Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘fenêtre’

Anges de l’être (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2020



J’ai relevé les yeux

Derrière la fenêtre
au fond du jour
des images quand même passent.

Navettes ou anges de l’être,
elles réparent l’espace.

(Philippe Jaccottet)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

On ne sait pas si c’est toi (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2020


poésie

 

Dans les livres je trouve ta trace:
une sorte de miroitement
aux limites du sens. Sous les mots
on dirait un sursaut mais à peine
sensible, quelque chose qui passe
sans qu’on le sache. On tourne une page
et c’est comme un vent frais qui se lève.
On le voit sur la fenêtre: il bouge,
il brille. On ne sait pas si c’est toi.

(Jacques Ancet)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La pie (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2020



 

La pie

Elle ne sait pas, la pie,
en quelle année elle vit,
sous quelle république ou royauté,
elle ne sait pas, la pie de mon jardin,
que la mer existe pas très loin
même si sa présence invisible l’inquiète
comme le ciel dans ma fenêtre.

Elle ne connaît, la pie,
que le jour et la nuit,
le vent, les nuages,
la niche du chien,
le chêne et le hêtre du creux du chemin,
le chapeau renversé de son nid.

Elle ne sait pas
quelles monnaies ont cours,
comment on achète, comment on vote,
à quoi sert une borne.
La pie n’a nulle envie
de devenir un homme.
Et moi je prie
pour que le soleil et la pluie
me transforment en pie.

(Gérard Le Gouic)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



LA

Fenêtre pleine
de couleurs de parfums
d’espace en fleurs.

S’ouvre aussi l’espace
dans ton coeur
tissé d’odeurs et d’oiseaux.

La lumière se retire
dans l’ouvert
par les feuillages.

Tu ne vois que le jardin.

(Jean Mambrino)

Illustration: Claude Monet

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un petit coup au carreau (Marcel Proust)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2020


 

Un petit coup au carreau, comme si quelque chose avait heurté,
suivi d’une ample chute, légère comme des grains de sable
qu’on eut laissés tomber d’une fenêtre au-dessus,
puis la chute s’étendant, se réglant, adoptant un rythme,
devenant fluide, sonore, musicale, innombrable, universelle :
c’était la pluie.

(Marcel Proust)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tout paysage (Sylvain Tesson)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2020



Illustration: René Magritte
    
Tout paysage se jette par la fenêtre.

(Sylvain Tesson)

 

Recueil: Une très légère oscillation
Traduction:
Editions: Equateurs

Posted in poésie | Tagué: , , , | Leave a Comment »

LA ROUE (Robert Guiette)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2020



LA ROUE

I
Chante, étranger sur le trottoir
Ta voix n’écarte aucun volet

Au soleil blanc reste en arrêt
Chante plus fort chante plus noir

Dos au mur aveuglant
Face au fronton des façades

La note frappera la seule vitre en flammes
Aux mille éclairs vois le sourire du temps

Comme
un grand visage
qui se nomme

II
O doux éclatement
Le livre s’est ouvert
et j’ai vu du coeur qui ne ment
déborder les souvenirs de mon enfance

Comment
dis-moi comment
ce passé s’est ouvert
que tu gardais si pieusement
pour habiter ce coeur d’abondance

La bouche de blessure
avait-elle mis son secret
dans la grenade mûre
Si longtemps
si longtemps après

C’est bien ma solitude
comme une ancienne fleur
qui plus tard a germé dans ce feu
Où donc
jadis perdue

III
La parole est morte
Et le monde est venu
Et les rues sont pleines de monde

Personne ne passe la porte
Tout se nomme refus
Et les ruines s’enivrent de monde

Au fond de la chaussée
une grande fleur d’encre
qui rature la joie

L’attente folle
couleur de fuite
un souvenir géant
qui efface tout

IV
Coeur dévasté pour rire
beauté usée par les sales regards

Le triste et le gai
comme des éventails
et la blessure comme un loup

L’histoire finit
lorsqu’il n’est plus temps

V
La rue suit sa pente
Les hommes leur chemin
ou suivent les passantes
Moi seul je me souviens
Le soleil las poursuit sa route
Les fenêtres s’entrouvrent
au silence à la fraîcheur

Une grande roue tourne
et tourne grande roue
où les hommes s’usent

La terre mâche la terre

(Robert Guiette)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

QUAND L’HIVER (David Hofstein)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



 

Illustration: Alexeї Kondratievitch Savrassov
    
QUAND L’HIVER

Quand l’hiver couvre au soir les terres de Russie
Quel vent de solitude immense sur la vie !

Un vieux cheval au loin tire un traîneau grinçant
Sous la neige un chemin dont je suis le passant.

Dans le dernier recoin de ciel illuminé
Un bouquet de lueurs tristement s’est fané.

Voici qu’un blanc désert s’étend à l’horizon
Au loin je vois semés quelques toits de maisons;

Là-bas un hameau dort, enfoui sous la neige,
La maison juive où les sentiers vont en cortège.

Simple maison, pourtant les fenêtres sont larges,
Moi l’aîné des enfants je revois mon village ;

Voilà mon cercle étroit, petit monde tranquille
Une fois par quinzaine on se rend à la ville

Et l’on rêve en silence à de plus vastes plaines,
Pistes, routes là-bas, enneigées et lointaines.

Les pleurs cachés au fond des coeurs comme des gemmes
Ou des grains attendant vainement qu’on les sème.

Quand l’hiver couvre au soir les terres de Russie
Quel vent de solitude immense sur la vie !

(David Hofstein)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Solitaire saison de désirs (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



après cette nuit où le corps
caressa et déchira longtemps
une absence d’amour
la première clarté du jour
est un appel qui jette la
fille folle aux fenêtres
si sa gorge nue touche le froid
c’est pour y faire entrer et demeurer
une solitaire saison de désirs

(Jean-François Mathé)


Illustration: Francine Van Hove

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LETTRE DE NOEL (Marie-Thérèse Brousse)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019



LETTRE DE NOEL

J’habite au jardin de bois vert
l’allée détrempée.
Je vais, je fais avec le temps de longs devoirs dérisoires.
J’apprends ma leçon de Noël.

Chaque soir, la nuit se couche
à mes pieds, comme un chien noir
me gardant des rêves.
Le matin suspend aux fenêtres
leur collier de vitres bleues;
Sur la rue Décembre est là
avec son soleil de verre
Et la grande roue des toits.

Je ne sais plus jouer avec le temps.
Parfois, trompant la nuit, émerge
Un pays planté d’arbres blancs.
Alors je cache dans l’herbe houleuse mon faux visage de fatigue
qui attend.

(Marie-Thérèse Brousse)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :