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Posts Tagged ‘fesse’

Le Bouddha de neige (Sókan)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2019



Le Bouddha de neige

Je sais bien que tu as les fesses gelées
mais ne t’approche pas trop du feu,
Bouddha de neige.

***

Samuko to mo
hi ni na atari so
yuki botoke.

(Sókan)

Illustration

 

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Ah ! que je t’aime (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Gustave Courbet
    
Ah ! que je t’aime, Mnasidika, plus que le souvenir de ma vie.
Je t’aime parce que tu as une vulve brûlante, et une bouche infatigable pour le baiser que je veux.

Ouvre les genoux : Je te couvre. Donne-moi tes lèvres et ta langue.
Crispe tes dix doigts sur mes fesses. Foule tes seins contre mes seins.

M’y voici : Nos vulves s’appliquent et se froissent et se heurtent.
Étreins-moi comme je t’étreins ! Elles clapotent, entends-tu ? Mnasidika, nos jouissances se mêlent!

Je suis ton amant ! Je te possède ! Ah ! Si j’étais fille de Kypris,
sans doute elle me donnerait la virilité, et nos tentatives acharnées
ne seraient pas jeux de petits enfants .

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction: Gallimard
Editions: Gallimard

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Abricot (Jacqueline Astégiano)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018



Abricot

Mais

donc
est
le buste

qui va
avec
tes
petites
fesses
de
Chinoise ?

(Jacqueline Astégiano)

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Tout au fond du vallon (Katell Antoine)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



Tout au fond du vallon
la maison est accroupie
ses fesses de granit
dans l’herbe.
Mine de rien,
elle sifflote un feu de bois

(Katell Antoine)

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L’écho du corps (Gherasim Luca)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Dorina Costras r

 

L’écho du corps

prête-moi ta cervelle
cède-moi ton cerveau
ta cédille ta certitude
cette cerise

cède-moi cette cerise
ou à peu près une autre
cerne-moi de tes cernes

précipite-toi
dans le centre de mon être
sois le cercle de ce cercle
le triangle de ce cercle

la quadrature de mes ongles
sois ceci ou cela ou à peu près
un autre
mais sois-moi précède-moi

séduction

entre la nuit de ton nu et le jour de tes joues
entre la vie de ton visage et la pie de tes pieds
entre le temps de tempes et l’espace de ton esprit
entre la fronde de ton front et les pierres de tes paupières

entre le bas de tes bras et le haut de tes os
entre le do de ton dos et le la de ta langue
entre les raies de ta rétine et le riz de ton iris
entre le thé de ta tête et les verres de tes vertèbres

entre le vent de ton ventre et les nuages de ton nu
entre le nu de ta nuque et la vue de ta vulve
entre la scie de tes cils et le bois de tes doigts
entre le bout de tes doigts et les bout de ta bouche

entre le pois de tes poils et la poix de ta poitrine
entre le point de tes poings et la ligne de tes ligaments
entre les pôles de tes épaules et le sud-est de ta sueur
entre le cou de tes coudes et le coucou de ton cou

entre le nez de tes nerfs et les fées de tes fesses
entre l’air de ta chair et les lames de ton âme
entre l’eau de ta peau et le seau de tes os
entre la terre de tes artères et le feu de ton souffle

entre le seing de tes seins et le seins de tes mains
entre les villes de ta cheville et la nacelle de tes aisselles
entre la source de tes sourcils et le but de ton buste
entre le musc de tes muscles et le nard de tes narines

entre la muse de tes muscles et la méduse de ton médius
entre le manteau de ton menton et le tulle de ta rotule
entre le tain de ton talon et le ton de ton menton
entre l’œil de ta taille et les dents de ton sang

entre le pulpe de ta pupille et la serre de tes cernes
entre l’oreiller de tes oreilles et la taie de ta tête
entre le lévrier de tes lèvres et le poids de tes poignets
entre les frontières et le visa de ton visage

entre le pouls de tes poumons et le pouls de ton pouce
entre le lait de tes mollets et le pot de ta paume
entre les pommes de tes pommettes et le plat de tes omoplates
entre les plantes de tes plantes et le palais de ton palais

entre les roues de tes joues et les lombes de tes jambes
entre le moi de ta voix et la soie de tes doigts
entre le han de tes hanches et les halo de ton haleine
entre la haine de ton aine et les aines de tes veines

entre les cuisses de tes caresses et l’odeur de ton cœur
entre le génie de tes genoux et le nom du nombre
du nombril de ton ombre

(Gherasim Luca)

Illustration: Dorina Costras

 

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Érotisme de la mémoire (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



Luc-Olivier Merson Diane chasseresse-1878

Érotisme de la mémoire

Cuisses de Diane
Ventre de Diane
Seins de Diane
Yeux de Diane

Le petit jour point dans la forêt où tout est orange !
Sauf le tronc marqué de craie des bouleaux.

C’est là près de cet arbre aux feuilles vieillissant avant la saison que j’ai
rencontré Diane dans une attitude naturelle mais rarement décrite
dans les poèmes.
Les fesses ovales se dessinaient entre le désordre du linge et le vert gris
tendre de l’herbe
Dans un sentier voisin le pas d’un garde retentit
Il passa sans qu’on le vît.
Tandis que Diane se dissolvait dans le jour,
comme le croissant de la lune.
À cet endroit de la forêt il y a les débris d’une bouteille
Un vieux livre que les pluies et les rosées renvoient au terreau
Une plume d’oiseau
Un morceau de silex
Une empreinte de pas profondément marquée dans la terre
Et quelqu’un, peut-être, passera là au jour et à l’heure de ma mort
0 vie, enivrante vie
Aveuglante et bienfaisante.

(Robert Desnos)

Illustration: Luc-Olivier Merson

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La question (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



 

    
La question

Une description de la volupté
est sa propre réponse : j’appartiens à
l’amour nombreux.
Ces femmes.

Qui dans leur lit, leur
lit ou fesses nues pour les réjouissances
nocturnes, aaoh

Ou si ses seins sont rose, ou des roses, ou d’autres
fleurs, avec quoi, disons, arroser
ce jardin d’intention
particulière ?

(Robert Creeley)

 

 

Recueil: Le sortilège
Traduction: Stéphane Bouquet
Editions: Nous

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VOYAGEURS EN EREWHON* (Kenneth Rexroth)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017



Illustration
    
VOYAGEURS EN EREWHON*

Tu ouvres ta
Robe sur le lit
Poussiéreux où personne
N’a dormi depuis des années
Une chouette gémit sur le toit
Tu dis mon
Chéri mon
Chéri
Dans la lumière fumante de la vieille lampe
A pétrole tes épaules tes seins tes fesses
Sont comme des fleurs de pêcher
D’énormes étoiles lointaines écartées
Derrière la vitre fêlée
Immenses animaux immortels
Chacun un oeil
Te regardent
Ouvrir ton corps
Nuit sans fin
Forêt sans fin
Maison abandonnée toute une vie
Dans la forêt dans la nuit
Personne n’arrivera jamais
A cette maison
Seule
Dans le monde noir
Au pays des yeux

* Erewhon : anagramme de «nowhere», littéralement : «nulle part».
Titre d’un célèbre roman de Samuel Butfer (N.d.T.).

(Kenneth Rexroth)

 

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Un garçon et son amie (Henri Gougaud)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2017



Illustration: Giovanni Segantini
    
Un garçon et son amie se promenaient sur la rive.
Leurs cœurs battaient en secret.
Mille soleils amoureux jouaient avec l’eau du fleuve.

Le garçon ne disait rien,
la fille guettait des anges entre la terre et le ciel.

Passant le long des roseaux il brisa un rameau vert,
l’aiguisa du bout de l’ongle.

– Qu’en feras-tu ? lui dit-elle.

Le garçon, d’un coup menu, lui piqua la fesse gauche.

Elle poussa un cri d’oiseau, se laissa tomber dans l’herbe.
– Viens, dit-elle.
Baise-moi.

Qui eut envie le premier ?
Qui des deux désira l’autre ?
Lui sur elle, elle sur lui,
qui fut roi, qui fut mendiant ?

Tu poses trop de questions.
Du pieu raide ou de la grotte,
qui t’a fait comme tu es ?

(Henri Gougaud)

 

Recueil: Le Livre des amours : Contes de l’envie d’elle et du désir de lui
Editions: Seuil

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SOLEIL ! (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017




    
SOLEIL !

Soleil !, cou coupé etc.
Soleil !, ketchup d’horizon de guillotine, etc.
Soleil ! cul de cyclope empalé au fer rouge, etc.
Pourquoi occupes-tu la moitié du ciel
Oisif
L’oeil vacant ?
Rends-toi utile !

Réchauffe le corps de mon amour
Dore-la
Côté face
Côté pile
Dore ses seins
Dore ses fesses
Ses bras, ses jambes, son ventre
Sans les brûler
Qu’elle reste partout
Couleur

De sa couleur
Et puis
Tire-toi !
Scram !
Get lost !
Va-t’en !
Go!

Laisse-nous seuls dans la nuit
Dans la douceur de la nuit
Dans la chaleur de la nuit
Dans la fraîcheur de la nuit
Entre les draps de la nuit

Laisse-moi
L’embrasser, la caresser, la pénétrer
Toucher ses yeux
Avant que mes doigts gèlent de vieillesse

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Je suis un crabe ponctuel
Editions: Gallimard

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