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Poésie

Posts Tagged ‘feindre’

L’Aurore (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017




L’Aurore est l’effort
De la Face Céleste
Pour à Nos yeux feindre
L’Ignorance du parfait.

(Emily Dickinson)

Illustration

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J’aime un regard d’Agonie, car je sais qu’il est vrai (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



J’aime un regard d’Agonie,

Car je sais qu’il est vrai –

On ne singe pas la Convulsion,

On ne feint pas, des Affres –

L’œil se fige d’un coup – et c’est la Mort –

Impossible de simuler

Les Perles sur le Front

Par la fruste Angoisse enfilées.

(Emily Dickinson)

Illustration

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N’êtes-vous pas songeur ? (Taira no Kanemori)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



 

Amoureux

Je sais feindre
Mais la couleur de mon visage
Trahit mon amour.
N’êtes-vous pas songeur ?
Me demande-t-on parfois.

(Taira no Kanemori)

Illustration

 

 

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Demande de baisers au printemps (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2017



Demande de baisers au printemps

Tes lèvres de bronze, d’un baiser,
Marta, lentement, je les veux aspirer.
D’un odorant baiser maléfique.
Avec eux :
Tes cheveux !
Mon désir révolté t’en fait la supplique.
Il veut, ce désir,
Fasciné par l’amour, les saisir.
Les étreindre.
Et ces bras trop fidèles pour feindre,
Tremblants, amoureux,
Cependant que j’évoque tes chers beaux yeux
Vont vers tes genoux si doux – si j’ose –
Et jusqu’au nid de la rose.

Le feuillage frémit dans le vent.
Qu’elle est verte, la colline!
Nous y courons lestement,
Je t’y vois encline.
Il parle de baisers, il chante, le vent.
Quelle extase!
Il m’embrase.
Et mon sang, par-là, par-ci,
Autour de mon cœur, chante avec lui.
C’est fort bien ainsi.
Mais à présent, silence, petite.
Je veux un baiser de toi. Donne-le vite!

(Attila Jozsef)


Illustration: Carolus Duran

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Dans les limbes (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



J’ai dit jadis que l’absence
Est le plus cruel des maux;
On s’y berce avec des mots,
C’est l’horreur de l’impuissance

Sans la consolation
Du moins de quelque caresse,
On meurt sans qu’il y paraisse,
On est mort, dis-je, et si on

Feint de respirer encore,
C’est bien machinalement.
Ô ce découragement
A voir se lever l’aurore!

Or, depuis que dans ces lieux
Je souffre, – dès toi venue,
Par quelle force inconnue
Allé-je infiniment mieux?

C’est l’histoire de l’éphèbe
Mourant de la vierge au loin!
Qu’elle arrive et soit témoin,
Comme il nargue et fuit l’Erèbe!

Et tant que j’y resterai,
Accours en ce limbe blême:
Moi qui déjà t’aime et t’aime,
Ô que je t’adorerai!

(Verlaine)

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AUTOPSYCHOGRAPHIE (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2016



AUTOPSYCHOGRAPHIE

Le poète est celui qui feint.
Et il feint si parfaitement
Qu’il fait enfin passer pour feinte
La douleur qu’il ressent vraiment.

Et les lecteurs de ses écrits
Ressentent sous la douleur lue
Non pas les deux qu’il a connues,
Mais la seule qu’ils n’ont pas eue.

Ainsi, sur ses rails circulaires
Tourne, embobinant la raison,
Ce si petit train à ressorts
Que l’on a appelé le cœur.

(Fernando Pessoa)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration

 

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L’Agonie (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2016



J’aime l’air de l’Agonie,
Parce que je sais que c’est vrai –
On ne feint pas les Spasmes,
On ne simule pas les Affres –

Les Yeux se glacent – c’est ça la Mort –
Impossible d’imiter
Ces grosses Perles sur le Front
Par l’Angoisse – enfilées.

(Emily Dickinson)


Illustration: Egon Schiele

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Ne feins pas la tendresse (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2016



Ne feins pas la tendresse.
En toi se tendent les nerfs.
Epaules et rotules
fracassent la vie.
Et s’amenuisent aussi
pupilles et paroles.

(Jacques Izoard)

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Le prompteur (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2016



Le prompteur

Tout est écrit.
Il n’y a qu’à lire en feignant d’inventer.
Mais le prompteur parfois s’embue
parce que la lumière s’est mise à douter d’elle-même
ou parce qu’une larme est tombée d’une étoile non encore promulguée.
Ou bien c’est le texte qui, soudain, sort de ses rails en couinant comme un goret.
Alors on met en marche dans sa poitrine le générateur de secours,
on peint n’importe quels sons sur la taie qui a recouvert la parole,
on redresse à la main les aiguillages de la phrase
Et peu à peu le discours usurpateur recouvre les pleins pouvoirs
dont, tout un instant, l’a dépossédé
l’inintelligible mais authentique charabia de l’homme.

(Jean Rousselot)

 

 

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La bohémienne (Alain Mous)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2016




Elle dansa toute une nuit au son de ma vie,
la bohémienne, d’un pas léger presque flottant.
Elle dansa sans même me regarder, sans mépris.
Ô toi la femme qui éblouit tous mes tourments,
sans rien vouloir en échange.

Je regardais un peu curieux mais attentif
la finesse de ses traits; rien n’égalait sa beauté.
Je me fixai sur son regard si attractif,
et, immobile, restais là, à contempler,
craignant que le rythme ne change.

J’aurais tellement souhaité la rejoindre,
dans ce tourbillon mélodieux et attirant.
Mes jambes immobiles ne pouvaient feindre
la danse malgré mon désir si puissant.

Depuis mes yeux cherchent en vain cet ange…

(Alain Mous)

Illustration: Pierre Corratgé

 

 

 

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