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Poésie

Posts Tagged ‘feuillage’

PRENEZ LES GENS… (Janine Mitaud)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2022




    
PRENEZ LES GENS…

Prenez les gens pour des nuages
Passez au travers des nuages
Et vous ne verrez pas l’orage

L’amour n’est plus qu’un jeu mortel
Et les symboles du langage
Déguisent bien le désespoir
Vous chantez fumées et feuillages
Vous réduisez à des images
Mon corps plus vif que sève et feu
Il perd pour vous l’éclat charnel
Vous le rangez dans l’irréel —
Le son du vent et mes appels
Confondus dans votre savoir —

Je suis vivante et mon cri tranche
Tous ces déserts imaginaires
Oasis, oiseaux indulgents
Ne croissent pas dans mon domaine
Mais je fends la coque des mots
Et j’y surprends la mer sauvage
Dont le désir franchit les plages.

(Janine Mitaud)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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JE ME TRANSFORMERAI (Claude de Burine)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2022



Illustration: Pascal Renoux
    
JE ME TRANSFORMERAI

Je me transformerai
En femme de sang
En femme de larmes
Je serai le givre
Le sable
Le feuillage du buis
Pour que tu m’écrases
J’embrasserai tes jambes
Tes genoux
Je serai
La forêt première
L’algue des origines

Tu veux pleurer
Tu veux gémir
Tu veux le houx
Comme couronne
La très précieuse
Lumière du vert
Tu ne sais pas
Que les doigts
Sur un front
Font un chant de Noël
Qu’une bouche
Dans la douceur des cuisses
Peut faire jaillir
Le lait des nébuleuses.

(Claude de Burine)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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SON JARDIN (Friedrich Georg Junger)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2022




    

SON JARDIN

Tu me demandes de chanter et de célébrer ton jardin,
Mais c’est toi que ton jardin fleurit ; c’est par toi qu’il verdoie ;
C’est toi le feuillage et les fleurs, les ceps qui poussent et qui grimpent,
Le lis, le rayon, la rosée, et je ne vois ici que toi.

Puisque je dois fêter le beau et puisque tu aimes mes vers,
En comparant ce qui est un, je cherche et ne trouve que toi.
Sache-le, j’aime la violette qui toujours se cache dans l’ombre,
Et c’est toi, l’amie des parfums, qu’en chantant ton jardin je chante.

(Friedrich Georg Junger)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction: Eugène Bestaux
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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Tu deviens elle (Elsa Cross)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2022


presence

Des murmures,
un bruit de feuillage –
la présence invisible
s’éclipse comme un cerf
et tu ne l’attends pas là où elle apparaît.

Immense,
indéfinie,
tu deviens elle
et elle
entre et sort de toi comme un éclair.

(Elsa Cross)

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L’Odeur de mon Pays (Lucie Delarue-Mardrus)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2022




L’Odeur de mon Pays

L’odeur de mon pays était dans une pomme.
Je l’ai mordue avec les yeux fermés du somme,
Pour me croire debout dans un herbage vert.
L’herbe haute sentait le soleil et la mer,
L’ombre des peupliers y allongeait des raies,
Et j’entendais le bruit des oiseaux, plein les haies,
Se mêler au retour des vagues de midi.
Je venais de hocher le pommier arrondi,
Et je m’inquiétais d’avoir laissé ouverte
Derrière moi, la porte au toit de chaume mou ..
Combien de fois, ainsi, l’automne rousse et verte
Me vit-elle, au milieu du soleil et debout,
Manger, les yeux fermés, la pomme rebondie
De tes prés, copieuse et forte Normandie ?…
Ah ! je ne guérirai jamais de mon pays !
N’est-il pas la douceur des feuillages cueillis
Dans leur fraîcheur, la paix et toute l’innocence ?
Et qui donc a jamais guéri de son enfance ?…

(Lucie Delarue-Mardrus)

 

 

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Sache-le désormais (Lyonel Trouillot)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2022




    
Sache-le désormais :
Si je t’ai dit que j’ai grandi
dans l’odeur des jasmins d’Orient,
gambadé sous le feuillage des bougainvillées,
cueilli l’ylang-ylang et le vétiver des tropiques,
appris de 1a nature fragrances et paysages qui m’ont émerveillée …
Si je t’ai dit que, petite fille,
j’entrai par mon miroir dans des jardins magiques
dont j’aimai la fleur et le fruit,
je t’ai menti.

(Lyonel Trouillot)

 

Recueil: Le doux parfum des temps à venir
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Tous les arbres couleurs (James Sacré)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2022



Illustration: Danielle Rannou
    
Tous les arbres couleurs les érables surtout
un jour d’automne pourtant gris
que dedans c’est comme on pourrait pleurer
parce que la solitude et rien
çа fait quand même ces feuillages
des sortes de verreries comme à la fois simples
et curieusement compliquées
on les aurait disposées
dans les buissons sur le pré dehors
dedans c’est comme on pourrait sourire
la solitude en couleurs quand même rien.

(James Sacré)

Recueil: Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles (Comme)
Traduction:
Editions: Le Castor Astral & Le Noroît

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Ne te plains pas d’être un passant (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2022


fontaine

Aura perpétuelle
des feuillages, des fontaines,
ne te plains pas d’être un passant.

(Pierre Dhainaut)

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Un certain homme (Pierre Menanteau)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2022




Un certain homme

Ignorant de ses dieux
Mais adorant la vie,
Un homme curieux,
Sensible, sans envie,
Se promène en tous lieux.

Il ne sait pas toujours
Quel est son vrai visage.
Un souffle – est-ce l’amour? –
Passe dans le feuillage,
Révèle les contours.

Sa femme, ses enfants,
Ses amis innombrables,
Les animaux charmants
Qui sortent de leurs fables
Enchantent ses tourments.

Il lui faut tout cela
Au pays sans frontière
Où s’attardent ses pas:
Il faut que cette terre
Ouvre tout grands les bras.

(Pierre Menanteau)

 

 

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Tu récites pour toi seul (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2022



Illustration
    
Tu récites pour toi seul des vers anciens
et tout en toi-même est plus proche et plus nu.

sous le masque du dormeur le temps doucement va
les années les minutes les semaines les mois.

il te souvient des femmes dans la rue l’une
aux maigres épaules portant des choses lourdes.

l’autre passait avec des gestes d’adieu belle
comme une île ou une phrase inachevée.

celle-ci qui riait aux éclats dans le feuillage
obscur et dont le nom était imprononçable.

et celle-là voyageuse aux couleurs du monde
avec ses énormes bagages et ses robes lyriques.

à l’autre bout de ta nuit ceux que nul ne connaît
qui ne font aucun détour posant cartes sur table.

et ceux qui emportent dans leur coeur leur ordure
et leur toit des chiens morts des rouleaux secrets des fleurs nouvelles.

ta mère aux bras flottants qui ne pouvait comprendre
toute ronde si petite et les yeux couleur d’encre.

tu as pris dans ses yeux le goût de l’être et des iris
mais tout s’éloigne ainsi qu’un vol d’oiseaux. le ciel

se déplace. et ça n’en finit pas les errances
à travers nuits et jours au gré des vents, la vie

ses mornes champs ses gares ses travaux ses villages
ses grimaces, la tristesse sur la face des gens.

et l’infini désert recommence au matin :
tu récites pour toi seul des vers anciens.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Le nom perdu
Editions: Gallimard

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