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Poésie

Posts Tagged ‘figue’

Le pli (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2019



Illustration: Elisa Fantozzi
    
Le pli

Ô pli rose

dans tes pentes de nacre j’ose
Poser ma bouche à ta lèvre
Et fouir dans ta moire rose

Toi soie rose

si la vaste mort m’échoit
Qu’au moins ta gloire me noie
A l’odeur épaisse j’ose
Manger le miel et le sel
La figue et la mer morose

du piège bel
Ourlet où je me repose

Ô pli chose

d’ornement et de secret
Pour l’averse dans le val rose
Pluie lente épaisse dose
Quand jamais la mort m’échoit avant elle
Que j’y perde dans la soie

Ô pli rose

La figue et le songe de la mer
avant la mort
La fin du jeu même pas amer

(Jacques Chessex)

 

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Le fou (Henri Gougaud)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019



Il était bon comme une figue brune
il était fort comme un désir de loup
il était seul comme un chien dans la lune
il était fou, fou comme l’amour fou.

Il était beau comme un pitre en Sorbonne
sérieux aussi comme un enfant qui joue
il était fier comme un air de trombonne
il était fou, fou comme l’amour fou.

Il s’exaltait comme un désert qui danse
il rêvait grand comme un oeil de hibou
il s’affolait comme un cri d’ambulance
il était fou, fou comme l’amour fou.

Il est parti comme un cheval sauvage
il s’est défait comme brume au mois d’août
il a vécu comme un oiseau sans âge
il était fou, fou comme l’amour fou.

Il fut amant comme on l’est en enfance
il en souffrit mais au fond ce fut doux
il s’est perdu comme on part en vacances
il était fou, fou comme l’amour fou.

(Henri Gougaud)

Illustration

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Le luth (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2018




    
Le luth

Je suis le luth. Veux-tu décrire
mon corps, ses courbes belles et galbées :
parles-en comme du galbe
d’une figue mûre. Amplifie

l’obscurité qu’en moi tu vois. Ce fut
l’obscur de Tullia. En son sexe
il n’en fut point autant, et la clarté
de ses cheveux était comme une salle claire.

Pour faire passer en son front
quelques sons elle effleurait mes cordes
et chantait. Et contre sa faiblesse
je me tendais, — mon âme enfin était en elle.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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À GYRINNO (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Francine Van Hove
    
À GYRINNO

Ne crois pas que je t’aie aimée.
Je t’ai mangée comme une figue mûre,
je t’ai bue comme une eau ardente,
je t’ai portée autour de moi comme une ceinture de peau.

Je me suis amusée de ton corps,
parce que tu as les cheveux courts,
les seins en pointe sur ton corps maigre,
et les mamelons noirs comme deux petites dattes.

Comme il faut de l’eau et des fruits,
une femme aussi est nécessaire,
mais déjà je ne sais plus ton nom,
toi qui as passé dans mes bras comme l’ombre d’une autre adorée.

Entre ta chair et la mienne, un rêve brûlant m’a possédée.
Je te serrais sur moi comme sur une blessure et je criais :
Mnasidika! Mnasidika! Mnasidika!

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mémoire (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Illustration: René Magritte
    
Mémoire

De figues se nourrisse le coeur
en qui l’heure se souvient
de l’oeil-amande du mort.
Qu’il se nourisse de figues.

Escarpé,
sous le souffle marin,
le front échoué,
frère des écueils.

Blanche,
augmentée de tes cheveux,
la toison
du nuage paissant.

***

Remembrance

Nourished by figs be the heart
wherein an hour thinks back
on the deadman’s almond eye.
Nourished by figs.

Steep, in the seawind’s breath,
the shipwrecked
forehead,
the cliff-sister.

And full-blown by your white hair
the fleece
of the grazing cloud.

***

Andenken

Feigengenährt sei das Herz,
darin sich die Stunde besinnt
auf das Mandelauge des Toten.
Feigengenährt.

Schroff, im Anhauch des Meers,
die gescheiterte
Stirne,
die Klippenschwester.

Und um dein Weißhaar vermehrt
das Vlies
der sömmernden Wolke.

(Paul Celan)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Pourquoi cette rougeur en ton front (Albert Cohen)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



J’ai ouvert cette figue fraîche
J’ai souri de sa chair rose
De sa chair douce.

Pourquoi cette rougeur en ton front
Tandis que je mangeais le beau fruit délicat
Jeune fille.

(Albert Cohen)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration

 

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Sous les mille mains du figuier (Jean-Hugues Malineau)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017



Sous les mille mains du figuier
j’oserai peut-être
prendre la sienne.

(Jean-Hugues Malineau)


Illustration

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Pierre changeante (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2017



Pierre changeante.

Lorsque tu entres, c’est un tournesol.
Bouge un peu: c’est une figue
puis une roue,
un paon,
une maison fermée la nuit,
une maison ouverte à l’aube,
un corps ensoleillé.
Quand tu atteins le mur du Nord,
c’est un tigre.

(Jean Joubert)

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Pierre changeante (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2017




Lorsque tu entres, c’est un tournesol.
Bouge un peu: c’est une figue
puis une roue,
un paon,
une maison fermée la nuit,
une maison ouverte à l’aube,
un corps ensoleillé.
Quand tu atteinds le mur du Nord,
c’est un tigre.

(Jean Joubert)

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Tu te souviens (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2017



Tu te souviens
Notre maison était solitaire debout
dans la mêlée des oliviers et des figues
Et la source dormait tout contre cela petite petite pupille

Tu te souviens
Le bois battait des ailes comme les papillons
C’était première nuit sur la terre…

La Nuit…

Creuse l’abîme de ton sein
deviens labyrinthe et prends-moi

(Adonis)

Illustration: Guy Borremans

 

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