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Poésie

Posts Tagged ‘fesse’

Un garçon et son amie (Henri Gougaud)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2017



Illustration: Giovanni Segantini
    
Un garçon et son amie se promenaient sur la rive.
Leurs cœurs battaient en secret.
Mille soleils amoureux jouaient avec l’eau du fleuve.

Le garçon ne disait rien,
la fille guettait des anges entre la terre et le ciel.

Passant le long des roseaux il brisa un rameau vert,
l’aiguisa du bout de l’ongle.

– Qu’en feras-tu ? lui dit-elle.

Le garçon, d’un coup menu, lui piqua la fesse gauche.

Elle poussa un cri d’oiseau, se laissa tomber dans l’herbe.
– Viens, dit-elle.
Baise-moi.

Qui eut envie le premier ?
Qui des deux désira l’autre ?
Lui sur elle, elle sur lui,
qui fut roi, qui fut mendiant ?

Tu poses trop de questions.
Du pieu raide ou de la grotte,
qui t’a fait comme tu es ?

(Henri Gougaud)

 

Recueil: Le Livre des amours : Contes de l’envie d’elle et du désir de lui
Editions: Seuil

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SOLEIL ! (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017




    
SOLEIL !

Soleil !, cou coupé etc.
Soleil !, ketchup d’horizon de guillotine, etc.
Soleil ! cul de cyclope empalé au fer rouge, etc.
Pourquoi occupes-tu la moitié du ciel
Oisif
L’oeil vacant ?
Rends-toi utile !

Réchauffe le corps de mon amour
Dore-la
Côté face
Côté pile
Dore ses seins
Dore ses fesses
Ses bras, ses jambes, son ventre
Sans les brûler
Qu’elle reste partout
Couleur

De sa couleur
Et puis
Tire-toi !
Scram !
Get lost !
Va-t’en !
Go!

Laisse-nous seuls dans la nuit
Dans la douceur de la nuit
Dans la chaleur de la nuit
Dans la fraîcheur de la nuit
Entre les draps de la nuit

Laisse-moi
L’embrasser, la caresser, la pénétrer
Toucher ses yeux
Avant que mes doigts gèlent de vieillesse

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Je suis un crabe ponctuel
Editions: Gallimard

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A… l’inconnue (Jan Hanlo)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017




    
A… l’inconnue

Tu as produit un roucoulement perçant
comme si la fête allait commencer
Comme un coq — jeune fille — un vautour enchanté
un gnou en plein désarroi
de toutes façons quelque chose de sauvage

Tu t’es mis aussi à danser comme quelque chose de sauvage
un marabout excité ou quelque nom de bête
Toute en aiguilles et en saccades
Tu as pointé tes fesses dans tous les sens
mais surtout vers moi
Et dans tes yeux déjà l’inoubliable
Pourtant tu ne t’es pas jetée dans mes bras
car je n’ai pas dit Viens donc mon amour

(Jan Hanlo)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Henri Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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Le petit bout de rêve (Maurice Fanon)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



    
Le petit bout de rêve

Ce n’est qu’un petit bout de bout de rêve
Petit bout de nez, de sein, de chemin
Le plus beau petit bout de fesse d’Ève
Petit bout de frange accroché à rien

Petit boute-en-train métropolitain
Mi prêt-à-porter mi chic parisien
Gauchissant du jean, basket en satin
C’est monsieur Claudel, c’est pas pour les chiens

Le collant qui danse bien plus qu’il ne tient
Chaud, dès le début du printemps, plus rien
Ventre de violon, gorge sans soutien
Miracle ! Miracle ! C’est que ça tient

Ce n’est qu’un petit bout de bousculance
Petit pas de deux dans le quotidien
Petit bout de cul posé sur deux jambes
Et qui n’en finit pas d’être aérien

Petit bouche-à-bouche au petit parfum
De petites lèvres aux dents de requin
De petits galops de cheval indien
Et de fleurs sauvages mais sans venin

Petit coup de foudre pour Jacques Bertin
Jacques de Bronckart, Jacques Brel et Jacques Machin
Petit coup de mauve au moindre chagrin
Miracle ! Le miracle c’est que ça tient

Ce n’est qu’un petit bout de bout de sexe
De mémoire d’homme nul n’avait vu
Petit bout de bout de petite sève
De petits jardins si bien suspendus

Petit porte-monnaie pour les copains
Petit porte-drapeau pour les Chiliens
Venus de la côte du Cotentin
Voir ce qui fait courir les Parisiens

Ne me demandez pas à quoi ça tient
L’amour d’une femme, je n’en sais rien
Petit bout de Dieu, croix sur le chemin
Miracle ! Le miracle c’est que ça tient (x3)

(Maurice Fanon)

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Les jambes (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2017



Les jambes
sont des colonnes
de fesses.

(Laurent Albarracin)

 

 

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Blason du corps féminin (René Depestre)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2017



Blason du corps féminin

« À Oméga ».

Bouche, ailes toujours lyriques
Pouvoir combustible des baisers.

Mains, armes à feu doux
Bien douées aussi
Pour la piraterie en haute mer.

Seins, légendes solaires
Qui planent
Au-dessus de nos abîmes.

Ventre né pour la combustion
Sublime du jour et de la nuit
Ventre complice des volcans.

Hanches, tracteurs joyeux
Qui savent monter à l’assaut
Des meilleures terres de notre sang.

Cuisses, obscure géométrie,
Moulin qui sait broyer
Le grain de la douceur.

Fesses, phares merveilleux
Qui tournent autour
De nos vagues intérieures.

Jambes, herbes sauvages
Qui adorent marcher
Dans nos entrailles mêmes.

Je chanterai aussi
La première des céréales
L’été le plus glorieux de la chair :
Le sexe de la femme!
Je chante l’orchestre où triomphe
Le dimanche du corps de la femme.
Le trône du sel marin, l’élément
Où se réveille notre innocence
Pour nous couvrir de gloire!

Voici le sanctuaire païen,
La source d’hormones fraîches
Où la faim et la soif
La joie et la santé
Notre oubli de la mort
Reçoivent jusqu’au cri
Leur plus haute bénédiction.

Gloire!

(René Depestre)

Illustration: Abel-Dominique Boyé

 

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Lou ma rose (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Lou ma rose

Lou tu es ma rose
Ton derrière merveilleux n’est-ce pas la plus belle rose
Tes seins tes seins chéris ne sont-ce pas des roses
Et les roses ne sont-ce pas de jolis ptits Lous
Que l’on fouette comme la brise
Fustige les fesses des roses dans le jardin
Abandonné
Lou ma rose ou plutôt mes roses
Tu m’as envoyé des feuilles de rose
O petite déesse
Tu crées les roses
Et tu fais les feuilles de roses
Roses
Petites femmes à poil qui se baladent
Gentiment
Elles se balancent en robe de satin
Sur des escarpolettes
Elles chantent le plus beau parfum le plus fort le plus doux
Lou ma rose ô ma perfection je t’aime
Et c’est avec joie que je risque de me piquer
En faveur de ta beauté
Je t’aime je t’adore je mordille tes feuilles de rose
Rose reine des fleurs Lou reine des femmes
Je te porte au bout des doigts ô Lou ô rose
Au bout des doigts en te faisant menotte
Jusqu’à ce que tu t’évanouisses
Comme s’évanouit le parfum
Des roses
Je t’embrasse ô Lou et je t’adore

(Guillaume Apollinaire)

 

 

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Mon très cher petit Lou je t’aime (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Klimt ; Nu de jeune fille, couché sur le côté gauche, 1914-1915

 

Mon très cher petit Lou je t’aime
Ma chère petite étoile palpitante je t’aime
Corps délicieusement élastique je t’aime
Vulve qui serre comme un casse-noisette je t’aime
Sein gauche si rose et si insolent je t’aime
Sein droit si tendrement rosé je t’aime
Mamelon droit couleur de champagne non champagnisé je t’aime
Mamelon gauche semblable à une bosse du front d’un petit veau qui vient de naître je t’aime
Nymphes hypertrophiées par tes attouchements fréquents je vous aime
Fesses exquisément agiles qui se rejettent bien en arrière je vous aime
Nombril semblable à une lune creuse et sombre je t’aime
Toison claire comme une forêt en hiver je t’aime
Aisselles duvetées comme un cygne naissant je vous aime
Chute des épaules adorablement pure je t’aime
Cuisse au galbe aussi esthétique qu’une colonne de temple antique je t’aime
Oreilles ourlées comme de petits bijoux mexicains je vous aime
Chevelure trempée dans le sang des amours je t’aime
Pieds savants pieds qui se raidissent je vous aime
Reins chevaucheurs reins puissants je vous aime
Taille qui n’a jamais connu le corset taille souple je t’aime
Dos merveilleusement fait et qui s’est courbé pour moi je t’aime
Bouche Ô mes délices ô mon nectar je t’aime
Regard unique regard-étoile je t’aime
Mains dont j’adore les mouvements je vous aime
Nez singulièrement aristocratique je t’aime
Démarche onduleuse et dansante je t’aime
Ô petit Lou je t’aime je t’aime je t’aime.

(Guillaume Apollinaire)

 Illustration: Gustav Klimt

 

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Peau-aime (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



 

 

Peau-aime (2)

Ô mon ange aux yeux bleus comme l’azur marin
L’indigo d’océans s’élevant vers les ciels
Ton sourire est pareil à un arc-en-ciel
Je te salue beauté incarnant le divin

Tes seins rassemblent toutes les splendeurs des mondes
Et tes hanches celles de tous les univers
Tes fesses sont semblables aux globes et aux sphères
Tant elles sont parfaitement courbes et rondes

Ton corps a le parfum des siècles et des ères
Qui tournoient lentement par devers l’infini
Quant à ton âme elle a l’apparence jolie

De la sainte la fée ou bien de la houri
Or ton regard est pur autant que les éthers
De cette éternité s’ouvrant comme la mer

(Jean-Claude Demay)

Illustration: Carolus-Duran

 

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Médiévallonnementionnellement (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



serge-marshennikov-_500

Médiévallonnementionnellement

Ma princesse charmeresse a de belles fesses
Des seins divinement saintement ciselés
Un visage de nacre encadré de deux tresses
Des joues sur lesquelles j’aime à me reposer

Or ses immenses mammes sont pleines d’amour
Sa croupe potelée est vouée à Éros
Sa poitrine opulente n’égale que le tour
De ses reins bien cambrés sous sa culotte rose

Le reste est trop secret pour être révélé
Et je me tairai donc sur les plus beaux tournois
Que la damoiselle m’offre et sait me donner

Avec vigueur et puis tendresse quelquefois
Je me contenterai de vous laisser rêver
À mes lances rompues pour ma belle adorée

(Jean-Claude Demay)

Illustration: Serge Marshennikov

 

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