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Poésie

Posts Tagged ‘femme’

A un nuage (Maurice Betz)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2018



A un nuage qui bougeait au fond d’une mare
J’ai crié: Qui va là ?
Il était loin déjà.

***

Septentrion plein d’éclairs roses,
Pourpre répons de l’est,
Quel des deux, ce matin, est l’aurore ?

***

Grise et jaune plaine pommelée,
Toison pelée
Où les camions sont des mites.

***

On riait bien. (Tu te rappelles?) On causait. (V’lan l’entends-tu?)
Ah! Reboirons-nous jamais de ce petit vin
Dans la chambrée blanche et chaude, un soir de pluie ?

***

Nuit sereine, ciel sans nuages.
Je rengaine ma baïonnette
Et monte ma garde, lune au clair.

***

Un trou d’obus
Dans son eau
A gardé tout le ciel.

***

Montmartre, tes lumières, tes femmes
Aux jambes tièdes et douces…
Depuis hier la pluie crépite sur ma tente.

***

Fin de faction. L’aube éteint les dernières étoiles.
Assis, mon mousqueton sur les genoux,
Je sifflote à la gloire du soleil.

(Maurice Betz)

 

 

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FEMME FUSÉE (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



Illustration: Carole Cousseau
    
FEMME FUSÉE

Flamme t’exaltes-tu
Les plumes de ton envolée
N’émouvront nulle cendre,
Mais si s’embrase ta nacre
Entre le corail et la touffe
Je poserai au point focal
De là où le plaisir bouillonne
Un galet poli comme toi
Par des remous de baisers,
Pour le faste et pour l’abondance
Pour le lest que tu jetteras
Femme fusée ma fleur
Quand tu t’enverras dans les verts
Bien plus tiens que le bleu d’en haut.

(André Pieyre de Mandiargues)

 

Recueil: Ecriture ineffable
Traduction:
Editions: Gallimard

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DE LA FEMME DÉCEVANTE (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2018




    
DE LA FEMME DÉCEVANTE

Femme, faux or dont le plomb se révèle
Quand on le tient;
Astre glacé qui sans feu ni lumière
Vous éblouit;
Beau fruit tentant qui, sitôt qu’on le pèle,
Tout ver devient;
Spectre de gaz qui, sitôt qu’on le serre,
S’évanouit.

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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DE L’ANTÉRIORITÉ DES PLEURS AUX YEUX (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2018




    
DE L’ANTÉRIORITÉ DES PLEURS AUX YEUX

Dieu de la femme a fait les charmes,
Et puis nos coeurs pour s’y blesser;
Dieu tout d’abord a fait les larmes,
Et puis nos yeux, pour les verser.

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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SOEURS ENNEMIES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2018



 

soeurs ennemies

SOEURS ENNEMIES

La femme à la langue vitrifiée
lasse d’égrener l’exil

La femme à la langue scellée
lasse d’annoncer les ghettos
Surprennent dans l’oeil de leurs fils
l’aiguillon de la haine
et les fièvres du talion

Pourtant
dans la sagesse de leur sang millénaire
dans l’assurance d’un sang pour vivre
dans les promesses d’un sang d’avenir
S’ébranle le fleuve des alliances
Se modèle la barque qui portera
tous leurs enfants.

Dans le silence d’elles-mêmes
A l’écoute d’un même sang
où s’abreuvent mêmes racines

Elles vont elles iront
dans le futur qu’elles portent
Ces femmes des deux frontières
au présent martelé.

(Andrée Chedid)

 

 

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LE LIMAÇON MAÇON (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2018



 

William Charles John Pitcher  Liseron

LE LIMAÇON MAÇON

Le limaçon maçon
A un fils poltron
Une femme laideron
Un beau-père sans façon
Mais une fille mais une fille
Belle comme un liseron.

Si tu la veux si tu la veux
Dit le maçon au pinson
Faudra avec prendre la maison
Poltron belle-mère et limaçon

(Andrée Chedid)

Illustration: William Charles John Pitcher

 

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Pourtant chaque jour plus seul (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2018



Illustration: Daniel Siguier
    
Pourtant chaque jour plus seul

Homme ouvre le seuil de ta demeure
femme ouvre ta chambre ouvre tes jambes
enfant ouvre la salle de tes jeux
parlez-moi embrassez-moi dites un peu
montrez-moi les photos les cicatrices les secrets
la solitude me maçonne
chaque jour elle jette sur moi d’un geste sec
sa truellée de ciment noir
elle me crépit elle vise mes yeux
elle monte son mur autour de moi
elle épaissit ma peau toujours sa trahison
quand l’envie de brûler me parle
quand l’envie de parler me brûle
quand l’océan des autres me lèche
quand cet homme qui passe je voudrais l’arrêter
et cette femme lui sourire poser ma main sur son épaule

pourtant chaque jour plus seul isolé contre moi
moi qui ai le goût des bonjours
des braises du coeur dans les yeux
des mots
des mains
du verre de vin sous les platanes.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Le temps (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018



Illustration
    
Le temps

Les grappes jaunes des cytises
Le rouge-gorge aux gros oeufs bleus
La femme blonde aux robes roses
Et le soleil qui nous attise

La fine épine du clocher
La paume tendre du ciel berceur
Rauque le cri d’un remorqueur
Les amoureux rêvant couchés

Sur la pelouse des lueurs
Sur leurs épaules la fraîcheur
Questions Silence La peur.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Joyeuse (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018




    
Joyeuse

Souviens-toi de septembre La saveur des sourires
alourdissait nos jours comme aucun fruit les branches
cet automne où soudain le verbe désunir
disparut sous la joie comme sous l’avalanche

Moi je fermais les yeux ce jour dont je te parle
de nuit je descendais les escaliers secrets
de ton corps et j’entendais dans la haute salle
de ton coeur des femmes surprises qui riaient.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Mes fées mortes au réveil (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018




Illustration
    
« Mes fées mortes au réveil »
— Tu as des yeux et ne vois pas

Tes fées mortes au réveil
N’eurent jamais grâce pareille

« Ô cette femme dans le soleil »

— Elle vient un pain chaud sous le bras.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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