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Posts Tagged ‘fiancailles’

LA JEUNE MARIÉE (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2018



LA JEUNE MARIÉE

Élever une fille pour lui faire épouser un soldat,
Mieux vaudrait à sa naissance la jeter sur la route.

Seigneur, j’ai natté mes cheveux, le jour de nos fiançailles,
Mais notre lit n’a pas eu le temps de se réchauffer.
Au coucher de soleil, je suis devenue votre femme,
Et nous nous sommes séparés aux premières lueurs de l’aube !

Maintenant je pense à la mort qui vous menace à chaque instant.
L’Angoisse m’oppresse. Mon cœur se déchire.

Je m’étais promis de vous suivre partout…
Mais j’ai senti que ma présence vous aurait soucié davantage.

Ne prononcez pas trop souvent le nom de votre jeune épouse.
Sans oublier jamais votre devoir de soldat.

(La Flûte de Jade)

 

 

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Retouche aux fiançailles (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
retouche aux fiançailles

le temps qu’un diamant divise la lumière
la flûte égare la meute des cuivres

au bord des blés quand l’ombre hésite
ciel aux mains jointes

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie Retouches
Editions: Gallimard

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FIANÇAILLES POSTHUMES (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2016



FIANÇAILLES POSTHUMES

J’aimerais tant te chanter, ma planète,
sans le secours des mots ni des chansons;
je marcherais près de toi, plein d’amour,
et cueillerais les fleurs de notre espace :
ici la jeune étoile à peine éclose,
et là cette comète qui est mûre.
Nous flatterions nos êtres familiers :
il est des épagneuls taquins et doux,
— on les appelle parfois météores —
qui viennent boire à même tes ruisseaux,
et dans mon âme aussi il est des bêtes
qui me font vivre en paix avec ma peur
et avec toi et avec la tristesse.
Nous choisirions l’endroit où le néant
est le plus frais, et nous nous aimerions,
toi devenant humaine par pitié,
et moi lunule heureux qui t’obéit.
Nous nous raconterions nos plus beaux rêves,
pour qu’ils écartent les lourdes limites
de nos esprits et de nos coeurs. Et même
je t’imagine en train de composer
un poème en syllabes de colline
et mots d’azur, tandis que je m’efforce
de devenir un très sage équateur.

(Alain Bosquet)

 

 

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La jeunesse (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2015



La jeunesse
(Ainsi te paraissait)
Requiert un lien ardent •
Mais tant de jours passaient
Où j’étais avec toi • serein et constant.

Tu parlais !
Je m’en effraie un peu •
Comment ! – peut donc produire
Tant de hâte et de feu
Le vide chant • la joie d’enfant et son rire !

Et après
(Crois-le j’en eus pitié !)
Encor du doigt ce geste d’ange
Encor douce la pose de ton pied •
La dédaignée reçut toutes mes louanges.

Ô ma sœur !
Le nom t’agaçait ?
Que lorsque je m’en vais
Sur un sentier jamais rebroussé
Pour fiançailles nous ayons le Secret.

***

Die jugend
(So bedäucht es dich)
Heischet ein heisses band •
Doch tag urn tag verblich
Wo ich gelassen bei dir ging und stand.

Du sprachest!
Ich erschrecke fast •
Wie! — kann entfachen
So viele glut und hast
Der leere sang • das kindesfrohe lachen!

Und danach
(Glaube mir ich litt)
Sanft noch dein finger wob •
Dein fuss so sanft noch schritt •
Erst der verschmähten ward mein volles lob.

O schwester!
Dir missfällt der ruf?
Sei wenn ich scheide
Auf nie gewandtem huf
Das rätsel ein verlöbnis für uns beide.

(Stefan George)


Illustration: Francine Van Hove

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