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DERNIÈRES VOLONTÉS (Hans Magnus Enzensberger)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



Illustration: Otto Dix
    
DERNIÈRES VOLONTÉS

Ôtez donc de mon visage ce drapeau : ça me chatouille !
Ensevelissez dedans mon chat ensevelissez-le là-bas
où se trouvait mon jardin chromatique.

Ôtez donc de ma poitrine cette couronne de fer-blanc :
ça bat la breloque !
Foutez-la sur le stock de statues en vrac
et donnez les rubans aux putains qu’elles s’en parent.

Dites des prières au téléphone mais coupez le fil,
ou bien enveloppez-les dans un mouchoir avec des miettes de pain
et jetez-les dans l’étang à ces crétins de poissons.

Que l’évêque reste chez lui et se soûle
Qu’on lui donne un barillet de rhum,
prêcher donne soif.

Et fichez-moi la paix avec vos monuments et vos huit reflets !
de ce beau marbre pavez une ruelle inhabitée
une ruelle pour oiseaux.

(Hans Magnus Enzensberger)

 

Recueil: Mausolée
Traduction: Maurice Regnaut et Roger Pillaudin
Editions: Gallimard

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Entre les fleurs un arrosoir (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2017



arrosoir

Entre les fleurs un arrosoir
debout sur les graviers

Son fer blanc terni
cabossé sur le flanc droit

L’odeur des lilas

Rien d’autre

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

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C’est toujours la cuillère de fer blanc (János Pilinszky)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2016



C’est toujours la cuillère de fer blanc au rebut,
le bric-à-brac de la misère que j’ai cherchés,
espérant qu’un beau jour
inondés de pleurs, doucement m’accueilleront
la vieille cour, le silence de lierre
de notre demeure, son chuchotement.

Toujours,
j’ai toujours eu la nostalgie du retour.

(János Pilinszky)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/


Illustration

 

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Sardines à l’huile (Georges Fourest)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2015



Dans leur cercueil de fer-blanc
plein d’huile au puant relent
marinent décapités
ces petits corps argentés
pareils aux guillotinés
là-bas au champ des navets!
Elles ont vu les mers, les
côtes grises de Thulé,
sous les brumes argentées
la Mer du Nord enchantée…
Maintenant dans le fer-blanc
et l’huile au puant relent
de toxiques restaurants
les servent à leurs clients!
Mais loin derrière la nue
leur pauvre âmette ingénue
dit sa muette chanson
au Paradis-des-poissons,
une mer fraîche et lunaire
pâle comme un poitrinaire,
la Mer de Sérénité
aux longs reflets argentés
où durant l’éternité,
sans plus craindre jamais les
cormorans et les filets,
après leur mort nageront
tous les bons petits poissons!…

Sans voix, sans mains, sans genoux*
sardines, priez pour nous!…

* Tout ce qu’il faut pour prier (note de l’auteur)

(Georges Fourest)

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