Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘filigrané’

Nuits sans sourire (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2019



Le plus profond sommeil animal végétal
Me fait naître et survivre dans la nuit sans bornes.

Dans les yeux assez d’ombre pour y voir la nuit
Pour voir la plus ancienne image de la nuit

Prolongée jusqu’à moi bonne nuit sur ce lit.

De grandes femmes nues annulent le désert
Ce monde est sous l’empire de la chair glorieuse.

Tout est en un instant réduit à l’abandon
Du reflet d’une robe dans un miroir vide.

Pour connaître la forme et le poids de ses seins
La plus belle au matin s’enferme dans ses bras.

Le coeur dissimulé dans ce blanc coquillage
Elle échappe à la crue sanglante des aurores.

Des corps filigranés de leur squelette pâle
Confirment le fossile éclaircissent la gangue.

Les voûtes de la nuit caresses idéales
Herbes jamais nouées vont plus haut que le temps.

L’espace de la terre ainsi s’entrouvre et vit.

(Paul Eluard)

Illustration: Paul Delvaux

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On décèle sous le poème (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2018




    
on décèle sous le poème
les traits d’agonie de la terre
le filigrane obscur des rides
sous le grand vent des déserts

lèpre des sables chair aride
faces crevassées mal solaire
ainsi la victoire du vide
sur le langage dévasté

(Jean-Claude Pirotte)

 

Recueil: Revermont
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

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Air (Christian Coin)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



Air

Sur le lointain des flots, je pose
Mes yeux pleins de métamorphose.

Sur le dos du vent, je voyage
Ma main jongle avec les mirages.

Sur l’épi gracile, je grise
Mon âme de vagues de brise.

Sur la libellule, je vole
Suivant un boléro frivole.

Sur l’aile de l’effraie, je plane
Perçant son triste filigrane.

Sur un nuage blanc, je chausse
Des trajectoires d’albatros.

(Christian Coin)


Illustration

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Non pas une peau de chagrin (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018



Non pas une peau de chagrin mais plutôt un parchemin.
Lettre après lettre, à mesure qu’il se déroule, un index
long et délié y trace un mot aux filigranes de féerie,
aux contours de tristesse — et me voilà cherchant
à quelle destinée il se rapporte.

« Quitte ton lit… », me dit une voix, et elle poursuit :
« … abandonne la tapisserie du songe, épouse le réel. »

Le vocable intelligible tout à coup s’anime, fuse dans
l’espace, l’oeil bleu-vert, l’aile amarante.

Ce soir j’ai rencontré l’oiseau du temps. J’ai vu son essor
comme je verrai sa chute. N’est-il plus d’autre secret ?

(Jules Tordjman)

Illustration: Chantal Dufour

 

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L’Avril (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



L’Avril

lyre en filigrane dans le papier du jour

de grands morceaux de lumière
se livrent au plaisir

***

pose à peine et sans fard
matin doux de mésanges

l’amour encore plein de songe se retourne
et la lumière grandit

les souvenirs volent dans le feu
crêtés d’un léger noir

(Daniel Boulanger)


Illlustration: Louise Vigée Lebrun

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L’amande du poème (Gilles Baudry)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




    
l’amande du poème

en cet enclos si précaire,
qui saurait lire
en filigrane l’éternel ?

(Gilles Baudry)

 

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Ca couine dans vos os (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



Illustration
    
Ca couine dans vos os.

Seuls les oiseaux discernent
ce cri à l’intérieur des hommes
qui vont et viennent gravement
et croient se faufiler indemnes
dans les inconnues de la vie.

Vous ne savez pas que vous êtes
de papiers à rumeurs
chuchotantes en filigrane.

Mais les oiseaux, mais les oiseaux entendent
négations,
sortilèges,
énergie.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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LES PROFONDEURS DU SILENCE (László Marsall)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2017



LES PROFONDEURS DU SILENCE

Serait-ce rêve-vent ?
Vague chant des poissons rejetés sur la plage ?
Psaumes de fourmillement
dans un tibia enseveli ?

Ce n’est plus l’oreille qui l’entend
c’est le Qui-sous-la-Peau à l’affût

Feuille de papier dans le noir
filigranes qui crient
dans germe de la pomme de terre
la micro-houle de la mer
la respiration
que le mur renvoie dans le visage du dormeur

Le léger bruit des chaînes de carbone
plume d’aile touche
la main glissée dans le squelette du coeur

car l’ange n’est pas muet
plus chuchotant que le chuchotant
et plus effrayant

(László Marsall)

 

 

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On m’a donné un corps — pour quelles fins (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2017



On m’a donné un corps — pour quelles fins
Ce corps qui est un seul, ce corps tellement mien ?

Pour la joie tranquille de vivre et respirer,
Qui, dites-moi, dois-je remercier ?

Je suis le jardinier, la fleur aussi,
Dans le cachot du monde je ne suis pas seul.

Déjà la vitre de l’éternité
De mon souffle, de ma chaleur s’est embuée.

Méconnaissable depuis peu la silhouette
En filigrane sur le verre se projette.

Que la buée de l’instant disparaisse,
La chère image ne peut s’effacer.

(Ossip Mandelstam)

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Quelqu’un tisse de l’eau (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



 

Quelqu’un tisse de l’eau (avec des motifs d’arbres
en filigrane). Mais j’ai beau regarder,
je ne vois pas la tisserande,
ni ses mains même, qu’on voudrait toucher

Quand toute la chambre, le métier, la toile,
se sont évaporés,
on devrait discerner des pas dans la terre humide.

(Philippe Jaccottet)

 

 

 

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