Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘fendu’

LOUANGE AUX FORGERONS (Miguel Angel Asturias)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



LOUANGE AUX FORGERONS

Le fer pleure,
Forgeron !

Forges,
charbons,
soufflets,
lingots,
ombres géantes,
impétueuses
musculatures.

Les deux marteaux
comme deux chiens
mordent le fer
chauffé à blanc.
Fendu le fer,
l’étampe demeure brûlante
comme un couteau coupant des langues.

Et tout se tait.
Seul le fer rouge
parle dans l’eau,
langue éclatée
qui ne s’éteint.

Le fer pleure,
Forgeron !

(Miguel Angel Asturias)

Illustration:  Louis Toffoli

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ce qui souffle dans la nuit (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Illustration Frederic Leighton
    
Ce qui souffle dans la nuit,
ce qui murmure

c’est la bouche bleue des sirènes
sur leur lit d’ardeur et d’ossements.

Un vaisseau passe contre la lune,
voiles gonflées comme les seins des enjôleuses.

Touffes noires,
hanches rusées :
nourriture du rêve.

Et, pour la soif,
ces fruits fendus
où perle une rosée de sève.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Actes Sud

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PRUNES (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



Illustration
    
PRUNES

Voilé le ciel,
rôdeurs les souffles,
émues les branches.

Soudain la colère des nuées.
La pluie se jette sur les arbres.
Les frondaisons gesticulent.

Et soudain l’averse en fuite,
le verger jonché de prunes
bleues, bouffies, talées, fendues.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le matin se lève (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Illustration: Eric Malézieux
    
Le matin se lève
dans une solitude
sans nom

L’amant
porte sa maîtresse
comme une barque fendue
sur le rivage

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ton sommeil avec douceur (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2018



Illustration: Andrzej Malinowski
    
ton sommeil avec douceur héberge
le secret de l’inaccompli
dans la jeunesse de ton souffle
les chemins effacés vont plus loin
l’âpreté des vies fendues
accède au profond silence et boit
à même ses paumes tremblantes
un rêve passe et te frôle
nous approchons des falaises de l’aube

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Joies escarpées
Traduction:
Editions: Obsidiane

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Deux gouttes dans un peu d’eau (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Deux gouttes dans un peu d’eau
au-dessus d’un réchaud
expriment un parfum de nature

Achetez mes huiles essentielles
vibrant dans le ciel
des idées pures

Le citron a la grâce d’un voleur
Le musc est un pacha
Le jasmin adoucit les moeurs
et il y a aussi l’herbe à chats

Le cactus surprend les belles
L’oranger apporte la paix
L’ambre est sensuel
et tranche comme l’épée

Ce sont les parfums de jadis
pommes vertes du paradis
qui ouvrent vos grands yeux fendus
aux anciens savoirs perdus

Deux gouttes dans un peu d’eau
feront frémir vos peaux
sous l’étreinte de la Nature

Achetez mes huiles essentielles
vibrant dans le ciel
des idées pures

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Chute de météore (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2017




    
Chute de météore
Au-dedans de soi,
À corps perdu,
à corps fendu.

Craquement, fracture,
Creusant le vide,
Jusqu’à la venue
du haut silence…

Lointainement alors,
Par-delà l’oubli,
Se fait entendre,
du sol ouvert,

Le gémissement
d’une tendre herbe.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ça Va Venir, Découragez-vous Pas (La Bolduc)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2017



 

Illustration: Karak   
    
Ça Va Venir, Découragez-vous Pas

Mes amis, je vous assure
Que le temps est bien dur
Il faut pas s’ décourager
Ça va bien vite commencer
De l’ouvrage, y va en avoir
Pour tout le monde, cet hiver
Il faut bien donner le temps
Au nouveau gouvernement
{Refrain:}
Ça va v’nir puis ça va v’nir mais décourageons-nous pas
Moi, j’ai toujours le coeur gai pis je continue à turluter
(Turlute)
On se plaint à Montréal
Après tout, on n’est pas mal
Dans la province de Québec
On mange notre pain bien sec
Y a pas d’ouvrage au Canada
Y en a ben moins dans les États
Essayez pas d’aller plus loin
Vous êtes certains de crever d’ faim
{au Refrain}
Ça coûte cher de c’ temps-ici
Pour se nourrir à crédit
Pour pas qu’ ça monte à la grocerie
Je me tape fort sur les biscuits
Mais j’ peux pas faire de l’extra
Mon p’tit mari travaille pas
À force de me priver d’ manger
J’ai l’estomac ratatiné
{au Refrain}

Me voilà mal amanchée
J’ai des trous dans mes souliers
Mes talons sont tout d’ travers
Et pis le bout qui r’trousse en l’air
Le dessus est tout fendu
La doublure toute décousue
Les orteils passent à travers
C’est toujours mieux que d’ pas en avoir
{au Refrain}
Le propriétaire qui m’a loué
Il est bien mal amanché
Ma boîte à charbon est brûlée
Et puis j’ai cinq vitres de cassées
Ma lumière disconnectée
Pis mon eau est pas payée
L’ont pas besoin de v’nir m’achaler
M’a les saprer en bas d’ l’escalier
{au Refrain}

(La Bolduc)

 

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La tortue (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2017



Toute à sa lenteur
comme l’aiguille à
l’heure elle détruit
l’immobilité de la
nuit pierreuse
devenue chemin Le
but est grenade
fendue par l’attente
aux écailles larges
La soif a les yeux
mornes des brasiers
qu’elle décourage

(Edmond Jabès)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le figuier (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2017



Le figuier

Ce poème commence en été,
les branches du figuier qui effleurent la terre
m’avaient invité à m’allonger dans son ombre.
En elle je me réfugiais comme au creux d’un fleuve.

Ma mère se fâchait :
l’ombre du figuier est funeste, disait-elle.
Je n’en croyais rien,
je savais bien comme leurs fruits luisaient
mûrs et fendus offerts aux dents matinales.

Là j’ai attendu toutes ces choses peuplant les rêves.
Une flûte lointaine jouait dans une églogue tout juste lue.

La poésie caressait mon corps en éveil jusqu’à l’os,
elle me cherchait avec une telle évidence
que je souffrais de ne pouvoir lui donner de forme :
bras, jambes, yeux ou lèvres.

Mais sous ce ciel vert du mois d’août
elle me caressait seulement, et s’en allait.

(Eugénio de Andrade)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :