Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘fenêtre’

Abeilles (René Char)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2019


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La fenêtre et le parc
Le platane et le toit
Lançaient charges d’abeilles,
Du pollen au rayon,
De l’essaim à la fleur.

(René Char)

Illustration

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Sur le volet d’une fenêtre (René Char)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2019



Sur le volet d’une fenêtre

Visage, chaleur blanche,
Sœur passante, sœur disant,
Suave persévérance,
Visage, chaleur blanche.

(René Char)

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NE REFUSE JAMAIS (Francis André)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2019



 

NE REFUSE JAMAIS

Ne refuse jamais
Les pas, les humbles pas
Que, parfois, font vers toi
Les bêtes qui t’entourent :
Ton cheval, ton chien ou ton chat,
Ou cet oiseau perdu, transi,
Qui vient frapper à ta fenêtre.

Ne refuse jamais
L’humble parfum que tend vers toi
Un brin de fleur sur ton chemin.
Ne refuse jamais
De donner ta main à cet homme
Que tu croises sur ton chemin,

Sur le chemin des terres éternelles.
Songe à cet homme qui vient de loin,
De par-delà mers et montagnes
Quel est cet homme ? on ne sait pas,
Mais il est ton frère ici-bas.

Donne-lui ta main en passant,
Donne-lui ta main et tes yeux,
Et puis va-t’en, et lui s’en va,
Et vous vous perdez l’un et l’autre…
Mais il y a eu quelque chose:

— Un moment humain qui demeure.

(Francis André)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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LE LAIT (Anne-Marie Kegels)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2019



LE LAIT

Le lait des villes d’aube
a de tintants bonheurs.

Ó la cruche des seuils
près des chattes qui rôdent,
la jatte rebondie
aux coudes des fenêtres,

l’odorant plaisir d’être
l’envoyé des prairies
et de toucher les lèvres
d’enfants qui se réveillent.

Remous, vagues laitières
aux coins des carrefours.

Des ruisseaux de lumière
ensemencent le jour.

(Anne-Marie Kegels)

Illustration: Berthe Morisot

 

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De ta fenêtre ardente (René Char)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2019



De ta fenêtre ardente, reconnais dans les traits
de ce bûcher subtil le poète, tombereau de roseaux
qui brûlent et que l’inespéré escorte.

(René Char)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Les maçons de la nuit (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



 

Misha Gordin shout2

Les maçons de la nuit ont muré portes et fenêtres

Yeux sans lumières nuit sans trou quel amour ouvrira la bouche
pour laisser voler quelques étoiles

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Misha Gordin

 

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Clair de lune (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



 

Clair de lune

La lune était sereine et jouait sur les flots.
La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
La sultane regarde, et la mer qui se brise,
Là-bas, d’un flot d’argent brode les noirs îlots.

De ses doigts en vibrant s’échappe la guitare.
Elle écoute… Un bruit sourd frappe les sourds échos.
Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos,
Battant l’archipel grec de sa rame tartare ?

Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
Et coupent l’eau, qui roule en perles sur leur aile ?
Est-ce un djinn qui là-haut siffle d’une voix grêle,
Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?

Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? –
Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
Du lourd vaisseau, rampant sur l’onde avec des rames.

Ce sont des sacs pesants, d’où partent des sanglots.
On verrait, en sondant la mer qui les promène,
Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine… –
La lune était sereine et jouait sur les flots.

(Victor Hugo)

 

 

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PANORAMA PAISIBLE (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2019



Illustration
    
PANORAMA PAISIBLE

De l’autre côté de la fenêtre
un jardin avec des orangers.

Entêtant
le parfum des fleurs

Pas d’hommes
pas de voitures
un ciel sans nuages

Seul un merle
chante du silence
la perfection.

*

Vredig panorama

Aan gene zijde van het venster
een tuin met sinaasappelbomen

Bedwelmend
het parfum der
bloesems

Geen mensen
geen auto’s
wolkeloos de hemel

Alleen een merel
die van de stilte
de volkomenheid bezingt.

