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J’AI TROP PLEURÉ (Fernand Gregh)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



J’AI TROP PLEURÉ

J’ai trop pleuré jadis pour des peines légères !
Mes Douleurs aujourd’hui me sont des étrangères…
Elles ont beau parler à mots mystérieux
Et m’appeler dans l’ombre avec leurs voix légères ;
Pour elles je n’ai plus de larmes dans les yeux.
Mes Douleurs aujourd’hui me sont des inconnues ;
Passantes du chemin qu’on eût peut-être aimées,
Mais qu’on n’attendait plus quand elles sont venues,
Et qui s’en vont là-bas comme des inconnues,
Parce qu’il est trop tard, les âmes sont fermées…

(Fernand Gregh)

Illustration

 

 

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IL PLEUT (Fernand Gregh)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



IL PLEUT

Il pleut,
Les vitres tintent.

Le vent de Mai fait dans le parc un bruit d’automne.
Une porte, en battant sans fin, grince une plainte
Mineure et monotone.
Il pleut…

On dirait par moments qu’un million d’épingles
Se heurte aux vitres et les cingle.
Il pleut,
Les vitres tintent.

Le ciel cache un à un ses coins légers de bleu
Sous de rapides nuées grises.
Il pleut :
La vie est triste !

— N’importe !
Souffle le vent, batte la porte,
Tombe la pluie !
N’importe !

J’ai dans mes yeux une clarté qui m’éblouit ;
J’ai dans ma vie un grand espace bleu ;
J’ai dans mon cœur un jardin vert ombré de palmes
Que balancent en plein azur les brises calmes :
Je songe à elle !

Il pleut…

— La vie est belle !

(Fernand Gregh)

Illustration: Mitty Desques

 

 

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MARINE (Fernand Gregh)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2015



MARINE

Les mâts geignent sous les voiles,
Doucement,
Et bercent dans le gréement
Les étoiles.

Et le roulis si doux,
Si tranquille,
Que le pont semble immobile
Devant nous,

Et qu’à travers le ciel libre,
Au vent frais
Où l’écheveau des agrès
Tremble et vibre,

On dirait que, dans l’air bleu,
Oscillante,
C’est toute la nuit qui, lente,
Roule un peu…

A peine si la mer gronde
Aux bords sourds
D’un récifs que bat toujours
L’eau profonde.

L’humble odeur des foins fauchés
Du rivage
Glisse avec l’odeur sauvage
Des rochers.

L’ombre est orageuse et chaude ;
Dans les flots,
Un marsouin, près des hublots,
Souffle et rôde.

Et, sourd murmure à l’avant
Monotone,
J’écoute l’eau qui moutonne
En rêvant.

Oui, ce soir, dans le silence
De la nuit,
Le monde sans fin, sans bruit,
Se balance…

Et je suis aussi bercé
Sur l’eau grise
Je me sens parmi la brise
Balancé,

Au long murmure de la grève
Doux amer,
Par deux infinis, la mer
Et le rêve…

(Fernand Gregh)

Illustration: Geneviève Goulley

 

 

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