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Posts Tagged ‘feindre’

QUAND TU SERAS BIEN VIEILLE… (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



 

QUAND TU SERAS BIEN VIEILLE…

Quand tu seras bien vieille et grise, dodelinant
Aux portes du sommeil près du feu : prends ce livre
Et lis sans te hâter, et rêve à la douceur
Qu’eurent tes yeux jadis, dans leurs ombres lourdes.

Combien aimaient alors ta grâce joyeuse,
Qu’ils aimaient ta beauté, de feint ou vrai amour !
Mais un seul homme aima en toi l’âme viatrice
Et aima les chagrins du visage qui change.

Penche-toi donc sur la grille embrasée
Et dis-toi, un peu triste, à voix basse :  » Amour,
Tu as donc fui, tu as erré sans fin sur la montagne,
Tu t’es caché dans l’innombrable étoile.  »

***

WHEN YOU ARE OLD

When you are old and grey and full of sleep,
And nodding by the fire, take down this book,
And slowly read, and dream of the soft look
Your eyes had once, and of their shadows deep ;

How many loved your moments of glad grace,
And loved your beauty with love false or true,
But one man loved the pilgrim soul in you,
And loved the sorrows of your changing face;

And bending down beside the glowing bars,
Murmur, a little sadly, how Love fled
And paced upon the mountains overhead
And hid his face amid a crowd of stars.

(William Butler Yeats)

Illustration: Edouard Vuillard

 

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LA FORME DES ÉCLAIRS (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



    

LA FORME DES ÉCLAIRS

Les éclairs n’ont pas de forme définie,
les éclairs fabriquent leur propre forme.

Les éclairs durent ce que peuvent durer
des yeux noyés dans l’eau d’un verre.

Les éclairs de tes yeux sont ceux que je préfère,
quand tu n’es pas présente et que tu feins d’être avec moi.

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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L’Aurore (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017




L’Aurore est l’effort
De la Face Céleste
Pour à Nos yeux feindre
L’Ignorance du parfait.

(Emily Dickinson)

Illustration

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J’aime un regard d’Agonie, car je sais qu’il est vrai (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



J’aime un regard d’Agonie,

Car je sais qu’il est vrai –

On ne singe pas la Convulsion,

On ne feint pas, des Affres –

L’œil se fige d’un coup – et c’est la Mort –

Impossible de simuler

Les Perles sur le Front

Par la fruste Angoisse enfilées.

(Emily Dickinson)

Illustration

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N’êtes-vous pas songeur ? (Taira no Kanemori)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



 

Amoureux

Je sais feindre
Mais la couleur de mon visage
Trahit mon amour.
N’êtes-vous pas songeur ?
Me demande-t-on parfois.

(Taira no Kanemori)

Illustration

 

 

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Demande de baisers au printemps (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2017



Demande de baisers au printemps

Tes lèvres de bronze, d’un baiser,
Marta, lentement, je les veux aspirer.
D’un odorant baiser maléfique.
Avec eux :
Tes cheveux !
Mon désir révolté t’en fait la supplique.
Il veut, ce désir,
Fasciné par l’amour, les saisir.
Les étreindre.
Et ces bras trop fidèles pour feindre,
Tremblants, amoureux,
Cependant que j’évoque tes chers beaux yeux
Vont vers tes genoux si doux – si j’ose –
Et jusqu’au nid de la rose.

Le feuillage frémit dans le vent.
Qu’elle est verte, la colline!
Nous y courons lestement,
Je t’y vois encline.
Il parle de baisers, il chante, le vent.
Quelle extase!
Il m’embrase.
Et mon sang, par-là, par-ci,
Autour de mon cœur, chante avec lui.
C’est fort bien ainsi.
Mais à présent, silence, petite.
Je veux un baiser de toi. Donne-le vite!

(Attila Jozsef)


Illustration: Carolus Duran

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Dans les limbes (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



J’ai dit jadis que l’absence
Est le plus cruel des maux;
On s’y berce avec des mots,
C’est l’horreur de l’impuissance

Sans la consolation
Du moins de quelque caresse,
On meurt sans qu’il y paraisse,
On est mort, dis-je, et si on

Feint de respirer encore,
C’est bien machinalement.
Ô ce découragement
A voir se lever l’aurore!

Or, depuis que dans ces lieux
Je souffre, – dès toi venue,
Par quelle force inconnue
Allé-je infiniment mieux?

C’est l’histoire de l’éphèbe
Mourant de la vierge au loin!
Qu’elle arrive et soit témoin,
Comme il nargue et fuit l’Erèbe!

Et tant que j’y resterai,
Accours en ce limbe blême:
Moi qui déjà t’aime et t’aime,
Ô que je t’adorerai!

(Verlaine)

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AUTOPSYCHOGRAPHIE (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2016



AUTOPSYCHOGRAPHIE

Le poète est celui qui feint.
Et il feint si parfaitement
Qu’il fait enfin passer pour feinte
La douleur qu’il ressent vraiment.

Et les lecteurs de ses écrits
Ressentent sous la douleur lue
Non pas les deux qu’il a connues,
Mais la seule qu’ils n’ont pas eue.

Ainsi, sur ses rails circulaires
Tourne, embobinant la raison,
Ce si petit train à ressorts
Que l’on a appelé le cœur.

(Fernando Pessoa)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration

 

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L’Agonie (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2016



J’aime l’air de l’Agonie,
Parce que je sais que c’est vrai –
On ne feint pas les Spasmes,
On ne simule pas les Affres –

Les Yeux se glacent – c’est ça la Mort –
Impossible d’imiter
Ces grosses Perles sur le Front
Par l’Angoisse – enfilées.

(Emily Dickinson)


Illustration: Egon Schiele

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Ne feins pas la tendresse (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2016



Ne feins pas la tendresse.
En toi se tendent les nerfs.
Epaules et rotules
fracassent la vie.
Et s’amenuisent aussi
pupilles et paroles.

(Jacques Izoard)

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