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Poésie

Posts Tagged ‘feu’

Qui m’aidera ?… (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2021




    
Qui m’aidera ?…

« Qui m’aidera ? Nul ne peut venir jusqu’ici.
Qui me tiendrait les mains ne tiendrait pas celles qui tremblent,
qui mettrait un écran devant mes yeux ne me garderait pas de voir,
qui serait jour et nuit autour de moi comme un manteau
ne pourrait rien contre ce feu, contre ce froid.
D’ici, j’atteste au moins qu’il est un mur
qu’aucun engin, qu’aucune trompette n’ébranle.
Rien ne m’attend plus désormais que le plus long et le pire. »

Est-ce ainsi qu’il se tait dans l’étroitesse de la nuit ?

(Philippe Jaccottet)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Leçons
Traduction:
Editions: Payot

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Au bois d’amour (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2021



Au bois d’amour
de feu
l’arbre se fend

(Jean Joubert)


Illustration: Emile Bernard

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Corps et âme (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2021



Corps et âme

Egaré dans l’espace
En extase sous l’orage
J’erre entre l’abîme du désir
Et la cime du plaisir
La clé m’ouvre un chemin
Qui m’emporte tout droit
Sous un ciel bleu foncé
Vers la porte où je frappe
Mon corps libéré de mon âme
Que brûle le ridicule feu de l’enfer
Retrouve le paradis des sens
Avant de rôtir dans les flammes.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: William Blake

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La marche à l’amour (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2021



La marche à l’amour

Tu as les yeux pers des champs de rosées
tu as des yeux d’aventure et d’années-lumière
la douceur du fond des brises au mois de mai
dans les accompagnements de ma vie en friche
avec cette chaleur d’oiseau à ton corps craintif
moi qui suis charpente et beaucoup de fardoches
moi je fonce à vive allure et entêté d’avenir
la tête en bas comme un bison dans son destin
la blancheur des nénuphars s’élève jusqu’à ton cou
pour la conjuration de mes manitous maléfiques
moi qui ai des yeux où ciel et mer s’influencent
pour la réverbération de ta mort lointaine
avec cette tache errante de chevreuil que tu as

tu viendras tout ensoleillée d’existence
la bouche envahie par la fraîcheur des herbes
le corps mûri par les jardins oubliés
où tes seins sont devenus des envoûtements
tu te lèves, tu es l’aube dans mes bras
où tu changes comme les saisons
je te prendrai marcheur d’un pays d’haleine
à bout de misères et à bout de démesures
je veux te faire aimer la vie notre vie
t’aimer fou de racines à feuilles et grave
de jour en jour à travers nuits et gués
de moellons nos vertus silencieuses
je finirai bien par te rencontrer quelque part
bon dieu!
et contre tout ce qui me rend absent et douloureux
par le mince regard qui me reste au fond du froid
j’affirme ô mon amour que tu existes
je corrige notre vie

nous n’irons plus mourir de langueur
à des milles de distance dans nos rêves bourrasques
des filets de sang dans la soif craquelée de nos lèvres
les épaules baignées de vols de mouettes
non
j’irai te chercher nous vivrons sur la terre
la détresse n’est pas incurable qui fait de moi
une épave de dérision, un ballon d’indécence
un pitre aux larmes d’étincelles et de lésions profondes
frappe l’air et le feu de mes soifs
coule-moi dans tes mains de ciel de soie
la tête la première pour ne plus revenir
si ce n’est pour remonter debout à ton flanc
nouveau venu de l’amour du monde
constelle-moi de ton corps de voie lactée
même si j’ai fait de ma vie dans un plongeon
une sorte de marais, une espèce de rage noire
si je fus cabotin, concasseur de désespoir
j’ai quand même idée farouche
de t’aimer pour ta pureté
de t’aimer pour une tendresse que je n’ai pas connue
dans les giboulées d’étoiles de mon ciel
l’éclair s’épanouit dans ma chair
je passe les poings durs au vent
j’ai un coeur de mille chevaux-vapeur
j’ai un coeur comme la flamme d’une chandelle
toi tu as la tête d’abîme douce n’est-ce pas
la nuit de saule dans tes cheveux
un visage enneigé de hasards et de fruits
un regard entretenu de sources cachées
et mille chants d’insectes dans tes veines
et mille pluies de pétales dans tes caresses

tu es mon amour
ma clameur mon bramement
tu es mon amour ma ceinture fléchée d’univers
ma danse carrée des quatre coins d’horizon
le rouet des écheveaux de mon espoir
tu es ma réconciliation batailleuse
mon murmure de jours à mes cils d’abeille
mon eau bleue de fenêtre
dans les hauts vols de buildings
mon amour
de fontaines de haies de ronds-points de fleurs
tu es ma chance ouverte et mon encerclement
à cause de toi
mon courage est un sapin toujours vert
et j’ai du chiendent d’achigan plein l’âme
tu es belle de tout l’avenir épargné
d’une frêle beauté soleilleuse contre l’ombre
ouvre-moi tes bras que j’entre au port
et mon corps d’amoureux viendra rouler
sur les talus du mont Royal
orignal, quand tu brames orignal
coule-moi dans ta plainte osseuse
fais-moi passer tout cabré tout empanaché
dans ton appel et ta détermination

Montréal est grand comme un désordre universel
tu es assise quelque part avec l’ombre et ton coeur
ton regard vient luire sur le sommeil des colombes
fille dont le visage est ma route aux réverbères
quand je plonge dans les nuits de sources
si jamais je te rencontre fille
après les femmes de la soif glacée
je pleurerai te consolerai
de tes jours sans pluies et sans quenouilles
des circonstances de l’amour dénoué
j’allumerai chez toi les phares de la douceur
nous nous reposerons dans la lumière
de toutes les mers en fleurs de manne
puis je jetterai dans ton corps le vent de mon sang
tu seras heureuse fille heureuse
d’être la femme que tu es dans mes bras
le monde entier sera changé en toi et moi

la marche à l’amour s’ébruite en un voilier
de pas voletant par les lacs de portage
mes absolus poings
ah violence de délices et d’aval
j’aime
que j’aime
que tu t’avances
ma ravie
frileuse aux pieds nus sur les frimas de l’aube
par ce temps profus d’épilobes en beauté
sur ces grèves où l’été
pleuvent en longues flammèches les cris des pluviers
harmonica du monde lorsque tu passes et cèdes
ton corps tiède de pruche à mes bras pagayeurs
lorsque nous gisons fleurant la lumière incendiée
et qu’en tangage de moisson ourlée de brises
je me déploie sur ta fraîche chaleur de cigale
je roule en toi
tous les saguenays d’eau noire de ma vie
je fais naître en toi
les frénésies de frayères au fond du coeur d’outaouais
puis le cri de l’engoulevent vient s’abattre dans ta gorge
terre meuble de l’amour ton corps
se soulève en tiges pêle-mêle
je suis au centre du monde tel qu’il gronde en moi
avec la rumeur de mon âme dans tous les coins
je vais jusqu’au bout des comètes de mon sang
haletant
harcelé de néant
et dynamité
de petites apocalypses
les deux mains dans les furies dans les féeries
ô mains
ô poings
comme des cogneurs de folles tendresses

mais que tu m’aimes et si tu m’aimes
s’exhalera le froid natal de mes poumons
le sang tournera ô grand cirque
je sais que tout mon amour
sera retourné comme un jardin détruit
qu’importe je serai toujours si je suis seul
cet homme de lisière à bramer ton nom
éperdument malheureux parmi les pluies de trèfles
mon amour ô ma plainte
de merle-chat dans la nuit buissonneuse
ô fou feu froid de la neige
beau sexe léger ô ma neige
mon amour d’éclairs lapidée
morte
dans le froid des plus lointaines flammes

puis les années m’emportent sens dessus dessous
je m’en vais en délabre au bout de mon rouleau
des voix murmurent les récits de ton domaine
à part moi je me parle
que vais-je devenir dans ma force fracassée
ma force noire du bout de mes montagnes
pour te voir à jamais je déporte mon regard
je me tiens aux écoutes des sirènes
dans la longue nuit effilée du clocher de Saint-Jacques
et parmi ces bouts de temps qui halètent
me voici de nouveau campé dans ta légende
tes grands yeux qui voient beaucoup de cortèges
les chevaux de bois de tes rires
tes yeux de paille et d’or
seront toujours au fond de mon coeur
et ils traverseront les siècles

