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Poésie

Posts Tagged ‘fièvre’

Il pleut dans ma chambre (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



 

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Il pleut dans ma chambre

Il pleut dans ma chambre
J´écoute la pluie
Douce pluie de septembre
Qui tombe dans mon lit
Le jardin frissonne toutes les fleurs ont pleuré
Pour la venue de l´automne
Et pour la fin de l´été
Mais la pluie fredonne
Sur un rythme joyeux
Tip et tap et tip top et tip
Et tip tip et tip
Et tip top et tap
Voilà ce qu´on entend la nuit
C´est la chanson de la pluie

Demain le jour fleurira sur vos lèvres
Mon amour et la pluie qui calme notre fièvre
Sera loin très loin dans la mer
Voguant sous le ciel clair
Demain les bois auront fait leur toilette
Et les toits peints de frais auront un air de fête
Les oiseaux contents de ce shampooing
Ne se plaindront point

Il pleut dans ma chambre
Il pleut dans mon cœur
Douce pluie de septembre
Chante un air moqueur
Dans toute la campagne
Poussent de beaux champignons
Et dans la montagne
Le vent joue du violon…
Tous les chats de gouttière
Dansent, chantent en rond
Tip et tap et tip tap et tip
Et fut fut et tic
Et pic pac et toc
Voilà ce qu´on entend la nuit
C´est la chanson de la pluie

(Charles Trenet)

Illustration

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LA FILLE MAIGRE (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2021



(c) BRIDGEMAN; Supplied by The Public Catalogue Foundation

 

LA FILLE MAIGRE

Je suis une fille maigre
Et j’ai de beaux os.

J’ai pour eux des soins attentifs
Et d’étranges pitiés.

Je les polis sans cesse
Comme de vieux métaux.

Les bijoux et les fleurs
Sont hors de saison.

Un jour je saisirai mon amant
Pour m’en faire un reliquaire d’argent.

Je me pendrai
A la place de son coeur absent.

Espace comblé,
Quel est soudain en toi cet hôte sans fièvre ?

Tu marches
Tu remues ;
Chacun de tes gestes
Pare d’effroi la mort enclose.

Je reçois ton tremblement
Comme un don.

Et parfois
En ta poitrine, fixée,
J’entrouvre
Mes prunelles liquides

Et bougent
Comme une eau verte
Des songes bizarres et enfantins.

(Anne Hébert)

Illustration: John Augustus Edwin

 

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D’un seul âge (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2021


D'Hier à Demain

 

Mon sang
se lie
à toutes vos soifs

Mon cœur
se peuple
de toutes vos fièvres

Ma bouche
s’emplit
de toutes vos voix

Hier et Demain
sont d’un seul âge !

(Andrée Chedid)

Illustration

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L’ombre d’une vague (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2021




    

L’ombre d’une vague charrie encore une autre ombre.
À la vague d’une ombre succède une autre vague.
À mon cheval perdu je dois ouvrir le chemin d’un
autre cheval plus fort et partout présent.

Le bleu-vert sombre d’une colline ou d’un nuage
(la tempête a arraché tes vêtements). Nus nous
sommes maintenant l’eau verte d’une poitrine et le
pain blanc de la maison sur les dunes.

Sous le soleil nous sommes des animaux fauves, rouges,
qui se nourrissent des éléments à l’ombre du cheval,
sous la clarté du vide, dans la charpente des navires.

Le jour. Les seins. L’eau. L’ombre. La lumière. La fièvre.
Une roue s’emballe du poignet jusqu’à l’arbre
dans un ciel grand ouvert au plaisir de la soif.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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VIERGE MODERNE (Edith Sôdergran)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2021



    

VIERGE MODERNE

Je ne suis pas une femme. Je suis neutre.
Je suis un enfant, un page, une résolution hardie
je suis un rai de soleil écarlate qui rit…
Je suis un filet pour poissons gloutons,
je suis un toast porté en l’honneur de toutes les femmes,
je suis un pas vers le hasard et la ruine,
je suis un bond dans la liberté et le soi…
Je suis le sang qui chuchote à l’oreille de l’homme
je suis fièvre de l’âme, désir et refus de la chair,
je suis l’enseigne à la porte de paradis interdits,
Je suis une flamme exploratrice et gaillarde,
je suis une eau profonde mais téméraire jusqu’aux genoux,
je suis eau et feu loyalement, librement unis…

