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Poésie

Posts Tagged ‘féminine’

La solitude est féminine (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2019



la solitude est féminine
(comme son nom l’indique)
elle est cette épouse éperdue
que jamais vraiment tu ne quittes

elle se tient au coin du feu
qui s’éteint dans la chambre basse
elle a les yeux clairs les mains bleues
des revenants de ton enfance

elle est là depuis ta naissance
elle est la fée au don précieux
qui pensive tient sa promesse
de veiller jusqu’au dernier soir

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: Fabienne Contat

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Regains (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



Regains

Regains… tout le reste de la plaine est fauché;
Ce vague de l’esprit qui rôdait sur les chaumes
S’en ira balayé par le vent; le fantôme
De l’éternelle inquiétude est desséché.

Regains… je vais pouvoir nager dans le vert tendre
Des prairies, le fouillis des odeurs végétales,
Et lécher la rosée à même les pétales…
Regains… ne pas s’abandonner, mais tout comprendre.

Laisse couler en toi l’ambiance dorée;
Puisque le désir vient d’embrasser ces collines,
Caresse-les des mains : elles sont féminines,
Frémissantes, comme des vagues nacrées.

Où vas-tu, battant l’air divin avec fureur ?
Je te croyais gonflé de calme et d’espérance,
Mûri pour la sagesse et pour la renaissance…
— Peut-être la renaissance de la douleur…

(Patrice de La Tour du Pin)


Illustration

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Féminine (Eric Mercier)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2018


beauté

Beauté satine, yeux d’opaline
au cœur câline, caresse coquine.

Beauté marine, sirène malouine
marée mesquine sur ton corps dessine.

Beauté champêtre, liane de l’être
de naturel disparaître, en ton âtre brûle ton hêtre.

Beauté sablée, oasienne endiablée
amour désaltéré, comme vent, légèreté.

Beauté cité, soie rouge et maquillée
bord de ta vie, extrémité, artificielle et tamisée.

Femmes aimées, femmes oubliées,
femmes d’amour et d’amitié,
Souvenirs de vous, infinité !!!

(Eric Mercier)

Textes de Prisonniers: lecercledespoetesdetenus

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Voici la forme féminine (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018




Voici la forme féminine,
Elle exhale de la tête aux pieds un rayonnement divin,
Elle attire d’une ardente, d’une indéniable attirance,
Son haleine m’aspire comme si je n’étais qu’une vapeur sans poids,
tout s’efface excepté moi et elle,
Livres, art, religion, temps, la terre visible et solide,
et ce qu’on attendait du ciel ou redoutait de l’enfer,
tout cela maintenant, s’est consumé,
Des filaments fous, d’irrésistibles jaillissements sortent d’elle
la réponse de même irrésistible,
Chevelure, poitrine, hanches, souplesse des jambes,
mains nonchalantes qui retombent en s’égarant,
les miennes s’égarant trop,
Reflux mordu par le flux et flux mordu par le reflux,
chair d’amour qui se gonfle et délicieusement a mal,
Jets d’amour sans limites, limpides et chauds, énormes,
tremblante gelée d’amour, blanche éclosion, suc en délire,
Nuit du nouveau marié travaillant sûrement et doucement
dans l’aube étale,
Ondulant dans le jour qui consent et cède,
Perdu dans la fente du jour dont l’étreint l’odorante chair.

(Walt Whitman)

Illustration: Théodore Chassériau

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LES SECRETS DE L’ÉCRITURE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017




    
LES SECRETS DE L’ÉCRITURE

Je n’écris pas pour quelques-uns retirés sous la lampe
Ni pour les habitués d’une cité lacustre
Pour l’écolier attentif à son coeur
Non plus pour cet enfant paresseux qui sommeille
Entre mes bras depuis cent ans
Mais pour cet homme qui dépassé par l’orage
N’entend pas la rumeur terrestre de son sang
Ni l’herbe le flatter doucement au visage
J’écris pour divulguer ce qui vient des saisons
La neige pure ainsi qu’une main féminine
Et le pollen éparpillé sur les gazons
Aussi l’agneau qui fait le calme des montagnes
J’écris pour dépasser la crue noire du temps
Tandis que les oiseaux et les fleurs me précèdent
À cette auberge au bord du ciel où les passants
Trouvent des couches étoilées et des vaisselles
Pleines de fruits et des soleils encourageants
Mais reste au fond de moi le plus clair de ma vie
Qui ne supporte pas le poids de la parole
Ces mots d’amour qui ne seront jamais écrits
Et la lumière de mon coeur toujours plus haute
Aveuglante comme une poignée de sel gris.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Lèvres (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



Oui, des lèvres aussi, des lèvres savoureuses,
Mais d’une chair plus tendre et plus fragile encor,
Des rêves de chair rose à l’ombre des poils d’or
Qui palpitent légers sous les mains amoureuses.