je marche à toi, je titube à toi, je meurs de toi
lentement je m’affale de tout mon long dans l’âme
je marche à toi, je titube à toi, je bois
à la gourde vide du sens de la vie
à ces pas semés dans les rues sans nord ni sud
à ces taloches de vent sans queue et sans tête
je n’ai plus de visage pour l’amour
je n’ai plus de visage pour rien de rien
parfois je m’assois par pitié de moi
j’ouvre mes bras à la croix des sommeils
mon corps est un dernier réseau de tics amoureux
avec à mes doigts les ficelles des souvenirs perdus
je n’attends pas à demain je t’attends
je n’attends pas la fin du monde je t’attends
dégagé de la fausse auréole de ma vie tends
dégagé de la fausse auréole de ma vie

(Gaston Miron)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

 

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Ce corps noueux (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2021



Ce corps noueux
ce regard brisé
ce visage érodé
ce feu aux cheveux

ces mots dehors

c’est toi, toi et toi
et la blessure
inlassable des rêves
dans tes pas futurs

(Gaston Miron)


Illustration

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Vers où ? (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2021




    
Vers où ?

Esprits inquiets, jetés par un vent de folie
dans le noir tourbillon des jours indifférents,
vers qui va notre cri,
jusqu’où vaguent nos corps errants
promis depuis toujours aux feux de l’agonie,
papillons affolés voltigeant dans la nuit ?

(Claude Vigée)

Recueil:
Traduction:
Editions:

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EMPÉDOCLE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2021



 
    

EMPÉDOCLE

«J’ai rêvé d’un suicide où dans la conquête et le dépassement de la mort
il me serait loisible de regretter pour la première fois le monde, de poursuivre mon geste
avec la certitude qu’il est absurde et vain.
Je devine, en mes chairs, un fourmillement d’êtres oisifs qui n’attendent que ma mort pour naître. »

Quarante ans de méditation ont conduit Empédocle dans le cratère du Stromboli.
À cet instant, pour la première fois,
il a vu un volcan, un ciel bleu, une fumée sulfureuse,
une mort apprise chaque jour et enfin récitée dans le feu de la terre.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: A l’orée du pays fertile
Traduction:
Editions: Seghers

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Noire la page où je t’écris (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2021




    
[…]
noire la page où je t’écris
je t’écris parce que tu ne sais plus écrire que tu
récites sans te tromper l’alphabet du néant

je t’écris sans écrire
les passants marchent sur mes mots
mes consonnes sont rêches mes
voyelles sont nues

je t’écris pour éteindre le feu qui dévore mes doigts dès qu’ils
touchent ton nom

Dieu de l’oubli
dans quelle poche gardes-tu ceux qui partent
et pourquoi permets-tu que l’on se souvienne

(Vénus Khoury-Ghata)

 

Recueil: Demande à l’obscurité
Traduction:
Editions: Mercure de France

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SIEGE (Luca Benassi)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2021



Illustration: John Hacking 
    

Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla, Irish, Serbian, Macedonian, Armenian

Poem of the Week Ithaca 671 « SIEGE », Luca Benassi, Italy
from “I fasti del grigio”, Edizioni Lepisma
– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

SIEGE

Qu’est-ce donc pour un siège
ce sombre anéantissement de soldats en armes
sous les murs de Troie ?
On parle de vaisseaux en feu
et de ciel aussi noir
que la rivière saturée de sang
après la bataille.
Mais la guerre commence à présent
avec les faces noires
de créatures, vos créatures
qui braquent leurs épées vers notre maison.
Et toi, femme
mesure le bruit
le bruit de la pierre
qui aiguise les lames.

(Luca Benassi)

Traduction Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache

***

BELEGERING

Wat is dit voor belegering,
deze sombere ommanteling van gewapenden
onder de muren van Troje?
Men spreekt over schepen die in brand staan
en de lucht zo zwart
als de met bloed bedekte rivier
na de strijd.
Maar de oorlog begint nu
met de zwarte hoofden
van mensen, jouw mensen
die hun zwaarden naar ons huis richten
En jij, vrouw,
tel het geluid
het geluid van de steen
die de messen scherpt.

