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Poésie

Posts Tagged ‘fiancée’

Romance (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



 

Andrei Buryak  20

Romance

J’ai mille oiseaux de mer d’un gris pâle,
Qui nichent au haut de ma belle âme,
Ils en emplissent les tristes salles
De rythmes pris aux plus fines lames….

Or, ils salissent tout de charognes,
Et aussi de coraux, de coquilles ;
Puis volent en tonds fous, et se cognent
A mes probes lambris de famille …..

Oiseaux pâles, oiseaux des sillages !
Quand la fiancée ouvrira la porte,
Faites un collier des coquillages
Et que l’odeur de charogn’s soit forte !….

Qu’Elle dise :  » Cette âme est bien forte
 » Pour mon petit nez…. – je me r’habille.
 » Mais ce beau collier ? hein, je l’emporte ?
 » Il ne lui sert de rien, pauvre fille….  »

(Jules Laforgue)

Illustration: Andrei Buryak

 

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Cerisier (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2019


Te voici devenu
Comme ce fut rêvé,

Rien que cette blancheur
Effrayant l’horizon,

Rien que la fiancée
Préparée pour les noces.

Qui te prendra?
Qui doit venir?

(Guillevic)

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En chemise bleue (Célie Diaquoi-Deslandes)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019



 

fumée bleue

En chemise bleue

Un fume-cigarette dort en chemise bleue
Bleu d’azur sombre bleu de fumée
Fumée de cigarettes défuntes
Un fume-cigarette dort en chemise bleue

Cauchemar peuplé de rires
Rire jaune rire de cristal
Cristal de larmes fugitives
Un fume-cigarette dort en chemise bleue

Dans un cendrier couleur de nuit
Nuit de mains lasses de mains fiancées
Fiancées nubiles fiancées lascives
Un fume-cigarette dort en chemise bleue

(Célie Diaquoi-Deslandes)

Illustration

 

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Fillette de l’argile fiancée au feu (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018



Fillette de l’argile fiancée au feu
enfant de la terre moite
villageoise de mousse
d’herbes amères
et d’insectes miroitants
de lierre
et de feuilles
promise au danseur des fagots
chaque branche du bûcher
brindille ronce et genévrier
témoigne de ta folle aventure
au confluent d’Isis et de Geneviève
bergère de nature
et reine d’épée
toi la sainte et toi la fée
toi que l’amour a brûlée.
Fille des souches et des eaux
des flammes s’apprivoisent
du cep au ciel
entre tes doigts
oiseaux cruels.

(Armand Lanoux)

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LE MENETRIER (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2018



 

LE MENETRIER

Quand le ménétrier des morts est passé
Avec un mignon cercueil pour boîte à violon,
Le crâne sans toque et les pieds déchaussés,
Lansquenets bravaches ou félons,
Pages d’amour charmants ou vieux cocus rossés
Ont fait la courbette jusqu’à ses talons.

Quand le ménétrier des morts est passé
Avec un tibia pour archet
Abbés papelards, mitrés et crossés,
Pourvus de pécheresses et d’évêchés
Ont lampé leur dernier pichet
Et sont vite allés se confesser.

Et toi aussi, chère petite adorée,
Tu as mis ta collerette de neige
Et ta couronne de fiancée
Pour suivre l’étrange cortège
De danseurs et d’amoureuses au bout du pré,
Quand le ménétrier des morts est passé.

(Tristan Klingsor)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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Lin (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018



Lin

Avant de garnir nos quenouilles, le lin est une jolie fleur;
on dit qu’elle a vécu sur la terre sous les traits d’une belle fileuse.
Chantons, jeune filles, chantons le lin.
Le lin c’est la fleur du travail,
la fleur mère des doux rêves, et des bonnes pensées.

Vous connaissez l’histoire de Marguerite, celle que le démon tenta.
Quand elle faisait aller son rouet, l’ennemi des âmes n’osait s’approcher d’elle.
Le jour quand nous gardons nos troupeaux, le lin, notre ami fidèle,
nous préserve de l’ennui, il tourne gaîment entre nos doigts,
et mêle son doux bruit à nos chansons.

Aimons le lin, jeunes filles, aimons le lin.
Les contes de la veillée nous paraissent plus amusants
quand le bruit de la petite roue les accompagne.
C’est en filant le lin que ma mère m’a bercée,
et m’a appris à bégayer mes premières chansons.

Ma vieille grand’mère se sent encore joyeuse,
et chante quelquefois en remuant la tête,
lorsqu’elle prend sa quenouille.
Comme le tisserand fait aller joyeusement sa navette sur son métier!
Il est blond comme le lin qui compose sa trame.
Le tisserand est le roi des ouvriers; il doit faire bon ménage avec la fileuse.

Ma mère, je veux épouser un tisserand.
C’est avec le lin qu’on tissera mon voile de fiancée,
le lin le plus blanc et le plus pur;
En quoi sera le suaire dans lequel on m’ensevelira
quand je serai morte.

Filons, jeunes filles, filons le lin.

(J.J. Grandville)

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Le merisier sème sa neige (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018




    
Le merisier sème sa neige,
verdure de fleurs et de rosée.
Les freux penchés sur de jeunes pousses
se promènent dans le champ.

Ondoiement de l’herbe soyeuse,
effluves de pin résineux.
Aïe ! prairies et chênaies !
le printemps m’a tourné la tête.

Comme l’arc-en-ciel mon âme
s’éclaire de choses mystérieuses
et je songe à ma fiancée,
mon chant n’est que pour elle.

Sème donc, merisier, ta neige,
oiseaux des bois chantez, trillez.
Ma course houleuse à travers prés
sèmera de même la fleur écumeuse.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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VALSE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



 

Gaston Bussiere (1862-1929)      g

VALSE

I.

Loin du bal, dans le parc humide
Déjà fleurissaient les lilas ;
Il m’a pressée entre ses bras.
Qu’on est folle à l’âge timide !

Par un soir triomphal
Dans le parc, loin du bal,
Il me dit ce blasphème :
« Je vous aime ! »

Puis j’allai chaque soir,
Blanche dans le bois noir,
Pour le revoir
Lui mon espoir, mon espoir
Suprême.

Loin du bal dans le parc humide
Qu’on est folle à l’âge timide !

II.

Dans la valse ardente il t’emporte
Blonde fiancée aux yeux verts ;
Il mourra du regard pervers,
Moi, de son amour je suis morte.

Par un soir triomphal
Dans le parc, loin du bal
Il me dit ce blasphème :
« Je vous aime ! »

Ne jamais plus le voir…
À présent tout est noir ;
Mourir ce soir
Est mon espoir, mon espoir
Suprême.

Dans la valse ardente il l’emporte
Moi, je suis oubliée et morte.

(Charles Cros)

Illustration: Gaston Bussiere

 

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Les Cydalises (Gérard de Nerval)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017




Les Cydalises

Où sont nos amoureuses ?
Elles sont au tombeau !
Elles sont plus heureuses
Dans un séjour plus beau.
Elles sont près des anges
Dans le fond du ciel bleu,
Et chantent les louanges
De la mère de Dieu.
O pâle fiancée !
O jeune vierge en fleur !
Amante délaissée
Que flétrit la douleur !…
L’Eternité profonde
Souriait dans vos yeux :
Flambeaux éteints du monde,
Rallumez-vous aux cieux !

(Gérard de Nerval)

Illustration: Jean-Jacques Henner

 

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LES ERREURS (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2017



Illustration: Emile Vernon
    
LES ERREURS

(La première voix est ténorisante, maniérée,
prétentieuse; l’autre est rauque, cynique et dure.)

Je suis ravi de vous voir
bel enfant vêtu de noir.

— Je ne suis pas un enfant
je suis un gros éléphant.

Quelle est cette femme exquise
qui savoure des cerises?

— C’est un marchand de charbon
qui s’achète du savon.

Ah! que j’aime entendre à l’aube
roucouler cette colombe!

— C’est un ivrogne qui boit
dans sa chambre sous le toit.

Mets ta main dans ma main tendre
je t’aime Ô ma fiancée!

Je n’suis point vot’ fiancée
je suis vieille et j’suis pressée
laissez-moi passer!

(Jean Tardieu)

 

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