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Poésie

Posts Tagged ‘feuille’

L’automne (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2017


automne2

L’automne au coin du bois
Joue de l’harmonica.

Quelle joie chez les feuilles!
Elles valsent au bras du vent qui les emporte.

On dit qu’elles sont mortes,
Mais personne n’y croit.

L’automne au coin du bois
Joue de l’harmonica.

(Maurice Carême)

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Les mots c’est une roue en mouvement (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2017



Les mots c’est une roue en mouvement et pourrais-je ordonner leur vertige ?
Ma voix s’aiguise à cette meule.

Gel et silence : le simple cri d’une herbe bouleverserait ce désert.
Découverte surprenante : hennir et devenir vert !

Un arbre s’ébroue, un cheval se couvre de feuilles.
Étendues raides, et pourtant nul coup n’a retenti :
antilopes de la joie, si beaux cadavres.

Qui dérange ainsi le damier de la nuit ? Il va falloir couper cette infatigable main.
L’encre aux doigts d’énigme, les hiéroglyphes de la page.

À peine délivré des mailles de la pensée, je retombe dans les rets du chant.
Être un instant cette mouette qui équilibre toute la mer !

(Jules Tordjman)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Dans les nervures d’un chêne (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

Dans les nervures d’un chêne
dans l’odeur profonde des truffes
je m’en vais faire un atelier de désécriture.

Tu viens alors, le mot.
Il y a toujours un moment fauve dans les feuilles.

À moi de le trouver, de le donner à voir.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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Le soleil tombe (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



    Illustration
    
Le soleil tombe.
Un jour, il tombera du haut
de son existence

son haut pas très haut
(étoile
de petit rang).

Nous ?

Tombés
avant lui.

En cette fin d’après-midi pourtant
c’est une jacinthe
que dans l’auto arrêtée sur la route, nous recevons en plein dans les yeux

ou la trace brillante d’un escargot sur une feuille

plus fortes
que la fin en marche.

Nous acceptons alors de vivre avec le provisoire.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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Comment pourrait-on briser (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



 

 
    
Comment pourrait-on briser l’amour qui nous unit ?
Comme la feuille de lotus repose sur l’eau,
ainsi tu es mon Seigneur et je suis ton servant.

Comme l’oiseau de nuit le Chakor contemple la lune pendant la nuit,
ainsi tu es mon Seigneur et je suis ton servant.

Depuis le commencement jusqu’à la fin du temps,
l’Amour est entre Toi et moi.
— Comment un tel amour pourrait-il s’éteindre ?

Kabîr dit : « Comme la rivière entre dans l’océan,
ainsi mon coeur pénètre en Toi. »

(Kabîr)

 

 

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Depuis longtemps je me suspectais moi-même (Marin Sorescu)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



Illustration: René Magritte
    
Depuis longtemps je me suspectais moi-même,
Aussi toute la journée je me suis filé
A distance discrète.

Or, sachez que je suis plus dangereux que je ne l’imaginais :
Quand je vais dans la rue, je regarde à droite, à gauche,
Comme si je ne cessais de photographier
Les maisons, les hommes, les poteaux télégraphiques,
Toutes ces richesses.

Puis, sans raison,
Pour passer inaperçu peut-être,
Je modifie l’expression de mon âme.
Mon visage comme un alphabet morse
Transmet sans cesse Dieu sait quel secret
Aux hommes de la lune qui sont à notre écoute.

Quand je suis devant ma table,
Je déchire une feuille de papier
En petits morceaux qui, sitôt roulés en boules,
Sont projetés dans l’oubli,
Ce qui est très bizarre.

Cette nuit je descendrai en rêve
Par une corde qu’à cet effet j’ai dans ma poche,
Pour voir ce que là-bas l’individu avoue,
Ce dont il se souvient spontanément
Et — ce qui importe plus — qui notamment
Lui fournit ces rapports sur les choses ?
Après quoi je me mettrai
A rédiger la fiche.

(Marin Sorescu)

 

Recueil: Céramique
Traduction: Françoise Cayla
Editions: Saint-Germain-des-Prés

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Fractal (Esther Jansma)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017



   Illustration
    
Fractal

En toutes ses parties, une rose est
rose, en chacune de ses feuilles elle est complète

de même que le contour de ce continent
est toujours égal dans le moindre millimètre à la côte

et la plus petite écharpe de brume
au nuage qui remplit le plus le ciel, de

même une rose dans le plus petit
contour de chacun de ses pétales

et de l’espace saturé de molécules olfactives
entre eux: cette rose

sans le savoir.

(Esther Jansma)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Daniel Cunin
Editions: Le Temps des Cerises

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OMBRES (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2017



 

Feuille-coquillage

OMBRES

Ombre blonde
Sur la rivière du jour
Ombre mauve
A l’envers des feuilles
Ombre de nacre
Sur le bord du coquillage
Ombre jaune
Des nuages qui masquent le soleil
Dans l’herbe bleue
Un arbre vert rampe
Dont l’ombre s’allonge
Dans la caresse des parfums.

(Jean-Baptiste Besnard)

Découvert sur son site ici

Illustration

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Ici (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017




    
Ici,
chaque murmure de feuille est poème.
Le chêne est un livre qui bruit.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: Trois ménologues
Editions: Cheyne

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ENVOL (Alain Jean Macé)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2017



    

ENVOL

D’un coup de fusil
L’automne s’étonne
La chasse est ouverte
Vivement qu’on meure
Se disent les feuilles
Tout bas à l’oreille

Vivement la mort
Pour partir enfin
Comme il est conté
Voyager au loin
Mille et une nuits
En tapis volant

Seulement voilà
Il leur manque encore
Facteur essentiel
Quelque vent complice
Pour leur apporter
La feuille de route

(Alain Jean Macé)

Editions: Traction-Brabant

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