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LE PAVILLON DE LA TRISTESSE (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



 poésie 7

LE PAVILLON DE LA TRISTESSE

Jour et nuit, les plus jolies femmes de l’Empire y dansent.
Les chants les plus joyeux y retentissent.

Lorsque l’ivresse a terrassé tout le monde,
je cesse de boire, je prends mon pinceau, de l’encre d’or,
et j’écris une poésie mélancolique
dont les caractères ressemblent aux corps vermeils
qui jonchent le marbre de la salle.

(La Flûte de Jade)

 

 

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BEATITUDE (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



BEATITUDE

Au printemps, le feuillage du lan retombe comme une chevelure.
En été, la lune glisse légèrement dans le ciel.
En automne, les fleurs du cannelier sont blanches.
En hiver, on récite des poésies autour de la lampe.

Je suis très satisfait de vivre.
Quelquefois, il me suffit de regarder une pierre ou d’écouter le vent.

Je ne suis pas amoureux, en ce moment.
Une fleur n’est pas plus parfumée
quand une jolie femme l’a cueillie.

(La Flûte de Jade)

 

 

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KI FONG (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



pétales n [1280x768]

KI FONG

La brise vient d’accourir.
Cet arbre a des frissons de jeune fille amoureuse.
Des poissons luisants sautent à la surface du lac.
Des pétales de lotus vont à la dérive,
avec des équipages de papillons.

Je me demande si ma femme se doute
que je ne suis pas à mes affaires.

(La Flûte de Jade)

Illustration

 

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Blues (Denis Hamel)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



 

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Blues

La chair et le rêve marchent sur un même chemin
ce sont de vieux amis

en-dessous de la chair il y a le squelette
en-dessous du rêve il y a

une rivière de sang

dehors l’horrible soleil éclate de rire

quelques gouttes de parfum tombent dans la poussière

les femmes nues dans les magazines
appartiennent à une cité idéale

oh, moisissure du moi

je voudrais me coucher et ne plus jamais écrire

je voudrais

ne plus jamais être amoureux

(Denis Hamel)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Danny Quirk

 

 

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PAYSAGE DES SENTIERS DE LISIÈRE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



 

PAYSAGE DES SENTIERS DE LISIÈRE

Il arrive que l’on entende,
figé sur place dans le sentier aux violettes,
le heurt du soulier d’une femme
contre l’écuelle de bois d’un chien
par un très fin crépuscule,
alors le silence prend une ampleur d’orgues.
Ainsi lorsque l’adolescent,
venu des collèges crasseux,
perçoit sous les peupliers froids
la promeneuse au frémissement de sa narine
émue par le parfum des menthes.
Toutes les lueurs des villages
se retrouvent dans le diamant des villes.
Dans un univers mystérieux
ayant laissé sur ses genoux
l’étoffe où s’attachaient ses yeux,
une fille en proie aux rages amoureuses
pique de son aiguille le bout de ses doigts frêles
près d’un bouquet qui s’évapore.

(Jean Follain)

Illustration: Alan Ayers

 

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Voyages (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



Voyages

Moi aussi
Comme les peintres
J’ai mes modèles

Un jour
Et c’est déjà hier
Sur la plate-forme de l’autobus
Je regardais les femmes
Qui descendaient la rue d’Amsterdam
Soudain à travers la vitre du bus
J’en découvris une
Que je n’avais pas vue monter
Assise et seule elle semblait sourire
A l’instant même elle me plut énormément
Mais au même instant
Je m’aperçus que c’était la mienne
J’étais content.

(Jacques Prévert)

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En même temps (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



Un homme et une femme
jamais ils ne se sont vus
Ils vivent très loin l’un de l’autre
et dans des villes différentes
Un jour
ils lisent la même page d’un même livre
en même temps
à la seconde seconde
de la première minute
de leur dernière heure
exactement.

(Jacques Prévert)

 

 

 

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Vous allez voir ce que vous allez voir (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



Vous allez voir ce que vous allez voir

Une fille nue nage dans la mer
Un homme barbu marche sur l’eau
Où est la merveille des merveilles
Le miracle annoncé plus haut?

(Jacques Prévert)


Illustration: Fabienne Contat

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La colline soudain n’était plus un don (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



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La colline soudain n’était plus un don
Un sentier s’épuisait dans les hautes herbes

Net et précis était le ciel
fermé sur son histoire

Une femme passait
Un rêve fou s’en allait avec elle

Les mots perdaient leur fontaine
Les vents leur destin

Il n’y avait personne pour ouvrir les bras.

(Georges Bonnet)

 Illustration: Helena Sofia Schjerfbeck

 

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Aimons toujours ! Aimons encore! (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



Aimons toujours ! Aimons encore !
Quand l’amour s’en va, l’espoir fuit.
L’amour, c’est le cri de l’aurore,
L’amour c’est l’hymne de la nuit.

Ce que le flot dit aux rivages,
Ce que le vent dit aux vieux monts,
Ce que l’astre dit aux nuages,
C’est le mot ineffable : Aimons !

L’amour fait songer, vivre et croire.
Il a pour réchauffer le coeur,
Un rayon de plus que la gloire,
Et ce rayon c’est le bonheur !

Aime ! qu’on les loue ou les blâme,
Toujours les grand coeurs aimeront :
Joins cette jeunesse de l’âme
A la jeunesse de ton front !

Aime, afin de charmer tes heures !
Afin qu’on voie en tes beaux yeux
Des voluptés intérieures
Le sourire mystérieux !

Aimons-nous toujours davantage !
Unissons-nous mieux chaque jour.
Les arbres croissent en feuillage ;
Que notre âme croisse en amour !

Soyons le miroir et l’image !
Soyons la fleur et le parfum !
Les amants, qui, seuls sous l’ombrage,
Se sentent deux et ne sont qu’un !

Les poètes cherchent les belles.
La femme, ange aux chastes faveurs,
Aime à rafraîchir sous ses ailes
Ces grand fronts brûlants et réveurs.

Venez à nous, beautés touchantes !
Viens à moi, toi, mon bien, ma loi !
Ange ! viens à moi quand tu chantes,
Et, quand tu pleures, viens à moi !

Nous seuls comprenons vos extases.
Car notre esprit n’est point moqueur ;
Car les poètes sont les vases
Où les femmes versent leur coeurs.

Moi qui ne cherche dans ce monde
Que la seule réalité,
Moi qui laisse fuir comme l’onde
Tout ce qui n’est que vanité,

Je préfère aux biens dont s’enivre
L’orgueil du soldat ou du roi,
L’ombre que tu fais sur mon livre
Quand ton front se penche sur moi.

Toute ambition allumée
Dans notre esprit, brasier subtil,
Tombe en cendre ou vole en fumée,
Et l’on se dit :  » Qu’en reste-t-il ?  »

Tout plaisir, fleur à peine éclose
Dans notre avril sombre et terni,
S’effeuille et meurt, lis, myrte ou rose,
Et l’on se dit :  » C’est donc fini !  »

L’amour seul reste. O noble femme
Si tu veux dans ce vil séjour,
Garder ta foi, garder ton âme,
Garder ton Dieu, garde l’amour !

Conserve en ton coeur, sans rien craindre,
Dusses-tu pleurer et souffrir,
La flamme qui ne peut s’éteindre
Et la fleur qui ne peut mourir !

(Victor Hugo)

Illustration: Sophie Vulliard

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

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