Vertaling Germain Droogenbroodt

***

ASEDIO

¿Qué es este asedio,
este lúgubre cinturón de ejércitos
bajo los muros de Troya?
Hablan de los barcos en llamas
y del cielo negro
como el río cubierto de sangre
después de la batalla.
Pero la guerra comienza ahora
con las cabezas negras
de los hombres, los tuyos,
que extienden sus espadas hacia nuestra casa
y tú, mujer
capta el sonido,
el sonido de la piedra
afilando las hojas.

Traducción Rafael Carcelén

***

SIEGE

What is this siege,
this gloomy enclosure of armed men
beneath the walls of Troy?
It tells of ships in flames
and of the black sky
like the river covered in blood
after the battle.
But the war begins now
with the black heads
of the men—yours
who point swords at our house,
and you, woman,
who count the sound,
the sound of the stone
which sharpens the blades.

Translation: Luca Benassi – Stanley Barkan

***

ASSEDIO

Cos’è questo assedio,
questa cinta lugubre d’armati
sotto le mura di Troia?
dicono di navi in fiamme
e del cielo nero
come il fiume coperto di sangue
dopo la battaglia.
Ma la guerra inizia adesso
con le teste nere
degli uomini, i tuoi
che tendono le spade alla nostra casa
e tu, donna
conti il suono
il suono della pietra
che affila le lame.

LUCA BENASSI, Italia

***

BELAGERUNG

Was ist diese Belagerung,
diese düstere Einfriedigung von Gewaffneten
unter den Mauern von Troja?
Man spricht von brennenden Schiffen
und vom Himmel schwarz
wie der von Blut überdeckten Fluss
nach der Schlacht.
Aber der Krieg beginnt jetzt
mit den schwarzen Köpfen
der Menschen, deine,
die ihre Schwerter nach unserem Haus strecken
und du, Frau
zählst den Klang
den Klang des Steins
der die Klingen schärft.

Übersetzung Germain Droogenbroodt – Wolfgang Klinck

***

ASSÉDIO

Que coisa é este assédio
este círculo lúgubre de armados
sob o muro de Troia?
dizem de navios em chama
e do céu escuro
como o rio coberto de sangue
depois da batalha.
Mas a guerra inicia agora
com as cabeças negras dos homens, teus
que apontam espadas afrontando a casa
e tu, mulher
relata o som,
o som da pedra
que afia as lâminas.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia

***

ASSEDIU

Chi è st’assediu,
sta cinta scurusa d’armati
sutta li mura di Troia?
Parranu di navi ca brucianu
E di celu niuru
Comu lu ciumi allurdatu di sangu
Doppu la battagghia.
Ma la guerra cumincia ora
Cu li testi niuri
Di l’omini, ca sunnu i to,
ca puntanu li spati contru la nostra casa
e tu, donna, cunti lu scrusciu
lu scrusciu di la petra
chi ammula li lami.

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***

ASEDIU

Ce este acest asediu,
această încercuire lugubră de oștiri
sub zidurile Troiei?
E vorba despre nave în flăcări,
despre cerul înnegurat
carâulacoperit de sânge
în urma bătăliei.
Însă războiul începe acum
cu creștetele negre debărbați,ai tăi,
care își întind spre casa noastră spada
și tu, femeie,
numeri sunetul,
sunetul pietrei
ce ascute tăișurile.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

OBLĘŻENIE

Coto za oblężenie,
Ten ponury pierścień uzbrojonych mężczyzn
wokół murów Troi?
Opowiadają o płonących okrętach
i oniebie czarnym
jak rzeka pokryta krwią
po bitwie.
Ale wojna zaczyna się od zaraz,
czarnymi głowami
mężczyzn —tychtwoich,
którzy wyciągają mieczew naszym domu,
a ty, kobieto,
zliczaszteodgłosy,
brzmieniekamienia
który ostrzy brzeszczoty mieczy.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień
Translation into Polish by Mirosław Grudzień

