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Posts Tagged ‘fertile’

Fadeur fertile (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2022


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Il ne faut pas tambouriner
pour chasser les démons qui,
enveloppés de vapeurs de soufre,
nous cachent l’extrême beauté des choses,
il ne faut pas claironner ni gesticuler,
ni faire des étincelles,
ni brasser l’air,
il faut être au contraire
merveilleusement fade.
Ne pas trancher d’un soupir
sur la nature ordinaire
c’est la clé qui fait surgir
l’extraordinaire.
Chut, ne point détonner…
et le mystère sort son nez.
Quand rien ne nous remarque,chaque chose se livre.

(Henri-Frédéric Blanc)

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CONFIANCE (Mario Wirz)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2022



CONFIANCE

la tempête est retombée
épuisée
le coeur est de nouveau fertile
pour un nouvel adieu

(Mario Wirz)

Illustration

 

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Je pense quelquefois (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2022



Je pense quelquefois que si j’écris encore,
c’est, ou ce devrait être avant tout
pour rassembler les fragments,
plus ou moins lumineux et probants,
d’une joie dont on serait tenté de croire
qu’elle a explosé un jour, il y a longtemps,
comme une étoile intérieure,
et répandu sa poussière en nous.

Qu’un peu de cette poussière s’allume dans un regard,
c’est sans doute ce qui nous trouble,
nous enchante ou nous égare le plus;
mais c’est, tout bien réfléchi, moins étrange
que de surprendre son éclat,
ou le reflet de cet éclat fragmenté, dans la nature.

Du moins ces reflets auront été pour moi
l’origine de bien des rêveries,
pas toujours absolument fertiles.

(Philippe Jaccottet)

Illustration: Neila Ben Ayed

 

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Absence (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2021




    
Absence

Le lichen du temps couvre la pierre intacte
qui recèle les voix lointaines
dont l’écho s’accorde aux vents
parmi les arbres centenaires.

Un peuple de fantômes habite la mémoire
et parfois sort de l’ombre
pour nous encourager
de sa fertile absence.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Par le sextant du soleil
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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CLAIRE-LUMIÈRE BRILLANTE (Egon Schiele)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2021



    

CLAIRE-LUMIÈRE BRILLANTE

gonfle sur son passage terre ridée,
soleils se gorgent d’air et se vident.
Sol fertile —
Surfaces jaunes croisent presque à la verticale un vert saturé,
elles grandissent en se rapprochant et nous montrent ici les atomes jaunes —
de joie, ils prennent part à la vie.

CHAMP D’ÉPIS

***

LEUCHTENDES HELLICHT

durchschwellt runzlige Erde,
Sonnen atmen auf und nieder.
Reichlicher Boden —
gelbe Flächen durchkreuzen steil ein gesättigtes Grün,
sie wachsen näher und zeigen uns hier die gelben Atome —
die spielen vor Lust an dem Leben.

ÄHRENFELD

(Egon Schiele)

Recueil: Moi, éternel enfant
Traduction:Nathalie Miolon
Editions: Comp’act

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Chaos (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020




Du désordre (chaos)
l’ordre jaillit
– jaillit fertile.
Le chaos le nourrit. Le chaos
nourrit l’arbre.

(William Carlos Williams)

Illustration

 

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Le poème nous émeut. (Jeanne Benameur)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2020




    
Le poème nous émeut.
L’émotion, cette force vive.
Celle qui, au sens étymologique du terme, nous met en mouvement.
Nous l’accueillons.
Nous la réfléchissons.
Dans le silence que génèrent les mots du poème, quelque chose a lieu.
Au plus profond de nous.
De ces plongées nos vies sortent changées.

Comment penser qu’un mot peut changer une vie?
Il faut imaginer.
Il n’y a pire fou que celui qui n’imagine pas.
Celui qui conduit à la mort des cortèges d’êtres humains parce qu’il en a reçu l’ordre.
Celui qui peut ouvrir et fermer la porte d’une chambre à gaz.
Celui qui appuie sur le bouton qui envoie le missile.
Celui qui appuie le canon sur la tempe de l’autre.
Tous ceux-là n’imaginent pas.
Ils sont coupés de cette part humaine si profonde si fertile : l’imaginaire.
Il est beaucoup plus facile d’imposer lois et décrets iniques
à des êtres à qui on a retiré la faculté d’imaginer.
C’est un temps que les humains connaissent.
C’est ainsi que toutes les formes de pouvoir totalitaire se sont maintenues.
Partout.
Et de tout temps.

Alors plus que jamais, le poème a sa place.
Parce que nos vies, mouvantes dans le temps, éphémères et fragiles, valent leur poème.
Chacune.
Et ce n’est pas, comme la littérature aux yeux de qui cela arrange, la «cerise sur le gâteau ».
Non, c’est le pain.
Le seul le vrai qui nourrisse au plus profond notre être.

(Jeanne Benameur)

 

Recueil: Notre nom est une île
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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La minute suivante (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2020



La minute suivante

Nudité, dernier voile de l’âme
qui cependant demeure celée.
Le langage fertile du corps
ne la détecte ni la déchiffre.
Mais au-delà de la peau, des muscles,
et des nerfs, et du sang, et des os,
elle esquive l’intime contact,
le mariage floral, l’étreinte
divinisante de la matière
grisée et enivrée pour toujours
par cette sublime conjonction.
Pauvres de nous, mendiants affamés:
Nous ne pressentons que les reliefs
de ce banquet au-delà des nues
si contingentes de notre chair.
C’est pourquoi triste est la volupté
dans la minute suivant l’extase.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration: Egon Schiele

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A l’Ondine (Xavier Grall)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



 

A l’Ondine

Je te prendrai dans l’émotion des landes
muettement tu embrasseras ma terre
Je te prendrai dans la clarté des fontaines
avidement je te boirai
Tu portes mes amours mauves
dans la source des prunelles
écoute
les ajoncs et les plantes
vont chanter pour nous deux
la nuit fertile, la plage fraternelle
Nous referons cette Cornouaille mortelle
secrètement
dans le lit des hautes herbes
je te prendrai dans la grange verte
et ton corps aux semences mélangé
concevra tout un pays de fougères
et de genêts.
Ma belle amie sur la grève allongée
comme moi désire la mer
laisse-toi chavirer sous le vent des navires

(Xavier Grall)

Découvert chez Lara ici

Illustration: William Bouguereau

 

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CÉRÉMONIE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2020



CÉRÉMONIE

La cérémonie
commença avec une lenteur composée
mais le vin provoqua des colères inhumaines
un bouquet tomba d’un corsage
l’entame d’une brioche
le soir vira au sombre
des corps s’étreignirent sous les lampes
un souffle pur monta de la terre
des portraits impassibles
aux murs souriaient.
Prisonniers de leur matière exploitée
des objets d’autrefois
se brisèrent au grand jour
du lendemain sur la terre fertile.

(Jean Follain)

Illustration

 

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