(Edith Sôdergran)

Trad. : Carl Gustaf Bjurstom et Lucie Albertini

***

Jag är ingen kvinna. Jag är ett neutrum.
Jag är ett barn, en page och ett djärvt beslut,
jag är en skrattande strimma av en scharlakanssol…
Jagr ett nit för alla glupska fiskar,
jag är en skål för alla kvinnors ira,
jag är ett steg mot slumpen och fördàrvet,
jag är ett språng I friheten och sj ilvet…
Jag är blodets viskning i mannens öra,
jag är en sj lens frossa, köttets liingtan och förvägran,
jag är en ingångsskylt till nya paradis.
Jag är en flamma, sökande och käck,
jag är ett vatten, djupt men dristigt upp till knäna,
jag är eld och vatten I ärligt sammanhang på fria villkor…

 

Recueil: Petite anthologie Poésie européenne
Traduction:
Editions: Singulières

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La main touche une jupe (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021


Réussite_Malinowsky

La main touche une jupe,
muguets fanés, je me souviens,
tiède comme un début de peau,
un feu de sang brûle les os.
Les joncs craquent sous le corps souple,
et le miel bout dans l’oeillet pourpre,
sur le brasier de myosotis
là-haut où les oiseaux s’étirent.
Carrière de braise rouge,
près d’une eau non doublée de tain
où toute pudeur expire
au vent venu de Si loin,
Sous août bruissant, la fièvre est fraîche,
et la brûlure encore glacée
des lèvres fanées de soif,
et du corps torride de sang.
Voici la baie de tes jambes,
avant cette île foudroyée
où peut-être un peu de neige
attend ma tête sans pensée.

(Alain Borne)

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Flammèches (Jamel Eddine Bencheikh)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2021



Flammèches

Une à une des taches d’or
Paraphent la pupille de convoitise
Des pulsations pressentent la fièvre
L’angoisse s’irise
Le temps se tait
Je me recroqueville

L’affrontement se fera sans répit de lumière

(Jamel Eddine Bencheikh)


Illustration

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LE DIRE (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2021



LE DIRE

Je ne l’ai toujours pas dit
Mais quoi? Mais quand?
II tarabuste mon élan,
Pèse en mon coeur, sur mes poumons
Et parfois ma langue interrompt.
J’ai beau dire et j’ai beau faire
Modestement ou à l’excès
Sincèrement ou en colère
Avec fièvre ou froidement
J’ai beau jaillir entre deux pierres
Ou bien foncer sombrement
Je ne l’ai toujours pas dit
Mais quoi? Mais quand?

Je songe devant un pré,
Devant un village ou un fil
Qui lie deux arbres fluidement
Je vais le dire, je l’ai qui tremble
Qui me serre ou qui m’attend
Hélas, je ne m’en délivre
Il repart dans le puits où on le voit
Je ne l’ai toujours pas dit
Mais quoi? Mais quand?

(Pierre Morhange)

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J’ai voué à la solitude (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2021




    
j’ai voué à la solitude
ce corps qui m’entrave
et le plus souvent que je puis
je le déserte l’abandonne
à ses fièvres et fatigues
il traîne où il veut
tue le temps comme bon lui semble
et quand il revient
je continue de l’ignorer

je cherche le noyau

la racine

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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ÉLÉGIE (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021



Illustration: Anne-François-Louis Janmot
    
ÉLÉGIE

Quel jardin habitent les vertes adolescentes ?
Quand elles chantent, leurs voix sont pures comme le cristal des collines ;
dans le silence du soir, quelle blanche obscurité les recouvre ?

Le prétexte du poème les poursuit.
Il leur donne l’éternité d’un chemin forestier,
en automne, parmi les troncs qui blanchissent.

Il entend leurs rires d’oiseaux
dans leur fièvre de partir.
La nuit tombe plus tôt.
Les champs ont abandonné l’écho des eaux,
le murmure indistinct d’un dieu.

Même un regard attentif ne reconnaît pas,
en ces fleurs piétinées par le couchant,
les lèvres que l’ombre a tues.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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