***

ΠΟΛΙΟΡΚΙΑ

Προς τί αυτή η πολιορκία
σκυθρωπών ανθρώπων
κάτω απ’ τα τείχη της Τροίας;
Μαρτυρεί τα φλογισμένα καράβια
και το μαύρο ουρανό
σαν το γεμάτο αίμα ποτάμι
μετά τη μάχη.
Μα ο πόλεμος τώρα ξεκινά
με τα μαύρα κεφάλια ανθρώπων
σαν το δικό σου
που σκοπεύεις το σπίτι με το σπαθί σου
κι εσύ γυναίκα
που μελετάς τον ήχο
της πέτρας που ακονίζει
τις λεπίδες

ΜετάφρασηΜανώληΑλυγιζάκη
Translated into Greek by Manolis Aligizakis

***

围 攻

这包围,
特洛伊城墙下武士的
这无望的围场是什么?
它讲述战船着火
以及战役后
黑色天空像满身鲜血的
河流的故事。
但是战争现在开始了
带着男人的
黑脑筋——你的
他们用剑指着我们的房子,
和你,女人,
你数着声音,
使刀刃锋利的
石头的声音。

原作:意大利 卢卡·贝纳西
英译:卢卡·贝纳西—斯坦利·巴坎
Translation into Chinese by William Zhou

***

حِصار

يا لِهَذا الحِصار.
ذلكَ الطَّوقُ الكَئيبُ للجُنود
تحتَ أسوارِ طَرَوادة؟
يَحكي عن سُفنٍ أُضْرِمتْ فيهَا النِّيران
وسَماءٌ تَلبَّدتْ بالدُّخان
كنهرٍ غطَّتْهُ الدِّمَاء
بعدَ معاركٍ وقتال.
لكن طُبولَ الحربِ تقرعُ الآن
ورجالٌ برؤوسٍ سود
شاهِرينَ سُيوفَهم على منازِلنا
وأنتُنَّ، أيَّتُها النسوة،
ستسمعن أصواتا،
أصواتُ الحِجارة
التِّي تشحذُ نصلَ السُّيوف.

Translation into Arab by Sarah Slim

***

घेराबंदी

यह क्या है घेराबंदी,
सशस्त्र पुरुषों के इस उदास बाड़े
ट्रॉय की दीवारों के नीचे?
यह लपटों में जहाजों के बारे में बताता है
और काले आकाश की
जैसे नदी खून में समा गई
लड़ाई के बाद l
लेकिन युद्ध अब शुरू होता है
ब्लैक हेड्स के साथ
पुरुषों की – तुम्हारा
जो हमारे घर पर तलवारें चलाते हैं,
और तुम, महिला,
कौन ध्वनि की गिनती कर रही हैं ,
पत्थर की आवाज
जो ब्लेड को तेज करता है।

लुका बेनासी, इटालिया l

Hindi translation by Jyotirmaya Thakur.

***

包囲網

この包囲網は何だ
トロイの壁の下で
武装した男たちが暗く取り囲んで
それは炎に包まれた船
そして黒い空を語っている
戦いの後に
地で覆われた河のように

ところが戦争はいま始まる
男たちの黒い頭の群れ
それは剣を私たちの家に向ける
あなたの頭でもある
そして刃を磨く石の音を数える
お前たち女もそうなのだ

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

محاصره

این محاصره چیست،
این حصار غمانگیز از مردان مسلح
زیر دیوارهای تروا؟
برایمان از کشتیهای شعلهوردر آتش میگوید
و از آسمان سیاه
مانند رودخانهیی پوشیده از خون
بعد از نبرد.
اما جنگ حالا شروع شده
با مردانی کله سیاه
و شمشرهایی که نوکشان به سمت خانههای ماست،
و تو، زن،
که صدا را میشماری
صدای سنگ

که تیغه شمشیرها را تیز میکند.
لوسیا بناسی، ایتالیا

ترجمه: سپیده زمانی
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

ОБСАДА

Каква е тази обсада,
това застрашително струпване на армия
под стените на Троя?
Тя предвещава за кораби в пламъци
и за червено небе
като реката покрита с кръв
след битката.
Но войната започва сега
с черните глави
на войниците – твоите,
които издигат мечове срещу нашата къща
и ти, жено,
която броиш звуците,
звуците на камъка,
който точи остриетата.

