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Poésie

Posts Tagged ‘feu’

Entre la bouilloire et le feu de bois (Jean-Hugues Malineau)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2020




    
Entre la bouilloire
et le feu de bois
le ronronnement du chat

(Jean-Hugues Malineau)

 

Recueil: Trente haïku rouges ou bleus
Traduction:
Editions: Pluie d’étoiles

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Comme l’huile qui dort dans la lampe (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2020



Comme l’huile qui dort dans la lampe
et bientôt tout entière
se change en lueur
et respire sous la lune
emportée par le vol des oiseaux,
Tu murmures et tu brûles.
(Mais comment dire cette chose
qui est trop pure pour la voix?)
Tu es le feu naissant sur les froides rivières,
l’alouette jaillie du champ…
Je vois en toi
s’ouvrir et s’entêter
la beauté de la Terre.

(Philippe Jaccottet)

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Qu’elle soit le feu (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2020



Qu’elle soit le feu

Que ma voix circule entre les mots,
qu’elle n’en fasse pas des idoles
mais les icônes de ce qui vient.
Qu’elle soit ce souffle comme toi
qui passe et qui jamais ne s’arrête,
qu’elle fasse entendre le silence
qui n’est pas l’envers de la parole
mais sa force. Qu’elle soit le feu
qui, comme toi, traverse la nuit.

(Jacques Ancet)


Illustration

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L’identité obscure (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2020



L’identité obscure

C’est comme un feu mais sans feu, sans futur ni passé,
le corps est si léger qu’il semble flotter sur les
heures arrêtées, dans l’étincellement du matin,
je l’appelle le présent, ce feu, il est partout,
il est insaisissable, la main se tend, ne touche
qu’un vide qui lui ressemble, une sorte d’ombre claire,
l’envers des choses qui s’effacent et qui jaillissent,
dessinent sur les yeux le leurre de leur présence,
je sais qu’elles ne sont pas et pourtant je prononce
leur nom, ce souffle d’air qui les fait durer un peu
le temps de croire que plus que moi elles demeurent
peuplant l’espace que je traverse et que je laisse,
table, dis-je, voilier, pins, genoux, eucalyptus …

(Jacques Ancet)


Illustration

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L’écart de deux étoiles (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2020



 

Quelques rares abeilles
mesurent l’étendue

leur feu minuscule
approfondit l’azur

immobilise le mouvement
des heures

fixe entre chaque fleur
l’écart de deux étoiles

(Jean Mambrino)

 

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Corps posé dans le champ aigu (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



 

Jeanie Tomanek b6846t [1280x768]

corps posé dans le champ
aigu. yeux
d’alarme.

fermés dans le feu. blanchissant
à l’envers. ouverts: inondés de blancheur

(Martine Broda)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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THALIARQUE (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



Eugène Begarat JEUNE FILLE EN ROUGE [800x600]

THALIARQUE

Ne crains pas de puiser aux réduits du cellier
Le vin scellé quatre ans dans l’amphore rustique ;
Laisse aux Dieux d’apaiser la mer et l’orme antique,
Thaliarque ! Qu’un beau feu s’égaye en ton foyer !

Pour toi, mets à profit la vieillesse tardive :
Il est plus d’une rose aux buissons du chemin.
Cueille ton jour fleuri sans croire au lendemain ;
Prends en souci l’amour et l’heure fugitive.

Les entretiens sont doux sous le portique ami ;
Dans les bois où Phoebé glisse ses lueurs pures,
Il est doux d’effleurer les flottantes ceintures
Et de baiser des mains rebelles à demi.

(Leconte de Lisle)

Illustration: Eugène Begarat 

 

 

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L’herbe (Bai Juyi)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2020



L’herbe

Fraîche et jolie, voilà l’herbe nouvelle qui croît partout dans la campagne ;
Chaque année la voit disparaître, chaque année la voit revenir.
Le feu la dévore à l’automne1, sans épuiser en elle le germe de la vie ;
Que le souffle du printemps renaisse, elle renaît bientôt avec lui.
Sa verdure vigoureuse envahit peu à peu le vieux chemin,
Ondulant par un beau soleil, jusqu’aux murs de la ville en ruines.
L’herbe s’est flétrie, l’herbe a repoussé, depuis que mon seigneur est parti ;
Hélas ! en la voyant si verte, j’ai le cœur assailli de bien cruels souvenirs.

(Bai Juyi)

 

 

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Dans le feu les ombres fuient (Robert Guiette)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2020



Dans le feu les ombres fuient
Cherche le chemin de l’azur
Cherche la fraîcheur de la feuille
Guette le bronze de l’issue

(Robert Guiette)

 

 

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Les étoiles mortelles (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2020



Les étoiles mortelles

Un soir d’été, dans l’air harmonieux et doux,
Dorait les épaisses ramures ;
Et vous alliez, les doigts rougis du sang des mûres,
Le long des frênes et des houx.

O rêveurs innocents, fiers de vos premiers songes,
Coeurs d’or rendant le même son,
Vous écoutiez en vous la divine chanson
Que la vie emplit de mensonges.

Ravis, la joue en fleur, l’oeil brillant, les pieds nus,
Parmi les bruyères mouillées
Vous alliez, sous l’arôme attiédi des feuillées,
Vers les paradis inconnus.

Et de riches lueurs, comme des bandelettes,
Palpitaient sur le brouillard bleu,
Et le souffle du soir berçait leurs bouts en feu
Dans l’arbre aux masses violettes.

Puis, en un vol muet, sous les bois recueillis,
Insensiblement la nuit douce
Enveloppa, vêtus de leur gaine de mousse,
Les chênes au fond des taillis.

Hormis cette rumeur confuse et familière
Qui monte de l’herbe et de l’eau,
Tout s’endormit, le vent, le feuillage, l’oiseau,
Le ciel, le vallon, la clairière.

Dans le calme des bois, comme un collier divin
Qui se rompt, les étoiles blanches,
Du faîte de l’azur, entre les lourdes branches,
Glissaient, fluides et sans fin.

Un étang solitaire, en sa nappe profonde
Et noire, amoncelait sans bruit
Ce trésor ruisselant des perles de la nuit
Qui se posaient, claires, sous l’onde.

Mais un souffle furtif, troublant ces feux épars
Dans leur ondulation lente,
Fit pétiller comme une averse étincelante
Autour des sombres nénuphars.

Chaque jet s’épandit en courbes radieuses,
Dont les orbes multipliés
Allumaient dans les joncs d’un cercle d’or liés
Des prunelles mystérieuses.

Le désir vous plongea dans l’abîme enchanté
Vers ces yeux pleins de douces flammes ;
Et le bois entendit les ailes de vos âmes
Frémir au ciel des nuits d’été !

(Leconte de Lisle)

 

 

 

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