Des fleurs aussi, des fleurs molles,
des fleurs de nuit,
Pétales délicats alourdis de rosée
Qui fléchissent, pliés sur la fleur épuisée
Et pleurent le désir, goutte à goutte, sans bruit.

Ô lèvres, versez-moi les divines salives,
La volupté du sang, la chaleur des gencives
Et les frémissements enflammés du baiser !

Ô fleurs troublantes, fleurs mystiques,
fleurs divines,
Balancez vers mon cœur, sans jamais l’apaiser,
L’encens mystérieux des senteurs féminines !

(Pierre Louÿs)


Illustration

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SUR CETTE TERRE (Gyula Illyès)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2017



 

Koh Sang Woo 1978 - Korean photographer   (2) [1280x768]

SUR CETTE TERRE

Caressant ton jeune corps ma main du même corps caressant
le monde, la terre entière, toute la création,

Sur le ciel la lune grêlée, Sahara de la voie
lactée ne me semblait ni lointaine, ni indifférente
à l’appel de mes bras

m’abandonnant à certain désespoir, à l’échelle
des dieux, je n’en menais pas large

mes pressentiments allaient au delà de tout, dépassant
les froides frontières, me menaient jusqu’où peut aller l’esprit

J’ai pu aussi me construire ma maison, demeure
d’ambiance féminine, plus durable que cette clarté
d’étoiles, dans son lit à sa fenêtre.

(Gyula Illyès)

Illustration: Koh Sang Woo

 

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D’où vient ce cri (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2017



D’où vient ce cri de source dans la nuit,
et le bruit d’aube au bleu de l’olivier
comme un oiseau qui rêve d’épervier,
froissant de l’aile une feuille ennemie?

Et le parfum de la terre endormie,
cette tiédeur féminine du vent,
une rumeur de mer qui se déprend
du piège plat des grèves obscurcies?

Fuyant l’écho, j’avais scellé les murs,
tissé ce creux de tentures cruelles.
Voici le bruit de source et le bruit d’ailes:
chute étouffée de hautes chevelures

dont la caresse efface le visage
de l’inconnue, qui parlait à mi-voix,
et n’a laissé qu’un souffle entre mes doigts
pour témoigner, au jour, de son passage.

(Jean Joubert)


Illustration: Katerina Belkina

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Les Noyées (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



Les Noyées

VOICI l’heure de brume où flottent les noyées,
Comme des nénuphars aux pétales flétris.
Leurs robes ont l’ampleur des voiles déployées
Qui ne connaîtront plus la douceur des abris.

D’étranges fleurs de mer étrangement parées,
Elles ont de longs bras de pieuvres, et leur corps
Se meut selon le rythme indolent des marées ;
Les remous de la vague animent leurs yeux morts.

Semblable aux algues d’ambre et d’or, leur chevelure
Fluide se répand en délicats réseaux,
Et leur âme est pareille aux conques où murmure
L’harmonie indécise et mouvante des eaux.

Elles aiment les nuits d’agonie et d’orage
Dont l’haleine engloutit les vaisseaux, et celui
Qui va mourir les voit à l’heure du naufrage,
Quand le dernier rayon de lune s’est enfui.

Elles tendent leurs mains fébriles d’amoureuses,
Elles tendent leurs mains en un geste d’appel,
Et leur lit nuptial aux profondeurs heureuses
S’entr’ouvre, parfumé d’un clair parfum de sel.

Elles aiment les nuits où persistent encore
L’ivresse et la langueur du jour, les nuits d’été
Brûlantes de senteurs, d’astres et de phosphore,
Où le rêve s’enfuit vers l’âpre volupté,

Où Psappha de Lesbos, leur pâle souveraine,
Chante l’Aphrodita qui corrompt les baisers
Et qui mêle au désir la stupeur et la haine,
L’Aphrodita qui vint des flots inapaisés,

L’Aphrodita puissante, aux colères divines,
Dont elle apprit jadis les solennels accents,
L’insatiable amour des lèvres féminines,
Des seins nus et des corps vierges et frémissants…

(Renée Vivien)

Illustration: Hébert Ernest Antoine Auguste

 

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L’aisance (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2017



L’aisance
d’une démarche féminine
la gorge dans ses queues de renard
le vent fait danser le panier des forêts

(Daniel Boulanger)


Illustration: Henri Rousseau

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