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

UMSÁTUR

Um hvað sitja þeir,
vopnuðu mennirnir sem umkringja
múra Tróju?
Sagt er frá logandi skipum
og svörtum himni
og blóðugri ánni
eftir orrustuna.
En stríðið byrjar núna
með svörtum höfðum
mannanna — ykkar
sem beinið sverðum að húsinu okkar,
og þér, kona,
sem telur hljóðið,
hljóð steinsins
sem brýnir sverðin.

Þór Stefánsson þýddi samkvæmt enskri þýðingu Luca Benassi og Stanleys Barkan
Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

Осада

Чтоэто за осада,
темные плащисолдат
под стенами Трои?
Все говорят о сожженных кораблях,
ивоздухчёрен,
словнорека, полная крови,
после битвы.
Но вот сейчас начнут войну
черныеголовы
людей, твоих людей,
поднявших меч на нас.
Иты, госпожа,
считайзвуки,
звукикамня,
о который точат нож.

Translation into Russian by Daria Mishueva

***

PAGKUBKOB

Ano itong pagkubkob na ito,
ang malungkot na pagkabihag sa mga de armas na mga tao
sa likod ng dingding ng Troy?
Tinutukoy nito ang nasusunog na mga barko
at ang madilim na kalangitan
tulad ng ilog na nabalot ng dugo
pagkatapos ng digmaan.
Subalit ang digmaan ay nagpasimula na ngayon
sa mga itim na ulo ng tao- kayo
na nagsipagtutok ng mga espada sa aming bahay,
at ikaw, babae,
na nagbilang ng tunog,
tunog ng mga bato
na nagpatalas ng mga talim.

Translation in Filipino-Eden Soriano Trinidad

***

מצור / Luca Benassi, איטליה

מַהוּהַמָּצוֹרהַזֶּה,
הַכִּתּוּר הַקּוֹדֵר שֶׁל אֲנָשִׁים חֲמוּשִׁים
מִתַּחַתלְחוֹמוֹתטְרוֹיָה?
פֵּרוּשׁ הַדָּבָרשֶׁיֵּשׁסְפִינוֹתבְּלֶהָבוֹת
וְשָׁמַיִםשְׁחוֹרִים
כְּמוֹהַנָּהָרהַמְּכֻסָּהבְּדָם
לְאַחַרהַקְּרָב.
אֲבָלהַמִּלְחָמָהמַתְחִילָהעַכְשָׁו
עִםהָרָאשִׁיםהַשְּׁחוֹרִים
שֶׁלהַגְּבָרִים–שֶׁלָּכֶם,
שֶׁמַּפְנִיםחֲנִיתוֹתאֶלבָּתֵּינוּ,
וְאַתְּ,אִשָּׁה,
שֶׁמּוֹנָהאֶתהַצְּלִיל,
צְלִילהָאֶבֶן
שֶׁמַּשְׁחִיזָהאֶתהַלֶּהָבִים.

Translation into Hebrew by Dorit Weisman

***

முற்றுகை
இது என்ன முற்றுகை
ட்ராயின் சுவர்களுக்குக் கீழே
ஆயுதம் ஏந்திய மனிதனின் இருள் படிந்த அடைப்பிற்குள்?
எரியும் கப்பல்கள்
கருத்த மேகங்கள்
போருக்குப்பின்
இரத்தம் நிறம்பிய ஆறாக.
இப்பொழுதுதான் போர் துவங்குகிறது
உங்களைப்போன்ற
கருப்புத்தலை மனிதர்களோடு
எங்கள் வீடுகளை நோக்கி வாளைக் காட்டுகிறீர்கள்
நீங்களும் , பெண்களும்
ஒலிகளை எண்ணிக்கொண்டிருக்கிறீர்கள
வ்ாளினைத் தீட்டிக் கூறாக்கும்
கற்களின் ஒலியை!
ஆக்கம்

Translation into Tamil by nvsubbaraman

***

DORPÊÇ

Çî ye ev dorpêça,
ev çepera tarî ji çekdaran
li ber dîwarê Troya?
Li ser keşitya sotîndar tê axaftin
û esmanê reş
çawa rubar bi xwînê hatibû têwerdan
piştî şergehê.
Lê ceng niha bi
seriyên reş destpêdike
yên mirovan, yên te
ewên şwîrên xwe berv mala me dirêjdikin
û tu, jinê
dengê cengê dijmêrî
awaza hesanê
twîjkirina peykanan.

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

অবরোধ

কি এইঅবরোধ,
এইঅন্ধকারাচ্ছন্নসশস্ত্রযোদ্ধাদেরএইলড়াই
ট্রয়েরদেয়ালএরনিচে?
এযেবলশিখাময়নৌবহরেরকথা
আরতমসাচ্ছন্নআকাশেরকথা
ঠিকযেমননদীটিরক্তেপরিপূর্ণ
যুদ্ধেরপরে ।
কিন্তুএখনযেযুদ্ধেরসময়
সঙ্গেনিয়েকৃষ্ণময়মস্তকগুলো
আপনাদেরই – পুরুষদের
যারাকরেতলোয়ারতাআমাদেরগৃহে,
এবংআপনাদের, মহিলাদের,
যারাআওয়াজগণনাকরে,
পাথরেরশব্দ
যেপাথরশাণ দেয়অস্ত্রেরফলকগুলিকে ।
লুকাবেনাসি, ইতালি

Bangla Translation: – তাবাসসুমতাহমিনাশাগুফতাহুসেন
Translation into Bangla by Shagufta Tabassum Tahmina

***

LÉIGEAR

Cad chuige an léigearseo,
An campa míleatagrána
faoibhallaínaTraí?
Eachtraíonnséloingdhóite
An spéirdubh le toit
An abhainndearg le fuil
i ndiaidh an chatha.
Ach tosaíonn an fíorchoimhlintanois
idircloigeannachacantalacha
nabhfear—do chuidse
a dhíoraíonn a gclaimhtearárdtithe,
agustusa, a bhean,
a chloiseann an fhuaim,
fuaimnacloichefaobhair
a géaraíonn an lann.

Aistriúchán Gaeilge, Rua Breathnach
Translation into Irish by Rua Breathnach

***

Опсада

Каква је ово опсада,
суморна ограда наоружаних људи
испод зидина Троје?
Проповеда о бродовима у пламену,
црном небу,
реци којом плива крв
после боја.
Али рат почињу сада
црне главе
мушкараца-твојих
са мачевима упереним на нашу кућу,
а ти, жено
бројиш звуке,
звуке камена
који оштре сабље.

Са енглеског превела С.Пиксиадес
Translation into Serbian by S Piksiades

***

ОПСАДА

Каква ли е оваа опсада,
ова мрачно опколување на вооружени мажи
под ѕидовите на Троја?
Тоа зборува за бродови во пламен
и за црно небо
како реката во крв
по битка.
Но војната започнува сега
со црните глави
на мажите—твоите
кои со мечеви посочуваат на твојата куќа,
и со тебе, жено,
која го броиш звукот,
звукот на каменот
што ги остри сечилата.

Translation from English in Macedonian: Daniela Andonovska-Trajkovska

***

Պաշարում

Ի՞նչ է այս պաշարումը՝
զինվածմարդկանցմռայլպարիսպը
Տրոյայիպատերիտակ:
Այն պատմում է այրվող նավերի
և սև երկնքի մասին,
ինչպես մարտից հետո
գետն է ներկվում արյունով:
Բայց պատերազմը
նոր է սկսվում միայն՝
տղամարդկանց սև գլուխներով,
որ ուղղում են թրերը դեպի տունը մեր
և դու՝ կի՛ն,
հաշվում ես ձայնը՝
ձայնը քարի,
որ սրում է շեղբըթրերի:

Translated into Armenian by Armenuhi Sisyan

(Luca Benassi)

 

Recueil: Ithaca 671
Editions: POINT
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Âme dans l’Ignorance (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2021



    

Âme dans l’Ignorance

Âme dans l’Ignorance, éveille-toi de sa stupeur.
Flammèche du feu-du-monde, étincelle de Divinité,
exalte ton mental et ton coeur dans la splendeur.
Soleil dans l’obscurité, recouvre ton éclat.
Une, universelle, embrassant la création,
cesse de tourner sur la roue avec l’inconsciente Nature,
sens-toi née de Dieu, connais-toi immortelle.
Hors du temps, recouvre ton existence éternelle.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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