans voiles, dans une pudeur naturelle.
Depuis ce temps ses gestes, délivrés, surgissant dans une
solennité féconde, me consacrent à l’unique réelle douceur.
Au gré de cette présence familière le temps s’en va sans me lasser.
A cette heure la nuit peut venir, la clarté de la lune aura les ombres les plus nues.

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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Chant Alterné (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2019



Chant Alterné

I
Éros aux traits aigus, d’une atteinte assurée,
Dés le berceau récent m’a blessée en ses jeux;
Et depuis, le désir, cette flèche dorée,
Étincelle et frémit dans mon coeur orageux.

II
Les roses de Sâron, le muguet des collines,
N’ont jamais de mon front couronné la pâleur;
Mais j’ai la tige d’or et les odeurs divines
Et le mystique éclat de l’éternelle Fleur.

I
Plus belle qu’Artémis aux forêts d’Ortygie,
Rejetant le cothurne en dansant dénoué,
Sur les monts florissants de la sainte Phrygie
J’ai bu les vins sacrés en chantant Évohé !

II
Un esprit lumineux m’a saluée en reine.
Pâle comme le lys â l’abri du soleil,
Je parfume les coeurs; et la vierge sereine
Se voile de mon ombre à l’heure du sommeil.

Dans l’Attique sacrée aux sonores rivages,
Aux bords Ioniens où rit la volupté,
J’ai vu s’épanouir sur mes traces volages
Ta fleur étincelante et féconde, ô Beauté!

II
Les sages hésitaient ; l’âme fermait son aile ;
L’homme disait au ciel un triste et morne adieu :
rai fait germer en lui l’Espérance éternelle,
Et j’ai guidé la terre au-devant de son Dieu !

I
O coupe aux flots de miel oit s’abreuvait la terre,
Volupté ! Monde heureux plein de chants immortels !
Ta fille bien aimée, errante et solitaire,
Voit l’herbe de l’oubli croître sur ses autels.

II
Amour, amour sans tache, impérissable flamme !
L’homme a fermé son coeur, le monde est orphelin.
Ne renaitras-tu pas dans la nuit de son âme,
Aurore du seul jour qui n’ait pas de déclin?

(Leconte de Lisle)

 

 

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Que de vagues stériles (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018



Illustration: Kupka Frantisek
    
Que de vagues stériles
pour une vague féconde
Pourtant c’est la même eau
mettant du sel sous ta langue
portant l’écume à tes lèvres
et dont tu prétends être
le sourcier
Parfois tu te demandes
— puisqu’on affirme
que tu es sorti d’elle —
si l’eau
possède ou non
une mémoire

(Abdellatif Laâbi)

 

Recueil: Tribulations d’un rêveur attitré
Traduction:
Editions: La Différence

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Racines (Edouard Glissant)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration
    
Racines,
racines,
je n’en finirai pas de tirer
sur vos mamelles fécondes.

(Edouard Glissant)

 

Recueil: Le sel noir
Traduction:
Editions: Gallimard

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LOIN, LÀ-BAS (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018



Illustration
    
LOIN, LÀ-BAS

Ô boeuf qui soufflait de la vapeur quand un jour je le vis,
tout enfant, sous le soleil du Nicaragua aux ors éclatants,
dans la féconde hacienda, pleine de l’harmonie
du tropique ; ô colombe des bosquets résonnants
au bruit du vent, des haches, des oiseaux et des fringants
taureaux, je vous salue, car vous êtes ma propre vie.

Lourd boeuf, tu évoques la douce matinée
qui appelait à la traite de la vache laitière,
quand mon existence était toute blanche et rosée,
et toi, roucoulante colombe des hautes terres,
tu incarnes dans mon printemps éloigné
tout ce que recèle la divinité printanière.

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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Chant de la jeunesse (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018



 

Illustration: Marc Riboud
    
Chant de la jeunesse

1
Au clair matin des jours de fête
Amis partons sur le chemin
En mer j’entends crier les mouettes
Chantons l’espoir des lendemains.

