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Posts Tagged ‘fileuse’

DU SOIR AU LENDEMAIN (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2019



Illustration: Tamara de Lempicka
    
DU SOIR AU LENDEMAIN

Filles de la pluie et du beau temps
Filles fileuses de fil en quatre
Filles fabuleuses comme l’Orient
Filles du ciel et du marbre

C’est vous que l’on voit dans les rêves
semant ces songes à pleines mains
et qui fuyez comme les nuages
pour revenir le lendemain

Beaux serments et belles promesses
que vous distribuez gratuitement
et que vous reniez très sagement
un baiser vaut bien une messe

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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L’araignée familière (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



l’araignée familière
attend la fin du monde
elle a déjà conquis
le silence des astres

un frisson de lumière
annonce le désastre
et la chute des ombres

la fileuse a rompu
le fil de la mémoire

(Jean-Claude Pirotte)

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LE SPECTRE INVISIBLE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018



Illustration: Marc Chagall
    
LE SPECTRE INVISIBLE

Que j’apprenne, si je l’ose, l’ordre du vent,
Du feu, de la tempête, et de la mer.
Que j’apprenne si je l’ose dans quel mode de l’être
Tombe la feuille de l’arbre.

Partout
Il y a des brèches dans l’air,
Des tombes ouvertes pour nous recevoir,

Après la septième couleur
Et avant la première
C’est l’obscurité.

Au-delà du son, le silence
Qu’entendent les chauves-souris
Et le poisson des profondeurs qui perçoit le pouls des vagues,

Au-delà des sens, les sphères qui tournent, ces fileuses,
Atomes et étoiles
Qui tissent nos vies.

Les amants cherchent un refuge
Dans l’abîme
D’où ils s’élancent,

Car dans les profondeurs de l’amour nous sondons
Le vide
Derrière la vie mortelle,

Et à travers notre sommeil
Se meuvent des puissances cachées
Étranges comme des nébuleuses,
Les rêves qui ne sont pas les nôtres.

***

THE INVISIBLE SPECTRUM

Learn, if I dare, the order of the wind,
Fire, tempest and the sea.
Learn if I dare into what mode of being
The leaf falls from the tree.

Everywhere
There are bolet in the air,
Graves open to receive us,

After the seventh colour
And before the first
Lies darkness.

Beyond sound, silence
Audible to bats
And deep-sea fish that feel the throb of waves,

Beyond senne, the spinning spheres,
Atoms and stars
That weave our dives

Loyers seek sanctuary
In the abyss
From which they fly,

For in love’s depths we sound
The void
Beyond mortality

And through our sleep
Move latent powers
Strange as nebulae,
Dreams not ours.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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LE FIL (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018




    
LE FIL

Seule la vierge connaît l’histoire de la vie,
Le mythe implicite dans le bourgeon soyeux
Dont les feuilles sont les pages jamais ouvertes du coeur.

Les filandres de son rêve flottent dans la nuit;
Leurs fils fragiles portent la somnambule
(Que nul n’éveille ma bien-aimée, ou elle est perdue).

Quand l’ange est venu elle connaissait son visage
Et à une question étrange de l’étranger
Elle donna la réponse de tout temps prédestinée.

Les jeunes araignées tissent d’abord des toiles parfaites
Puis avec l’âge leur travail devient moins sûr.
La vieillesse tisse des haillons, des lambeaux, des loques.

Mater Dolorosa, à la fin d’un mythe usé,
Se souvenant du passé, mais non du futur,
A perdu son fil, telle une vieille araignée.

Car le temps nous défait, l’obscurité efface
Les figures du rouet nocturne de Pénélope.
Les étoiles qui tournent cassent les fils ténus de la rêverie
Et la vieille fileuse emmêle ses écheveaux de mort.

***

THE CLUE

Only the virgin knows the life story,
The myth implicit in the silk-spun bud
Whose leaves are the unopened pages of the heart.

The gossamer of her dream frets out across the night;
Its fragile thread upholds the somnambulist —
(Let none awaken my beloved, or she is lost)

When the ange’ came, she knew his face
And to the stranger asking a strange thing
Gave the answer predestined before time.

Young spiders weave at first their perfect webs,
Later, less certain, they weave worse.
Old age spins tattered cobwebs, rags and shreds.

Mater Dolorosa, at the end of a spent myth,
Remembering the part, but not the future,
Has lest ber due, like an old spider,

For time undoes us, darkness defaces
The figures of Penelope’s night loom.
Revolving stars wind up the tenuous threads of day-dream
And the old spinner ravels skeins of death.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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Souhaits de la Fileuse (Anonyme VIIIème siècle)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2018



 

La Fileuse

Souhaits de la Fileuse

Oh ! passeur
Fais vite traverser la barque.
Dans une année
Venir deux fois
Est impossible à mon amant.

