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Poésie

Posts Tagged ‘fermée’

Limites (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2016



 

Limites

Il est une ligne de Verlaine dont je ne vais plus me souvenir,
Il est une rue proche interdite à mes pas,
Il est un miroir qui m’a vu pour la dernière fois,
Il est une porte que j’ai fermée jusqu’à la fin du monde.
Parmi les livres de ma bibliothèque (je les vois)
Il en est un que je n’ouvrirai plus.
Cet été, je vais avoir cinquante ans;
La mort me ronge et me ruine, incessante.

(Jorge Luis Borges)

 

 

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Ensorcelée (Karin Boye)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2016



Ensorcelée

Quand tu es loin, mon âme est affamée, sauvagement.
Quand tu es là, je languis tout autant-
désemparée, je vois,
figée, fermée,
comme fuit la minute,
vide et stérile.

En secret j’ai voulu boire le subtil parfum de fleurs
royal et fier, de ton être, un vin sacré-
mais me voici, appesantie
comme en songe
assoiffée comme Tantale
dans les torrents limpides.

Aux heures de solitude ma langue a brûlé
de te dire les beautés que j’ai rêvées, que j’ai senties –
mais en ta présence
ma pensée sommeille,
ma porte est close
et mon coeur s’engourdit.

(Karin Boye)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Alain Bonnefoit

 

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La liberté (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2016



 

La liberté

Embarquez-la comme une esclave blanche
Pour une île
Et laissez-la aux indigènes sur la plage
Décoiffée seule
Avec un pauvre corsage
Ou perdez-la si vous voulez au fond d’un gouffre
Parmi des chiffonniers et des gosses
Ô bien-aimée tu es debout devant ma porte
Et nul ami au monde n’est encore levé
Tu as grandi pendant la nuit et tu retombes
Comme une glycine sur la mer
Tu es chez toi dans ma maison
Tu peux bien disposer
De ma femme de moi de mes outils rangés
Ô bien-aimée tu es confuse de tes armes
Tu les polis comme un miroir
Je le sais
Tu voudrais m’emmener
Comme un tranquille sous les arbres
Mais tu remues en moi tes deux ailes fermées.

(René Guy Cadou)

Illustration: Alexandru Darida

 

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Il ne suffit pas d’ouvrir la fenêtre (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2015




Il ne suffit pas d’ouvrir la fenêtre
Pour voir les champs et la rivière.
Il n’est pas suffisant de ne pas être aveugle
Pour voir les arbres et les fleurs.
Il faut aussi n’avoir aucune philosophie.
Quand il y a philosophie, il n’y a pas d’arbres : il y a des idées, sans plus.
Il n’y a que chacun de nous, à la manière d’une cave.
Il n’y a qu’une fenêtre fermée, avec le monde entier au-dehors ;
Ainsi qu’un rêve de ce qui pourrait être vu si la fenêtre venait à s’ouvrir,
Et qui n’est jamais ce qui est vu lorsque s’ouvre la fenêtre.

(Fernando Pessoa)

Illustration: Guy Thiant

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La nuit de l’amour touche au jour (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2015



Sur le ciel délabré, sur ces vitres d’eau douce,
Quel visage viendra, coquillage sonore,
Annoncer que la nuit de l’amour touche au jour
Bouche ouverte liée à la bouche fermée.

(Paul Eluard)

Illustration: Michel Ogier

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RETOUCHE A L’OUBLI (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2015


 


Kahlil Gibran 1883-1931 -  (7)

RETOUCHE A L’OUBLI

Doux est le pire
quand il s’en est allé

des givres encadrent l’été
et tous ces noms que nous avons aimés
sont le sel de la mer fermée

(Daniel Boulanger)

Illustration: Kahlil Gibran

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La porte fermée (Bashô)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2015



La porte fermée
silencieux étendu
quel enchantement

(Bashô)


Illustration: Ferdinand Hodler

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Mon chien joue dans le foin (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2015



 

chien foin [1280x768]

Mon chien joue dans le foin. C’est le premier matin.
A La Ronce, le puits a des couleurs d’acier bleu.
La grand’porte est fermée : le soleil fait le tour,
suivi par la forêt, et c’est un nouveau jour
où vous aurez pour moi des paroles naïves,
ma dame,
et des rires d’enfant…

Une cohorte d’anges s’en va pleurer le vent.

(Hubert Juin)

Illustration

 

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Depuis combien d’années (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2015



Depuis combien d’années, depuis toujours
Vers la fin du jour
Ton pas revient le long du mur,
Ta main me touche,
Déçue: Leonardo, dis-tu, la bouche
Fermée. Le vent te délivre, légère.
Et moi, je te sens qui t’éloignes
De moi, dans la brise des feuilles.
Ta voix est une caresse
Qui brûle à mesure qu’il se fait tard:
J’ignore où elle me conduit.

(Leonardo Sinisgalli)

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Groupes de résonances (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2015



Groupes de résonances

Drève
tes mains nues
tes mains sans bagues
de jeune cerisier
Meules rauques
à ces farines pures
sur tes gestes
Soleil si doux
sur la face fermée
du silex

(Werner Lambersy)


Illustration

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