Refrain
Jeunesse ah qu’il fait bon vivre
Marchant droit vers le but
Car notre espoir nous délivre
Notre joie est notre salut.

2
Chantons l’espoir et la jeunesse
Si le chemin pour nos aînés
Connut la peine et la tristesse
Joyeux il faut le continuer.

3
Joyeux il faut lui faire atteindre
Un beau pays si fraternel
Que tous y puiss’nt vivre sans craindre
La vie et ses travaux réels.

4
Travaux réels ceux-là qui donn’nt
À l’homme joie santé bonheur
Vingt ans! pour nous notre heure sonne
Nous sommes les futurs vainqueurs.

5
Le ciel la mer la terr’ féconde
Aux grands travaux offrent leur sein
Fini(e)s la peur la guerre immonde
Fini le temps des assassins!

6
La main tendu(e) à tous nos frères
Amis marchons sans nulle peur
Nous sommes forts et sans colère
Nous sommes les jeunes vainqueurs.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Le grand obstacle, c’est toujours la représentation et non la réalité (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018




    
Je sais comment libérer peu à peu mes forces créatrices des contingences matérielles,
de la représentation de la faim, du froid et des périls.

Car le grand obstacle, c’est toujours la représentation et non la réalité.
La réalité, on la prend en charge avec toute la souffrance,
toutes les difficultés qui s’y attachent – on la prend en charge,
on la hisse sur ses épaules et c’est en la portant que l’on accroît son endurance.

Mais la représentation de la souffrance – qui n’est pas la souffrance,
car celle-ci est féconde et peut vous rendre la vie précieuse – il faut la briser.

Et en brisant ces représentations qui emprisonnent la vie derrière leurs grilles,
on libère en soi-même la vie réelle avec toutes ses forces,
et l’on devient capable de supporter la souffrance réelle,
dans sa propre vie et dans celle de l’humanité.

(Etty Hillesum)

 

 

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Le mineur opiniâtre du vide (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2018



Illustration: Gilbert Garcin
    
Le mineur opiniâtre
du vide
exploite
sa mine féconde
le possible brut
y miroite
emmêlé à sa roche blanche

(Jean Cocteau)

 

Recueil: Le Cap de Bonne-Espérance suivi de Discours du Grand Sommeil
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pars à la recherche de terres inconnues (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2018



 Illustration: Robert Cattan
    
— Pars à la recherche de terres inconnues
aux couleurs et aux formes indéfinissables,
d’espace de silence
où chaque chant d’oiseau se distingue clairement,
d’un usage du Temps
où l’heure est protégée du gaspillage passif,
de corps intouchables
où le regard peut lire les désirs séquestrés,

Pars à la recherche d’une histoire sans magie
où le crépuscule est l’événement majeur,
d’une pensée féconde
où la parole sert à dire le réel,
de cette ère nouvelle
où l’invention est l’obligation première,
où la poésie retrouve enfin sa place ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Plus de ces sens bornés… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



Illustration: Alexandre Cabanel
    
Plus de ces sens bornés…

Plus de ces sens bornés, étroite solitude,
Vérité ou raison, plus de frein qui jugule,
Je suis la chose enfin, je vis bien au delà
De mon corps méprisable, étriqué, ridicule;
Je suis parmi l’éther la lune qui circule,
Le ruisseau, ciel errant, que la nuit constella.

Mon âme se répand comme une onde élargie
Et ma prison s’écroule à la tendre élégie
Des ramiers amoureux perdus au bord du ciel.
O Nature, que j’ai souffert dans cette geôle,
Mon coeur, il me fallait l’espace où l’on s’envole,
La terre qui m’accueille au limon maternel.

Il me fallait l’oubli vaste que tu prodigues,
Calme fleuve étendu sans berges et sans digues;
Il me fallait pour lit la douceur des lotus
Et pour chevet l’odeur féconde et primitive
De la vase et des joncs pourrissant sur la rive
Où mes tourments muets à jamais se sont tus.

(Marie Dauguet)

 

 

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