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Poésie

Posts Tagged ‘fêlé’

Une tendresse insoluble (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2016



cornemuse

 

La vie ne m’a rien donné
Qu’une tendresse insoluble,
Fêlée d’une cornemuse
Au bord peureux des forêts.

(Maurice Fombeure)

 

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Aimer c’est agoniser (Georges Bataille)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2016



Andrei Buryak  (7)

Aimer c’est agoniser
aimer c’est aimer mourir
les singes puent en mourant

assez je me voudrais mort
je suis trop mou pour cela
assez je suis fatigué

assez je t’aime comme un fêlé
je ris de moi l’âne d’encre
brayant aux astres du ciel

nue tu éclatais de rire
géante sous le baldaquin
je rampe afin de n’être plus

je désire mourir de toi
je voudrais m’anéantir
dans tes caprices malades

(Georges Bataille)

Illustration: Andrei Buryak

 

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A l’extrême de l’automne (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2016


cascade

 

A l’extrême de l’automne
Nous parviendra encore
mêlé de mousses et de lilas
L’écho de la cascade
Ravivant le sang
ravivant le chant
Au creux de la roche fêlée

(François Cheng)

 

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C’était un temps de grisaille indéfinie (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2016



C’était un temps de grisaille indéfinie
– rien ne s’achevait vraiment.
Cela se perpétuait seulement, de façon assez creuse.

On aurait pu se contenter de cette durée pâle
mais qui avait l’avantage de se maintenir,
de se poursuivre à travers des journées
remplies de détails à régler.

Mais cela sonnait fêlé :
quelque chose poussait comme à l’intérieur de cette coque
et on ne voyait pas bien quoi.

On se demandait si cela aurait la force de faire éclater
tout ce qui s’était peu à peu incrusté, épaississant,
renforçant la coquille, au fur et à mesure.

En même temps que cette attente comme d’une renaissance,
il y avait la crainte de bouleverser,
la peur que quelque chose ne s’épuise dans le bouleversement
et qu’on se retrouve défait, sans rien.

On ne pouvait guère mesurer le danger, mais il pesait,
et parfois faisait presque regretter le malaise sans issue
mais plus supportable, semblait-il.

(Antoine Emaz)

Illustration: Salvador Dali

 

 

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Disparition (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2016



 

Où m’atteindre, qui ne sais où je suis?
Pourquoi je n’aime la voix que fêlée?
Des yeux que n’évente plus aucun vent.
Ce n’est pas moi, c’est l’autre.

(André Frénaud)

 

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Le vase brisé (Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2015




Le vase brisé

Le vase où meurt cette verveine
D’un coup d’éventail fut fêlé ;
Le coup dut l’effleurer à peine,
Aucun bruit ne l’a révélé.

Mais la légère meurtrissure,
Mordant le cristal chaque jour,
D’une marche invisible et sûre
En a fait lentement le tour.

Son eau fraîche a fui goutte à goutte,
Le suc des fleurs s’est épuisé ;
Personne encore ne s’en doute,
N’y touchez pas, il est brisé.

Souvent aussi la main qu’on aime
Effleurant le coeur, le meurtrit ;
Puis le coeur se fend de lui-même,
La fleur de son amour périt ;

Toujours intact aux yeux du monde,
Il sent croître et pleurer tout bas
Sa blessure fine et profonde :
Il est brisé, n’y touchez pas.

(Sully Prudhomme)

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