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Posts Tagged ‘feuillet’

LA LETTRE BRÛLÉE (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2018




    
LA LETTRE BRÛLÉE

Adieu, lettre d’amour, adieu! Elle l’ordonne…
Mais combien j’ai tardé, que ma main fut rétive
à sacrifier au feu la trace de mes joies !…
Puisque l’heure a sonné : brûle, lettre amoureuse,
je suis prêt et mon coeur ne veut plus rien entendre.
Tes feuilles sont touchées par la flamme vorace…
Un moment ! Un éclair ! Elles flambent… Légère
une fumée s’enroule, emportant mes prières.
Maintenant s’évanouit l’empreinte du cachet
et la cire en fondant grésille. Ô Providence !
C’en est fait. Les feuillets noircis se crispent,
sur l’impalpable cendre encore transparaissent
les lignes tant aimées. J’ai le coeur lourd. Ô cendre,
humble consolation pour mon destin en deuil,
demeure à tout jamais sur mon coeur affligé.

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: Poésies
Traduction: Louis Martinez
Editions: Gallimard

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Saisir l’instant (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



 

fleur séchée

Saisir l’instant

Saisir l’instant tel une fleur
Qu’on insère entre deux feuillets
Et rien n’existe avant après
Dans la suite infinie des heures.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant. S’y réfugier.
Et s’en repaître. En rêver.
À cette épave s’accrocher.
Le mettre à l’éternel présent.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant. Construire un monde.
Se répéter que lui seul compte
Et que le reste est complément.
S’en nourrir inlassablement.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant tel un bouquet
Et de sa fraîcheur s’imprégner.
Et de ses couleurs se gaver.
Ah ! combien riche alors j’étais !
Saisir l’instant.

Saisir l’instant à peine né
Et le bercer comme un enfant.
A quel moment ai-je cessé ?
Pourquoi ne puis-je… ?

(Esther Granek)

Illustration

 

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GNEISS (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



GNEISS

Plis. Feuillets. Pages clivées des bibles refroidies.
Pupilles des micas au clair-obscur des quartz.
J’aime ton nom de cendre et de granite gris,
ces méandres ourlés où hésita le feu.
Et tes rides étales au clair-obscur des quartz.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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Pan (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Pan

Vous me dessinez sur vos urnes
oubliant que je ne suis rien, rien qu’un nom
couché à l’encre sur les feuillets, rien qu’un son
prononcé aux veillées nocturnes
pour attirer la floraison

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Au seuil du feuillet blanc (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



Karine Daisay _Ecrireunami_Psychologi

Au seuil du feuillet blanc
C’est ta main qui m’accueille

(René Guy Cadou)

Illustration: Karine Daisay

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LE FOND DE LA PENSÉE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017




    
LE FOND DE LA PENSÉE

Sur les cailloux
Au fil du sang
L’herbe le brin de paille
Et la main qui descend
Toute la vie
Au bord des sombres pâturages
Les yeux et l’horizon qui manquent d’éclairage
Le feuillet où j’inscris l’avenir de travers
Et si loin
Les hautes cheminées de la mer
Ce qui était mon bien ma raison de comprendre
Toutes mes fleurs
Tous mes oiseaux qu’on veut me prendre
Et jusqu’à cet amour tendrement obstiné
Amour de mon amour
Et des bêtes de lait
Toute la vie pour la plus folle
Pour une belle pour une seule parole.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Feuillet d’album (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2017



Feuillet d’album

Tout à coup et comme par jeu
Mademoiselle qui voulûtes
Ouïr se révéler un peu
Le bois de mes diverses flûtes

Il me semble que cet essai
Tenté devant un paysage
A du bon quand je le cessai
Pour vous regarder au visage

Oui ce vain souffle que j’exclus
Jusqu’à la dernière limite
Selon mes quelques doigts perclus
Manque de moyens s’il imite

Votre très naturel et clair
Rire d’enfant qui charme l’air.

(Stéphane Mallarmé)

Illustration: Lucien Lévy-Dhurmer

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AGATES NOIRES (Tudor Arghezi)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



 

Félix Vallotton   claire-de-lune-1895

AGATES NOIRES

Comme on est porté au coeur du silence
dans la profondeur de ce ravin
de la nuit pâle, comme l’est la lune
luisant aux grisailles du soir.

Comme se perd l’âme
dans des filets vagues
bercés bord sur bord,
pour la caresser.

Comme feuillets lus,
les papillons blancs cernés d’or
sur des touffes de centaurées
dansent d’une aile fine.

Crissement de soie
noyée de dentelles —
passe un vent léger
étoilé de perles
au long de ma vitre.

Dans ma tête monte
un très vieux parfum
de sein radieux
sur lequel dormait
l’iris d’un bras frêle.

Les yeux fermés, coques de fer,
distribuent leur graine menue
aux yeux d’autrefois.
Et vers le ciel ces tristes arbres :

les voici, les sombres navires
chargés d’un lest mystérieux…

(Tudor Arghezi)

Illustration: Félix Vallotton

 

 

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Ce claquement des feuillets (Pierre-Albert Jourdan)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2016



Ce claquement des feuillets
malmenés par le vent :

ne l’oublie pas !

(Pierre-Albert Jourdan)

 

 

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… mais ainsi soit-il (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2015


 


… mais ainsi soit-il.

Un éclat de trompette
dialogue avec les essaims de la chênaie.
Dans la coquille où le soir se reflète
un volcan peint fume gaiement.

La monnaie enchâssée dans la lave
brille elle aussi sur la table et retient
quelques feuillets. La vie qui semblait vaste
est plus brève que ton mouchoir.

***

… ma cosi sia. Un suono di cornetta
dialoga con gli sciami del querceto.
Nella valva che il vespero riflette
un vulcano dipinto fuma lieto.

La moneta incassata nella lava
brilla anch’essa sul tavolo e trattiene
pochi fogli. La vita che sembrava
vasta è più breve del tuo fazzoletto.

(Eugenio Montale)


Illustration: Hokusaï

 

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