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Poésie

Posts Tagged ‘feuille’

LES STATUES (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2019



 

Aristide Maillol

LES STATUES

Les feuilles, une à une, et le temps, heure à heure,
Tombent dans le bassin dont le jet d’eau larmoie;
Iphigénie en sang près d’Hélène de Troie,
Danaé, Antigone, Ariane qui pleure,

Marbres purs que le vent soufflette ou qu’il effleure!
Si le torse se cambre ou si la tête ploie,
Héroïque au destin qui caresse ou rudoie,
La statue aux yeux blancs persévère ou demeure.

L’éternelle beauté subsiste à jamais belle.
Le Silence a ployé le crêpe de son aile
Et songe, assis, le coude au socle où il inscrit

Le nom de l’héroïne énergique ou morose
Qui dérobe un sourire ou cache un sein meurtri
Derrière les cyprès ou derrière des roses.

(Henri De Régnier)

Illustration: Aristide Maillol

 

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TON FRONT SOUS MES DOIGTS (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2019



Ton front sous mes doigts,
Comme un fleuve chaleureux,
Comme le neuf aubier.
Ton front couronné de chemins
Où jamais je n’accompagne
Mon ombre.

Sous les feuilles, je cherche ainsi
La terre,
Pour que ma joie ne puisse
A droite, à gauche, s’en aller,
Pour qu’elle reste en moi
Dans ma liberté de pierre.

(Jean Rousselot)

 

 

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La flûte (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2019



 

La flûte

A STEPHANE MALLARME

Au temps du gazouillis des feuilles, en avril,
La voix du divin Pan s’avive de folie,
Et son souffle qui siffle en la flûte polie
Eveille les désirs du renouveau viril.

Comme un appel strident de naïade en péril
L’hymne vibre en le vert de la forêt pâlie
D’où répond, note à note, écho qui se délie,
L’ironique pipeau d’un sylvain puéril.

Le fol effroi des vents avec des frous-frous frêles
Se propage en remous criblés de rayons grêles
Du smaragdin de l’herbe au plus glauque des bois :

Et de tes trous, Syrinx, jaillissent les surprises
Du grave et de l’aigu, du fifre et du hautbois,
Et le rire et le rire et le rire des brises.

(Stuart Merrill)

 

 

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Sur les genoux de Terre (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2019



Illustration 
    
Sur les genoux de Terre
Boire le lait tranquille
Et laisser aux feuilles dans le vent
Leur ingénuité — sans soins de
La pensée — Laisser inculte
La chose.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Qu’il neige sur la Ville (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2019



 

Qu’il neige sur la Ville

Qu’il neige sur la Ville et neige dans le coeur,
qu’il neige, ô lente neige, à travers notre songe,
qu’il neige sur l’oiseau, dans la main du veilleur
où l’ombre et la durée à l’infini s’allongent ;
qu’il neige sur le temps, sur la feuille et l’écorce,
qu’il neige sur la vie aux visages sans nom,
avec le chant du soir, l’oubli des jours à naître,
que sur les morts debout neigent tous les hivers.
Plus pauvre que le pauvre, ô neige pardonneuse,
qu’il neige du silence et neige sur l’esprit ;
ne sommes-nous ce peu qu’un peu de neige efface
et pourquoi tant de bruit pour un peuple qui passe ?
Pour reculer en nous les révélations,
qu’il neige avec le spleen, qu’il neige avec l’angoisse,
neige de l’absolu, qu’il neige sur la race,
qu’il neige sur moi-même ainsi que sur l’ami,
est-il un souvenir qui n’ait sa neige aussi ?
Qu’il neige sur les Rois, qu’il neige sur Marie,
douce neige, qu’il neige, ô bénédiction,
et que l’aurore soit, qu’il neige et qu’on oublie.
La pâle odeur des lys épanche le sommeil,
ô neige patiente où s’endort le soleil,
pour le pardon de l’homme et le pardon du crime,
qu’il neige, neige étrange, au creux de nos chagrins,
sur toute vanité, sur la vigne et la tombe,
je veux rester ici parmi les pèlerins
à contempler la neige avec le ciel qui tombe.

(Géo Libbrecht)

Illustration: ArbreaPhotos

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Un homme ratisse des feuilles (Jim Morrisson)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2019




    
Un homme ratisse des feuilles
en tas dans sa cour, un monceau,
appuyé sur son râteau, il les brûle
absolument toutes.
Le parfum emplit la forêt
des enfants s’arrêtent et respirent
l’odeur qui, dans quelques années,
deviendra nostalgie

(Jim Morrisson)

 

Recueil: Prière américaine
Traduction:
Editions:

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OBLIGATION RECTANGULAIRE (Ron Padgett)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2019




    
OBLIGATION RECTANGULAIRE

J’ai un rectangle à remplir. De dessous il a l’air d’un rectangle, mais vu de
côté il est invisible, parce que c’est une idée. Je pince ses côtés et ils
vibrent, mais comme tout le reste. Un concert remonte ta route, et toute
une feuille de rire s’arrache de la surface pour s’envoler comme ce
rectangle le ferait s’il avait de l’énergie. Mais il n’en a pas, jusqu’au moment
où ma tête se change en bois et s’échauffe à l’intérieur. Alors le rectangle
se met à luire et fredonner. Soudain des « bulles d’hilarité » se répandent
dans tout le système, les quatre côtés du rectangle se séparent et dérivent
dans plusieurs directions, tournant sur eux-mêmes et basculant lentement
dans le noir. Je suis bien content d’en être débarrassé.

(Ron Padgett)

 

Recueil: On ne sait jamais
Traduction: Claire Guillot
Editions: Joca Seria

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Feuilles de céléri (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2019



Du panier de ma bicyclette Hé là!
dépassent pour je ne sais quelle joie
des feuilles de céléri

(Tawara Machi)


Illustration

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PALE ET LENTE, SI PALE EN SA ROBE D’ÉTÉ… (André Rivoire)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



Christophe Gilbert la mariée aux gants [800x600]

PALE ET LENTE, SI PALE
EN SA ROBE D’ÉTÉ…

Pâle et lente, si pâle en sa robe d’été,
Si lente en ses langueurs, oh ! si pâle et si lente,
Elle va promenant sa douleur nonchalante,
Par les prés sans parfum, sous le ciel sans clarté.

Et voici qu’en son cœur, serré d’une agonie,
L’adieu d’un cor se traîne en de mornes abois…
Oh ! s’en aller ainsi, quand les feuilles des bois
S’entassent, pour mourir, parmi l’herbe jaunie !

Mourir aussi, mourir avec les feuilles d’or,
Dans la douceur et la tristesse de l’automne,
En écoutant pleurer la bise monotone,
Sourire au soir qui tombe, et rêver qu’on s’endort !

(André Rivoire)

 

 

 

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LES QUATRE ÉLÉMENTS (Roger Gilbert-Lecomte)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



 

LES QUATRE ÉLÉMENTS

Si je dis Feu mon corps est entouré de flammes
Je dis Eau l’Océan vient mourir à mes pieds

Vaisseau vide immergé dans un cristal solide
Creuse momie aux glaces prises et je dis Air

Terre et le naufragé prend racine et s’endort
Sous les feuilles au vent de l’arbre de son corps

De sa bouche le songe engendre un rameau d’or
De sa bouche terreuse expirant ses poumons
Retournés vers le ciel tonnante frondaison

Moisson rouge au soleil de minuit et de mort

(Roger Gilbert-Lecomte)

 

 

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