(Anonyme VIIIème siècle)

Illustration et explications sur la Fileuse: Encres du Monde

 

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Celui qui doit venir ce soir (Sosei)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



 

Abraxsis Der Jen n012

Celui qui doit venir ce soir
Je ne veux pas le voir
Si, comme la Fileuse,
Un temps interminable
je dois attendre une autre rencontre.

(Sosei)

Illustration: Abraxsis Der Jen

 

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Jamais l’amour ne fut plus loin (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration: Paul Delvaux
    
Jamais l’amour ne fut plus loin
les femmes cachent leur sexe de leurs mains sanglantes
et leur visage blanc n’est plus le soleil
ni même la dernière étoile errante.

La nuit est pleine comme le cour d’un fruit sans graine
et tourne une couronne noire trop grande pour mon front
les femmes ne se couchent plus pour la joie
les femmes ne tendent plus de pièges
les femmes ne vêtent plus leurs entrailles
ne voilent plus leurs lèvres du cri de leur désir
les femmes sont en silence.

Où sont les bien-aimées de ma jeune journée
les enfants du matin, les filles transparentes
les fileuses d’amour sous leur quenouille blonde
la saison neuve durcit son poing sur mon écorce
voici l’été et le bateau croulant dans un soir de galère
vieilles amies de ma chair, restez dans le passé
qui vous garde si belle.

Qu’êtes-vous devenues, embarquées avec moi dans les plis de la mort ?
que la voile noire nous tienne serrés
je ne vois plus qu’elle et votre odeur n’a plus de trouble
je découvre sous l’eau qui troue votre visage
et fait jouer le ciel sous vos cils de combat
l’effigie même de notre reine.

Votre fard coule de chair, votre tunique est décousue de sang
vos os sont nus que le plaisir a nettoyés
comme un chacal aux dents précises
vous êtes nues, hottes d’ivoire, berceaux d’entrailles
doux autrefois de mon amour.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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L’Abeille (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2017



L’Abeille

Quand j’envie ta sagesse ô diligente abeille
Alambic des pollens qu’a distillés le ciel
Tricoteuse de cire et fileuse de miel
Pas un fil de tristesse au fond de ta corbeille.

(Bernard Lorraine)

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Le Bouvier et la Fileuse (Yamanoue no Okura)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017


Le Bouvier
Et la Fileuse
Se font face sur la rivière
Lisse comme une fine natte
Depuis le temps où se sont séparés
Le ciel et la terre.
Leur amour
Ne connaît pas de repos
Leurs lamentations
Ne leur laissent pas de répit,
Par les flots bleus
Leurs désirs sont réduits à néant,
Dans les nuages blancs
Leurs larmes se sont taries.
En cette situation
Ils ne peuvent que soupirer.
En dépit de tout
Ils s’aiment l’un l’autre.
Que n’a-t-il une petite barque
Peinte en rouge,
Que n’a-t-il des avirons
Garnis de gemmes
Pour traverser
Quand vient le matin,
Pour ramer vers elle
Avec la marée du soir?
Au bord de la Voie Galactée
Eternelle
Elle étendrait son écharpe
Qui vole à travers le ciel.
Aux beaux bras se mêleraient,
Que de nombreuses nuits
Ils voudraient dormir ensemble
Même quand ce n’est pas l’automne.

(Yamanoue no Okura)

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La Fileuse (Paul Valery)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017




La Fileuse

Assise, la fileuse au bleu de la croisée
Où le jardin mélodieux se dodeline ;
Le rouet ancien qui ronfle l’a grisée.

Lasse, ayant bu l’azur, de filer la câline
Chevelure, à ses doigts si faibles évasive,
Elle songe, et sa tête petite s’incline.

Un arbuste et l’air pur font une source vive
Qui, suspendue au jour, délicieuse arrose
De ses pertes de fleurs le jardin de l’oisive.

Une tige, où le vent vagabond se repose,
Courbe le salut vain de sa grâce étoilée,
Dédiant magnifique, au vieux rouet sa rose.

Mais la dormeuse file une laine isolée ;
Mystérieusement l’ombre frêle se tresse
Au fil de ses doigts longs et qui dorment, filée.

Le songe se dévide avec une paresse
Angélique, et sans cesse, aux doux fuseaux crédule,
La chevelure ondule au gré de la caresse…

Derrière tant de fleurs, l’azur se dissimule,
Fileuse de feuillage et de lumière ceinte :
Tout le ciel vert se meurt. Le dernier arbre brûle.

Ta sœur, la grande rose où sourit une sainte,
Parfume ton front vague au vent de son haleine
Innocente, et tu crois languir… Tu es éteinte

Au bleu de la croisée où tu filais la laine.

(Paul Valery)

Illustration: William Bouguereau

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