*

宁静的全景图

窗户的另一边
有橘子树的花园
花朵的芳香
醉人
没人
没汽车
天空也无云
只有一只黑鸟
在颂扬寂静的
完美。

*

PEACEFUL PANORAMA

On the other side of the window
a garden with orange trees

Intoxicating
the perfume of the blossoms

No people
no cars
a cloudless heaven

Only a blackbird
praising the perfection
of silence.

*

PANORAMA SPOKOJU

Po drugiej stronie okna
ogród z drzewami pomarańczy
upajający
wonią kwiecia

Żadnych ludzi
żadnych samochodów
bezchmurne niebo

Tylko kos
pochwalnie sławi
doskonałość ciszy

*

FRIEDLICHES PANORAMA

Vor dem Fenster
blühen die Orangenbäume
und verbreiten ihren betäubenden Duft

Keine Menschen
keine Autos
wolkenlos der Himmel

Nur eine Amsel
die die Vollkommenheit
der Stille besingt.

*

PANORAMA APACIBLE

Al otro lado de la ventana
un jardín de naranjos

Embriagador
el perfume de las flores

Sin personas
sin coches
El cielo despejado

Tan solo un mirlo
ensalzando la perfección
del silencio.

*

PANORAMĂ PAȘNICĂ

La geam
portocali înfloriți,
parfum îmbătător

Nici oameni
nici mașini
doar cerul senin

Și mierla proslăvind
perfecțiunea liniștii
c-un tril.

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: ITHACA 582
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Original Néerlandais / Chinois Chine Zhou Dao / Anglais Germain Droogenbroodt / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka / Allemand Wolfgang Klinck / Espagnol Rafael Carcelén / Roumain Gabriela Sonnenberg
Editions: POINTS
    

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AU CONDITIONNEL (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2019



Illustratio: René Magritte
    
AU CONDITIONNEL

Si je savais écrire je saurais dessiner
Si j’avais un verre d’eau je le ferais geler et
je le conserverais sous verre
Si on me donnait une motte de beurre je
la ferais couler en bronze
Si j’avais trois mains je ne saurais où
donner de la tête
Si les plumes s’envolaient si la neige fondait
si les regards se perdaient, je
leur mettrais du plomb dans l’aile
Si je marchais toujours tout droit devant
moi, au lieu de faire le tour du
globe j’irais jusqu’à Sirius et
au-delà
Si je mangeais trop de pommes de terre je
les ferais germer sur mon cadavre
Si je sortais par la porte je rentrerais
par la fenêtre
Si j’avalais un sabre je demanderais
un grand bol de Rouge
Si j’avais une poignée de clous je les
enfoncerais dans ma main
gauche avec ma main
droite et vice versa.

Si je partais sans me retourner, je
me perdrais bientôt de vue.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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A UNE JEUNE FILLE (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2019



Illustration: Etienne Adolphe Piot
    
A UNE JEUNE FILLE

Tu es une goutte d’or tombée de la lumière de l’aurore
à l’extrême rivage de l’océan de ma vie.

Tu es la première fleur shiuli en mon automne,
fleur recouverte par la rosée.

Tu es l’arc-en-ciel, dans le ciel si loin,
se penchant pour baiser la terre.

Tu es la divination du premier croissant de lune
touchée par les blanches transparences d’un nuage.

Tu es le secret du ciel révélé à la terre
par quelque divine inadvertance.

Tu es la vision du poète,
vision d’un souvenir qui relève de sa naissance oubliée.

Tu es son petit chant perdu,
retrouvé par hasard.

Tu es le murmure de mots
qui vont au-delà de la parole.

Tu es l’esclavage
qui conduit à une liberté illimitée.

Tu ouvres la fenêtre, et tu m’appelles
à la fleur de lotus de la blanche et pure lumière.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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