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Poésie

Posts Tagged ‘feu’

Sonder les profondeurs de l’esprit (Carolyn Carlson)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2017



Illustration: Odilon Redon
    
Sonder les profondeurs de l’esprit : voilà la poésie
un chaos organisé comme
se déconstruit un esprit rationnel
… un feu de forêt qui dévaste l’âme
pas étonnant que le poète soit dangereux

(Carolyn Carlson)

 

Recueil: brins d’herbe
Traduction: Jean-Pierre Siméon
Editions: Actes Sud

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LE DRAGON DOUX (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017




    
LE DRAGON DOUX

Un serpent de mer arrive à bon port
il rencontre des journalistes
il leur explique quel est son sort
et pourquoi il se sent si triste
et d’où vient le fait qu’il existe

Au bout de peu de temps on se familiarise
on l’appelle par son petit nom
les femmes veulent lui faire des bises
un chasseur prépare du petit plomb

Quand il parle maintenant on ricane
plus question de lui à la télévision
on lui reproche d’obstruer la porte océane
ce qui amène de nombreuses protestations

Alors il retourne vers sa solitude marine
avant qu’on ne lui fasse un mauvais sort
s’il avait soufflé un peu de feu par les narines
peut-être aurait-il trouvé un plus accueillant port

(Raymond Queneau)

 

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LE SANG DU CIEL (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



 

LE SANG DU CIEL

Bracelets du ciel et de la nuit
jours lointains
regards bleus
et les feuilles multicolores
refuges des reflets et des feux
Un seul mot
coeur ou sang
au loin plus près
et tout s’éteint
pour une nuit
sans rêve et sans chagrin
comme l’on dirait
à demain
avec un geste de la main
jours lointains
nuit ciel coeur et sang

(Philippe Soupault)

Illustration

 

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Le rêve nous crée (Jean-Pierre Begot)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Sans logique, défaisant les calculs,
les définitions des cultures admises,
le rêve n’est pas seulement illusion.
Il fait participer aux sables inconnus,
aux villes mystérieuses,
l’enfant des faubourgs.

Par lui, le regard dépasse le fini de nos murs.
Il est invention de la liberté
– ses incohérences même nous enseignent –
et s’il peut se faire refuge, ou piège,
il peut surtout devenir jardin secret.

En lui se sont fourbies
les armes de toutes nos révoltes,
la mise en place de toutes les révolutions.

Rêve de l’autre
dont les images les plus familières
sont celles du feu, du vent, de l’eau, des nuages, de l’étoile –
de ce qui purifie,
de ce qui éloigne et resserre en même temps
dans une condition commune.

Le rêve nous crée et nous créons nos rêves.
Privilège qui nous distingue des dieux

(Jean-Pierre Begot)

Illustration

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Au petit jour (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Au petit jour

La nuit n’est pas ce que l’on croit, revers du feu,
chute du jour et négation de la lumière,
mais subterfuge fait pour nous ouvrir les yeux
sur ce qui reste irrévélé tant qu’on l’éclaire.

Les zélés serviteurs du visible éloignés,
sous le feuillage des ténèbres est établie
la demeure de la violette, le dernier
refuge de celui qui vieillit sans patrie…

(Philippe Jaccottet)


Illustration

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MÉLANCOLIE DU SOIR (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



 

MÉLANCOLIE DU SOIR

La forêt qui défunte s’étend —
Et des ombres la cernent, comme des haies.
Le gibier quitte en tremblant ses refuges
Tandis qu’un ru glisse tout bas,

Suivant des fougères et de vieilles pierres
Et scintille argenté à travers le feuillage.
On l’entend bientôt dans des gouffres noirs —
Peut-être que déjà brillent aussi des astres.

La plaine sombre semble illimitée,
Villages dispersés, marais, étangs,
Un je-ne-sais-quoi te fait croire à un feu.
Un éclat froid sur des routes se glisse.

Au ciel se devine une agitation,
Une armée de migrateurs prend son essor
Vers ces pays là-bas, autres et beaux pays.
Et monte et retombe le rythme des joncs.

(Georg Trakl)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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POUR UN ART POÉTIQUE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017



Illustration
    
POUR UN ART POÉTIQUE

Prenez un mot prenez-en deux
faites-les cuir’ comme des oeufs
prenez un petit bout de sens
puis un grand morceau d’innocence
faites chauffer à petit feu
au petit feu de la technique
versez la sauce énigmatique
saupoudrez de quelques étoiles
poivrez et puis mettez les voiles

où voulez-vous en venir ?
À écrire
Vraiment ? à écrire ? ?

(Raymond Queneau)

 

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Dit de la Force et de l’Amour (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
Dit de la Force et de l’Amour

Entre tous mes tourments entre la mort et moi
Entre mon désespoir et la raison de vivre
Il y a l’injustice et ce malheur des hommes
Que je ne peux admettre il y a ma colère

Il y a les maquis couleur de sang d’Espagne
Il y a les maquis couleur du ciel de Grèce
Le pain le sang le ciel et le droit à l’espoir
Pour tous les innocents qui haïssent le mal

La lumière toujours est tout près de s’éteindre
La vie toujours s’apprête à devenir fumier
Mais le printemps renaît qui n’en a pas fini
Un bourgeon sort du noir et la chaleur s’installe

Et la chaleur aura raison des égoïstes
Leurs sens atrophiés n’y résisteront pas
J’entends le feu parler en riant de tiédeur
J’entends un homme dire qu’il n’a pas souffert

Toi qui fus de ma chair la conscience sensible
Toi que j’aime à jamais toi qui m’as inventé
Tu ne supportais pas l’oppression ni l’injure
Tu chantais en rêvant le bonheur sur la terre

Tu rêvais d’être libre et je te continue.

(Paul Eluard)

 

Recueil: Poèmes politiques
Traduction:
Editions: Gallimard

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Un vrai secret (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



    
Un vrai secret
de très ancienne
présence

Le verbe
on n’en a pas
idée

Un feu de paille

Et le poème
qui accompagne
sa façon d’être

ou pas

Ces murs
avec leurs voix

Un petit mot
écrit
avec ses lettres

Un jeu d’enfant
nourri avec le temps

Des notes
venues
de la main gauche

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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CHANSON DE MARCHE (Jean Cayrol)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    
CHANSON DE MARCHE

L’épi mangé grain par grain
par le vent et par les chiens

le coeur pris de saint en saint
par le feu et dans le poing

la nuit chaude sur ton sein
ses deux yeux pareils aux tiens

le passé joyeux qui vient
s’enivrer du premier vin

premier mort mon vert raisin
qui passez de main en main

la fleur folle qui se plaint
de la larve et de l’essaim

et la noire pluie de la fin
qui s’allume et qui s’éteint.

(Jean Cayrol)

 

Recueil: Poèmes de la nuit et du brouillard
Traduction:
Editions: Seuil

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