Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘figée’

Pierre tombale, Athènes (Vincent O’Sullivan)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016



Le petit poing sur les genoux de la mère,
la main du mari sur son épaule
les longues lignes tombantes
des vêtements à l’ancienne.

Jambes croisées
l’enfant se penche vers elle.
Les mains du mari l’apaisent.
Assise et figée comme saisie
par la joie et les regrets.
Elle est la présence devenue absence.

Depuis quand les a-t-elle quittés ?
Depuis cet après-midi.

(Vincent O’Sullivan)

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Ensorcelée (Karin Boye)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2016



Ensorcelée

Quand tu es loin, mon âme est affamée, sauvagement.
Quand tu es là, je languis tout autant-
désemparée, je vois,
figée, fermée,
comme fuit la minute,
vide et stérile.

En secret j’ai voulu boire le subtil parfum de fleurs
royal et fier, de ton être, un vin sacré-
mais me voici, appesantie
comme en songe
assoiffée comme Tantale
dans les torrents limpides.

Aux heures de solitude ma langue a brûlé
de te dire les beautés que j’ai rêvées, que j’ai senties –
mais en ta présence
ma pensée sommeille,
ma porte est close
et mon coeur s’engourdit.

(Karin Boye)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Alain Bonnefoit

 

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Soir (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2016



Aux marges du jour
Le vide est creusé

Le soleil est noir
Comme une blessure

Couler comme un fleuve
Et recommencer

Saisir la prairie
Figée dans l’instant

Marbre de silence
Immobilité

Les arbres retiennent
La mort pour le jour

Et dans la parole
Survit cet amour.

(Georges Jean)

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Le néant varie (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2015



Le néant varie.
Filaments qui se détachent de l’absence,
minimes fluctuations du vide,
petites dénivellations dans le non-être.

Dans ces failles de l’abîme
commencerait peut-être une vision non figée
qui percevrait au revers du temps
la possibilité de l’impossible.

Peut-être les variations du néant
sont-elles les fondations secrètes
de cette nouvelle vision.
Et cette vision suffit-elle
pour que tout ce qui n’est pas
commence à dériver dans l’être.

(Roberto Juarroz)

Illustration

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Tu es l’ivresse de la brume (Jean Orizet)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2015




Tu es l’ivresse de la brume
cette buveuse de soleil
mon oeuvre inéluctable

A l’aube tu surgis de la pâleur givrante
et la terre écrasée sous toi
ne peut plus rien

La vie semble figée
les grands monstres sommeillent
ta délivrante ubiquité fait merveille.

(Jean Orizet)

 

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