Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘femme’

Animaux, plantes, arbres (Carolyn Carlson)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2017



Illustration: Josephine Wall
    
Animaux, plantes, arbres, pierres, oiseaux
lacs, étoiles, eaux, insectes, montagnes
hommes, femmes, enfants
joie et sel des larmes
pour tous
le même égard

(Carolyn Carlson)

 

Recueil: brins d’herbe
Traduction: Jean-Pierre Siméon
Editions: Actes Sud

Publicités

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Toute femme qui pleure (Jacqueline Kelen)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



Illustration: Frederic Leighton
    
Toute femme qui pleure invite l’homme
à entendre le grand chant enfoui,
le grand chant perdu de l’amour.

Les femmes qui pleurent comme psalmodient les sirènes
entraînent l’homme vers le profond, vers l’invisible :

doit-on plaindre ces noyés qui ont rejoint l’origine ?
ou faut-il continuer à avancer à petits coups de rames,
de larmes, sur la mer périlleuse de la vie ?

(Jacqueline Kelen)

 

Recueil: Les Larmes
Traduction:
Editions: Alternatives

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Pleureuse (Jacqueline Kelen)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



Illustration: Calirezo
    
Ce rôle de pleureuse, d’embaumeuse, dévolu à la femme
renoue avec celui de sage-femme au début de la vie.
Un ensevelissement accompli dans les larmes
est la juste réponse à la naissance ruisselante de l’enfant.

 

(Jacqueline Kelen)

 

Recueil: Les Larmes
Traduction:
Editions: Alternatives

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Chaque femme se détournant (René Char)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



Chaque femme se détournant,
Notre chance c’est d’obtenir
Que la foudre en tombant devienne
L’incendie de notre plaisir.

(René Char)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE DRAGON DOUX (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017




    
LE DRAGON DOUX

Un serpent de mer arrive à bon port
il rencontre des journalistes
il leur explique quel est son sort
et pourquoi il se sent si triste
et d’où vient le fait qu’il existe

Au bout de peu de temps on se familiarise
on l’appelle par son petit nom
les femmes veulent lui faire des bises
un chasseur prépare du petit plomb

Quand il parle maintenant on ricane
plus question de lui à la télévision
on lui reproche d’obstruer la porte océane
ce qui amène de nombreuses protestations

Alors il retourne vers sa solitude marine
avant qu’on ne lui fasse un mauvais sort
s’il avait soufflé un peu de feu par les narines
peut-être aurait-il trouvé un plus accueillant port

(Raymond Queneau)

 

Posted in humour, méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE SQUELETTE ET LA ROSE (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



 

Michael Page   1979 - American Pop Surrealism painter -   (28) [1280x768]

LE SQUELETTE ET LA ROSE

Entre ses dents, j’avais posé des roses
Et sur son crâne un chandelier d’argent.
Je me croyais romantique, mais non !
J’étais un homme et je pleurais un corps.

J’interrogeais ce qu’il reste d’un être
Lorsque l’oiseau, de son nid désertant,
Cherche refuge — Ô les fleurs de la mort
Ne pousseront jamais qu’en pleine terre.

S’agenouillant, le roi pose ses lèvres
Sur une pierre. Il entend battre, battre
Ce qu’il croit vivre au-delà des parois
Mais c’est l’écho des vieilles solitudes
Qui lui rappelle une femme, une femme.

Le savait-il qu’un crapaud dans la pierre
Se nourrissait de ce temps préservé ?
Dans un cercueil d’étain noir il voyage
Mon beau squelette amoureux d’une rose.

(Robert Sabatier)

Illustration: Michael Page 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le jour était gris tendre (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



Illustration: Claude Monet
    
Le jour était gris tendre, gris comme l’angoisse.
Et le soir était pâle comme une main de femme.

Dans les chambres, le soir, les coeurs se cachaient,
Lassés d’une tendre angoisse infinie.

On se pressait les mains, on fuyait les rencontres,
Les rires s’étouffaient dans les épaules blanches.

La robe échancrée bas, la robe comme un serpent,
L’écaille de la robe plus blanche au crépuscule.

Penchées sur les nappes de la salle à manger,
Les coiffures frôlaient les visages enflammés.

Le coeur bat plus vite, le regard est intense.
Dans les pensées — un jardin, doux, profond, étouffant.

Comme sur un signe, ils s’ébranlent, descendent.
Les robes blanches bruissent en effleurant les marches.

Sans un mot, ils s’abîment à jamais dans le jardin.
La honte doucement éclabousse le ciel.

Peut-être, une étoile rouge a-t-elle roulé bas.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE PRISONNIER CÉLESTE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



 

Illustration: Noèla Morisot
    
LE PRISONNIER CÉLESTE

Enlevez-moi les coqs les femmes et les fleurs
Mon Dieu mais laissez-moi une heure
Parmi ces enfants égorgés
J’arrive d’un pays perdu
Loin de la terre
D’un pays noir sous les gouttières
Du ciel
Un ciel de sang
Et j’ai vécu me demandant
Quel échafaud m’emporterait dans sa lumière
Hélas j’ai dû souffrir longtemps devant ma table
Seul
Parce que je ne suis pas assez coupable
Parce que j’ai gâché tous mes dons d’assassin
Il y a encore trop de soleil sur mes mains
Je pense à des ciguës très douces à des râles
Au cours de promenades matinales
Avec agents
Bons anges qui me conduiraient au jugement
Seigneur je vous demande une place sur terre
Mettez-moi n’importe où mais que je puisse faire
Signe à ceux qui attendent de moi
Autre chose que des larmes et qu’une fois
Au moins je puisse dire
« L’oiseau ne monte pas aussi haut que mon rire
Je suis bien avant dans la joie »

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans ta chambre il ne reste plus (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



Dans ta chambre il ne reste plus
Que les rouages désaxés du sommeil
Les lettres à Dieu que j’avais commencées
Quand l’amour est venu décolorer ton visage.
Je me surprends à songer aux aurores blanchisseuses
Qui décrassent tout mon travail de la nuit
Et le mettent à sécher sur le seuil de la porte
Ces femmes ont des grands yeux dans les yeux
Des oiseaux migrateurs en partance
L’absolution des fautes graves.
Oh! regarder la lampe s’enfoncer dans la table
Écouter le silence broyer ses doigts.

(René Guy Cadou)

Illustration: Francine Van Hove

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Entre le soleil et la terre (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Entre le soleil et la terre
Il y a des petites places de marché
Toutes pleines de coquillages frais
Et de femmes
Il y a aussi de longues routes blanches
Et le chèvrefeuille s’enroule à la bricole du vieux
rémouleur
Il y a des maisons riches avec des tuiles
Et vers quatre heures on y joue du piano

(René Guy Cadou)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :