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Poésie

Posts Tagged ‘feuillage’

Evasion (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2019



Evasion

Le vert du feuillage
Eclate d’un rire de jeunesse
Sur le bleu tendre du ciel
Et s’élève des roses
Un parfum de velours

Le matin glisse sans bruit
Je quitte la maison
Où mes désirs sont captifs
Pour respirer la joie
Au milieu des champs

J’écoute le rire des pierres
Sur les lèvres du chemin
Je croque à belles dents
Dans la chair du jour

Sous un ciel comblé
De nuages folâtres
Qui broutent la colline
La surface de l’étang
Reflète la paix
Des eaux profondes

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: ArbreaPhotos

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Il est si beau (Marcabru)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2019



Marcio Melo 19

Il est si beau que la rainette chante,
que le suc perce sous l’écorce,
qu’après fleurs, feuillage et ramure,
vienne le fruit sur l’arbre,
que le rossignol siffle et appelle
celle qu’il a conquise par la force de sa joie.
Il est si fier de lui, qu’il ne sent plus
ni froid, ni gel, ni glace, ni bise.

(Marcabru)

Illustration: Marcio Melo

 

 

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L’INITIAL (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2019



Illustration: Josephine Wall
    
L’INITIAL
Âditama

Qui en mon for intérieur muet
arpente les brumes de ma pensée,
demeure près du coeur et pourtant
reste distant,
qui habite l’air à jamais inouï?
Mon espérance est de le chanter —
mais mon jour passe dans le silence
lancinant
de ne pouvoir dire mon sentiment.
Où sont les mots, les mots
qui me fuient ?

Le monde en pleurs qui ruisselle
dans mon sang
que veut-il —
qui connaît le message du primitif
originel ?

Le rayon qui franchit l’orage
perçant le voile des vapeurs
pour venir embrasser la planète
est l’enfant du paradis ;

les mots qu’il lui dit à l’oreille
la terre encore aujourd’hui
en répand le souvenir
parmi les brins d’herbe —
et entend,
les yeux sur son passage rivés,
l’air de son chant.

La pulsion première de la vie
palpite dans la moelle des figuiers,
ses harmoniques insonores vibrent .
nuit et jour au fond du ciel —
et mes veines jusque dans les fibres
résonnent d’elle ;

et dans les profondeurs du conscient
une danse se compose
de figures invisibles
au chant du feuillage susurrant.

Volubiles sont ces arbres, ces plantes
en feuilles et en fleurs —
au fond de l’abysse de silence
où le verbe est roi,

au travers des terres et des eaux
silencieux
j’écoute la respiration première
sacrée,
j’entends la muette rumeur
de la pensée enfouie.

Dans cet univers orphelin de parole
qui s’étend de la poussière terrestre
aux confins stellaires
je prends place
les yeux ouverts emplis d’un chant
sans sonorité.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’écrin vert
Traduction: Saraju Gita Banerjee
Editions: Gallimard

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VIEILLE MÉLODIE (Amir Or)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019



 

Illustration: Luc Thébault
    
VIEILLE MÉLODIE

Même la séparation la plus légère est chargée de tristesse :
la vue de ce que nous étions s’est effacée,
elle choit de nos yeux et n’est plus,
accumule un automne de plus sur nos poitrines.

Même la séparation la plus légère est chargée de tristesse :
mais quand deux amants s’en vont, chacun son chemin
le cœur brûle sans se consumer, déraciné mais non sans racines,
le cœur trop lourd à porter.

Même si nous avons partagé l’ombre d’un arbre en chemin,
ces vies à nous ont passé comme des ombres ;
et si sous un coucher de soleil, nous avons partagé du bonheur
notre soleil s’est couché avec lui
dans une mer sombre.

Mais dans l’enveloppe du crépuscule, dans l’apaisement du vent
là, au-delà de la lumière qui noircit,
quand ils auront encerclé l’horizon du ciel,
nos yeux s’ouvriront sous des paupières de brume :

l’esprit souffle encore dans la forêt, l’ombre dans le feuillage,
et dans le paysage du coucher de soleil qui n’en finit pas
nous nous séparons vers un amour infini.

(Amir Or)

 

Recueil: Dédale
Traduction: Isabelle Dotan
Editions: MAËLSTROM

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L’Olivier (James Sacré)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2019



 

L’Olivier

L’arbre est maintenant tout pénétré de lumière
Sauf dans une touffe plus serrée en son milieu.
C’est comme une fête légère et changeante
De sa couleur incertaine jouée
Entre son feuillage et l’air qui la baigne :
Un fin gris de verts pétris par le bleu du ciel.
L’oeil s’épuise à démêler de la lumière
Ce qui serait la couleur de l’olivier.

(James Sacré)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration

 

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Loin, dans les bois (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Loin, dans les bois, j’ai coupé une branche noire,
assoiffé j’ai porté son murmure à mes lèvres :
était-ce donc la voix de la pluie qui pleurait,
une cloche brisée ou un coeur mis en pièces ?

Quelque chose qui de si loin m’est apparu,
enfoui dans sa lourdeur, recouvert par la terre,
ce sont cris assourdis par d’immenses automnes,
par la nuit entrouverte, humide des feuillages.

Alors, se réveillant du rêve végétal,
la branche du coudrier a chanté sous ma bouche
et son errante odeur grimpa dans mon esprit

comme si tout d’un coup me cherchaient les racines
abandonnées, la terre perdue, mon enfance,
et je restai, blessé du parfum vagabond.

***

En los bosques, perdido, corté una rama oscura
y a los labios, sediento, levanté su susurro :
era tal vez la voz de la lluvia llorando,
una campana rota o un corazón cortado.

A lgo que desde tan lejos me parecía
oculto gravemente, cubierto por la tierra,
un grito ensordecido por inmensos otoños,
por la entreabierta y húmeda tiniebla de las hojas.

Por allí, despertando de los sueños del bosque,
la rama de avellano cantó bajo mi boca
ysu errabundo olor trepó por mi criterio

como si me buscaran de pronto las raíces
que abandoné, la tierra perdida con mi infancia,
yme detuve herido por el aroma errante.

(Pablo Neruda)

 

 

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Un saule seul près des roseaux (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019


 


 

Un saule seul près des roseaux
en bordure de la rivière
tâtait le sens de son mystère
et son feuillage à travers l’eau.
Dans le courant de sa mémoire
les poissons dormaient dans ses nids
et l’épinoche y venait boire
avec l’écume un peu d’oubli.
A ses pieds, des mariniers morts
jouaient aux dés avec leur peine
et rêvaient d’embarquer au Nord
pour retrouver la rive humaine.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Andrea Uszynski

 

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Voyeurs (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



Illustration: Laurits Regner Tuxen
    
Voyeurs, je vous comprends durant les nuits de neige
Quand fragment d’autre monde est la moindre clarté
Et l’anadyomène une ombre qui se lève,
Je vous comprends aussi durant les nuits d’été

Quand le feuillage tremble au-devant d’une lampe
Et que rien n’a bougé, mais le bruit des soupirs
Raconte un lit défait d’où jaillissent des jambes
Si belles que la nuit se remplit de plaisir.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Trézeaux
Traduction:
Editions: Gallimard

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DÉCOR (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



DÉCOR

Les arbres blancs, les arbres noirs
Sont nus dans le parc solitaire ;
Un décor de deuil, funéraire…
Les arbres blancs, les arbres noirs.

Dans le parc
Pleurent les regrets de naguère…
Plumage blanc, plumage noir
Un triste oiseau à voix amère
Traverse le parc séculaire…
Plumage blanc, plumage noir…

Dans le parc
Les spectres vont sous la lumière…

Feuillage blanc, feuillage noir ;
Les arbres blancs, les arbres noirs ;
Plumage blanc, plumage noir
Un décor de deuil, funéraire…

(George Bacovia)

Illustration

 

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Un rêve (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019




    
Un rêve

Le balancier de l’horloge en hiver
compte les pas de mon sommeil
Il fait nuit dans la maison
Il est midi juin dans mon rêve

L’enfant qui grimpe au cerisier
entend à travers le feuillage
le souffle du vieil homme qu’il sera
et le tricot du balancier

Dans le noir de l’oreiller
le dormeur soixante ans plus tard
entend l’enfant qui froisse les branches
et les cerises tomber sur l’herbe

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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