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Poésie

Posts Tagged ‘ferraille’

C’est (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



C’est un vieux papier que je déplie
tramway du dimanche
course de ferraille sur une route de banlieue
complet complet
sonnerie jardin soleil bonjour papa
elle devait avoir des seins droits
dans le petit salon orné de marines
piano-noir-métal-doré
d’où nous regardions tomber la pluie

4h 1/2! si je m’habillais pour partir

(Pierre Albert-Birot)

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NOUS NE VOGUONS PAS SUR LA MEME MER (Olav H. Hauge)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



NOUS NE VOGUONS PAS SUR LA MEME MER

Nous ne voguons pas sur la même mer,
trompeuses sont les apparences.
Ferraille et grumes sur le pont,
sable et ciment dans mes soutes,
je m’enfonce, je suis lent,
je foule les vagues houleuses,
je hulule dans la brume.
Toi tu vogues sur un bateau de papier,
ta voile bleue gonflée de rêves,
si tiède le vent, délicate la vague.

(Olav H. Hauge)

Illustration

 

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LES GRANDS PYLÔNES (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018




    
LES GRANDS PYLÔNES

Ils partent très au loin
les grands pylônes du paysage.
Ils m’attachent aux nuages
par des lignes qui s’en vont
du bout de leurs bras courts.

Ils passent comme moi je passe
ils s’éloignent sous le ciel
tout droit des deux côtés
jusqu’à perte de vue.

Dans leurs corps de ferraille
ils se répètent et ils se suivent
ils se resserrent ils disparaissent
et toujours ils m’emportent
les grands pylônes de ma route.

Pour aller où ?

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Chanson de la conspiration de minuit (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



Chanson de la conspiration de minuit

Ce cri de victime saignée?
Rien qu’une mouche et l’araignée.
Quel est ce pas dans l’escalier?
C’est le chat qu’on a oublié.

Et ce brouhaha dans la cave ?
Trois crapauds tiennent un conclave.
Ces craquements dans le cellier?
Travail des fûts de châtaignier.

Coup de canon, coup de tonnerre?
Pétard mouillé? Ça m’exaspère.
Rien qu’un ressort dans le sommier
Ou des braises sous le foyer.

Qui donc ferraille à la cuisine?
Quelle émeute dans ma poitrine!
C’est l’horloge et son balancier,
C’est mon coeur, mon coeur tracassier.

Mais ce tam-tam dans l’oreiller?
C’est le battement de mon pouls.
Tout s’acharne à me réveiller
Sous l’oeil froid du soleil des loups.

(Bernard Lorraine)


Illustration: Richard Hess

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Nous sommes restés assis sur la margelle du puits abandonné (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2017



Nous sommes restés assis sur la margelle du puits abandonné.
Tout avait couleur de ferraille et de poutre enfumée et couleur de fatigue profonde.
Des triangles d’oiseaux rigides parcouraient le ciel à grand bruit.
Désespoir comme la pluie, et jusques à quand tombera-t-elle ?
Petit vieux vaniteux, voulant régner, laissant tuer, battu content, tenait une poupée.
Le temps s’écoulait, réponse évasive, les années en lanière,
entre les doigts des traîtres.
Nous nous sommes regardés en silence.
Nous nous sommes regardés avec le sérieux précoce des enfants d’aveugle.

(Henri Michaux)

 

 

 

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Pour toi mon amour (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2016



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Pour toi mon amour

Je suis allé au marché aux oiseaux
Et j’ai acheté des oiseaux
Pour toi
mon amour
Je suis allé au marché aux fleurs
Et j’ai acheté des fleurs
Pour toi
mon amour
Je suis allé au marché à la ferraille
Et j’ai acheté des chaînes
De lourdes chaînes
Pour toi
mon amour
Et puis je suis allé au marché aux esclaves
Et je t’ai cherchée
mais je ne t’ai pas trouvée
mon amour

(Jacques Prévert)

Illustration: Jean-Michel Basquiat

 

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LE VENT SE LEVE AVEC LE JOUR… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2016



LE VENT SE LEVE AVEC LE JOUR…

Le vent se lève avec le jour
Et fait le tour de la maison
Où la douleur sommeille encore
Entre les bras qui l’ont bercée
A l’ombre des futaies du sang.

