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Poésie

Posts Tagged ‘fermier’

Au crépuscule (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2020




    
Au crépuscule

Bonsoir doux amour
comme disait Shakespeare
Bonsoir mon petit pote
comme disait Jules
Bonsoir bonsoir mon père
comme disait l’enfant de choeur
Bonsoir bonsoir mon fils
comme disait le curé
Bonsoir vieille noix
comme disait l’enfant de choeur
Bonsoir mon chou
comme dit le jardinier
Bonsoir les enfants
comme disent les enfants
Ariane bonsoir ma soeur
comme aurait dit Racine
Bonsoir mon trésor
Comme disent les banquiers
Bonsoir ma cocotte
comme dit la fermière
Bonsoir mon loup
comme dit la bergère
Bonsoir les amoureux
comme disent les eunuques
Bonsoir bonsoir bonsoir
comme disent les inconnus
Mille bonsoirs de bonsoirs
comme disent les militaires
les nourrices et les chaisières
Bonsoir tout le monde
comme tout le monde le dit
Vos gueules là-dedans
disent enfin les poètes
Et comme ils ont raison

(Philippe Soupault)

Recueil: Les poèmes ont des oreilles
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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Le fermier (Yen Jen-Yu)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2018



Le fermier

Le buffle maigre, épuisé, se traîne de plus en plus péniblement.
Les gens du monde, ignorant les misères du fermier,
Diront que les grains poussent tout seuls dans les champs.
Minuit, il réveille son fils pour labourer dès l’aube.

(Yen Jen-Yu)

 

 

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LE TREFLE A QUATRE FEUILLES (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018




    
LE TREFLE A QUATRE FEUILLES

Il faut abattre la moisson
Et la serrer en gerbes grosses;
Tous les gens solides se sont
Loués chez les fermiers de Beauce.
Au départ des gâs s’en allant
Prendre leur place aux tâches blondes
Les garçailles, à leurs galants,
Ont dit à la ronde

Refrain
Faucheur, mon beau faucheur,
Si vous trouvez un trèfle à quatre feuilles
Gardez-le pour que je le cueille.
Faucheur, mon beau faucheur,
Ça porte bonheur !

Mais au travers des chaumes roux
Le trèfle à bonheur est bien rare
Depuis qu’il pend à tous les cous
Des belles dames qui s’en parent ;
Et tous les gâs, des champs aux prés,
N’ont pu trouver, sous leurs faucilles,
Qu’un brin du trèfle désiré
Par toutes les filles.

Un seul brin ! Et tous les galants
L’ont voulu pour sa bonne amie;
Le fer des faux soudain sanglant
S’est dressé dans les mains roidies.
Et dans la Beauce aux longs champs plats
Quand la moisson s’écarte et bouge
Le brin de trèfle est encore là
Tout rouge, tout rouge !

(Gaston Couté)

 

 

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LE SOMMEIL (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Illustration: Paul Delvaux
    
LE SOMMEIL

Un livre de ses mains tombe
quand le fermier s’endort
couché dans des draps vastes
des femmes dans son rêve décolletées
et jalouses
luttent pour leur bonheur
au milieu d’un jardin
où sur l’eau d’un bassin
l’image d’un mur tressaille
et celle des torses
soulevés par une respiration
qui semble à la mesure
de la silencieuse beauté.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il arrive que, rentrant tard (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018



 

Il arrive que, rentrant tard
Par les longues routes du soir,
Les chevaux tout à coup s’arrêtent,
Et, comme las, baissent la tête.
Dans la charrette, le fermier
N’esquisse pas le moindre geste
Pour les contraindre à se presser.
La lune, sur les blés jaunis,
Vient lentement de se lever,
Et l’on entend comme le bruit
D’une eau qui coule dans l’été.
Quand les chevaux rentrent très tard,
Le fermier ne sait pas pourquoi,
Le long des routes infinies,
Il les laisse avidement boire
Aux fontaines bleues de la nuit.

(Maurice Carême)

Illustration: Armand Charnay

 

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Un jour, un âne tomba dans un puits (Conte Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2018




    
Un jour, un âne tomba dans un puits.
Durant des heures, l’animal gémit pitoyablement
et le fermier à qui appartenait l’âne se demanda quoi faire.
Finalement, il décida que l’animal était vieux
et que le puits pouvait disparaître.
De toute façon, ni l’un ni l’autre n’était plus rentable.

Il demanda à quelques voisins de venir l’aider.
Tous prirent une pelle et commencèrent à boucher le puits.
Au début, quand l’âne réalisa ce qui se passait,
il se mit à braire horriblement.
Puis, à la stupéfaction générale,
il se tut. La besogne se poursuivit.

Au bout d’un moment,
le fermier finit par regarder au fonds du puits.
Il fut consterné par ce qu’il vit.
Après chaque pelletée qui tombait sur lui,
l’âne s’ébrouait pour rejeter la terre et la piétinait.

Un peu plus tard, l’âne apparut,
sortit du puits et se mit à gambader…

(Conte Anonyme)

 

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SAINTE MADELEINE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2018



 

Illustration: Philippe de Champaigne
    
SAINTE MADELEINE

N’ai jamais vu telle servante
Avoir le coeur si près du ventre

Disait Simon le métayer
A ses amis les bons fermiers

Par les deux bouts brûle chandelle
Au lendemain d’être pucelle

De quatorze ans si j’en avais
Me maigrirait tous mes valets

Mais quand revint finie la guerre
Le fils occis devant l’Yser

A peine entré dans la maison
Les siens tombés en pâmoison

A ses genoux la Madeleine
Comme une eau pure de fontaine

Se répandit et fit si bien
jeune homme à lui revint

sont trompés tous sur ton compte
Relève-toi fille de comte

En vérité je te le dis
Ton amour mène au Paradis.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Au marché un fermier a sorti une poule vivante (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Au marché un fermier a sorti une poule vivante
pour l’échanger contre de l’argent.
La poule a poussé des cris de terreur
comme si elle devinait que la transaction entre le fermier et le client
avait pour but prochain son sang versé et sa chair dévorée.
Ces cris ont duré de longues minutes.
Ils étaient si manifestement inspirés par la vision de la mort
qu’ils en devenaient humains et que j’ai pressé le pas pour ne plus les entendre,
me frayant un chemin parmi les badauds avec, au coeur,
le sentiment d’abandonner à ses bourreaux celle qui n’avait plus comme ressource
que d’appeler à son aide un ciel impassiblement bleu.

(Christian Bobin)

 

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La fille du fermier crie (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2017



 

jeune-fille-et-vache 

La fille du fermier crie
Après une vache rétive
Sous un gros grésil.

***

A farmer’s daughter
contrary cow
ving sleet.

(Richard Wright)

Illustration

 

 

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Le samedi (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



Le samedi les silos à grains
attendent que
Les fermiers retournent chez eux

***

Grain Elevators on
Saturday waiting for
The farmers to come home

(Jack Kerouac)

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