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Poésie

Posts Tagged ‘féconder’

LA NUIT (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2020



Illustration: Christian Schloe
    
LA NUIT

Elle est venue la nuit de plus loin que la nuit
à pas de vent de loup de fougère et de menthe
voleuse de parfum impure fausse nuit
fille aux cheveux d’écume issue de l’eau dormante

Après l’aube la nuit tisseuse de chansons
s’endort d’un songe lourd d’astres et de méduses
et les jambes mêlées aux fuseaux des saisons
veille sur le repos des étoiles confuses

Sa main laisse glisser les constellations
le sable fabuleux des mondes solitaires
la poussière de Dieu et de sa création
la semence de feu qui féconde les terres

Mais elle vient la nuit de plus loin que la nuit
à pas de vent de mer de feu de loup de piège
bergère sans troupeaux glaneuse sans épis
aveugle aux lèvres d’or qui marche sur la neige.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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CRÉATURES (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020



CRÉATURES

Arbres à chevelure
dont les bras se lèvent
se tendent appellent
dont la peau est dure
le sang blanchâtre
vous avez la parole
et savez vous taire
vous protégez
vous fécondez
vous transmettez le ciel
à la terre
vous mourrez de vos blessures

mais où est votre visage?

(Jean Mambrino)


Illustration

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Saluer (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2019



 

printemps  [1280x768]

Saluer
L’enfant provisoire
Le vieillard sans horizons
Le silence des plaies
La détonation des mots
Le songe qui tisonne
La beauté qui féconde
Le pas migrateur

Malgré l’érosion
Des coeurs et des falaises
Saluer les printemps
Qui ne cessent d’affleurer.

(Andrée Chedid)

 

 

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La lumière universelle (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2019



    La lumière universelle
Tire du ciel vaporeux
D’immuables étincelles
Pour les déserts bienheureux
Par une splendeur seconde
Le ciel tranquille féconde
Toutes les formes du jour
L’arbre éclate, se balance
Et jusque dans le silence
Remue un sonore amour

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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MARAIS DE YEUN ELEZ (Xavier Grall)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2019



 

MARAIS DE YEUN ELEZ

MARAIS DE YEUN ELEZ

Parmi les chiens bleus
je partirai sans dire rien
dans les marais de Yeun Elez

Je laisserai glisser toute chair
dans la terre triste de Botmeur
les larmes lisseront pierres

Je partirai sans maudire rien
muet, inutile, sans paupières
dans l’inutilité des tourbes

Lasses sont les âmes
de trop aimer sans recevoir
fourbues les pluies de féconder rien

Peuple errant des maudits
crapauds clabaudant aux étangs
sonnent les glas à Brennilis

Passion selon l’Ankou
les poètes aux enfers descendent
fous les vents sur les collines

Dans les marais de Yeun Elez
l’archange ne répond pas aux mourants
crient les landes à minuit

Plaisirs mauvais qui me crucifient
c’est fini, je m’en vais aux marais
traînant ma plainte et ma légende

(Xavier Grall)

 

 

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La femme (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



La femme est fatalement suggestive;
elle vit d’une autre vie que la sienne propre:
elle vit spirituellement dans les imaginations
qu’elle hante et qu’elle féconde.

(Charles Baudelaire)


Illustration: Alexander Sulimov

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LE PATRIARCHE (Umberto Saba)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



 

LE PATRIARCHE

Sur la colline qui resplendit en face
je suis d’un vieux la laborieuse trace.

Dans mon esprit chargé de fantômes,
ce n’est pas un cultivateur, c’est un patriarche.

Sa force ne s’épuise pas au péché ;
elle a ses racines dans la motte grasse,

dans son fils vigoureux, dans sa belle bru,
en lui-même ; et malgré tout, le vieux matois

n’ignore pas que la vie est un mal,
que la vie est le péché originel.

Jusqu’au dernier champ, de par la volonté
divine, il a donné aux siens, enlevé au voisin,

fécondé de lui-même un monde nouveau.
Il en jouit et pense : Heureux celui qui n’est pas né !

(Umberto Saba)

Illustration: Erich Heckel

 

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Un jour je trouverai une parole (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018



    

Un jour je trouverai une parole
capable de pénétrer en ton ventre et le féconder
de camper en ton sein
comme une main ouverte et fermée dans le même temps.

***

Algún día encontraré una palabra
que penetre en tu vientre y lo fecunde,
que se pare en tu seno
como una mano abierta y cerrada al mismo tiempo.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie verticale 1
Traduction:
Editions:

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LA PUDEUR (Maurice Olivaint)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



Carrie Vielle (7) [800x600]

LA PUDEUR

Quand la gloire des Dieux rayonnait sur le monde,
La femme, dans l’orgueil d’un prestige exalté
Par la lyre et le marbre où revit sa beauté,
Se dévoilait sans honte à l’art qu’elle féconde.

Le Verbe surprit Rome en sa luxure immonde.
Néron, persécuteur d’un culte détesté,
Traîne au cirque sanglant ta chaste nudité,
Vierge vouée au Christ dont la grâce t’inonde.

La crainte de la mort ne trouble point tes yeux,
Mais tu croises les bras sur ton sein soucieux
D’échapper aux regards que ta jeunesse attire ;

Et ce geste éperdu qui te vêt de splendeur,
Comme une fleur d’amour éclose du martyre,
Aux hommes éblouis révèle la Pudeur.

(Maurice Olivaint)

Illustration: Carrie Vielle 

 

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Quoique nous le voyons fleurir (Émile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration
    
Quoique nous le voyons fleurir

Quoique nous le voyions fleurir devant nos yeux
Ce jardin clair où nous passons silencieux,
C’est plus encor en nous que se féconde
Le plus candide et doux jardin du monde.

Car nous vivons toutes les fleurs,
Toutes les herbes, toutes les palmes
En nos rires et en nos pleurs
De bonheur pur et calme.

Car nous vivons toute la joie
Dardée en cris de fête et de printemps,
En nos aveux où se côtoient
Les mots fervents et exaltants.

Oh! dis, c’est bien en nous que se féconde
Le plus joyeux et doux jardin du monde.

(Émile Verhaeren)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: Les heures claires
Traduction:
Editions:

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