Le vent se lève avec le jour
Et crache noir dans la rosée
Sur les chalands aux longes molles
Sur les ferrailles oubliées
Qui recommencent d’exister.

Le vent se lève avec le jour
Et sous l’aisselle un vieux soleil
Qui roule à travers la mémoire
Comme un morceau de pain rouillé
Sur les dalles de la prison.

L’homme ne tardera plus guère
On l’entend geindre et se débattre
Dans le cilice de sa chair
Et réchauffer de son haleine
L’oeuf purulent de son amour.

(Jean Rousselot)

Illustration

 

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ENTRE URBINO ET URBANIA ET AU-DELA (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016



ENTRE URBINO ET URBANIA ET AU-DELA

Entre Urbino et Urbania et au-delà
des rochers rosés te disent de ne pas penser,
des routes qui montent au sommet de la colline, de ne pas descendre,
de la vieille ferraille résonne dans les vallées
dans le colimaçon bleu de l’esprit
mains qui voletez sans aucun son.

Elle s’enroule dans l’esprit et dans le coeur
lumière qui ne sait donner d’autre amour
qu’elle-même : l’amour, une Voie Lactée un peu plus loin
que la lumière, une écharpe pour l’esprit que le coeur irrigue
de couleurs indélébiles et fait rougir jusqu’à la honte,
l’arbre violet seul là sur le pla-
teau parmi les schistes bleus de l’air.
Mais plus loin, plus haut, comme au sommet
d’un colimaçon iridescent
lumière pétrifiée qui entend autre chose
et répond à autre chose, dans son tourbillon
solide est le rien qui se ride de larmes.

Des routes tactiles, des sentiers enflammés,
les eaux tranquilles du Métaure accueillent
lacrimas rerum : toi, ne pleure pas, tu sais
que là où tu parles, s’ouvrent les angéliques
tombes : tout est à son comble si toi, tu n’as rien,
tout touche surpris ton bruissement.

***

TRA URBINO E URBANIA E OLTRE

Tra Urbino e Urbania e oltre
sassi rosati ti dicono di non pensare,
strade che salgono in cima al colle, di non scendere,
vecchi ferri suonano nelle vallate
o nella coclea azzurra della mente
maní che svolazzate senza suono.

S’arrotola nella mente e nel cuore
la luce che non sa dare altro amore
che se stessa : l’amore, una Via Lattea un po’ più in là
della luce, una sciarpa per la mente che it cuore irrora
di colon indelebili e fa arrossire fino alla vergogna,
l’albero viola solo là sul piano-
ro tra gli schisti azzurri dell’aria.
Ma più in là, più in su, come al sommo
d’una chiocciola iridescente
luce petrificata ch’altro sente
e ad altro risponde, nel suo vortice
solido è it niente che si riga di lacrime.

Strade tattili, viottoli infiammati,
onde tranquille del Metauro accolgono
lacrimas rerum : tu non piangere, sai
che ove parli, ivi s’aprono le angeliche
tombe : tutto è al colmo se tu, niente hai,
tutto tocca sorpreso il tua stormire.

(Piero Bigongiari)

Illustration

 

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UN PETIT SOUPIR (Yvan Goll)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2015



 

Un petit soupir
A frôlé ma tempe
Un soupir jeune encore
Venu de loin
Malgré la colère du vent
Malgré le fracas des ferrailles
Perçant l’épaisseur de la terre
Bravant l’inimitable silence de la mort
Il est venu vers moi
Le dernier soupir
D’une rose

(Yvan Goll)

 

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LE VENT SE LEVE AVEC LE JOUR… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2015



LE VENT SE LEVE AVEC LE JOUR…
A Maurice Fombeure.

Le vent se lève avec le jour
Et fait le tour de la maison
Où la douleur sommeille encore
Entre les bras qui l’on bercée
A l’ombre des futaies du sang.

Le vent se lève avec le jour
Et crache noir dans la rosée
Sur les chalands aux longes molles
Sur les ferrailles oubliées
Qui recommencent d’exister.

Le vent se lève avec le jour
Et sous l’aisselle un vieux soleil
Qui roule à travers la mémoire
Comme un morceau de pain rouillé
Sur les dalles de la prison.

L’homme ne tardera plus guère
On l’entend geindre et se débattre
Dans le cilice de sa chair
Et réchauffer de son haleine
L’oeuf purulent de son amour.

(Jean Rousselot)

 

 

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